Jeudi 2 juillet 2009
Pas plus tard que ce matin, au café où je glôse sur des sujets aussi nombreux que variés, était évoqué le problème des relations entre les producteurs agricoles et la grande distribution.
J'ai essayé de faire entendre ma différence en affirmant que les agriculteurs avaient sans doute du souci à se faire pour l'avenir : mais face à 2 représentants de commerce et à un artisan plombier, ma parole de fonctionnaire a peiné à se frayer un chemin.
On m'a fait remarquer que quand des producteurs se groupaient et vendaient directement, ils le faisaient pour aussi cher que les grandes surfaces... c'est pas faux. Comme il est vrai que la TVA est passée de 19,6 % à 5,5 % pour les cafetiers et les restaurateurs.. et qu'ils affirment ne pas être en mesure de diminuer leurs prix.
Sujet d'actualité qui a suivi : les soldes ! Un des représentants a rappelé qu'en France, la loi interdit de vendre à perte. Or l'on constate que des rabais de 60 % sont consentis. J'ai eu un mot sur les conditions de vie des petits chinois, qui à l'autre bout du monde travaillent 14 heures par jour ("c'est normal. S'ils veulent gagner plus, il faut bien qu'ils travaillent plus", m'objecteront certains lecteurs) et vivent dans des dortoirs qui sont la propriété de leur patron et pour lesquels ils s'acquittent de loyers exorbitants.
L'avenir pour les salariés qui perdent leur emploi en France, c'est, ont proposé récemment certains patrons, d'aller occuper un emploi en Inde, au salaire mensuel local (ou plutôt au salaire horaire ! - drôle d'idée, tout de même que cette mensualisation. Une réforme à entreprendre ??).

Quelques petits malins, quelque part au bout d'une connexion internet, ont mis au point une arnaque : aurait-elle été rédigée en français, je pense que je l'aurais vu venir plus tôt. Mais elle est très marrante et illustre à sa façon le problème de coût et de marge 
Je m'explique : j'ai aménagé une chambre d'hôtes dans la maison que ma laissée ma tante, dans mon village natal. Et j'ai ouvert un blog sur internet. Après que j'ai constaté la visite de ce blog par des adresses IP localisées en Côte d'Ivoire, j'ai été contactée par quelques "docteurs africains" pour des séjours de 2 à 3 mois. A priori, je ne vois pas pourquoi je ne recevrais pas d'Africains désirant visiter la France : mais je n'ai pas capacité à héberger les 6 à 8 personnes que l'on m'annonçait. J'ai donc répondu et conseillé de contacter "Gîte de France" et de chercher plutôt un "gîte" et non une "chambre d'hôtes".
Et puis il y a 15 jours, j'ai reçu un message d'un "docteur" écossais. Il disait travailler pour une agence de voyages "chrétienne", qui existe effectivement : j'ai vérifié. Il avait pour mission de trouver un hébergement à deux couples qui souhaitaient fêter leurs 10 ans de mariage en France : en même temps que moi, ils contactaient aussi des chambres d'hôtes dans le sud de la France et dans la vallée du Rhône. J'ai répondu que mes capacités d'accueil étaient limitées et l'ai orienté sur http/wwww.noyantdallier.com où il trouveraitsont d'autres hébergements comptant 2 ou  3 chambres. Je connais mal les moeurs des chrétiens, notamment quand ils sont presbytériens comme les Ecossais, et ai bien trouvé un peu curieux que ces clients cherchent aussi bien 2 chambres avec un lit double que 4 chambres "single". Mais après tout !!! J'ai été à deux doigts de leur conseiller aussi de contacter l'évêché, certains couvents ou les frères de la confrérie saint Jean de Souvigny, par exemple, offrant des hébergements très simples, mais qui sont sans doute plus propices à une élévation spirituelle que ma maison. Même si j'ai conservé le crucifix de ma tante...

J'ai à nouveau été contactée à propos de mes tarifs. J'ai satisfait à la demande et ai reçu un nouveau message me demandant quelle somme je voulais qu'on me verse pour 20 nuitées : j'aime bien mon département et essaye de le promouvoir, mais un voyage de noces anniversaire de 20 jours au coeur du bocage !!! Et puis mon correspondant semblait avoir des difficultés avec les multiplications, puisqu'il était obligé de me demander combien faisaient 50 euros x 20.
Curieuse de voir où il voulait en venir, je lui ai obligemment communiqué les résultats de l'opération : il se trouve que je possède bien la table de 2 et celle de 5.
Je lui avais dit précédemment que je n'était pas équipée pour un paiement par carte bancaire :  il s'est donc proposé de m'envoyer un chèque de 10 000 euros, sur lequel je pourrais prélever les 1000 euros qui me revenaient, plus un bonus pour couvrir mes diverses charges. Voilà qui est "gallant" comme l'on dit en anglais ! On me contacterait ultérieurement pour savoir à qui verser le surplus. Enfin, il concluait en espérant que ma maison était confortable pour le bien être de ses clients ! Curieuse démarche commerciale, qui fait intervenir en fin de négociation cet aspect du problème qui pourrait pourtant paraître fondamental.

J'ai donc répondu qu'une provision de 500 euros et une confirmation d'inscription me suffisaient.
Une demi heure plus tard, on m'expliquait que les "clients" avaient d'ores et déjà signé pour leur voyage de noces de 3 semaines une chèque de 10 000 euros et que c'était à moi qu'incombait la charge de l'encaisser.
En dehors du fait que cette arnaque ressemble beaucoup à celle qui a court pour l'achat de voitures d'occcasion, j'imagine l'apprenti escroc, derrière son écran, qui trouve normal qu'on fasse payer 10 000 euros à un couple pour 3 semaines de séjour, dont l'essentiel du coût (l'hébergement) s'élève à 1000 euros. Même s'il imagine les envoyer manger midi et soir dans le restaurant le plus cher de la ville (120 euros par jour, soient 2 400 euros de repas) et qu'il leur paye le déplacment en taxi de Moulins à Noyant, il a de quoi recruter du personnel !!! Et que personne ne s'étonnera qu'en possession de 2 chèques de  ce montant (puisqu'à l'origine on me proposait d'héberger deux couples), il n'ai pas encore le début du commencenment de l'idée de l'endroit où il va les envoyer (mieux que dans l'émission "rendez-vous en terre inconnue"), puisque son "mail" circulaire était envoyé à des adresses qui recouvraient toute la France !
Mais je ne tiens pas à encourager sa petite entreprise et me suis bien gardée de lui donner des conseils pour rendre plus crédible son arnaque. Aussi, l'ancien comptable public que je suis, a terminé la transaction en affirmant au docteur écossais que ses clients seraient les bienvenus, mais que je ne pouvais en aucun cas devenir le "cashier" de son agence de voyage. L'accueil de touristes est une chose : le maniement d'argent est un autre métier.
Par Dominique LAURENT - Publié dans : au café du commerce
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Lundi 29 juin 2009

J'ai jusqu'à présent parlé des gens bizarres que j'ai croisés : c'est plus drôle à raconter.
Hier était le jour du grand retour de Julien Dray qui expliquait que l'argent qui avait été versé sur son compte par ses collaborateurs étaient des prêts effectués par des amis.
Lorsque j'ai pris mon premier poste d'Attaché, le ministère a traîné 3 mois avant de prendre un arrêté de nomination. Or la réglementation de la comptabilité publique veut que sans arrêté, pas de mise en paiement. Pas d'"avance" non plus.
Dans mon ancien poste, on avait arrêté mon traitement. Mais ce dernier n'était pas suffisamment élevé pour que j'ai économisé suffisamment pour vivre  mois. Heureusement, le poste m'offrait un logement de fonction.
Mais au bout de 3 mois, ça commençait à tirer un peu : et l'une de mes secrétaires, qui gagnait à peine plus que le SMIC (commis d'administration, ce n'est pas le pactole), voyant que je faisais des économies de bouts de chandelle, que je n'avais plus les moyens de mettre de l'essence dans ma voiture, que je me privais du petit café du matin, m'a offert, comme les collaborateurs de J. D, de me prêter de l'argent : 3 000 francs !
Mais à la différence de Julien Dray, je n'ai pas jugé décent d'accepter : à l'époque, celà représentait pour moi un mois de salaire, mais pour elle une année d'économies.
Estelle Guichardan aurait 86 ou 87 ans maintenant : nous avons longtemps correspondu, et un jour, je n'ai plus eu de nouvelles. Mais je pense encore très souvent à elle. D'autant qu'elle a tenu la comptabilité toute seule pendant 6 mois (moi je n'arrivais pas à comprendre alors pourquoi on débitait le compte de trésorerie quand on encaissait de l'argent !), en me disant : "le compte financier, c'est en février : moi, je ne sais pas passer les écritures de fin d'année. Vous avez 6 mois pour apprendre".  

Par Dominique LAURENT - Publié dans : ces gens étranges que j'ai rencontrés
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Dimanche 28 juin 2009


Par Dominique LAURENT - Publié dans : Noyant, Châtillon, etc...
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Samedi 27 juin 2009

                                                        
Comme chant du cygne du Tribunal de Grande Instance de Moulins, je suggérerais volontiers à la municipalité de Moulins et au personnel judiciaire, d’organiser un colloque sur Michel de L’HospitalVoilà qui aurait du panache. Et je placerait la manifestation sous la "haute présidence de Madame Alliot-Marie" comme disait l'un de mes anciens chefs d'établissement qui passait beaucoup de temps au téléphone avec le directeur de cabinet du préfet et avait développé une vraie expértise dans l'art du protocole.


L’adresse officielle de la préfecture de l’Allier est 2, rue Michel de L’Hospital, petite rue bien modeste, tangente à ce que l’on appelle ici les « Cours ». Hommage peut-être de la République à ce juriste auquel l’on doit  les grands principes du droit public contemporain.


Le nom de Michel de L’Hospital, natif de la ville d’Aigueperse, distante de Moulins d’une soixantaine de kilomètres et fief des Bourbon-Montpensier, dont le Connétable est le plus connu, fils d’un médecin au service de ce dernier, est étroitement lié à celui de MOULINS. Entre décembre  1565 et  mars  1566, à l’instigation de Catherine de Médicis, le roi Charles IX, les présidents des Parlements, et la cour séjournèrent à Moulins. Outre le monarque et la reine mère demeuraient donc à Moulins, Henri, duc d'Anjou, frère du roi et qui fut fait « duc de Moulins » à l’issue de ce séjour, Charles, cardinal de Bourbon, Louis, prince de Condé ; le duc de Montpensier, les cardinaux Charles et Louis de Lorraine, les ducs de Nemours, de Longueville et de Nevers, le connétable Anne de Montmorency, l'amiral de Coligny et ses frères, le chancelier Michel de l'Hospital, Christophe de Thou, premier président au Parlement de Paris, et les présidents des Parlements de Toulouse, d'Aix, de Dijon, de Grenoble et de Bordeaux, de nombreux évêques et maréchaux.
Cet épisode vaudrait bien la peine d’être étudié de plus près !
 
L’ancien Bourbonnais réuni au royaume après la confiscation des biens du connétable a perdu ses institutions propres. Même si son ancienne capitale a perdu sa cour, brillante, elle recevait encore souvent des visites royales : François Ier y a effectué plusieurs séjours, le roi Henri II avait choisi cette ville comme cadre du mariage de son cousin Antoine de Bourbon (-Vendôme) avec Jeanne d’Albret, en 1548 (21 octobre). Elle jouissait encore d’un lustre certain, qui faisait dire en 1566, à un témoin : « Le château est grand et magnifique, de mesme des ducs de Bourbon dont les effigies au naturel sont dans une belle gallerie ». Il avait aussi conservé une belle bibliothèque. Les Grands Jours du Parlement de Paris se tiennent à Moulins en 1535, 1540 et 1550. Antoine de Laval, grand juriste également, batailla ferme à la fin du règne d'Henri III et au début de celui d'Henri IV pour que Moulins soit siège d’un Parlement. Mais ceci est une autre histoire.


Michel de L’Hospital était devenu chancelier de France (à la fois garde des sceaux et Premier ministre) le 20 mai 1560. Il avait alors 55 ans et, était proche des humanistes. Aux Etats généraux d'Orléans, il avait tenté d'apaiser les querelles :  «Ôtons ces mots diaboliques, noms de partis, factions et séditions, luthériens, huguenots, papistes, ne changeons le nom de chrétiens !» lança-t-il aux députés le 13 décembre de cette même année, dans son célèbre "Discours de tolérance".

La fameuse « Ordonnance de Moulins » publiée en février 1566 comprend quatre-vingt-dix articles, et réformait en profondeur l’administration de la France. Elle contribuait également au renforcement de l’absolutisme royal.
Entre autres réformes, était enlevée aux gouverneurs des provinces la prérogative arbitraire de lever des impôts en leur propre nom. De rigoureuses conditions d'âge et de capacités était imposée aux candidats à des postes de conseillers ou de juges. Les "épices", c'est-à-dire les présents en bonnes et sonnantes espèces que les plaideurs étaient obligés d'offrir aux juges étaient supprimées. L'inaliénation du domaine royal était réaffirmée....



Par Dominique LAURENT
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Vendredi 26 juin 2009

La boîte de Banania que j'ai héritée de mon grand-père, relativement récente, ne porte pas la mention "y'a bon !". Elle n'en est pas moins politiquement incorrecte.
En république tchèque, qui n'a pas eu d'"empire colonial" et dont l'histoire s'est construite contre les envahisseurs allemands ou contre l'empire austro-hongrois, on n'a pas ce tabou.
Voici comment on donne, dans un pays qui a découvert il y a moins de 20 ans le marketing commercial, on visualise la notion du bonheur brut de boire un thé ou un café .... en "can" !

Par Dominique LAURENT
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Lundi 15 juin 2009

Une des théories que je défends est qu'il est rassurant d'observer que malgré l'instauration d'une république "une et indivisible", le rôle de l'école qui a tenté de laminer les langues régionales, les particularismes demeurent. Le département de la Sarthe, où j'ai passé les 3 premières années de ma vie professionnelle, fut pour moi un lieu extrêmement dépaysant.
Il en est de même pour l'Europe. J'ai constaté quelques particularités en république tchèque : elles sont irritantes au début, mais pour autant, faut-il exiger des serveurs de restaurant tchèques (puisqu'il s'agit d'eux) qu'ils changent ?
Ce matin, j'ai retrouvé mes habitudes dans mon café préféré : c'est l'occasion de retrouver des gens avec lesquels l'on échange des banalités, mais aussi des informations, de commenter l'actualité... Et de lire le journal. Perosnnellement, je lis les nouvelles locales et je fais mon Sudoku quotidien. Mais quelques copains de bistrot arrivent avec un gros paquet de journaux : la Montagne, bien sûr, le Monde et le Figaro... voire même le Bourbonnais Rural. Ils occupent donc un espace, moyennant le coût d'un café, pendant 2 heures ou 2 heures et demie... Une seule contrainte : depuis que les cafés de la place d'Allier font brasserie à midi, il faut libérer la place pour installer les sets et les verres sur les tables. Certains "garçons" le font avec discrétion. D'autres vous font remarquer que votre temps est dépassé !
Aussi, on comprendra le choc culturel qui fut le mien dès mon premier jour et mon premier repas en république tchèque. A peine, passez-vous le seuil de la terrasse (ou de la porte), avant même que vous ayiez eu le temps de vous asseoir, que quelqu'un se précipite pour vous demander "ce que vous buvez". Je pense qu'ordinairement la réponse est "un verre de bière" : d'où la surprise du serveur ou de la serveuse, voire pour certaine, leur agacement, quand vous consultez la carte. Dès que vous avez fini votre  verre ou votre tasse, on vient débarasser la table et vous demander ce que vous reprendrez. La réponse doit là aussi être "un demi litre de bière". Et je suppose que tant les allemands que les anglais doivent se sentir rapidement chez eux ! Le "galopin", une bière servie dans un verre à vin, et que personnellement je commande "panaché" serait, si l'existence en était connue dans cette contrée, naturellement considéré comme une hérésie.
En ce qui concerne les repas (tous les cafés font aussi restaurant : je n'ai pas remarqué qu'il existait deux concepts différents !), ils peuvent être pris à toute heure, là où il y a beaucoup de touristes allemands et dans les villages à l'écart du flux touristique, jusqu'à 15 heures. Surprise : si les horaires sont élastiques, la contre partie est que le service peut se faire dans le désordre. Si l'on vous apporte votre glace AVANT votre soupe : c'est normal. Et si vous préférez commencer par la soupe, c'est votre choix. On mettra votre glace en attente. Moi, j'avais commandé une crèpe en dessert : elle a refroidi le temps que je mange le reste. 
Passé les premiers instants de surprise (on a un peu le sentiment de gêner !), je me suis adaptée et ai introduit du "suspens" dans mes commandes :
-"que prendrez vous ? " 
- "une soupe"
La soupe à peine finie, ou si vous traînez trop, on vient débarrasser votre table.    
Cette particularité a même été à l'origine de malentendus avec des touristes allemands, qui n'ont pourtant pas l'habitude de trop s'attarder à table, puisque c'est dans le catalogue des offres touristiques d'un voyagiste allemand qui détient un quasi monopole sur le tourisme à Marienbad, quelques conseils : déposer SUR l'assiette, à gauche la  fourchette, à droite le couteau, pour signaler qu'on n'a pas fini de manger et que si l'on fait une pause, c'est parce que l'on parle avec son compagnon ou sa compagne de table. Quand on veut que l'assiette soit enlevée : y poser  son couteau ET sa fourchette avec un angle de 120 degrés.
- " je prendrai bien autre chose". Intéressé, l'oeil du serveur ou de la serveuse s'allume.
- "un goulash".
Et c'est après qu'il ait été débarrassé que je commandais mon dessert.

Comme je suis partie sur les traces de KAFKA dans les cafés qu'il a fréquentés et que j'ai lu "histoires praguoises" de RILKE, qu'à l'évidence ils  passaient autant de temps dans les cafés de leur ville que les habitués de ceux de Moulins, celà m'a interrogé : "moeurs postcommunistes" ? (j'ai gardé un souvenir désagréable du repas que j'ai pris à Berlin, Friedrichstrasse en 1973 !!! - et ma mère a vécu les mêmes mésaventures en Pologne) ou goût pour la propreté ?



Par Dominique LAURENT - Publié dans : mes voyages
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Vendredi 12 juin 2009

Salut les chiots !
Il y a longtemps que je n’étais pas venu vous parler... Je tiens une de ces formes ! J’ai en effet passé 15 jours à la campagne, en bordure de forêt avec des copains et des copines. Ouaf ! quelle patte !
Quand mon humaine est revenue me chercher, je crois qu'elle a été un peu vexée : j’étais tellement occupé à faire la cour à une chienne husky nouvellement arrivée (ah ! quels yeux !) que je n’ai pas perçu son odeur.
Je vous avais déjà dit que je l'ai éduquée à la propreté : maintenant, elle est bien dressée et ramasse mes crottes. Elle a toujours des sacs "toutounet" avec elle et elle est devenue fort habile pour se baisser (et surtout se redresser) et ne pas se salir les mains.
Je déplore que mes congénères n’aient pas aussi bien réussi avec leurs humains. Je l’ai tellement bien sensibilisée à ce problème, qu’elle fait des petits reportages sur l’Europe des « toutounettes ».
 à Florence

 à Prague...
Là, comme en Allemagne ou en Suisse, on n'utilise pas les sacs en plastique  (le paradoxe, c'est qu'une crotte est biodégradable en une journée et un sac plastique en plusieurs centaines d'années...), mais en papier recyclé. Admirez l'air heureux de mon congénère tchèque ...

Il  nous reste à traduire ce que les Tchèques ont voulu nous dire
sur cette poubelle...

Par Dominique LAURENT - Publié dans : Les conseils de l'oncle Archie.
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Mardi 9 juin 2009


Dans ce très bel immeuble de la place Wenceslas....



Vers l’âge de 16 ou 17 ans, j’ai eu ma période Kafka…
J’ai ainsi lu  « le procès », dans lequel Joseph K., fonctionnaire jusqu’alors modèle, est  déclaré coupable d’un délit qu’il ignore et a été dénoncé par des témoins qu’il ne connaît pas, « la métamorphose » où le narrateur se réveille transformé en insecte et dans lequel sa famille souhaite sa mort et « le château » qui narre la quête de M. K., nouvel arpenteur, appelé par les autorités du château pour accomplir une mission qui doit lui être précisée. Son contact est un fonctionnaire haut placé du château, nommé Klamm avec lequel il tente une bonne partie du roman à entrer en contact, sans succès. Le « château », par l’intermédiaire d’un dénommé Schwarzer refuse de croire à sa mission, mais a paradoxalement mis à sa disposition du personnel pour l’exercer puisque M. K. à l’auberge du village où il a dû retourner après une tentative infructueuse pour être reçu au château, fait la connaissance de ses deux assistants, des jeunes gens impertinents.


Aussi, à Prague, je n’allais pas manquer de visiter le musée qui lui a été consacré. Et je suis allée de découverte en découverte, car en France, cet auteur demeure somme toute assez peu connu. Même si l’adjectif « kafkaïen » est entré dans notre vocabulaire au point d'être utilisé à plus ou moins bon escient. L’homme mérite d’être connu autant que l’écrivain : docteur en droit, employé efficace chez Generalli Assurances (pourquoi ai-je alors pensé à Zinédine Zidane ?), puis de la Compagnie d’assurance  contre les accidents du travail pour le royaume de Bohême, une administration où il était chargé d’élaborer des procédures pour la sécurité des employés. Il semble avoir souvent quitté son emploi en retard, pour finir un dossier.

Il a laissé un « journal » qui est un témoignage sur la vie à Prague au début du XXe siècle et des lettres : en 1915, il confie à son ami Max Brod : « dans mes quatre districts – sans parler de mes autres tâches – les gens tombent comme des ivrognes du haut des échafaudages tout droit dans les machines en bas, toutes les poutres se renversent, tous les talus se désolidarisent, toutes les échelles glissent, ce que l’on fait monter dégringole et ce que l’on fait descendre, on tombe soi-même dessus. Et l’on finit par avoir mal à la tête de voir ces jeunes filles, dans les fabriques de porcelaine, qui n’arrêtent pas de tomber dans les escaliers avec des montagnes de vaisselle ».… 
Atteint par la tuberculose, il est mort parce qu’il ne pouvait plus ni se nourrir ni s’hydrater.
Sans doute, l’appartenance de Franz Kafka à la communauté juive de Prague, dans un environnement politique tendu, exacerbé par l’antagonisme entre Tchèques et Allemands, et singulièrement entre Tchèques et juifs allemands, a-t'elle influé les thèmes qu’il a abordés. On apprend ainsi que son père, qui était mercier, a dû se défendre d’une accusation de vol et, suite à une dénonciation anonyme,  d’avoir fait courir un danger aux passants en ayant installé devant son magasin des planches dont les clous auraient pu blesser la foule. En outre, un membre de la communauté juive avait, alors que Franz Kafka était enfant, été accusé du meurtre rituel d’une jeune catholique. « Le procès » est comme une résonance de cette atmosphère délétère.

On a dit aussi que l’ouvrage était prémonitoire du nazisme et de la persécution des juifs… C’était cet aspect des choses qui m’avait le plus intéressée il y a 30 ans de cela.
Mais le mécanisme que décrit Kafka me fait aussi beaucoup penser aux procédures mises en place par l’Inquisition pour combattre toutes les formes d’hérésie (juifs, vaudois, sorcières…) que j’ai plus particulièrement étudiées ces derniers temps : les manuels dans lesquels les inquisiteurs apprenaient leur métier disent explicitement que l’accusé ne devait pas connaître le chef d’accusation, sinon il aurait pu se défendre. La procédure inquisitoriale ne prévoyait pas le ministère d’avocat pour la défense : d’ailleurs on n’instruisait qu’à charge ! Et le suspect découvrait, lors de son procès, que c’étaient les membres de sa famille ou des voisins auxquels ils ne pensaient pas jusqu’alors avoir causé du tort, qui avaient témoigné contre lui. A cet égard, on peut penser que dans la mémoire des juifs du ghetto de Prague ou d’ailleurs, la répression religieuse menée par l’église et ses institutions judiciaires a culturellement laissé des traces. 
Ce que Kafka décrit dans le « procès » me rappelle aussi beaucoup les descriptions de ce « harcèlement moral » dont le développement envenime nos environnements professionnels : si dans certains cas, on reproche à un individu une chose et son contraire, ce qui ne lui laisse aucune échappatoire, et peut conduire à la folie, on constate aussi, comme dans le cas de Joseph K., une mise à l’écart des décisions prises, de la rétention d’informations… Il est fréquent que le « harcelé » découvre que ce sont des collègues et « amis » qui ont nourri, par leurs commérages ou par simple souci de se valoriser auprès de leur hiérarchie,  les reproches qui lui sont faits. 


Comme quoi, quand il s’agit de pourrir la vie de ses voisins, les mêmes vieilles recettes semblent bien être les meilleures ! Comme le dit le proverbe : « c’est dans les vieilles gamelles qu’on fait les meilleures soupes ».

Par Dominique LAURENT - Publié dans : mes voyages
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Lundi 8 juin 2009
En France, sauf peut-être en Alsace, nous n'avons pas l'habitude (nous n'avons plus l'habitude ?) de peindre de couleurs vives les enduits des façades de nos maisons. Seules sont tolérées des déclinaisons d'ocres. Les seules touches de couleurs vives sont celles des volets ou des portes (comme le célèbre bleu de l'île de Ré). Pourtant, après avoir pendant plus d'un siècle remis à nu la pierre naturelle,  on redécouvre depuis peu qu'au Moyen Age nos églises étaient couvertes de fresques très colorées.
En république tchèque, on n'a pas de ces tabous...
 
à Cheb

à Karlovy Vary


                     dans la banlieue de Prague où j'avais loué un
                     appartement...
Par Dominique LAURENT
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Lundi 8 juin 2009

Cheb - république tchèque
N'a-t'on pas l'impression que ces lucarnes font un clin d'oeil ?
Par Dominique LAURENT - Publié dans : mes voyages
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