faire connaître ma région, parler des problèmes qui me préoccupent, exposer mes coups de coeur
La définition des parallèles, c'est qu'elles ne se rencontrent jamais !!!
Hier, dans le 19 h 45 de M6 (et sans doute sur d'autres chaînes et dans d'autres quotidiens), étaient traitées deux informations : la vague (la "mode" dixit
le PDG) des suicides chez France Télécom et la nouveauté qui consiste à faire vérifier les arrêts maladies des fonctionnaires
par des médecins de la sécurité sociale : jusqu'alors expliquait doctement la journaliste, qu'on sentait bien indignée par un tel privilège, les arrêts de maladie des fonctionnaires
étaient rarement contrôlés, et quand ils l'étaient, les intéressés étaient prévenus du contrôle.
Personnellement, je ne vois aucun inconvénient à ce que les arrêts de maladie des fonctionnaires soient contrôlés autant que ceux des salariés du privé. Par contre, quand on n'est pas réellement
malade, il me paraît difficile, même si l'on est prévenu du contrôle, de le devenir (malade) sur commande. Et je vois donc ce "privilège", qui consiste à informer quelqu'un d'une visite de
contrôle, comme un respect normal dû à la personne. Qui devrait être étendu aux salariés du privé.
Des statistiques étaient présentées : on est deux fois plus malade dans le public que dans le privé. Le service info de M6 avait eu le bon goût de ne pas mettre en avant, pour une fois, les
statistiques de l'Education nationale. Mais la journaliste soulignait avec ironie qu'il y avait 4 fois plus de journées de maladie au ministère de l'intérieur qu'au ministère de la culture.
Je ne m'attarderai pas mais je ferai remarquer que le ministère de l'intérieur est le ministère de tutelle des policiers (affrontés à des "eh ! bouffon , je vais la niquer ta mère", ou poursuivis
en justice dès qu'un contrevenant a un accident en tendant de s'enfuir) et que le ministère de la culture est le ministère de tutelle des festivals, des musées, des bibliothèques ... Même s'il
peut y avoir des petits chefs qui s'épanouissent à l'abri de ces structures, la majorité des gens qui y travaillent se sentent partie prenante de la politique culturelle.
Si les médecins contrôleurs corroborent le bien fondé des arrêts maladie accordés aux fonctionnaires, qu'en concluera-t'on ? Qu'il faut doubler les contrôles
pour contrôler les contrôleurs ?
A "C dans l'air", on parlait des suicides au travail. Avait été conviée Madame Marie Pezé, qui a manifesté sa crainte que l'agressivité, jusqu'alors tournée
contre eux, des salariés par des suicides spectaculaires sur leurs lieux de travail (rappelons les épidémies de suicide chez Renault et Peugeot) ne s'extériorise autrement : on assiste depuis
l'année dernière à des séquestrations de cadres d'entreprises, des salariés menacent de polluer des rivières ou de faire sauter leurs usines, sans avoir jusqu'alors
concrétisé leurs menaces. Et je remarque que les syndicats ont fait preuve d'une grande responsabilité dans ces affaires.
Or, Marie Pezé rappelle (La Montagne du 15 septembre 2009) que des indicateurs objectifs de souffrance au travail existent : qui sont le nombre des visites chez les médecins du
travail, les arrêts maladie ...) .
Ayant passé un concours d'encadrement dit "supérieur", j'ai bénéficié il y a vingt ans, d'une année de formation spécifique. Je peux donc témoigner que l'intérêt de ces indicateurs pour
les cadres et le "management" en général (on dit maintenant la "gouvernance" n'est pas une nouveauté. Tous mes collègues n'ont peut-être pas reçu le message de la même façon que moi, car on
comprend les informations à partir de ses propres filtres : mais je me souviens qu'on m'avait parlé, pour évaluer l'efficacité de son management, d'un très faible taux d'arrêt maladie, d'un
très faible "turn over" (les gens ne demandent pas de mutation pour un autre service). J'avais aussi entendu qu'on me suggérais de monter des "projets" de service pour que les salariés sous
mes ordres se sentent partie prenante du grand service public d'éducation (et il y a un beau défit à réussir à se faire sentir membre du grand service public d'éducation les personnels de
service qui nettoyent les crachats des élèves, les WC bouchés par les rouleaux de papier ou les mégots de cigarettes, ou qui travaillant à la cuisine s'entendent dire que la nourriture
qu'ils servent est "dégueulasse").
C'est aussi au cours de cette année de stage que j'ai découvert l'analyse transactionnelle : sous des modules intitulés "résolution des conflits".
Marie Pezé met en avant que l'appropriation des techniques "psy" par les "managers" a eu des effets pervers. Un seul exemple à partir de l'analyse transactionnelle : beaucoup de participants à
ces stages de "résolution des conflits" en ont retiré des trucs pour "manipuler" leurs subordonnés, supposés être leurs "adversaires". Alors que ce qui me paraît le plus intéressant dans la
méthode, en dehors de l'analyse de la façon dont est apparu le conflit, c'est de trouver le niveau de communication adéquat pour le réduire, ou pour qu'il ne dégénère pas.
Peut être que ce qui manque, c'est un niveau un peu supérieur, qui m'avait été suggéré par la formatrice, une psychologue clinicienne. Je lui avais dit mon intérêt pour la méthode
dans la compréhension du comportement des gens. Et lui avais posé une question "mais comment fait-on pour les faire changer ?". J'ai toujours gardé présente à l'esprit sa réponse : "vous
n'avez aucun moyen de les faire changer, mais avez la possibilité, vous, par un travail sur vous, de changer vos réactions dans une
situation donnée. Et c'est votre nouveau comportement qui pourra avoir un impact sur votre entourage".