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30 septembre 2008 2 30 /09 /septembre /2008 13:33
Pour en savoir plus sur le bombardement que j'ai évoqué dans l'article précédent, j'ai trouvé le site suivant qui rapporte des témoignages : http://memoire-net.org/article.php3?id_art=298 et  http://memoire-net.org/article.php3?id_art=242
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Dominique LAURENT - dans note d'info
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30 septembre 2008 2 30 /09 /septembre /2008 12:43

Je vais voir mon médecin "référent" deux fois par an : parce qu'ayant pris beaucoup de poids, je fais un peu de tension et qu'elle m'établit une ordonnance tous les 6 mois. Je m'organise pour profiter d'une de ces visites afin d'avoir les certificats médicaux qui sont maintenant nécessaires pour un oui ou pour un non.
Au début, j'ai eu besoin d'un certificat médical pour pouvoir pratiquer la relaxation ! Le quotidien d'un médecin n'étant pas toujours drôle, ça avait au moins le mérite de la faire rire.
Et depuis l'an dernier, je fais des petites marches de 15 km une fois par mois avec une autre association. Grande nouveauté, cette année, un certificat médical est exigé pour pratiquer la marche à pied !!! J'emmène le chien avc moi : aucun "plaideur" ne s'étant avisé que lorsque son chien l'accompagne, il encourt lui aussi des risques, on n'a encore pas eu l'idée de me demander un certificat du vétérinaire attestant que mon chien est apte à courir (c'est un croisé border-collie / husky : les connaisseurs apprécieront !!!).
Le sport national, en France, est désormais l'"ouverture de parapluie" ! C'est un vrai phénomène culturel et celà explique beaucoup des difficultés de notre société. Car enfin !, quoi de plus normal et de plus sain qu'un individu prenne ses responsabilités ? Et le dépassement de soi devrait être une valeur positive.
Dans les hôpitaux, on traîne les chirurgiens devant les tribunaux parce qu'ils n'ont pas pu sauver un malade (je mets à part l'individu distrait qui a laissé un outil dans la plaie et a recousu !). Et bien, oui ! la mort, ça fait partie de la vie et quand on a une maladie, elle peut être incurable. Ou des gynécologues et des sage-femmes qui n'ont pas pu sauver un enfant à la naissance : on a fait beaucoup de progrès en ce domaine, mais oui, accoucher comporte des risques (N.B. : à quand l'obligation de produire un certificat médical pour avoir le droit de concevoir un enfant ?). 
On s'étonne qu'à la guerre, il y ait des morts ! Et bien, oui, faire la guerre suppose que l'on peut tuer quelqu'un et qu'on peut soi-même être tué. Récemment, 10 soldats français sont mort dans une embuscade en Afghanistan et l'on croît révéler un scandale en suggérant que l'un d'eux a été tué à l'arme blanche : la guerre, ce n'est pas virtuel comme dans les jeux vidéos. Quelqu'un a-t'il entendu parler des "baïonnettes" ? Et les "frappes chirurgicales" qui font quelques "dégâts collatéraux", ont été cause, depuis 2001, tant en Afghanistan qu'en Iran de la mort de centaines de milliers de civils. Lorsque j'étais écolière, à Saint-Etienne, tous les ans, les deux "premiers" de chacune des classes de la ville était requis pour aller se recueillir devant le monument aux morts de l'école de Tardy : tous les élèves de cette école avaient péri au cours du bombardement de mai 1944 sur Saint-Etienne par les américains. L'école avait le tort de se trouver le long de la ligne de chemin de fer qui était visée. 

  

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29 septembre 2008 1 29 /09 /septembre /2008 20:03

Marie de Rabutin Chantal était un familière du Bourbonnais : sa grand-mère, Jeanne de Chantal (sainte Jeanne de Chantal ) est une des fondatrices de l’ordre de la Visitation avec saint François de Salles et elle mourut au couvent de Moulins.
D’autre part, la marquise, qui souffrait de rhumatismes a effectué deux séjours à Bourbon-l’Archambault et dix ans plus tard, un séjour à Vichy.
En mai 1676, elle s'arrêta à Moulins où elle logea chez Mesdames Fouquet et écrivit :
"J'ai été voir ces pauvres dames Fouquet, qui se sont acheté une petite maison de campagne aux environs de Moulins". Cette "petite maison de campagne" était le château de Pomay, à Lusigny, édifice construit en briques rouges et noires, comme tant d'autres demeures de la Sologne bourbonnaise, notamment Paray-le-Frésil,déjà évoqué (cf. Simenon et la Sologne Bourbonnaise.)
Elle qui aimait exercer son esprit caustique aux dépends des gens de son entourage, est en effet restée une amie très fidèle de cette famille, malgré ses épreuves.

Nicolas Fouquet (1615-1680) était le fils d’un parlementaire fortuné qui était aussi un des hommes de confiance du cardinal de Richelieu. Ses ancêtres, des "entrepreneurs" comme l'on dirait de nos jours, s’étaient au fil des générations, constitué une fortune considérable : parts  au sein des différentes compagnies maritimes comme la Compagnie des îles d'Amérique, du Sénégal ou encore de la Nouvelle-France. Lui-même, fut en 1640 l’un des premiers actionnaires de la Société du Cap-Nord et en 1642, il entra dans la compagnie des Indes orientales.
Nicolas Fouquet avait épousé en premières noces Louise Fourché de Quéhillac, petite-fille d’un maire de Nantes. Ce fut un riche mariage : Louise apportait en dot 160 000 livres en argent et rentes sur des particuliers plus la terre de Quéhillac. Et Nicolas reçut de ses parents la propriété de sa charge de maître des requêtes estimée à 150 000 livres, plus une rente confortable. Peu après son mariage, six mois après avoir donné naissance à une fille, Marie, Louise Fourché de Quéhillac mourut. Un second mariage fut conclu en février 1651. La nouvelle madame Fouquet, Marie-Madeleine de Castille-Villemareuil, appartenait à une famille de marchands anoblis. Sa dot était inférieure à celle de Marie Fourché, mais elle apportait à son nouvel époux un vaste cercle de relations.

En 1641, alors qu'il n'avait que 26 ans, Nicolas Fouquet, s'était porté acquéreur de la seigneurie de Vaux le Vicomte. En quinze ans, il fit édifier un château et un jardin, qu'on disait les plus beaux de France. Les trois hommes choisis par Fouquet pour y œuvrer étaient : l'architecte Le Vau, le peintre-décorateur Le Brun et le jardinier-paysagiste Le Nôtre. Il s'était aussi progressivement entouré d'une petite cour : notamment des écrivains comme Molière, La Fontaine, Scarron, Madeleine de Scudéry... Et Marie de Rabutin Chantal, marquise  de Sévigné.

La carrière de Fouquet avait déjà connu une ascension rapide, à l'image de l'emblème de sa famille, l'écureuil et de sa devise "Quo non ascendet" ("jusqu'où ne montera t'il pas ?"). A cause de la fortune personnelle dont il disposait, le cardinal Mazarin, Premier Ministre, l'avait, en 1653, nommé à la charge de surintendant des Finances. Sa mission :  renflouer les caisses du Trésor qui étaient vides, un mal récurrent. ll s’agissait de rétablir la confiance et d’orienter l'épargne pour qu’elle  alimente le trésor royal. Chaque emprunt qu'il négociait sur le marché des capitaux pour le compte du roi était garanti sur sa fortune personnelle et lui laissait, en contre partie une forte part de bénéfice.
Nicolas Fouquet contribua de façon décisive au redressement des finances du royaume. A la mort de son mentor, Mazarin, il espérait bien lui succéder en qualité de Premier Ministre. Sa charge l'amenait fréquemment à collaborer avec l'intendant privé du cardinal, Jean-Baptiste Colbert, descendant d'une dynastie de grands marchands-banquiers, au cœur de toutes les affaires, et qui réalisait au passage, lui aussi, de beaux profits.

Il semble que Nicolas Fouquet se soit livré à d’audacieuses combinaisons financières :  que Colbert n'eut de cesse de  dénoncer au roi comme des obstacles à une saine gestion du trésor royal.

De rumeurs en médisances, et parce qu'il était un peu hâbleur, appremment, le sort de Nicolas Fouquet fut scellé peu après la mort de Mazarin. Voltaire put écrire : « le 17 août (1661) à 6 heures du soir, Fouquet était le roi de France, à 2 h du matin, il n’était plus rien ». 
Et le 5 septembre 1661, à Nantes, sur ordre de Louis XIV, d'Artagnan, capitaine des mousquetaires, arrêtait le Surintendant Fouquet pour le déférer devant les juges d'une cour d'exception spécialement constituée.
Un demi-siècle plus tard, dans ses Mémoires, Saint-Simon évoque Nicolas Fouquet, qui « après avoir été huit ans Surintendant des Finances, paya de dix-neuf ans de prison les millions que le cardinal Mazarin avait pris, la jalousie de M.M. Le Tellier et Colbert, un peu trop de galanterie et de splendeur ».
Les historiens contemporains tendent à beaucoup relativiser les prévarications dont se serait rendu coupable le surintendant.
Deux chefs d'accusation lui furent opposés : le péculat (détournement de fonds publics par un comptable public) et la lèse-majesté, crimes passibles tous deux de la peine de mort. Il avait vendu sa charge de Procureur Général au Parlement de Paris qui l’aurait soustrait à toutes juridictions autres que celle de ses pairs. Son procès traîna plus de trois ans et tourna à son avantage. Le roi escomptait que soit prononcée la peine capitale, mais la majorité des juges vota le bannissement : Fouquet aurait pu recouvrer la liberté hors des frontières du royaume. 
Louis XIV décréta pourtant la prison à vie pour son ancien ministre : il fut enfermé à Pignerol, forteresse  des Alpes où il mourut le 23 mars 1680.

Le roi s'était assuré, avant l'arrestation de son surintendant, qu'il avait bien versé toutes les liquidités qu'il s'était engagées à verser au Trésor. Après l'inculpation de Nicolas Fouquet, Vaux le Vicomte fut mis sous scellés et le Roi saisit, réquisitionna ou acheta : les tapisseries (au nombre de 120 : imagine-t'on la valeur de 120 tapisseries d'Aubusson ou des Flandres ?), tous les orangers, les statues, le mobilier etc...

Sa femme, Marie-Madeleine de Castille-Villemareuil, et ses 5 enfants furent quant à eux, exilés : c'est en 1671 qu'elle acquit le château de Pomay à Lusigny, bien modeste masure à côté de Vaux-le-Vicomte. Ils avaient un pied à terre à Moulins. Elle hébergeait aussi sa belle-mère.
Les registres paroissiaux de Lusigny nous informent de leurs activités ordinaires : baptêmes de cloches, parrainage d'enfants d'un laboureur (série E des A.D. de l'Allier). En 1683, Marie Madeleine, la troisième enfant du couple, épousa le chevalier Crussol d'Uzès dans la chapelle du château, devant une brillante assistance.
Le dernier des fils s'appelait Louis et hérita du titre de marquis de Belle-Isle (en Mer) (1661-1738). Il épousa Catherine-Agnès de Lévis, fille du marquis de Charlus.
Le petit-fils de Nicolas Fouquet, le comte de Belle-Isle, avait fait une brillante carrière militaire depuis l'âge de 17 ans. Plusieurs fois blessé, il était, en 1719, maréchal de camp. Puis vers la quarantaine, il avait souhaité se consacrer à ses affaires domestiques, notamment la construction d'un très bel hôtel particulier à Paris. Mais en 1723 éclata un autre scandale financier :  le trésorier de la Caisse de l'Extraordinaire des Guerres fut convaincu de malversations, or le comte de Belle-Isle était très lié au ministre de la Guerre et il fut accusé "d'avoir diverti une partie des fonds de la caisse [..] et d'y avoir substitué des billets de banque dans le temps de leur discrédit". Il fut arrêté en 1724 et embastillé en compagnie de son frère.
Après une année d'emprisonnement à la Bastille, il fut exilé, comme sa grand-mère. La lettre de cachet stipulait qu'il devait résider à plusieurs dizaines de lieues de Paris. Il parvint à négocier le choix de Nevers, plutôt que le Languedoc où le roi avait tout d'abord pensé le consigner. Il visita des connaissances bourbonnaises (son oncle était le duc de Lévis, dont le château était à Lurcy-Lévis) au cours de la période du 5 mai 1725 au 7 juin 1726. Son frère, le chevalier de Belle-Isle l'accompagna tout au long de la durée de son exil.
Apparemment dans le but de démontrer qu'il n'occupait pas son temps à des occupations de "lèse-majesté", le comte de Belle-Isle tint un journal détaillé de faits tout à fait anodins ! Ce journal, assez surprenant, a été retrouvé par Arnaud de Maurepas, a été édité en 1994 par la Société bourbonnaise des Etudes locales (Etudes bourbonnaises n° 267). On y trouve quelques noms connus et quelques autres qui restent à identifier.
 

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26 septembre 2008 5 26 /09 /septembre /2008 14:33

Au Moyen Age, de nombreux moulins "sur bâteaux", tournaient sur la rivière, déplacés au gré des crues et des décrues. Mais ceci n'est pas spécifique à Moulins.
Pour qui fantasmerait sur une période idyllique que nous aurions perdue, on doit à la vérité de dire que les rivières étaient autrefois des égoûts géants. Pour s'en faire une idée approchante, il faut aller à Bénarès, en Inde !!! 
Bâteaux, pécheries, moulins s'y cotoyaient... Les bouchers y lavaient leurs "tripailles" et les tanneurs leurs peaux. Toutes ces corporations avaient des intérêts antagonistes et plusieurs procès tentant de régler les conflits nous sont parvenus. 
Au début du XXe siècle, l'Allier qui n'était plus navigué depuis quelques décennies et les moulins mobiles avaient disparu. Mais une activité s'y déployait encore, celle des lavandières : un vestige de "bâteau-lavoir" a longtemps subsisté. Il a disparu avec les aménagements des "quais d'Allier". Mais voici une carte postale qui donne une idée de ce qui était la vie sur les bords de la rivière il y a une centaine d'années.


N.B. : Un collège de la ville porte le nom de Charles Péguy, né à Orléans. Sa grand-mère maternelle, dont on sait qu'elle fut rempailleuse de chaises, serait originaire de Moulins. Elle y aurait été lavandière.

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25 septembre 2008 4 25 /09 /septembre /2008 16:40


Un document assez rare, une carte postale du chevalement du puits de l’Epinard, est collée sur un des cahiers dont j’ai hérité de ma tante.
Rappelons que l’activité minière était intense tant à Noyant qu’à Châtillon, depuis le XVIe siècle. Les registres paroissiaux que tenaient les curés relatent divers accidents : les chutes des paroissiens dans des galeries de mines qui s’effondraient, creusant des trous dans les champs.

Cette carte illustre un poème, que « mademoiselle Camille » fit apprendre à ses élèves. 

  « le mineur »
Doux et bon soleil
Joyeux et vermeil ,
Heureux qui sur terre
Vit à ta lumière
Et, levant les yeux,
Aperçoit les cieux :
Au moins il respire
Un air libre et pur ;
Il voit, il admire
La voûte d’azur,
Les champs, les prairies
Vertes et fleuries ;
Des eaux et des bois
Il entend les voix.
Mais vivre sous terre,
Où rayonne luit,
Vivre dans la nuit,
Séjour du mystère,
Séjour de la mort
Ah ! quel triste sort !
C’est pourtant la vie
Du pauvre mineur.
Humble travailleur,
Il se sacrifie ;
Au soleil si beau,
Voyant, il renonce ;
Vivant, il s’enfonce
Dans le grand tombeau.
Dès que la lumière
Monte et nous éclaire,
Dans son puits glissant
Le mineur descend
Chercher son salaire,
Arracher du sein
De la dure terre
Sa vie te son pain.
Tout le jour il fouille
Le roc et la houille
Son pic à la main
Sous la basse mine
Courbant son échine
Tantôt sur le ventre,Tantôt sur le dos,*au fonds de son antre
Sans trêve ou repos.
C’est quand le jour tombe
Qu’il sort de sa tombe ;
Trop heureux encor
Le mineur, s’il sort !
Le grisou perfide
Le gaz homicide
Eclate, et souvent l’enterre vivant.

Quand le poêle chante
La douce chanson
Quand la grille ardente
Chauffe la maison ;
Quand le wagon roule
Sur le fer brillant ;
Quand bravant la houle,
Le bateau bruyant
Sur le flot bouillant
Emporte une foule,
Songeons au mineur ;
Car sans son labeur
Rude, opiniâtre,
Plus de feu dans l’âtre
Et plus de vapeur.
Songeons au mineur.

L’auteur me demeure inconnu. Il s'agirait d'une composition de mademoiselle Camille elle-même, ou de sa mère, que je n'en serais pas étonnée. L’œuvre n’est sans doute pas impérissable, les rimes trop riches pour être honnêtes, mais ce demeure un témoignage émouvant. 

« Mademoiselle Camille », ainsi que je l’ai toujours entendue appeler était la fille d’un couple d’instituteurs. L’école de Châtillon s’appelle « école Clotilde Dejoux » depuis le début du XXe siècle. Clotilde Dejoux et son mari étaient instituteurs dans les années 1890-1900. Leur fille, ainsi qu’un de leurs gendres leur ont succédé dans les années 1930 comptèrent parmi les premiers adeptes de la pédagogie dite « Freinet ».  

 

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21 septembre 2008 7 21 /09 /septembre /2008 11:02


Voilà qui synthésise bien mon sentiment sur l"affaire de la "prime de transport". Quand Laurence Pariseau s'indigne du fait  que cette prime de transport est une charge qui va venir entraver l'activité des PME créatrices des richesses de la France, elle devrait admettre que l'augmentation du prix de l'essence constitue aussi une augmentation de charges des ouvriers ou employés, et que ceux-ci, aussi, créent des richesses.

Certes, sans entreprises,  pas de richesses, mais sans employés, pas d'entreprise à une époque, et dans une civilisation, où  l'esclavage, les corvées ou le travail forcé, ne sont plus d'actualité.

Une profession libérale ou un artisan peut choisir de ne pas employer de personnel : mais celà signifie pour lui qu'il devra plafonner son chiffre d'affaire, et, donc, son revenu. Pour qu'un chef d'entreprise puisse accroître son revenu, il est impératif que des salariés acceptent de travailler pour lui.

La relation chef d'entreprise - salarié est contractuelle et suppose, pour bien fonctionner, qu'il y ait des possibilités de négociations... sur le partage des bénéfices (notion d'"intéressement" inscrite dans la législation à l'instigation du général de Gaulle, en 1969) ou "revenus du capital", sur le temps et les conditions de travail, sur les avantages sociaux (sécurité sociale, retraite pour les vieux travailleurs : déjà le duc de Bourbonnais avait prévu des "hôpitaux" pour accueillir ses vieux serviteurs. Et la "société des marchands fréquentant la rivière de Loire et ses affluents" consciente de ce qui était son intérêt avait mis au point un système d'assurance "incapacité de travail" au XIVe siècle).

Pour limiter la concurrence déloyale que pourrait engendrer l'esprit d'entreprise du petit peuple, on peut, par une législation adéquate, empêcher le potentiel salarié de choisir de devenir "travailleur indépendant" par la mise en place une réglementation contraignante, entravant la création de très petites entreprises.

Pour m'être intéressée de près aux charges des entreprises, je conviens tout à fait qu'elles ont atteint un plafond. La problématique sur laquelle on devrait sérieusement se pencher, c'est la rationalisation de l'utilisation des sommes récoltées (ou dépenses publiques).
Mais si, individuellement, les salariés peuvent "booster" leur pouvoir d'achat en s'affranchissant d'un certain nombre de dépenses, il demeure que le prix de l'immobilier étant ce qu'il est, les classes moyennes, et la plus forte raison les classes populaires ne peuvent plus habiter les centres villes, et que celà génère des frais de déplacement.
Où ces frais doivent-ils être imputés : dans le coût de la production (si le salarié est reconnucomme étant  producteur d'une richesse, ce serait légitime) ? Un petit rappel historique : les sociétés, qui au XIXe siècle exploitaient les mines de charbon, s'étaient décidées à construire des logements "sociaux", ce qui a créé les paysages urbains si particuliers du nord de la France et de la Lorraine. Par chez nous, aussi : c'est ainsi qu'à Noyant, en 1911, furent construits les Corons. Mais d'autres entreprises comme Michelin à Clermont-Ferrand, optèrent pour la même politique d'entreprise.
Il n'est toutefois pas certain qu'actuellement, les salariés accepteraient d'habiter sur leur lieu de travail (si l'on a "inventé" les 35 heures, c'est bien parce que cette grande dépendance vis à vis de l'employeur n'est plus supportable). Et cette aspiration doit être considérée comme légitime : la médecine du travail observe qu'un bon salarié, bien productif, est celui qui est bien dans sa peau et a une vie familiale et sociale harmonieuse. 
Plutôt que de balayer d'un revers de main la question de la "prime de transport" sans accepter de considérer que les déplacements coûtent cher aux salariés (en argent et en temps), il est peut-être temps qu'employeurs et salariés étudient des solutions. Le cadre législatif existe d'ailleurs : par le biais des PDE (plans de déplacements d'entreprise).
Là où ces PDE ont été négociés et mis en oeuvre, des dispositions surprenantes sont prises... J'essayerai d'y revenir ultérieurement. 

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18 septembre 2008 4 18 /09 /septembre /2008 09:18

Le rapport à la religion des Indiens étonne toujours les occidentaux. En Inde prolifèrent les ashrams et temples édifiés par ce qu'une commission parlementaire française ne manquerait pas d'épingler comme sectes.

Les Jaïns, par exemple,  se mettent sur le visage un tulle pour ne pas risquer d'avaler par mégarde un insecte (donc un de leurs ancêtres). Dans la rue, on laisse la place aux vaches (comme ailleurs l'on dit "ladies first", la devise pourrait être ici "cows first". Et elles en profitent, les coquines, de leurs privilèges !), qui sont peut-être la réincarnation d'un parent défunt. Le temple de Deschnoke protège les âmes des membres de la tribu de Karni Mata, une sainte femme vivant au XVe siècle,  réincarnés en rats.


Nous avions passé la nuit précédente dans une "guesthouse" dont le propriétaire, issu de la caste des guerriers, ancien policier (ou militaire, je ne me souviens plus précisément) à la retraite, se consacrait à la méditation. Très pieux, il nous avait confié des graines à donner à manger aux rats du temple de Deschnoke. Si j'ai bien compris (mais je peine à comprendre l'anglais parlé par les Indiens), il était de la famille de la fondatrice du temple, et donc plus ou moins cousin avec les rats du temple.
Les graines en question étaient ces graines de fenouil enrobées de sucre que l'on sert, dans les restaurants indiens, à la fin d'un repas, parce qu'elles ont des vertus digestives. 
Comme partout en Inde, les occidentaux sont assaillis par les enfants en quête de roupies. J'ai ouvert mes sachets de graines et les ai lancées en direction des rats : 3 gamins qui me tournaient autour se sont précipités pour aller manger les graines. Is s'étaient plantés peu auparavant dans le champ de mon appareil.

Pendant longtemps, cet incident m'a bouleversée. Tout comme est troublant le spectacle que l'on a des portes (ou des fenêtres) des trains, quand pour aller d'une ville à l'autre on passe par les bidonvilles édifiés sur les tas d'ordures. Troublante aussi l'indifférence d'une bonne majorité des Indiens à cette misère : c'est que quand on a un mauvais karma, on a un mauvais karma. Mais toute cette vie pour tenter de se racheter. (N.B. : Ayant une petite vie bien confortable, je m'attache pour ma part à ne pas dégrader ma position du point de vue de mon "karma". Une amélioration sera toutefois la bienvenue)

J'ai trouvé le site de Valérie Delhomez qui présente de meilleures photos que les miennes. Elle donne une information dont je ne disposais pas et qui éclaire l'incident que je viens de relater sous un autre jour : il paraît que manger les graines mâchouillées par les rats du temple porterait chance.  
Sur Deschnoke et la ville voisine de Bikaner :
voir
http://valerie.delhomez.free.fr/inde200/deschnoke/deschnoke.htm
et http://valerie.delhomez.free.fr/inde2005/bikaner/bikaner.htm

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Dominique LAURENT - dans mes voyages
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17 septembre 2008 3 17 /09 /septembre /2008 12:18

Entendu à la radio la semaine dernière, une information que confirme un entrefilet dans la Montagne du 17 septembre 2008 :

L’Etat se propose de supprimer quelques sous-préfectures et de remplacer des sous-préfets par des conseillers d’administration. Ancien conseiller d’administration scolaire et universitaire, cette information m’intéresse au plus haut point : elle m’apprend notamment la création d’un nouveau corps de conseillers d’administration, à l’heure où le corps des conseillers d’administration scolaire et universitaire est mis en voie d’extinction. A mes collègues encore en activité, et ambitieux, je conseillerais assez d'utiliser toutes les possibilités de mobilité qui leurs sont offertes par le statut général de la Fonction publique.
Jusqu’alors je n’avais connaissance, au plus haut niveau de l’administration préfectorale que d’attachés d’administration préfectorale.  Qui n’avaient aucune chance d’intégrer le corps des sous-préfets ou des préfets : d’où frustration. J’ai ainsi connu des attachés de préfecture qui avaient passé le concours de C.A.S.U . pour avoir une promotion de carrière, mais au sein d’une autre administration que leur administration d’origine. Je constate que les attachés de préfecture se sont bien battus pour promouvoir leur corps.

Méthode Etienne Fournial : que signifie cet entrefilet imprimé dans mon quotidien local à l’éclairage d’autres informations ponctuelles ? Comme la fermeture du TGI de Moulins ?

Cette information signifie que le maillage du territoire et la présence de l’Etat va se faire différemment et que le processus est d'ores et déjà amorcé. Il est vraisemblable que les services de l’Etat seront regroupés sous l’autorité de préfets, implantés selon une nouvelle carte : les départements les plus peuplés et les régions.

A la radio, on nous apprend que les conseillers d’administration qui remplaceront les sous-préfets coûteront moins cher car « ils n’auront ni voiture ni logement de fonction ». De fait, ils n’auront plus de chauffeur à leur disposition. Ils n’auront plus ni l’uniforme, ni la casquette qui faisaient tant fantasmer mes camarades de promotion, et qui les poussaient, m’avaient-ils confié, à  essayer clandestinement celle de leur sous-préfet ! En revanche, rien n’interdira d’acquérir sur le budget de l’Etat un véhicule pour qu’ils se déplacent dans leur circonscription. En tout état de cause, il faudra bien, s’ils utilisent leur véhicule personnel, leur rembourser leurs frais de déplacement.
Ils seront de toutes façons logés par « nécessité absolue de service » : car j'imagine mal qu’à 18 heures pétantes, ils rentrent chez eux pour vaquer à leurs seules obligations familiales !

Sur les territoires, nous aurons affaire, plus à des gestionnaires qu’à des politiques. Leur formation ne sera pas généraliste comme celle dispensée au sein de l’ENA (Ecole Nationale d’Administration) qui fournit l’essentiel de notre personnel politique (N.B. je conseille pour les gens qui ne connaissent pas les joyeusetés de cette belle institution la lecture d’un très amusant petit « thriller » qui s’appelle « Meurtres à l’ENA »   et pour ceux qui veulent en savoir plus sur les dérives d’une institution créée à la fin de la Seconde guerre mondiale pour renouveler des élites administratives bien compromises dans la collaboration avec le nazisme, le travail de Pierre Bourdieu paru en 1989 « la Noblesse d’Etat »).



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Dominique LAURENT
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15 septembre 2008 1 15 /09 /septembre /2008 15:15

Ce matin, il y avait une nouvelle pancarte sur les grilles du Tribunal de Moulins.

En regardant de plus près, il s’agit d’un faux panneau de publicité des travaux.
Le permis de construire pour modifier le Tribunal de Grande instance a été accordé le 6 octobre 2007. Les appels d'offre avaient été apparemment lancés, les marchés passés et un début de travaux effectué.


L’an dernier, à la même époque, on parlait de réforme de la carte judiciaire. Le département de l’Allier étant un département tricéphale depuis le « bon duc » Louis II, Moulins, son ancienne capitale et chef-lieu du département est siège d’un Tribunal de Grande Instance (TGI), mais aussi Montluçon et Vichy (ou plus exactement Cusset).
Rationalisation de la gestion des deniers publics oblige, un des TGI du département était menacé : les élus de l’agglomération de Montluçon et de l’agglomération de Vichy, les avocats, et les juges se sont donc mobilisés pour défendre « leur TGI ». La ministre a rassuré tout le monde en disant qu’elle réfléchirait au problème. Et les élus des agglomérations de Vichy et de Montluçon ont sauvé leur TGI !

.... Mais le couperet est tombé sur Moulins, en novembre, le 26 exactement : le siège du Tribunal de Grande Instance de Moulins sera supprimé et transféré à Cusset. Moulins étant chef-lieu du département, aucun des responsables politiques de cette ville n’avait envisagé la disparition de son TGI, et donc, nul n’avait pensé à être vigilant pour le défendre puisque le ministère venait juste de dégager des fonds pour rénover et agrandir les bâtiments.
 
Au cours de la campagne pour les élections municipales qui a suivi, on a évoqué la disparition, dans la foulée, du Tribunal de Commerce et vraisemblablement du Tribunal pour enfants.

Nos élus gardent une conception départementale de l’espace : je ne me moque pas. J'ai la même logique a priori. Mais, comme disait Etienne Fournial, mon directeur de thèse : "classez tous vos documents par ordre chronologique, lisez-les et regardez l'histoire qu'ils vous racontent". En l'espèce, ici, ce sont des articles de journaux que j'ai collectés au fil des ans, ajouté à une vieille culture administrative.

1°) Il est certes évident que Madame la ministre n’a pas une connaissance très pointue du dossier « justice dans le département de l’Allier » puisqu’elle croyait que la Centrale d’Yzeure était plus éloignée du Palais de justice de Moulins que de celui de Vichy (ou plutôt de Cusset). Mais elle n’est pas la seule à ne pas savoir placer Yzeure (ou Cusset, d’ailleurs !) sur une carte. Lorsque j’étais en stage de CASU à Paris et que je visais le poste d’Yzeure, un de mes collègues lyonnais m’avait dit : « J’ai acheté une carte de France, j’y ai surligné tous les postes vacants. C'est quoi ce poste que tu demandes ? Je n’ai pas trouvé d'Yzeure ».
Et vous connaissez beaucoup de gens à Paris, qui savent où situer Moulins ? Ou plus simplement le département de l’Allier ? Surtout depuis la mise en service de l’autoroute A 71 et que plus personne n’est pris l’été dans les embouteillages, au pont Régemortes. L’autoroute ignore d’ailleurs superbement les trois villes principales que sont Montluçon, Vichy et Moulins puisqu’elle passe à Montmarault.

2°) Mais, même s’il est vraisemblable qu’elle aime jouer « perso », comme on le dit, la ministre n’a pas travaillé seule sur le dossier « réorganisation de la carte judiciaire ». Moi qui connais un peu l’administration, je soupçonne même que le dossier est prêt à être mis en oeuvre depuis un certain nombre d’années. Il suffisait aux gestionnaires d’attendre l'arrivée du bon (ou de la bonne) ministre. Qu’il soit de gauche ou qu’il soit de droite, d’ailleurs.

3°) Peu de temps après, voilà que l’on apprend que Jacques Attali préconise, dans un rapport qu’on lui a commandé, la suppression de l’échelon administratif « département ». Au milieu de plusieurs autres propositions que je ne trouve pas déraisonnables. Aussitôt, dans la Semaine de l’Allier, on ironise sur l'idée baroque de cet ancien conseiller de François Mitterand de rayer d'un trait de plume notre ancien Bourbonnais.

4°) Je me souviens alors que cette idée n’a pas surgi d’un moment d’égarement mental de Jacques Attali : la question de la suppression des départements est même antérieure aux lois de décentralisation de 1981-1982. Plus fort encore : la pertinence même du maintien de nos régions au nombre de 22 est l’objet de débats depuis un quart de siècle. Quant aux 36 000 communes !  Elles sont remises en cause depuis l’après-guerre. Les maires, toutes écharpes tricolores brandies s’y sont toujours opposé. Dans le département de l’Allier, cela s’est traduit par un retard énorme dans la construction des communautés de communes, et le transfert de compétences qu’elle supposait. Mais les communautés de communes existent bien désormais, comme l'attestent leurs "hôtels de communauté".


Un jour les communes, avatars des paroisses de l’Ancien Régime, disparaîtront : en ce sens les évêchés ont pris de l’avance dans la rationalisation de leur administration puisqu’il n’existe plus maintenant dans l’Allier que 49 paroisses (426 en 1950), contre 320 communes (source « Panorama bourbonnais » , ouvrage collectif publié en 2006).
Quelque part, dans les ministères et dans l’esprit des gens qui y travaillent et y font carrière pendant 40 années, il est évident que les départements ont déjà disparu, ainsi que le démontre la suppression du TGI de Moulins. Et le départ de Madame Rachida Dati du gouvernement n’y changera rien.

Faut-il s’en désespérer ? Pas si sûr. Mieux, si nos élus locaux s'emparent du dossier,  ce peut être une chance pour l'Allier, comme je vais tenter de l’exposer prochainement.
Par contre il faut prendre conscience que ce sera douloureux : et nécessiterait de la part des politiques, élus ou candidats à la succession des élus en place, un discours dynamique, d'espoir et surtout une écoute et un accompagnement des personnes dont l’emploi va devoir, sinon disparaître, du moins évoluer. Sont-ils suffisamment crédibles pour jouer ce rôle ?

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Dominique LAURENT
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13 septembre 2008 6 13 /09 /septembre /2008 09:01

M. Nicolas Sarkozy, président de la république française est revenu sur le sujet : j'y reviens donc aussi.
La Laïcité n'est donc positive que lorsque l'on a une conviction religieuse (et de façon plus ou moins implicite quand on croît au dieu de la religion du livre, religion "dont il est dommage de se priver").
De facto, si je suis laïque, je ne le suis que négativement. Et me voilà donc renvoyée du côté de l'obscurantisme. Puisque pour être un être humain cultivé, il faudrait être croyant.
J'avais appris il y a quelques mois que je n'avais aucune notion du bien et du mal, puisqu' éduquée dans ces notions par le biais des cours de morale de l'école publique. 
Lorsque j'étais en fac et que j'étais confrontée à l'anticléricalisme agressif de certains groupes, ou groupuscules comme l'on disait alors, de militants politiques, dont je savais, vue leur origine géographique, qu'ils étaient tous anciens élèves d'établissement catholiques !, je leur rétorquais que moi, comme je ne fréquentais pas les curés, je n'avais pas besoin d'être anticléricale.
Que la pape soit ferme dans ses convictions, c'est bien. Imaginerait-on le Dalaï lama ne pas croire en ce qu'il prône ? Je n'ai pas affaire au pape dans ma vie quotidienne.
Dans le contexte actuel, il est sans doute bon que l'on remette au premier plan des valeurs culturelles et  spirituelles dans notre société, qui ne donne de valeur aux gens que parce qu'ils consomment et ou possèdent de l'argent. Mais il y a de nombreuses façons de le faire : la reflexion philosophique, notamment. Et surtout, ce qui me paraît fondamental, s'est de se dégager des dogmes, quels qu'ils soient. 
Si pour répondre à ses angoisses, on a besoin de croire en Jésus Christ, je n'y vois aucun inconvénient. Mais il n'est pas la seule réponse. 
N.B. : à l'origine, le dieu des Juifs est un dieu, parmi d'autres dieux mésopotamiens, avec lequel ils ont passé une Alliance... On ne sait lequel exactement, puisqu'il est "inommable".  

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