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6 octobre 2008 1 06 /10 /octobre /2008 14:07

Au Moyen Age, sauf quelques hôtels particuliers de notables, l'espace réservé à la vie privée était limité à une ou deux pièces. Quelquefois sans cheminée. L'essentiel de la vie se déroulait donc dehors, sous l'oeil du voisin, dans un monde où l'on déménageait peu (même si l'on voyageait plus qu'on ne le croit). L'expression des désaccords dérapait souvent en violences.
Certains lieux, certains jours, où l'on échangeait des informations et où l'on en débattait, étaient propices aux débordements.
Dans la société médiévale, la retenue et le sang-froid, loin d’être considérés comme des qualités, sont au contraire, perçus comme un signe de lâcheté.
Voici comment nous est rapportée l'escalade verbale d'une provocation qui opposa à Ebreuil, dans les années 1430, Huguenin de Richepoy et Jean de La Broce :
 " tu n' oserais ???...
 - ni toy ?...
- ni toy !...
Ce dernier "ni toi" était la goutte d'eau qui fit déborder le vase et justifia un dépôt de plainte devant le bailli d'Ebreuil.

Et les gens étaient très susceptibles quant à leur réputation. 

Jeannot Aulhalt, d'Ebreuil,  s'était-il estimé injurié parce que Stevenin Laurent avait dit qu'" il estait si orgueilleux qu'il ne daignoit pas parler aux gens ". Steve Brosson avait " injurieusement " accusé Steve Rocros d'être " plus fat que ung chien ". La femme de Pierre Perussa avait gravement insulté la femme de Berthomer Perussa en affirmant " qu'elle ne disait vrai ".
Plus graves étaient les injures contestant l'honnêteté : "larron" (ou pire ! … "faux larron"), "maquerel", ou celles mettant en doute l'appartenance à une famille honorable comme "champisse" (enfant trouvé), les ragots colportés sur la vie privée, les doutes émis sur l'honorabilité de la famille, notamment maternelle : un plaignant ne supporta pas de  s'entendre traiter par ce dernier de " fils de pute sanglante ". Autres motifs de plainte : quand la femme de Guillaume Bouly fit courir le bruit à Ebreuil, en 1435, que la femme de Jean Ghaubert se "faisait chevaucher à chiens et à chats" ou quand la femme de Michel Leugaie colporta qu'Alix, femme de Guillaume de Prédeaux " avoir esté trové(e) au cellier de la selhose en blanc de legle".
Une autre injure me demeure obscure : Jean Botinet, de Busset, avait rapporté que Jean Cornet avait " fait ses nossez de thestinières ". 

La situation s'envenimait souvent parce que les protagonistes étaint « mal émus », euphémisme qui signifie qu’ils étaient en état d'ébriété. Et qui, juridiquement d'ailleurs (autres temps, autres moeurs ! ) constituait une circonstance atténuante. Le plus grand nombre de bagarres ayant fait l'objet de plaintes, et jugées par le châtelain d'Ebreuil, s'étaient déroulées dans l'auberge de Jean Rocros ou dans celle de Jehan de Vauvrille. Une taverne de Montmarault est le départ de l'affaire "Dinet de Châteauneuf" et une taverne de Varennes celle de l'"affaire Jean Moreau c/ La Besche".

source : D. Laurent "Emotions populaires et violence" paru dans le Bulletin des Amis de Montluçon

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commentaires

Ionard 08/10/2008 15:03

Ou là! c'est long! je reviens ce soir!
Bises
et merci pour tes visites
Dany

kéline 07/10/2008 18:32

hé bien ... les injures ont évolué
m
Maintenant elles sont me s emble t il axées davantage sur la sexualité, enc... pédé, nique ... et ne pas "dire vrai" par exemple n est plus aussi grave
une constante ---->fille de pute ;)
une autre---> l'ébriéte est mauvaise conseillère
bonne soirée Dominique
par contre une

moimeme 06/10/2008 21:37

salut!
ebreuil, c'est plutot du coté de vichy non??
tu es d'ou du bourbonnais exactement?

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