faire connaître ma région, parler des problèmes qui me préoccupent, exposer mes coups de coeur
Friedl Dicker-Brandeis, née à Vienne en 1898 était une artiste et un professeur réputé de l'école du Bauhaus. Elle était aussi juive. Elle habitait Prague en 1933
quand A. Hitler devint chancelier d’Allemagne.
Quand les nazis décidèrent de déporter les juifs de Tchécoslovaquie, elle fut envoyée à Terezin. Avec d'autres éducateurs, Friedl logeait dans la maison des filles, le bâtiment L 410.
Elle parvient à animer des ateliers de dessin pour les enfants, bien qu'au ghetto, les enfants de plus de quatorze ans aient dû travailler et,
qu'officiellement, l'enseignement ait été interdit.
Je ne savais pas que ces dessins existaient. On a des témoignages photographiques, notamment la fameuse photo du ghetto de Varsovie au premier plan de laquelle un
enfant avance avec les mains sur la tête. Mais ces dessins dégagent une émotion supplémentaire. Leur support est du mauvais papier de récupération : de registres (de l'administration tchèque,
apparemment) ou du papier d'emballage. Beaucoup des jeunes artistes sont morts en 1943 ou en 1944.
Voici des témoignages de la vie quotidienne :
la queue pour la nourriture.
l'éxécution d'un prisonnier.

train dans la nuit...
Ma mère fut quelques tremps institutrice en école maternelle, et j'aimais beaucoup les dessins dont on couvrait les murs du hall de l'école pour l'exposition de fin d'année. Les couleurs
étaient éclatantes.
Dans ces dessins, ce qui me frappe, ce sont ces liserés sombres, même quand le sujet en est le soleil.


J'avais prévu de visiter le ghetto juif, essentiellement pour aller sur les traces du Golem. C'est là que j'ai découvert Friedl Dicker-Brandeis et les travaux des enfants. Elle est morte en
1944 à Auschwitz.

Sources : "Ici, je n'ai pas vu de papillon", publication du musée juif de Prague et qui édite aussi des poêmes rédigés par les enfants de Terezin. (1993 et reédition en 2004)
et " Fireflies in the dark, the story of Friedl Dicker-Brandeis and the children of Terezin" par Susan Goldman Rubin, New York, 2000