faire connaître ma région, parler des problèmes qui me préoccupent, exposer mes coups de coeur
Entendu à la radio la semaine dernière, une information que confirme un entrefilet dans la Montagne du 17 septembre 2008 :
L’Etat se propose de supprimer quelques sous-préfectures et de remplacer des sous-préfets par des conseillers d’administration. Ancien conseiller
d’administration scolaire et universitaire, cette information m’intéresse au plus haut point : elle m’apprend notamment la création d’un nouveau corps de conseillers d’administration, à
l’heure où le corps des conseillers d’administration scolaire et universitaire est mis en voie d’extinction. A mes collègues encore en activité, et ambitieux, je conseillerais assez d'utiliser
toutes les possibilités de mobilité qui leurs sont offertes par le statut général de la Fonction publique.
Jusqu’alors je n’avais connaissance, au plus haut niveau de l’administration préfectorale que d’attachés d’administration préfectorale. Qui n’avaient aucune chance d’intégrer le corps des
sous-préfets ou des préfets : d’où frustration. J’ai ainsi connu des attachés de préfecture qui avaient passé le concours de C.A.S.U . pour avoir une promotion de carrière, mais au sein
d’une autre administration que leur administration d’origine. Je constate que les attachés de préfecture se sont bien battus pour promouvoir leur corps.
Méthode Etienne Fournial : que signifie cet entrefilet imprimé dans mon quotidien local à l’éclairage d’autres informations ponctuelles ? Comme la fermeture du TGI de Moulins ?
Cette information signifie que le maillage du territoire et la présence de l’Etat va se faire différemment et que le processus est d'ores et déjà amorcé. Il est vraisemblable que les services de l’Etat seront regroupés sous l’autorité de préfets, implantés selon une nouvelle carte : les départements les plus peuplés et les régions.
A la radio, on nous apprend que les conseillers d’administration qui remplaceront les sous-préfets coûteront moins cher car « ils n’auront ni
voiture ni logement de fonction ». De fait, ils n’auront plus de chauffeur à leur disposition. Ils n’auront plus ni l’uniforme, ni la casquette qui faisaient tant fantasmer mes camarades de
promotion, et qui les poussaient, m’avaient-ils confié, à essayer clandestinement celle de leur sous-préfet ! En revanche, rien n’interdira
d’acquérir sur le budget de l’Etat un véhicule pour qu’ils se déplacent dans leur circonscription. En tout état de cause, il faudra bien, s’ils utilisent leur véhicule personnel, leur rembourser
leurs frais de déplacement.
Ils seront de toutes façons logés par « nécessité absolue de service » : car j'imagine mal qu’à 18 heures pétantes, ils rentrent chez eux pour vaquer à leurs seules obligations
familiales !
Sur les territoires, nous aurons affaire, plus à des gestionnaires qu’à des politiques. Leur formation ne sera pas généraliste comme celle dispensée au sein de l’ENA (Ecole Nationale d’Administration) qui fournit l’essentiel de notre personnel politique (N.B. je conseille pour les gens qui ne connaissent pas les joyeusetés de cette belle institution la lecture d’un très amusant petit « thriller » qui s’appelle « Meurtres à l’ENA » et pour ceux qui veulent en savoir plus sur les dérives d’une institution créée à la fin de la Seconde guerre mondiale pour renouveler des élites administratives bien compromises dans la collaboration avec le nazisme, le travail de Pierre Bourdieu paru en 1989 « la Noblesse d’Etat »).