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Dans la communauté de communes du bocage sud, deux communes portent un nom qui renvoie étymologiquement à un ancien site fortifié : Châtel de
Neuvre et Châtillon
Les lieux nommés Châtillon tirent généralement leur origine d’une fortification de l’époque romaine ou de celle du Moyen Âge (castellum)
Châtel - de - Neuvre a été relativement bien étudiée : les premiers seigneurs de Bourbon ayant été viguiers de Deneuvre. Son église est, avec celle de Montcombroux, une des plus
anciennes du département, et les quelques découvertes archéologiques fortuites ont été recensées. Il ne pèse aucun doute sur l’ancienneté du site.
Châtillon pour sa part est totalement ignorée : le recensement effectué par J. Corrocher, M. Piboule et M. Hilaire, à l’occasion de
l’élaboration de la Carte archéologique de la Gaule, sous la direction de Michel Provost, ne la cite même pas. On sait qu'au bourg et à la Pierre (sic), ainsi que sur 3 autres sites, des
« tegulae » (c'est-à-dire des tuiles) ont été découvertes à Noyant. A Tronget, plusieurs sites à tegulae, une villa près de la ferme des Bérauds, (le « château » des Bérauds
selon Marguerite Delaruelle est attesté vers l'an 1000) et un habitat avec des thermes vers le centre médical ont été retrouvés. Sur la commune de Cressanges, outre la trouvaille de
tegulae, de poterie, d'une vénus en terre blanche, des traces d’habitats ruraux du IInd siècle, il y a une légende de "cimetière gaulois". Mais sur Châtillon, rien.
Pourtant M. Bernardon, qui était propriétaire de l'ancienne cure, aurait retrouvé des vestiges "romains" dans les années 1940-1950, qui n’ont fait l’objet d’aucune publication.
Le village de Châtillon est actuellement un village sans église : il en existait une autrefois, sous le vocable de saint Basle, qui a été
détruite à la Révolution. En créant les communes, la Révolution les a fait succéder aux paroisses : quelques modifications de limites ont parfois été effectuées. Entre le bourg de Châtillon
et celui de Noyant, s’étend sur les deux communes un lieu-dit la Pierre Percée, ce qui est étrange, (comme le Péchin qui s’étend sur les deux communes de Souvigny et de Noyant), et atteste d’une
antériorité du site à la création des communes. Son nom est dû à une pierre « percée », depuis lors transférée au lieu-dit la Croix Maria, et qui sert de support à une croix (croix de
mission ? ou des rogations ?). Le nom du lieu-dit « Notre Dame de Châtillon » est une création du XXIe siècle !.
Le centre ancien était donc situé sur un promontoire assez spectaculaire, surplombant la Queune qui prend sa source au domaine des Archimbaud à Tronget, et son affluent que dans ma
famille on appelait le Queunillon : on y trouvait au moins l'église, la cure et un cimetière. N. de Nicolay dans sa Générale description du Bourbonnais, datée de 1560, décrivait
ainsi Châtillon : Chastillon est paroisse située sur un monticule, entre montagnes et vallées, sur le fleuve ou rivière de Queusne. En icelle a plusieurs mines de charbon de pierre duquel les
habitans tirent grand profit.
La disparition de l’église, en les rendant inutiles, a complètement bouleversé le réseau des chemins. Bouleversement accentué, au siècle
suivant, par la construction de la route impériale 145 (actuelle RD 945).
Comment accédait-on au vieux Châtillon avant la Révolution ? Une observation du paysage, et notamment des chemins creux, qui sont par définition artificiels et
élaborés par la main de l'homme indique que vraisemblablement
- depuis Tronget, en passant par les Arclans et le château du Bouis, on arrivait à l'ancien bourg de Châtillon par un chemin qui actuellement n’est pas
goudronné sur une bonne partie de sa longueur .
- depuis Cressanges, en passant par ce même château du Bouis
- depuis Noyant, par un chemin qui actuellement, se perd dans les champs, au Monsot puis rejoint la route descendant du bourg de Noyant (par un chemin creux
situé à droite de la cure) à la Croix Louis. Au lieu-dit « La Roche », une bifurcation permettait La Chaize et le village de Fins. M. Delaruelle (histoire des
communes de l'Allier) rapporte que Fins était séparaît le territoire de la tribu des Arvernes de celui des Bituriges.
- depuis Souvigny : par un chemin qui suivait une ligne de crête, et passe par un hameau autrefois important, le « village » des
Vaux.
Mes grands parents habitant à la Pierre Percée, j’ai toujours accédé au « vieux bourg » en grimpant par l’éperon rocheux, auquel on accède actuellement, depuis
le pont Boursault, vers le lavoir. Le chemin est entretenu par l’association les « chemins d’Issards ».
Sur la droite, on voit, en contre bas la « prise d’eau » (un barrage sur la Queune, construit par la société des Mines de la Queune).
La prise d'eau était un des sujets de peinture préférés de ma tante (et ça tombe bien, car du chemin, il est difficile d'avoir une bonne photo).
Sur la gauche, le promontoire présente un aspect très particulier, qui m’interpelle depuis que j’ai prospecté des sites gaulois dans le Forez et Jarez voisins. J’en
viens même à me demander si ce n’est pas parce que mes pas m’ont souvent conduite au « vieux bourg » de Châtillon que je me suis intéressée à l’archéologie : on observe deux
terrasses soutenues par des murets en pierre.