faire connaître ma région, parler des problèmes qui me préoccupent, exposer mes coups de coeur
Le blocage de l’aéroport de Bangkok a eu pour conséquence d’annuler tous les vols au départ de Saïgon pour Paris (et sans doute bien d’autres, puisque l’escale à Bangkok est obligée pour la plupart des destinations de l’Asie du sud-est). On nous a proposé des solutions de substitution : il fallait recaser tous les passagers pour Paris ne pouvant pas remettre leur retour dans des avions, soit en partance de Séoul, soit de Tokyo.
Mon séjour de 15 heures dans la zone de transit de l’aéroport de Tokyo Narita m’a irrésistiblement rappelé ce film de Steven Spielberg dans lequel Tom Hanks, qui ne comprend pas un
mot d’anglais, se retrouve bloqué plusieurs mois dans la zone de transit de l’aéroport JFK.
Le touriste, parti du Cambodge et qui avait consciencieusement profité de sa dernière matinée dans ce pays pour aller voir le grand « baray » de l’ouest
(un réservoir d’eau créé au XIIe siècle pour alimenter la région d’Angkor) et aussi faire un peu de shopping dans un atelier de soie, n’avait pas, à son arrivée à Tokyo, dormi depuis 22 heures.
Il avait été nourri par Japan Air Lines d’un repas curieux (la cuisine japonaise est apparemment à la cuisine vietnamienne ou cambodgienne ce que la cuisine lettone est à la cuisine grecque, ou
réciproquement) mais nourrissant puisqu’il comportait une bonne part de riz. A 7 h 30 heure locale, on lui demandait de patienter 15 heures : une gentille hôtesse japonaise a proposé de
sortir de l’aéroport pour aller visiter la ville, mais aucun volontaire ne s’est manifesté.
Le touriste harassé avait en effet repéré que les sièges de la salle étaient plats munis d’accoudoirs toutes les 2 unités seulement et qui permettaient au corps un repos relatif. En outre, le sol
était suffisamment propre pour qu’on s’y allonge si besoin. Hôtesses de l’air, personnel d’entretien de l’aéroport et passagers pour les autres vols ont eu le bon goût de respecter notre
campement.

Mais après avoir somnolé, le touriste a besoin de se dégourdir les jambes et, instinct ancestral, part à la chasse ou plutôt à la recherche d’eau et de nourriture.
Nous ne sommes pas resyés suffisamment longtemps pour apprendre les rudiments de la langue locale : panique...
Ceci ressemble à de l'eau, mais en est-ce vraiment ? Long conciliabule. Et à quelle somme peuvent bien correspondre ces signes cabalistiques ?
Le touriste plus hardi s'éloigne peu à peu de sa meute, pour la ravitailler : il a commencé à tourner autour des premiers stands de nouilles de riz,
puis élargit son exploration en cercles concentriques.
Première découverte : les toilettes.
Quand on pénètre à l’intérieur de la cabine, la télécommande à gauche de la cuvette permet de comprendre mieux à quoi correspond le symbole apposé à droite de la porte d’entrée.
Néanmoins, une
bonne connaissance de l’anglais est nécessaire pour comprendre à quoi correspondent les notes de musique !!!!!
En Inde, dans les hôtels que j’ai fréquentés et qui étaient très rustiques, au papier se substituait un petit récipient qu’on pouvait remplir d’eau soit à un robinet, pour les plus sophistiquées des installations, soit dans un sceau. En Tunisie, j’ai repéré des installations similaires. Le concept est ici décliné dans une civilisation de haute technologie.
Devant cette deuxième installation, j’ai compris la
perplexité qui avait dû saisir ma correspondante allemande, quand, alors que nous avions 15 ans, nous partions en vacances avec mes parents et que les hôtels proposaient alors une majorité
de toilettes « à la turque ».
Résolu, le problème de la chasse qui vous arrose les pieds
D’exploration en exploration, on découvre : un bureau de change, des cellules dans lesquelles on enferme hermétiquement les fumeurs, des douches (5 dollars la demi heure, serviettes fournies), des salons de massages relaxants (20 dollars l’heure)…., une sandwicherie et un Mac Do qui dispense en abondance des « french fries ».
Toutes les cartes de crédits sont refusées sauf la mienne : et je me retrouve en train d’exercer le métier de banquier !
Mais il faut encore patienter plusieurs heures : une librairie m'occupe un bon moment (dans les revues, peu de photos, et toutes petites, mais beaucoup de texte transcrit en idéogrammes), je découvre une exposition d’origamis.
Deux sympathiques vendeuses de la joaillerie Bulgari me saluent à chacun de mes passages.
Je me lance et leur demande la permission de les photographier : nous échangeons nos adresses car je leur promets de leur envoyer le dessin que je vais tenter de faire à partir de leurs beaux visages.