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16 février 2008 6 16 /02 /février /2008 11:08

Il gèle à pierre fendre : - 6 degrés ce matin !  J’ai été bien inspirée d’aller déterrer mes topines hier.

Celles que j’ai dans mon jardin sont impossibles à éplucher  proprement : il faut donc que je les fasse cuire à la vapeur. Ensuite, elles s’épluchent toutes seules.
La solution est d'en faire une purée en ajoutant du lait… J’ai mis aussi un peu d’ail.
J'ai ensuite mixé le mélange, l'ai salé et poivré. 
Selon la consistance que l'on veut obtenir (moi, j’aime bien les potages un peu épais), on rajoute du lait.
J'ai terminé la recette en mettant dans mon potage  une cuillère de mascarpone, auquel j’ai, décidément pris goût.

J’ai travaillé à l’instinct : je n’ai pas pensé à relever les temps de cuisson (il ne faut pas plus de 5 mn pour faire cuire des topinambours à la vapeur). Je compléterai cet article une prochaine fois avec ces données.

Pour compléter le repas, une tranche de poisson (j'ai de la dorade surgelée dans le congélateur (étant en panne de micro-onde, je fais dégeler la tranche, dans son emballage plastique, en la faisant chauffer à la vapeur. C'est un peu plus long) et 2 pommes de terre pareillement cuites à la vapeur (la prochaine fois, il faudra que je pense à les mettre dans le cuit-vapeur avec les topines pour gagner du temps, car je ne perds pas de vue que mes recettes doivent non seulement épargner mon pouvoir d'achat, mais aussi se faire très rapidement). Une orange maltaise (c'est la saison) constitue un apport en vitamine C.

Coût : on trouve actuellement des topinambours à 2 € 69 le kilo. Chers, les légumes ???  200 grammes de légumes constituent une ration par personne bien suffisante, à laquelle on a adjoint 25 cl de lait. Il est donc inutile de manger du fromage. Ce qui revient le plus cher est la ration de protéines apportée par le poisson. 

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11 février 2008 1 11 /02 /février /2008 19:44

On m’a demandé récemment la recette du « piquenchâgne » une spécialité bourbonnaise.

Ça m’a donné l’occasion de m’intéresser aux recettes de pain améliorées, dont l’une, la pizza, a fait le tout du monde.
Le pizza napolitaine à la pâte baveuse, n’est d’ailleurs, qu’un interprétation d’une recette plus ancienne : la mère et la grand-mère de ma copine Caterina Bruno régalaient la section de géographie, quand nous étions en fac, de pizza sicilienne, sur une épaisse couche de pâte levée.
A Nice, la pissaladière niçoise, et en Provence, la fougasse sont d’autres exemples de recettes à base de pâte à pain. Un avatar récent a été la mode des « tartines », qui sont des recettes également très intéressantes.

En Bourbonnais, deux recettes relèvent de cette tradition : l’une salée, la « pompe aux grattons », l’autre, à base de fruits, le « piquenchâgne ».

Pendant longtemps, le pain a été fait dans les familles, à la fréquence d’une fois par semaine, voire même une fois tous les 15 jours. A la différence des baguettes ou pains bon marché, les pains complets se conservent sans se dessécher. Quand un reste de pain s'est desséché, on le récupère grâce aux recettes de « pain perdu ». Le jour où l’on cuisait le pain, ou à l’occasion de fêtes (les batteuses, chez nous, en Bourbonnais), on « enrichissait » la pâte soit avec une graisse (huile d’olive pour la pizza, saindoux pour la « pompe aux grattons ») soit avec un ou des œufs (pour le « piquenchâgne » ou la « galette bressanne à la crème ») et avec une garniture de fruits, de crème, d’anchois, de lard.

Il est intéressant de redécouvrir ces recettes à notre époque, car à la différence soit des plats cuisinés, auxquels les industriels rajoutent sucre, ou matière grasse, soit des recettes des grands chefs dans lesquels les ingrédients et les difficultés techniques sont nombreux, elles sont faciles à réaliser et que surtout, on en maîtrise parfaitement la composition. 

                               Pompe aux grattons

Je n’ai pour le moment trouvé que des recettes à base de pâte à brioche, ce qui est intéressant, mais en fait un aliment beaucoup plus riche que la recette traditionnelle. Je publierai la recette traditionnelle quand je l'aurai trouvée.


                            Piquenchâgne.

Recette économique :
500 gr de farine
150 gr de levure de boulanger
60 gr de beurre
1 œuf
2 dl ½ d’eau
500 gr de pommes (ou de coings, ou de poires)
10 gr de sel
Sucre en poudre (selon le goût)

Recette enrichie .
100 gr de beurre au lieu de 60 gr
2 œufs
2 dl ½ de lait (ou lait écrémé)

Dans une terrine, délayer la levure avec le lait tiède (trop chaud, il stériliserait la levure et la pâte ne monterait pas). Ajouter le sel, les œufs battus en omelette (en en réservant une partie pour dorer la pâte), la farine puis le beurre. Pétrir le mélange de façon à obtenir une pâte bien homogène. La sortir de la terrine et la battre avec les deux mains sur la planche à pâtisserie pendant une dizaine de minutes.
Peler les fruits, les couper en petits quartiers. Etaler la pâte, y verser les quartiers de pommes (ou de coings). La ramener au milieu de la planche à pâtisserie, bien mélanger les pommes et la pâte puis faire une couronne et laisser reposer pendant 2 heures.
Dorer à l’œuf et mettre au four chaud.

Cuisson : ¾ d’heure   (1 heure si je m’en réfère au temps de cuisson préconisé dans les "carnets de Mitta").

Pommes, poires ou coings sont les fruits traditionnellement employés : mais on peut imaginer d’abord de les mélanger, ensuite de choisir des pêches, des prunes ….

Pour info, les bénévoles de la Foire médiévale de Souvigny, ont proposé cette année de délicieuses tartes aux pêches, sur pâte à pain, cuites au feu de bois, ce qui leur donne un goût inimitable.


Dans la Bresse et le Bugey où j’ai habité quelques années, les associations des villages qui avaient gardé leur four communal cuisaient dès la fin de l'hiver des « galettes bressannes » pour financer leurs activités. La recette originale paraît être une recette sucrée (c'est celle que je donne ici), mais je l’ai connue aussi sous la forme de « galette aux oignons ».


                                   Galette bressane

Ingrédients pour 6 personnes :
3 oeufs
1 dl d'eau
75g de beurre
50g de sucre
1 paquet de sucre vanillé
1 paquet de levure de boulanger
5g de sel
250g de farine
1 c. à c. d'huile ou du beurre

Garniture
1,7 dl de crème fraîche épaisse
1 paquet de sucre vanillé

Préparation
Dans un saladier casser 2 oeufs, ajoutez l'eau, le beurre fondu, le sucre, le sucre vanillé, la levure du boulanger et le sel. Mélangez intimement. Incorporez la farine tamisée et travaillez jusqu'à ce que la pâte se détache du récipient.
Laissez reposer à température ambiante, 15 minutes.
Il faut qu'elle double.
Huilez ou beurrez un moule rond à tarte, farinez-le.
Abaissez la pâte et la disposer sur le moule. Laissez lever 30 minutes. Pendant ce temps versez la crème dans une casserole. La faire chauffer avec le sucre vanillé. Passez le pourtour de la pâte à l'oeuf battu.
Versez la garniture sur le fond de la pâte. Faire cuire 20 minutes environ dans le four préchauffé à 190°C (th 6/7). Sortir la galette et la laisser se reposer 10 minutes avant de la démouler.

 

 

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9 février 2008 6 09 /02 /février /2008 17:04
Les gens me regardent parfois avec un air étrange quand je prends des photos : 
                              pourtant, ça vaut quelquefois la peine de baisser les yeux !!!  
Voici une collection de soupiraux typiquement "Art Nouveau" que l'on peut encore voir dans Moulins.

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Même si ceux-ci sont moins beaux que les précédents, il me paraîtrait important de sensibiliser les propriétaires à leur protection.
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9 février 2008 6 09 /02 /février /2008 15:14

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un nom qui fait rêver...

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7 février 2008 4 07 /02 /février /2008 12:04

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6 février 2008 3 06 /02 /février /2008 13:08

J’ai trouvé un bon mélange composé de céleri rave : 1 € 70 la pièce (un demi m’a suffi), pommes de terre ( 0 € 90 le kilo), rutabaga (ou chou rave : 2 € 30 le kilo).

Dans 3 litres d’eau, j’ai donc fait cuire  7 pommes de terre  (0 € 52), la moitié (600 gr) de mon céleri (0 € 85), 2 rutabagas (0 € 74) et 1 oignon trouvé dans mon frigo. J'ai salé et ajouté 3 clous de girofle plus quelques graines de coriande. J’ai porté le tout à ébullition, puis ai mis cuire à feu doux pendant une bonne heure. J’ai ensuite mixé le mélange, ai goûté et ai été satisfaite du résultat.

Coût pour un demi litre de potage (incluant au moins 150 gr de légumes)= 0 € 35

J'ai partagé mon mélange en deux car je voulais tenter 2 expériences :
        - 1°) ma mère a une recette de potage aux courgettes dans lequel elle met des carrés de « kiri » et qui a beaucoup de succès quand elle le propose (« Kiri »  = 12 € 88  le kilo). Mais j’ai pensé au « mascarpone » qui est un fromage extrêmement crémeux et dont je me sers les étés pour confectionner des recettes de desserts aux fruits (mascarpone = 12 € 34 le kilo).
J’ai donc fait fondre  la moitié du mascarpone que j’ai acheté   (1 € 58 pour 125 gr donc 0 € 526 la portion d’un peu plus de 40 gr).

Voilà donc un plat léger pour le soir qui comprend : de l’eau en abondance, des sels minéraux, une bonne ration de légumes et 40 gr de fromage par personne pour  0 € 87, que l’on peut compléter avec un bon morceau de pain complet ou fantaisie, un yaourt et un fruit. Et qui compense un repas trop riche en protéines animales à midi.

      - 2°) la deuxième expérience consistait à ajouter de la saucisse à la soupe :
Deux solutions : la première que j’ai retenue est de couper en morceau les saucisses dans la soupe, la seconde est de faire griller les saucisses et de les servir à part

J’ai également trouvé une recette de soupe (au potiron, mais l’on peut transposer l’idée à mon mélange de légumes d’hiver) que l’on sert avec une ou deux tranches de bacon grillé et qui m’a paru aussi très sympa.

Coût par personne = 1 € 58 avec des chipolatas, 1 € 45 avec des diots et 2 € 32 avec une saucisse à cuire.

Chipolatas  = 9 € 39 le kilo (1 € 23 la portion de 125 gr), « diots » de Savoie (saucisse aux herbes) =    4 € 33  les 4  (350 gr) ( soit 1 € 08 la  portion d’une saucisse de 85 grammes par personne), saucisse à cuire = 15 € par kilo  (1 € 875 par portion de 125 gr)

 

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5 février 2008 2 05 /02 /février /2008 11:40

irlande-8.jpgirlande-1-copie-1.jpgJ'adore l'IRLANDE....
La première fois, je suis allée y marcher : dans le Connemara,... et là, dilemme !!! Où l'on s'embourbe dans le bog (les tourbières), ou l'on  marche au sec sur les routes goudronnées, entre deux murets de pierre (le Shannon est aussi marécageux) et c'est douloureux pour les pieds. Quant à l'Irlande en vélo : il faut prendre beaucoup d'élan en descente pour remonter de l'autre côté.  Heureusement.... heureusement, l'Irlande est le pays des pubs et de l'irish coffee qui console de tous les malheurs. L'été, on peut trouver des pubs où des familles se réunissent pour jouer ensemble de la musique : c'est amusant, ils arrivent les uns après les autres, en fonction de leurs libertés. Il y a toujours un habitué pour danser une gigue d'autant plus endiablée qu'il a bu de "guiness" (beurk !!! j'ai beau être une inconditionnelle de l'Irlande, je n'ai jamais réussi à en boire plus d'une gorgée par séjour). L'hiver, de bons feux de tourbe réchauffent les pubs (mais la guiness ne passe pas mieux).
Ah oui ! l'Irlande est aussi le pays où je me suis fait voler mon argent au fin fond de nulle part. Alors que j'avais échappé à tous ces inconvénients en Italie, y compris quand avec ma copine Catherine, nous avions eu l'idée de prendre une couchette sur la ligne Turin-Trieste, en ce temps-là la plus attaquée d'Italie. Mais en août 1993, peu avant le décès de mon père, je n'allais pas bien et je suppose que je suis responsable pour bonne partie de ma mésaventure.
Ayant précédemment loué une voiture en Angleterre, je savais que j'étais capable de conduire en passant les vitesses de la main gauche :  il y a dix ans, il n'y avait qu'une seule autoroute dans toute l'Irlande et rien ne ressemblait plus à une route nationale qu'un chemin de ferme. Je me suis retrouvée assez souvent sur le "bog" (le nom que l'on donne aux tourbières) ou dans une cour de ferme : là, je m'interroge. Les Irlandais auxquels j'ai demandé mon chemin parlaient-ils gaëlique ou avaient-ils un fort accent en anglais ? 

Il faut aller au hasard dans les pubs : à midi, on y mange (bien) pour pas cher (le tuyau est aussi valable pour l'Angleterre où il vaut mieux fuir les restaurants) et le soir, on s'y fait beaucoup de copains, même si les conversations restent limitées et qu'elles s'interrompent parfois parce que votre interlocuteur a chû de son tabouret.  Il y a des pubs très "cosy" et d'autres extrêmement glauques. Mais les Irlandais sont généralement très gentils et accueillants : lorsque je demandais la clé du "bed and breakfast" parce que je prévoyais de rentrer un peu tard, les propriétaires me répondaient souvent "ce n'est pas la peine, nous ne fermons jamais à clé !". L'assassinat de la femme du producteur Daniel  Toscan du Plantier avait jeté un froid et perturbé les Irlandais parce qu'ils se demandaient s'il n'allaient pas devoir se barricader chez eux, comme dans les autres pays.... En 2000, la lecture des journaux locaux m'a appris que l'afflux d'étrangers à Dublin a corollairement vu se développer les agressions  à l'encontre des étudiants étrangers : lors de mon dernier séjour, les italiens avaient été particulièrement visés.

Dublin est une ville en chantier (il paraît que Galway prend le même chemin) : les quartiers "georgiens" et leurs portes peintes de toutes les couleurs, le "ha' penny bridge"  et le Bewley's (at Grafton street), la bibliothèque de Trinity college gardent un charme fou. Et si je ne suis pas retournée en Irlande depuis qu'elle est devenue le "petit dragon de l'Europe", je fais confiance aux Irlandais pour garder leurs traditions. L'Irlande est bien le pays des "hommes tranquilles".

Ah ! j'oubliais ... l'accès aux musées est gratuit en Irlande .
En attendant des recettes de "home made soups", voici quelques images ...

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Au printemps, l'île se couvre de rhododendrons...   L'été, on marche entre des haies de fuschias.

Mais il faut se rappeler qu'en exilant ses opposants, Cromwell ne leur avait laissé le choix qu'entre l'Enfer et le Connaugh (Connemara). L'Irlande, l'ouest de l'île surtout, ça peut être très dur à vivre.
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Clonmacnoise sur les bords de la rivière Shannon



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Dominique LAURENT - dans mes voyages
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4 février 2008 1 04 /02 /février /2008 09:52

                                                

                    

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Longtemps, je n'ai pas aimé les soupes. Je sais maintenant pourquoi : elles consistaient invariablement en un oignon cuit dans le de l'eau et l'on rajputait des pâtes. 
Je me suis régalée avec les soupes composées de tous les restes de repas de midi que l'on nous servait lorsque j'ai fait un chantier de fouilles dans le Pays basque. Et plus tard, en Irlande avec les "home made soups of the day" proposées dans les tous les pubs ou dans les coffee shops. Dans un pays où l'on ne prend qu'une demi-heure pour manger en milieu de journée, c'est une bonne solution pour se restaurer.
Lorsque je suis allée à Dublin réviser un peu mon anglais, il y avait un charmant petit restaurant à côté de l'école de langue : chaque jour, j'ai commandé la soupe du jour. Chaque jour, elle était différente et délicieuse. On la sert avec du pain noir que l'on peut beurrer.
J'ai donc collecté diverses recettes : l'idéal est de les confectionner à partir des légumes de saison. Quelquefois, on rajoute quelques morceaux de lard ou de saucisse.

En France, la soupe est plutôt un repas du soir : repas léger au cours duquel l'équilibre alimentaire peut être réalisé en mangeant un yaourt ou du fromage et en finissant avec un fruit (de saison) ou une compote.

 

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31 janvier 2008 4 31 /01 /janvier /2008 19:10

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A la Libération, les mineurs avaient déserté les corons. Les galeries de la mine de Noyant étaient inondées : on  n'envisageait pas de les réexploiter et les jeunes étaient allés travailler à Buxières, à Saint-Eloi ou à Brassac … Ne restaient plus que des retraités au village, autrefois si animé. Le maire se demandait comment le faire revivre...
Pendant ce temps, l'empire colonial français vivait ses derniers jours.




J'avais un peu plus de 3 ans, âge duquel normalement on ne conserve aucun souvenir, quand mon père m'a annoncé que des indochinois allaient venir s'installer aux corons. A noyant, on ne connaissait les populations indigènes de l'empire français que par les cartes postales émises à l'occasion des expositions coloniales, et les images des livres de géographie de l'école primaire. Pour m'éviter toute surprise en prévision de cette rencontre du 3e type, il m'informa qu'ils n'avaient pas de nez et des yeux bridés : comme je ne connaissais pas ce mot, il me le mima. Je le revois mettre ses doigts à l'extérieur de ses yeux et les étirer. J'ai gardé cette image très présente à mon esprit pendant des années : quand le film "le petit VIetnam" fut présenté à Noyant au printemps 2006, c'est avec émotion que j'ai entendu Jean Paul Saint Léger qui a quelques années de plus que moi, et dont les souvenirs sont sûrement bien plus précis, évoquer les mêmes souvenirs.

On sait que l'hiver 1955-56 fut particulièrement froid. Ce fut l'hiver où l'abbé Pierre lança son appel en faveur des sans abri. Dans la campagne bourbonnaise, l'eau des bucoliques petits ruisseaux était gelée et les étangs recouverts d'une bonne couche de glace.    
C'est au cours des vacances de Toussaint que les premiers rapatriés d'Indochine arrivèrent : la région la plus froide du Vietnam est celle de Dalat, dans la montagne, où les militaires et les cadres de l’administration coloniale allaient se reposer du climat tropical d’Hanoï et surtout de Saïgon, et il n’y fait jamais moins de 20 degrés. Dans les maisons des corons, on se chauffait avec un poêle à charbon dans la cuisine. Les mineurs avaient l’habitude de dormir dans des chambres non chauffées. C'était la même chose dans notre logement du bourg. Pour notre part, nous avions l'habitude de gérer cette situation, mais il faut imaginer le choc que ce dût être pour les nouveaux arrivants. Je ne sais plus qui avait surpris une mère tenant son bébé au dessus du poêle pour le réchauffer. Ma "mémé" Régerat, qui habitait les corons avait raconté que sa nouvelle voisine s'était installée devant  pour l'observer en train de cirer des chaussures. A Noyant, pendant longtemps, nous eûmes la primeur des "tongs" : je ne sais qui m'en avait offert une toute petite paire. 

Tous comptes faits, « ils » n'avaient rien d'effrayant : ma mère et son amie, qui étaient institutrices trouvaient leurs nouvelles élèves particulièrement mignonnes et intéressées...  Les enfants qui ne parlaient pas français à leur arrivée en France s’exprimaient fort correctement au printemps. La classe enfantine avait quant à elle été transférée dans l'ancienne salle de chauffe de la mine, qui était totalement inadaptée à l’accueil de classes ! C’était amusant : on nous avait mis en garde contre des dangers. J’avais sympathisé avec mes nouveaux petits camarades, notamment deux frères qui tenaient à porter mon cartable quand nous rentrions de l’école, ce qui me valait beaucoup de plaisanteries de la part de mes parents.

A l'école, le nombre de classes grimpa jusqu'à 17, je crois. Cette photo est celle du CM 1 de l'année 1957-52.

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Nous avons quitté Noyant pour Saint-Etienne au cours de l'été 1959 . Je revenais à Noyant à chaque période de vacances scolaires. L'été, je passais une quinzaine de ours chez mes grands-parents à la Pierre Percée et je me rendais à pied dans les Corons rendre visite à Madame Régerat. Mes parents sont restés en relation avec mme Debost qui est restée directrice de l'école jusqu'à sa retraite.

Quand une boutique de produits asiatiques s'implanta au bourg : on m'y acheta un chapeau conique que je pendis au mur dans ma chambre...

 

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31 janvier 2008 4 31 /01 /janvier /2008 10:27

J’avais 14 ans quand je suis partie en Angleterre : et j’y ai bien mangé. J’ai eu la chance d’être hébergée dans une famille où l’on me servait presque quotidiennement des « pies ».
On connaît généralement bien l’ « apple pie », à l’occasion servi dans les salons de thé, mais l’on peut cuire en « pie » des légumes, de la viande ou des légumes + de la viande. En cela, c’est très proche des tajines. Comme dans les tajines, c’est l’occasion de mêler le salé et le sucré  et d’utiliser toutes sortes d’herbes et d’épices.
Pour qui ne connaîtrait par les "pies", en voici le principe : dans un plat profond, on mets les ingrédients. On évite les excès de matière grasse en « mouillant » soit avec un bouillon cube, soit en ayant préalablement fait mariner la viande dans du vin, du cidre ou de la bière brune (à la cuisson, l’alcool s’est évaporé).
On recouvre le plat avec une « abaisse de pâte »  (un simple mélange de farine et d’eau, qui n’avait pas à l'origine, vocation à être mangée) et l’on enfourne à four très chaud. Ensuite, l’on réduit la chaleur pour obtenir une longue cuisson à l’étouffée qui permet un subtil mélange des saveurs de la viande et des légumes (et/ou des fruits : traditionnnellement des pommes ou des pruneaux).

J'ai des recettes de "pie" au lapin, au poulet , à  l'agneau, au haddock et au boeuf. Sur le marché, la viande de bœuf est la plus chère : les "pies" permettent d’utiliser de la viande de bœuf de 2e catégorie (« bœuf à braiser »). La différence de prix est explicite : 
onglet : 29 € 70 le kilo; bavette : 27 € 15 le kilo; faux filet : 24 € 55 le kilo; tranche : 20 € 15 le kilo  
contre : 9 € 20 le kilo pour le boeuf à braiser, ce qui le rend encore moins cher que l’agneau  : collier d'agneau 9 € 95  le kilo (11  € 80 le kilo de ragout d'agneau) ou le lapin 14 € 95 le kilo de lapin entier.
                                                                  (période de référence : 30 janvier 2008)
On peut tenter d’utiliser de la viande de bœuf de 3e catégorie (viande à « pot-au-feu ». Le jarret était à  8 € 50 le kilo).

On peut naturellement confectionner des « pies » individuels. Mais il faut se rappeler que les plats les meilleurs sont ceux préparés en grande quantité. 

L’invention est de mise, pourquoi pas détourner des recettes de tajines ou celles de ragoûts, pour les faire cuire à l'étouffée dans un plat à "pie" ? s'amuser à faire des "pies" exotiques : en mettant des abricots secs, des amandes, en utilisant du lait de coco, des patates douces ?


Grâce aux moteurs de recherche, on peut aisément trouver les recettes classiques de l'"apple pie" ou du "steack and kidney pie". Voici deux recettes que je réussis bien : 


                                                                    pie à l'agneau et aux pommes
Ingrédients :
Epaule d’agneau : 1 kg  coupés en dés
2 pommes (reinettes) épluchées et coupées en rondelles ou en dés
2 oignons : épluchés et coupés en lamelles
150 gr de pruneaux
1 c. à café de cannelle
Bouillon cube
200 gr de pâte
1 œuf  pour dorer la pâte  (on peut aussi la faire dorer avec un reste de café)
Sel poivre

Préparation : 20 mn
Cuisson : 1 h 15

 Dans un plat assez profond (en verre ou en porcelaine blanche : cuisson plus rapide  - en terre :  « plat à pie » si l’on en a trouvé un)  mélanger les dés d’agneau, les morceaux de pommes, les oignons et les prunes. Saler, poivrer, recouvrir de cannelle selon le goût.
Mouiller avec le bouillon cube.

Recouvrir le plat avec 3 à 4 mm d’épaisseur de pâte.
Pour bien « sceller » la pâte au plat et obtenir une parfaite cuisson à l’étouffée, réserver une bande ou un petit « boudin » de pâte que l’on colle au plat en le mouillant.
Dorer la pâte avec la méthode que l’on a retenue.

Cuisson à four chaud :           210 degrés (ou thermostat 7) pendant 30 mn
                                          puis 150 degrés (ou thermostat 5) pendant 45 mn

 

 

                                                                     Pie à la guiness  ou à la bière brune


Moutarde
Sel et poivre
2 oignons émincés
750 gr de bœuf bourguignon   (ce qui permet de confectionner un plat complet pour 4 personnes)
50 cl de bière brune
La recette originale prévoit de la sauce "worcester" (2 cuillérées à soupe). J'y substitue pour ma part du concentré de tomates (une petite boîte).
2 feuilles de laurier
du thym frais
250 gr de champigons de Paris auxquels je rajoute des girolles et des bolets mélangés (j’aime bien les champignons séchés car en se réhydratant, leur saveur se révèle particulièrement bien).
 

préchauffer le four  à 180 ° C  (th. 6)
mélanger la viande, la bière, les légumes, les herbes aromatiques : 
cuisson à th. 8 pendant 10 mn
puis à th.  6 pendant 30 à 40 mn.


N.B. : pour pouvoir manger la pâte, il faut faire cuire les ingrédients à feu doux dans un plat profond, qu el'on recouvre ensuite d'une pâte feuilletée et que l'on enfourne pendant une trentaine de minutes.

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