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Avec flûte obligée

En 1986, Jean ANGLADE publiait un ouvrage intitulé "Avec flûte obligée". Il évoque un personnage qu'il appelle Henri Belmont-Chaput, agrégé d'allemand et professeur au lycée Banville, passionné d'ex-libris,  prononçant, en allemand des conférences sur le Bourbonnais culturel et sollicité par le major chargé du service des Ausweis de compiler ses causeries dans un ouvrage destiné aux troupes d'occupation à Moulins. Moulins fut libéré le 6 septembre et lui fusillé le lendemain.

Ce matin, j'ai trouvé un exemplaire de Moulins und das Bourbonnais "ein Rückblick für deutsche Wehrmachtangehörige", du professeur H. BURIOT-DARSILES, préfacée par le Hauptmann Doktor Bruno PEYN. 

publié à Moulins "dans le 3e hiver de la guerre" (sic !).

Le Capitaine Docteur Bruno PEYN paraît avoir été un universitaire de Hambourg, spécialiste du théâtre allemand. Il aurait vécu jusqu'en 1970.   Bruno PEYN serait son nom d'écrivain : son vrai nom étant Johannes BATT. La notice que j'ai trouvée sur lui étant écrite soit en néerlandais, soit en plattdeutsch, je crois comprendre qu'il a été membre du parti nazi.

En tous cas, ses ouvrages ont été réédités encore récemment. 

Quant à Henri BURIOT-DARSILES (1875-1944),  on lui doit, outre un "essai de répertoire des ex-libris intéressant le Bourbonnais", et le petit ouvrage présenté, diverses traductions d'allemand en français (dont Werther) et d'italien en français, ce qui a, bien sûr, dû attirer l'attention sur lui de Jean ANGLADE.

Comme le personnage de Jean ANGLADE, il fut un promoteur de l'oeuvre de Charles-Louis PHILIPPE.

 

 

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A
Il y a aussi une notice en Allemand elle est plus courte que celle en Plattdutsch mais est utile pour confirmer l'essentiel: https://de.wikipedia.org/wiki/Bruno_Peyn Il en ressort que dès 34 Bruno Peyn (il semble que cela ait été son vrai nom et que Johannes Batt était un pseudonyme) était un dirigeant (Landesleiter) de la Chambre de la Littérature du reich (Reichsschrifttstumskammer). Cette information figure aussi dans celle en Platt qui affirme également, comme vous le souligniez, que Peyn était effectivement membre du NDSAP: selon la notice et sous réserve que le mot vör signifie bien -comme cela semble être le cas- "avant" en plattdutsch , son adhésion serait d'ailleurs antérieure à 1933. Titulaire d'un doctorat, il semble avoir enseigné surtout dans le secondaire. Son oeuvre est essentiellement en Platt.
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D
Je ne tiens pour mon blog avec régularité : votre commentaire m'avait donc échappé. En juin, Maurice Sarazin a édité la correspondance entre Buriot-Darsiles et Valery Larbaud (j'ai mis un commentaire sur facebook) et je pense qu'il serait très intéressant d'étudier l'histoire de la "pensée politique" de tous ces érudits de l'entre deux guerres. Ou de tous ces membres de sociétés savantes comme Jean Simon, ancien trésorier de la SBEL et sans doute investi dans d'autres sociétés, simple commis aux écritures à la poste de Gannat… Voire même d'ailleurs de Camille Gagnon, dont j'avais étudié la correspondance qui est conservée à la Société d'Emulation du temps où M. Lougnon en était président pour élaborer une exposition : il semblait avoir traversé l'occupation sans s'en rendre compte. Il fut toutefois président du tribunal d'épuration : j'avais lors d'une conférence discuté avec maître Pelletier qui était alors tout jeune avocat. <br /> Cela pose la question qu'avait soulevé le neveu d'une de mes amies, alors jeune étudiant en droit lors du procès Papon : "Qu'aurais-je fais en juin 40 ?" Et me connaissant comme je me connais, je ne suis pas sûre que j'aurais pu résister à la tentation de rendre service aux soldats allemands en villégiature à Moulins !