faire connaître ma région, parler des problèmes qui me préoccupent, exposer mes coups de coeur
J'ai appris l'allemand au lycée, et j'ai assez rapidement découvert que la langue que je maîtrisais déjà mal, avait en outre des aspects obsolètes. La méthode d'apprentissage en vigueur quand j'étais en 4e, c'était la même que pour le latin : la lecture d'un texte et sa traduction. Le plus étonnant, c'est sans doute que peu de nos profs semblaient se préoccuper d'une évolution possible de la langue depuis la mort de Goethe. Et je crains, au vu, ou plutôt à l'écoute de la façon dont les français se débrouillent avec les langues étrangères qu'on en soit encore resté là. A enseigner les langues comme le latin qui est une langue morte.
Moi, comme j'en ai bavé pour passer la moyenne, et que j'aime bien rentabiliser mes investissements, en temps comme autre chose, je saisis les occasions de le sortir régulièrement de la naphtaline : j'ai découvert que c'était une langue très utile en Europe centrale, dont de très nombreux pays viennent d'intégrer l'Union européenne. Mais j'ai toujours des interrogations sur ce que je peux réellement raconter... Et mon récent séjour à Vienne m'a fait découvrir qu'on peut comparer l'allemand parlé en Autriche doit pour les allemands avoir l'exotisme que le québécois a pour nous. Et encore ne suis-je restée que dans la capitale
Pierre Daninos, dans les "carnets du Major Thomson", racontait les mésaventures de son héros, un britannique qui, n'ayant pas voulu s'immerger dans le français sans préparation préalable, avait d'abord attaqué le problème en allant s'exercer au Québec et, qui arrivé à Paris, était entré dans un magasin de chaussures pour réclamer une "paire de claques".
C'est en Autriche, à Vienne, justement, que j'ai suivi, tout d'abord dune oreille distraite, sur TV 5 Monde, quelques feuilletons québécois, en faisant autre chose : il y avait de nombreux personnages, homosexuels ou hétérosexuels et, tous avaient des problèmes de coeur assez compliqués. L'un des protagonistes proposait à un ami un "condo" dont il n'avait plus l'utilité ! J'ai sursauté. Une autre en avait trouvé un, de "condo" dans lequel elle comptait investir plusieurs millions de piastres : mais là, j'ai regardé les sous-titres que TV 5 a eu la bonne idée de prévoir. Le mot était traduit par "appartement".
Ce qui me fait aussi penser à une histoire que racontait une ancienne assistante sociale : quand les rapatriés d'Indochine sont arrivés à Noyant, le curé du village a eu l'idée d'apprendre le viêtnamien pour communiquer avec ses nouvelles paroissiennes. Mais il n'existait pas alors de méthode, et il l'a appris en s'aidant d'un dictionnaire. Certes, la prononciation devait être indiquée, mais assez approximativement. Et un jour, elles se sont confiées : "pourriez-vous demander à M. le curé de ne plus nous parler le vietnamien, il nous raconte des horreurs !"