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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 18:33

En ce moment, à Moulins, c'est le festival Jean Carmet des seconds rôles. l'occasion pour moi d'aller au multiplexe, récemment inauguré. Tous les ans, je sélectionne quelques films à cette occasion.

Je me suis régalée avec Poupoupidou.

A la réflexion, sans doute aurait-il mieux fallu trouver un autre titre, car celà donne des indications sur la fin.

Il y a tout un tas de trouvailles géniales dans ce petit film : la première est d'avoir situé son cadre à Mouthe ! Dévoiler les autres serait gâcher le suspense.

J'ai trouvé que le récit était particulièrement bien ficelé.

Mais parmi les spectateurs, cinéphiles avertis, qui ont été invités à s'exprimer, plusieurs ont été émus par l'aspect sentimental, d'autres par la détresse de l'héroÏne, certains ont admiré la beauté des "lumières", d'autres la composition de l'image et la "façon dont sont filmés les corps dans le sauna". 

Quelque chose m'a, de prime abors, gênée : la couleur des doudounes des gendarmes, qui sont marron... Je n'avais pas compris que les deux personnages étaient des représentants de la maréchaussée ! Mais en réalité, c'est un clin d'oeil au cinéma américain. 

Tous les acteurs sont formidables : la standardiste, le gendarme qui prépare le concours de la police montée canadienne, la coiffeuse...

 

 

L'acteur qui joue le rôle de l'adjugeant de gendarmerie, fraîchement débarqué du train (le multiplexe est juste à côté de la gare !) a, à l'issue de la projection, apporté une très intéressante contribution quant à son ressenti sur le film. : de quelle façon on perçoit un scénario à sa lecture et la découverte que constitue le visonnement du film après son montage.  

 

Demain, je vais tenter la nuit du cinéma : 3 films pour 12 € En réalité, seuls deux m'intéressent, notamment "Habemus papam". Depuis que j'ai vu "La missa e finita", j'adore ce que fait Nani Moretti. Même et surtout quand c'est très verbeux !!!

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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 21:31

C'est en allant voir "le discours d'un roi" que j'ai découvert la bande annonce  de ce film... Je suis allée le voir pour de mauvaises raisons : j'avais trop aimé le frère du personnage principal qui demandait l'asile politique et refusait de sortir tant que Berlusconi serait au pouvoir en Italie.

Il y a plein de choses dans ce film : des petites choses de la vie, beaucoup d'amour entre les personnages, des gens sympathiques à de rares exceptions près (rares exceptions affligées en outre d'un accent alsacien à couper au couteau), d'excellents seconds rôles (Anouk Aimée, sublime !), une ville de Strasbourg remarquablement filmée. Et l'omniprésence de la musique : musique baroque italienne portée par de belles voix, mais aussi de superbes tarentelles.

Nous n'étions que 5 dans la salle, 5 femmes d'ailleurs... qui ont toutes été ravies d'être venues voir ce joli film.

Et j'avais une petite larme aux yeux...

Le metteur en scène était pour moi un inconnu : il s'appelle Philippe Claudel.

 

Autre bonne raison d'aller voir ce film : le critique du Nouvel Observateur n'a pas aimé.    

 

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22 février 2011 2 22 /02 /février /2011 09:44

Le dernier film de Dany Boon a tellement été éreinté par la critique que celà m'a donné envie d'aller le voir. Tant de méchanceté me paraissait suspecte.

J'ai passé une excellente soirée : il y a plein de trouvailles marrantes (la 4 L, le téléphone portable, le chien Grizzli ) et des acteurs que j'ai trouvé excellents que ce soit Laurent Gamelon, Bruno Lochet... et Benoît Poelvoorde, en chantre de la belgitude. J'y ai pris autant de plaisir qu'à voir et revoir "Les Tontons flingueurs" : les connaisseurs apprécieront donc mon enthousiasme à sa juste valeur.

En plus, le lundi, au cinéma à Moulins, la séance est à 6 € : à faire baver d'envie les parisiens. Il faut s'attendre, hélas, à ce que les choses changent quand le multiplexe ouvrira.

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15 août 2010 7 15 /08 /août /2010 13:41

C'est le thème de l'exposition qui se tient jusqu'au 31 décembre.

Quand nous sommes allées la voir avec mon amie Suzanne, nous sommes arrivées à l'ouverture (10 heures) et nous sommes dépêchées pour qu'elle ne rate pas son train à 17 h 30. Nous nous sommes attardées au restaurant du lieu. La prochaine fois, nous nous munirons de sandwichs. Nous n'avons donc pas vu les deux dernières salles consacrées à deux cantatrices américaines contemporaines. Mais nous sommes beaucoup attardées devant les films et les voix de Régine Crispin, Maria Callas et Monserat Caballe.

Une salle est consacrée à Dalida, diva à sa manière. Dalida qui était la chanteuse préférée de mon père (et Danielle Darrieux, son actrice préférée). Ses robes de scène, signées de grands couturiers, sont présentées une à une. Et la présentation de chacune est illustrée d'en enregistrement d'une émission de variété où elle les a portées. Lors de mon premier passage, j'ai failli entonner avec elle "Arriva Gigi l'amoroso...". Et, j'ai été, hier, à deux doigts de me laisser aller.

"Gigi l'amoroso" était le surnom que nous avions donné à un de nos copains de fac au prétexte que ses parents étaient venus d'Italie dans les années 50. C'était un garçon très inhibé et très "fleur bleue" qui  n'a jamais su qu'entre nous nous l'appelions Gigi. Celà m'a donc donné l'occasion de repenser à lui.

A l'époque, dans le car qui nous emmena en "voyage d'études" à Carcassonne et Béziers, nous avions également beaucoup chanté "C'est un beau Roman, c'est une belle histoire", de Michel Fugain et son Big Bazar, que j'étais allé entendre à Saint-Etienne, car nous accompagnait un prof qui s'appelait ainsi. Il était spécialiste d'histoire ancienne et d'archéologie, et nous le trouvions un peu "rétro". Il occupait ses étés à faire des fouilles. Quand il s'est marié, avec une autre prof d'histoire ancienne au look un peu démodé et à la mise en pli bien laquée, nous avions mis au point une plaisanterie qui nous faisait beaucoup rire :"Comment a-t'il rencontré sa femme ? - En faisant des fouilles". 

 

Mais tout ceci n'a rien à voir avec l'exposition "Vestiaire de divas"...

Après celle consacrée à Rudolf Noureev, c'est une belle exposition. Maintenant, des fiches explicatives de chaque vitrine sont disponibles. Et les archives de l'INA, les interview ou les extraits chantés, qui manquaient un peu au début de l'existence du CNCS sont très éclairants... Et rendent les visites des passionnées que nous sommes, de plus en plus longues.

La boutique au rez-de-chaussée est remarquablement bien achalandée en enregistrements d'opéras ou de ballets. Les livres à destination des enfants sont extrêment bien choisis. On peut même y acheter du thé russe, mais je préfère encore le "Twinings" !!!!!

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25 juillet 2010 7 25 /07 /juillet /2010 13:28

ah ! le pluriel des mots composés !!!

 

Un film tourné dans la région en 2005 par Daniel Duval et largement autubiographique : l'histoire d'un "petit parisien" comme l'on appelait les enfants de l'assistance publique de Paris, dans les années 1950, est programmé mardi prochain sur France 2. 

Il y a de très belles images (de chevaux de trait, notamment !). Moi, j'ai été très sensible au personnage de la mère d'accueil joué par Anne Brochet. Et je ne trouve pas que le scénario soit si médiocre (il est vrai que je ne suis pas critique de cinéma).   

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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 09:10

J'ai failli écrire "un débat qui fait avancer les choses" : mais il ne faut pas exagérer quand même.

En tous cas, ça réconcilie avec les hommes politiques. Hier, j'ai zappé sur France 2 et ai vu la fin de "A vous de juger", l'émission d'Arlette CHABOT, avec Malek BOUTIH et Luc FERRY. 

Il paraît que malgré la caricature, (un court extrait où COHN-BENDIT reproche à ROYAL sa bêtise ou je ne sais trop quoi)  qu'on a retransmise sur les radios du débat, ces deux intervenants-ci s'étaient également écoutés. Et si c'était celà la vraie qualité d'Arlette CHABOT, faire venir ensemble des gens capables de s'écouter et faire avancer des idées, à défaut de faire avancer les choses ?

BOUTIH sort du discours misérabiliste et connaissant bien ses quartiers, pointe les vrais problèmes. Il n'hésite pas à avancer des propositions révolutionnaires comme reconquérir les quartiers. Mais son discours, ce n'est pas "il nous faut plus de moyens plus de postes". Son discours sur la "reconquête" sonne plus "militaire". Il invite aussi les assistantes sociales à ne pas se contenter de distribuer des chèques mais d'aller constater la réalité des besoins en visitant les familles.

Luc FERRY sait écouter son interlocuteur et bien que prof de fac, connaît bien le problème des enseignants de collège et de lycée, qu'il a pris, manifestement, le temps d'entendre (à l'évidence mieux que Ph. MERIEUX !). Et il avance des solutions pédagogiques novatrices concrètes. Qu'il a pu mettre en place quand il était ministre.

C'est ce qu'atteste par son témoignage une "proviseure" de lycée de l'académie de Versailles. Le principal d'un collège invite à travailler avec tous les partenaires : éducateurs de rues, policiers, directeurs de MJC... ce qui me rappelle de bons souvenirs.

Mais ces responsables d'établissements ne peuvent rien faire si leur hiérarchie ne les laisse pas sortir des sentiers battus (c'est le rôle du recteur, mais c'est encore mieux s'il est encouragé par son ministre de tutelle), réorganiser les programmes, utiliser leurs moyens en enseignement de façon opportune par rapport à la situation réelle du public. Et il n'y a pas besoin de moyens énormes pour ce faire : il faut simplement utiliser ceux dont on dispose, mais de façon utile (exemple de propos qui décoiffe : "il y a des classes où 35 élèves ne posent pas de problème, et d'autres où l'on ne peut pas travailler à plus de 10 !").

Dans la situation actuelle, c'est ce que dénonce la représentante du SNALC, qui a le plus fréquemment cours : les chefs d'établissements font le gros dos et tant qu'ils ne sont pas eux-même agressés, laissent les enseignants se débrouiller face à l'agressivité de leurs élèves. La responsabilité des chefs d'établissements est un sujet tabou : ils bottent généralement en touche en affirmant "M. Un tel n'a pas d'autorité", quelquefois ils ajoutent "n'a pas d'autorité naturelle". Et là, mon opinion est que c'est l'Hôpital qui se fout de la Charité.  Car, comme dans une famille, il faut une congruance dans le comportement des adultes de l'institution, sinon le message éducatif est brouillé.  C'est ce que disaient les profs d'un de mes anciens collèges : "ici, on a un confort pour travailler car quand on a un problème, on le signale. L'élève et sa famille sont convoqués (le samedi matin, car alors, on travaillait le samedi matin ! et que les parents étaient disponibles ce jour-là) par le principal et le principal adjoint".

Il faut enseigner les "codes" de la vie en société a enchéri quelqu'un (M. BOUTIH me semble-t'il)... C'est ce que l'on appelait autrefois l'instruction "civique" et la "morale" : j'aime bien le nouveau nom qui pourraît être donné à ces deux enseignements.

Madame la Proviseur, dont j'ai oublié le patronyme, montre le "contrat de réussite" que l'on signe dans son lycée. Il faut prendre beaucoup de temps pour discuter  et expliquer. C'est son rôle et cellui de ses CPE : elle affirme avoir 85 % de réussite avec ce système. Une de mes amies, professeur dans un collège de Saône et Loire, avait eu cette idée, il y a une quinzaine d'années. Elle passait des contrats d'objetcifs avec ses  élèves les plus difficiles. Comme cette idée lui était venue à la suite d'une psychothérapie qu'elle avait faite ("la psychothérapie", disait-elle, "c'est comme l'archéologie. Il s'agit de dégager les couches les unes après les autres, pour voir ce qu'il y a en dessous".) et qu'elle ne s'en cachait pas, ses chers collègues et sa hiérarchie n'ont pas tardé à faire courir qu'elle était folle et/ou appartenait à une secte ! La dernière fois que j'ai eu des nouvelles d'elle, elle était en congé maladie à cause du "harcèlement moral" qu'elle avait dû endurer. J'espère qu'elle sait que dans un lycée de "zone sensible", un proviseur a généralisé son expérience !

Et puis un rappel : les enseignants enseignent, les parents éduquent.. Le principal du collège lance l'idée d'ouvrir des "écoles des parents".

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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 13:10
A l'occasion du Printemps du cinéma, je recommande une rareté, un film éthiopien que j'ai vu récemment à Moulins à l'occasion de la semaine du Cinéma africain.
Il a été primé au festival de Venise en 2008.
Sur de très belles images de l'Ethiopie, pays de vieille et belle civilisation, le réalisateur (qui vit depuis plus de 40 ans aux Etats-Unis) retrace l'histoire de son pays depuis la chute du Negus Haïlé Sélassié ("il est possible, au demeurant, qu'on congédie le bon Négus, mais il y a  peu de chances qu'on détrône le roi des cons" chantait Brassens. La lutte contre l'armée italienne de Mussolini est aussi un peu évoquée) jusqu'à nos jours.  Une belle réflexion sur les illusions des engagements politiques.
On connaît trop mal l'histoire de l'Afrique. Pour ma part, j'avais oublié que les dirigeants éthiopiens se revendiquaient comme communistes pro-albanais.

Un peu de pub :
Achetez du moka d'Ethiopie des petits producteurs. Vous ferez une bonne action et vous vous régalerez. 
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26 janvier 2010 2 26 /01 /janvier /2010 12:32
Il m'avait échappé qu'hier le président Nicolas Sarkozy passait à la télé. Je suis allée voir "Avatar".
A Moulins, le film n'est naturellement pas projeté en relief : celà présente assurément un avantage, on peut se concentrer sur le récit. Il y a aussi de très jolies images : les "âmes" et l'arbre aux âmes, les séquences censées se dérouler la nuit... Et une interprétation du divin, qui devrait déplaire aux éxégètes des religions monothéistes s'ils s'en rendent compte, mais qui est intéressante.
On dit qu'un bon film est un film dans lequel les méchants sont de vrais méchants. Et là, il y en a deux qui sont gratinés : le colonel et le représentant du consortium industriel.
On a fait remarquer qu'il y a des idées piquées dans Pocahontas. Il y a quelques scènes qui paraissent tout doit sorties d'Acocalypse now et de Voyage au bout de l'enfer, c'est vrai aussi.
C'est une très jolie fable écologique et  j'aime bien quelques idées. Comme "les montagnes flottantes"... ou le lien qui s'établit entre les habitants de la planète, les animaux et les végétaux, grâce à leur natte. Il est aussi très réjouissant de voir la technologie militaire vaincue, "écrasée" plutôt par des escadrilles d'oiseaux préhistoriques et de pachidermes (sur cette planète, les animaux, contrairement à ceux de Jurassic park, sont très colorés !).

Je m'interroge sur l'engouement pour ce film . Va-t'on le revoir à cause des effets spéciaux ? Ou pour les deux messages que j'y ai détectés ? Voire pour un message subliminal qui m'aurait échappé ? En tous cas, j'ai passé un bon moment (le film dure quand même près de 3 heures). Et ce matin, la soirée Nicolas Sarkozy est abondemment commentée !
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17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 13:15

C'est au Mans que j'ai entendu Toto Bissainthe chanter Haïti. Les voix, la musique... un concert véritablement envoûtant. Trente ans après, à chaque fois que j'entends parler de malheurs qui frappent ce pays, j'entends la voix des chanteuses qui chantent leur deuil d'"Haîti chérie".
Je n'ai jamais réussi qu'à trouver un seul disque 33 tours. Elle est décédée en 1994 mais son oeuvre a été rééditée en 2006. Un site internet lui est consacré : "le site officiel de Toto Bissainthe". A l'heure d'internet, téléchargez légalement ou achetez ses disques...

Voici "Dey",

traduction des paroles, du créole.

Deuil, je crie le deuil d'Haïti

Deuil, je chante le deuil d'Haïti

Haïti chérie, voici que tes enfants sont morts

Et que les autres sont tous nus

Qui va porter le deuil pour toi ?

Ayititoma, ton sang est en diaspora

Le pays se meurt

Qui portera le deuil ?

Haïti rendue aveugle

Haïti détournée

Haïti zombifiée

Qui portera ce Deuil

Haïti je t'appelle

Je t'appelle pour que tu m'appelles

Que tu appelles et réunisse ton sang

Pour le grand Koumbite*. 

  

 * rassemblement de paysans pour célébrer la fin d'un travail

Mais l'on n'écoute pas qu'une chanson de Toto Bissainthe : pour se laisser entraîner par sa magie, je conseille d'écouter l'album en entier.

L'année suivante, à Alençon, je découvrais "la tragédie du roi Christophe" d'Aimé Césaire, qui raconte l'histoire vraie de cet ancien esclave, devenu roi dans la partie nord du pays et dont je conseille, en ces instants, la relecture.

 

Haïti est un pays de belle culture.

C'est peut-être pourquoi, quand quelques années plus tard, il m'a été donné de parrainer des classes, j'ai choisi de le faire à Haïti.

(Et à Madagascar : car si Haïti est le pays le plus pauvre du monde, il est précédé dans ce classement sinistre par l'île de Madagascar.).

Il existe de nombreuses associations de parrainage : la plus ancienne est, me semble-t'il Aide et Action. Et l'atgent y semble bien employé.

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20 octobre 2009 2 20 /10 /octobre /2009 12:15

La Vague (die Welle) est un film sorti en 2008, et qui a, paraît-il, obtenu un phénoménal succès en Allemagne.

Il a été projeté à Moulins dans le cadre du festival  Jean Carmet, qui non seulement projette des films pour attribuer un prix du second rôle, mais aussi des courts métrages ainsi que des films à destination du jeune public. C’est dans ce dernier cadre qu’a été projetée « La Vague ». Je seraisq curieuse de savoir quelles conclusions en ont tirées les classes de 3e qu'on y a emmenées. Une cinéphile avertie a attiré mon attention sur lui, en me le résumant ("le prof fait porter un uniforme à ses élèves : un jean et une chemise blanche et les jeunes se saluent par un geste de reconnaissance qui imite le mouvement d’une vague") et en concluant « ils sont fous ces allemands ». 
J'ai été surveillante dans un lycée et, un beau jour de printemps, un de mes collègues avait fait ironiquement remarquer : « vous avez vu, nous sommes en uniforme : nous portons tous un jean et une chemise ou un chemisier blanc ! ».

Voici donc le résumé du film :
Ses élèves l’appellent Rainer et le tutoient : 45 ans, la nuque bien propre, fan de « Techno » qu’il écoute à fond la caisse dans sa voiture, habitant avec sa compagne prof et enceinte sur une péniche, il entraîne l’équipe de water polo de l’école qui doit affronter à la fin de la semaine celle d’un établissement voisin. Il enseigne, on ne sait trop quelle matière, d’ailleurs, à une classe de terminale dans une Volkhochschule d’une ville assez glauque. La plaque d’immatriculation (BE) ne correspond à rien, mais le paysage urbain évoque assez bien une de ces villes sinistrées de l’ancienne RDA.
Peu de temps avant la fin de l’année scolaire, les élèves de terminale doivent s’inscrire dans un groupe pour travailler autour d’un thème : le choix est offert entre l’anarchie ou l’autocratie. L’objectif de la direction de l’école et de l’équipe pédagogique est clairement affirmé : « il faut faire prendre conscience aux jeunes que la démocratie est le meilleur des systèmes politiques ».
Rainer est un peu vexé de ne pas avoir été retenu pour animer le thème autour de l’anarchie car il s’estimait compétent pour ce faire : il a étudié à Berlin et a habité un squat pendant plusieurs annéesn, rappelle-t'il. Et c’est à un bavarois aux abords de la retraite que l'anarchie a été confiée ! Il lui échoit donc de parler de l’ « autocratie ».
La première leçon consiste à définir le sujet : « Système politique dans lequel le souverain dispose d'un pouvoir absolu  - synonymes : absolutisme, arbitraire, autoritarisme, despotisme, dictature, tyrannie ».

Puis Rainer a l’idée de faire faire des exercices pratiques. Il faut d’abord élire un leader : les élèves élisent leur prof. Les réactions des jeunes lui échappent peu à peu et la situation va déboucher sur un drame.


Le critique de Télérama a jugé que ce film, qui se déroule sur une seule semaine, n’était pas plausible. C’est vrai : mais les tragédies du XVIIe siècle sont censées se dérouler en une journée. Et on les étudie encore dans les lycées et même en fac !

Ce film est une parabole et peut se lire de plusieurs façons. S'agit-il d'une mise en garde du réalisateur contre un renouveau du nazisme en Allemagne ? 
Une des lycéennes affirme au début de l'histoire : « la dictature, ça ne peut pas revenir en Allemagne : on nous a assez prévenu contre ». Si j’ai remarqué que l’histoire se déroule apparemment dans l’ancienne Allemagne de l’est, c’est que je me suis mise à la place de ces allemands de 20 ans, nés avec la chute du mur. A l’est, les autorités de RDA ont dédouané leurs concitoyens du poids du nazisme, en rappelant, non sans justesse d’ailleurs, que les communistes avaient été des résistants. Mais, avec la révélation au public des archives de la Stasi, les jeunes allemands de l'est ont découvert que quand leurs parents étaient jeunes, ils s’espionnaient et se dénonçaient à l’intérieur des familles.


Rainer est un « alternatif ». A la fin du film, il sait faire preuve de courage et d’une sage autorité avant d'être emmené, menottes aux mains par la police. Dans le film, les anarchistes ne sont pas mieux traités que les sympathisants de « la Vague » : ils sont présentés comme assez bas de plafond et apparaissent comme plutôt agressifs. Et puis, il y a des côtés sympa aussi dans ce mouvement : une nouvelle solidarité entre les élèves s'instaure, notamment quand l’un d’eux est pris à parti par deux jeunes hérissés de percings. Avant de troquer leurs vêtements contre un jean et une chemise blanche, les punks ou les « gothiques » de la classe de terminale, portent aussi des uniformes, comme le leur fait remarquer Rainer.

Et puis, des signes de reconnaissance dans les saluts, il n’y en a pas que dans les mouvements totalitaires !


Mais dans ce processus d'aliénation de l'esprit critqiue,  les allemands ne sont pas, par une fatalité de leur destin, les seuls en cause : je renverrai à un ouvrage assez ancien (mon exemplaire date de 1974) d’un psychologue américain nommé Stanley Milgram, « la soumission à l’autorité ». Pour une soi-disant expérience sur la résistance physique de cobayes humains, il avait placé des volontaires devant une console avec des boutons supposés envoyer un courant électrique. Derrière la vitre, le cobaye mimait la douleur. Un « scientifique » en blouse blanche  placé derrière eux leur donnait l’ordre de continuer, voire d’augmenter la puissance du courant… Que croyez-vous qu'il advint ?

Dans le film, il y a deux jeunes filles, deux seulement (et des filles !), modernes Inge Scholl, qui occupent leurs nuits à rédiger des tracts, à les photocopier (on a déconnecté leurs ordinateurs) pour dénoncer les dérives qu’elles perçoivent. Elles les distribuent le jour du match de water polo au cours de laquelle, un équipier, membre de la Vague, tente de noyer un de ses adversaires !

En ce moment sort sur les écrans
le « ruban blanc », Palme d'or à Cannes, qui veut aborder les raisons de l'émergence du nazisme.

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