faire connaître ma région, parler des problèmes qui me préoccupent, exposer mes coups de coeur
J'ai jusqu'à présent parlé des gens bizarres que j'ai croisés : c'est plus drôle à raconter.
Hier était le jour du grand retour de Julien Dray qui expliquait que l'argent qui avait été versé sur son compte par ses collaborateurs étaient des prêts effectués par des amis.
Lorsque j'ai pris mon premier poste d'Attaché, le ministère a traîné 3 mois avant de prendre un arrêté de nomination. Or la réglementation de la comptabilité publique veut que sans arrêté, pas de
mise en paiement. Pas d'"avance" non plus.
Dans mon ancien poste, on avait arrêté mon traitement. Mais ce dernier n'était pas suffisamment élevé pour que j'ai économisé suffisamment pour vivre mois. Heureusement, le poste
m'offrait un logement de fonction.
Mais au bout de 3 mois, ça commençait à tirer un peu : et l'une de mes secrétaires, qui gagnait à peine plus que le SMIC (commis d'administration, ce n'est pas le pactole), voyant que je faisais
des économies de bouts de chandelle, que je n'avais plus les moyens de mettre de l'essence dans ma voiture, que je me privais du petit café du matin, m'a offert, comme les collaborateurs de J. D,
de me prêter de l'argent : 3 000 francs !
Mais à la différence de Julien Dray, je n'ai pas jugé décent d'accepter : à l'époque, celà représentait pour moi un mois de salaire, mais pour elle une année d'économies.
Estelle Guichardan aurait 86 ou 87 ans maintenant : nous avons longtemps correspondu, et un jour, je n'ai plus eu de nouvelles. Mais je pense encore très souvent à elle. D'autant qu'elle a tenu
la comptabilité toute seule pendant 6 mois (moi je n'arrivais pas à comprendre alors pourquoi on débitait le compte de trésorerie quand on encaissait de l'argent !), en me disant : "le
compte financier, c'est en février : moi, je ne sais pas passer les écritures de fin d'année. Vous avez 6 mois pour apprendre".