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23 février 2009 1 23 /02 /février /2009 14:53

Il y a des noms de rues qui font rêver : à MAMERS, j'aurais aimé habiter la rue d'Estournelles de Constant. J'aurais trouvé ça assez classieux, moi qui logeait bêtement place de la République. A AMBERIEU, j'ai longtemps cherché à savoir qui était "Alexandre Bérard prolongé" avant de découvrir que dans sa version non prolongée, c'était un ancien conseiller général. A MOULINS, j'aurais pu être affectée au lycée gracieusement sis sur le Cours Vincent d'Indy, mais non, celui qui m'échût, après avoir longtemps été domicilié rue du Repos vit son entrée prosaïquement déplacée place Jules Ferry.  
Marcellin DESBOUTINS a sa rue à Moulins : elle est surtout connue parce que la Mutualité sociale agricole, institution qui compte dans notre beau Bourbonnais y a son siège. Mais qui était-il ?

Tout le monde le connaît : la preuve ....

Eh oui ! c'est lui le pochtron assis à gauche d'une gourgandine que DEGAS a pris comme modèle pour sa célèbre absinthe.
Il était né à CERILLY, a longtemps vécu et accueilli ses amis dans sa villa des hauteurs de FLORENCE. Ami des peintres impressionnistes, il fit le portrait de plusierus d'entre eux. Il avait un très joli coup de  crayon : ses dessins à la pointe sont exposés au premier étage du musée Anne de Beaujeu. 

A propos de Florence : il est une blague dont je ne me lasse jamais. Une des rares dont je réussisse à me souvient : "Quelle différence y-a-t'il entre Florence et Bécon-les-Bruyères ?". C'est qu'à Bécon-les-Bruyères, on peut toujours trouver une fille qui s'appelle Florence, mais que je vous mets au défi de trouver à Florence une fille qui s'appelle Bécon-les-Bruyères...   Quant à Paul d'Estournelles de Constant, s'il est oublié des livres d'histoire, c'est un personnage intéressant : il obtint le prix Nobel de la paix et était opposé à la politique coloniale, ce qui en son temps était assz subversif. S'il y avait eu plus d'hommes politiques comme lui pour plaider la réconciliation franco-allemande, aurait-on pu éviter les deux guerres "mondiales" ?
 

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22 février 2009 7 22 /02 /février /2009 09:47
En 1992, j'avais été fascinée, à HANOI, par le temple de la littérature qui était peu fréquenté alors par les touristes : on pouvait donc bien s'imprégner de l'athmosphère.
Edifié en l'honneur de CONFUCIUS, à la fin du XIe siècle, ce temple était aussi un lieu d'études. Il fut aussi la première "université" du VIETNAM.
Il fallait descendre de cheval pour passer l'entrée principale.



 
Du haut de ce pavillon, les lettrés déclamaient leurs poêmes. Comme au sein de l'université européenne, où, au Moyen Age, on pratiquait la "disputatio", et où, de nos jours encore, on "soutient" une thèse, c'était la qualité de l'expression orale qui faisait le bon étudiant.


En ce mois de novembre 2008, des groupes d'étudiants s'y faisaient photographier.




Les mandarins étaient des "fonctionnaires", militaires ou civils, recrutés par concours. Ces derniers étaient organisés tous les trois ans. Créé au VIIe siècle en Chine, le système de recrutement par concours visait à contrebalancer l'influence de la noblesse (de fâcheuse mémoire après la période des "seigneurs de la guerre") et à éviter qu'elle ne s'empare des rênes du pouvoir : les rois du Vietnam, qui fut longtemps sous influence chinoise, adoptèrent cette institution. Elle favorisait une société ouverte et dynamique : à partir du XVe siècle, acceptait les meilleurs élèves de chaque province, qui y avaient déjà réussi les 4 concours. La plupart était d’origine populaire.
Mais, au XIXe s. et au début du XXe s., le système mandarinal avait fini par se scléroser.

Ce pavillon abrite quelques unes des 82 stèles (sur les 117 qui devraint normalement s'y trouver): chacune d'elles est portée par une tortue en pierrre, symbole à la fois de longévité et de sagesse. Y sont gravés les noms  de tous les lauréats du concours de doctorat  de 1498 à 1787  : les plus anciennes sont rédigées en caractères chinois, puis, au XVIIe siècle, l'alphabet romain fut adopté. 
 Ce jeune diplômé était fier de se faire photographier avec son diplôme.




Les mandarins accédaient à une forme de divinité :









L'actuelle bibliothèque nationale est implantée à l'emplacement du camp où autrefois, les lettrés de province, venus passer le concours à HANOI, étaient rassemblés.

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Dominique LAURENT - dans mes voyages
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20 février 2009 5 20 /02 /février /2009 09:33

J'ai beaucoup aimé les années que j'ai passées à l'université. Et j'aime bien collectionner les diplômes. Mais ce que j'avais observé des rapports entre universitaires et ce que je savais de son fonctionnement ne m'a pas donné envie d'y faire carrière.
 
Il faut être réaliste, les étudiants qui sortent avec un diplôme en poche sont, dans la majorité des cas, orientés vers des "petits boulots". Et celà s'est aggravé  au cours des vingt dernières années. Les postes intéressants reviennent aux élèves des grandes écoles.
Au sein de l'université, on peut obtenir son bâton de maréchal en devenant "enseignant-chercheur" : mais cette promotion est réservée à une minorité qui connaît bien les arcanes de l'université et est capable de mettre en oeuvre des stratégies d'ascension professionnelle. En 1968, on ne parlait pas d'"enseignants-chercheurs" mais de "mandarins" : depuis, leur statut s'est dégradé, mais ils ont appris à communiquer avec leurs étudiants. L'écho des manifestations ou de l'émission "en direct de la Sorbonne" que j'ai entendue sur Europe 1 l'autre jour, est assez parlante.
Je suggérerais au public, et aux parents d'étudiants, de s'informer avec précision sur le statut réel de ces professeurs qui dispensent des cours en premier cycle devant des amphithéâtres pleins. Et qui doivent corriger autant de copies ! Sont-ils "enseignants-chercheurs" ? Ou ces tâches lourdes et ingrates sont-elles dévolues à de besogneux "non titulaires" ?

C'est entendu : il faut réformer l'université. Les étudiants bacc + 5 voués à passer leur vie comme "animateur socio-culturel" dans une cité de banlieue en sont les premiers conscients. Le gouvernement sans doute aussi (en tous cas je sens que Mme Pécresse est sincère), qui affirme haut et fort sa volonté de changer les choses.
Mais pourquoi donc, M. Nicolas SARKOZY, pour présenter sa réforme, manie-t'il l'ironie facile vis à vis des enseignants chercheurs qui "vont dans leurs labos pour avoir à éviter de se chauffer chez eux" ou quelque chose d'approchant. Il y en a peut-être, mais la généralisation est abusive. Moi qui ne suis pas enseignante, qui trouve un peu démagogue leur attitude quand je les entends s'exprimer et que j'entends leurs étudiants les ovationner comme des vedettes du show biz, je suis très perturbée par le mépris à leur encontre qui transpire, non seulement des propos, mais surtout des mimiques du président.

J'ai entendu s'exprimer, sur le sujet que je viens d'aborder, M. Axel KAHN, un mandarin sympathique : j'envisage favorablement ses propositions d'universités autonomes, d'équipes ayant une démarche de projet (un travail en équipe, à l'université comme ailleurs, génère un plus grand dynamisme) et qui gagnent de l'argent grace à ces projets. Pour reprendre le parallèle avec la télévision publique : la BBC gagne beaucoup d'argent en vendant ses documentaires si réputés. Il n'y a aucune honte à ce qu'un financement ne soit pas fait exclusivement par le biais de subventions, donc avec l'argent des contribuables.

En ce qui concerne l'évaluation : pour ne pas être contestable, il me paraît sain qu'elle soit effectuée extérieurement au corps professoral. Un peu comme il vaut mieux que les comptabilités des universités soient évaluées (et jugées) par la Cour des Comptes plutôt que par le président d'université qui est ordonnateur des dépenses... ou par un conseil d'administration. Pour reprendre les mots de Coluche : il fait sortir des "milieux autorisés". Un de mes anciens profs de fac, qui avait pourtant bien su tracer sa route dans le marigot, parlant de la promotion au sein de l'Université disait qu'elle se faisait "par cooptation, comme tout ce qui n'est pas franc du collier". Un autre, évoquant le Conseil scientifique dont il était pourtant membre, ironisait : "ça ressemblait au soviet suprême du temps de Brejnev" et me rapportait que ce même conseil scientifique avait refusé d'accueillir en son sein un agrégé, titulaire de doctorat, avançant comme argument qu'il était trop "rustique".

Je n'ai pas suivi les dernières réformes, mais j'ai peur que derrière les slogans mis en avant ("nous luttons pour que vos enfants puissent accéder au savoir"), c'est la défense de ce système qui représente pour les manifestants l'enjeu. Or l'enjeu, le véritable enjeu de l'université du 21e siècle, c'est que ceux, TOUS CEUX, qui ont investi beaucoup de leur temps à étudier des choses qui ne les a pas toujours passionnés, aient un retour : un boulot intéressant et/ou valorisant. Et que l'argent investi par le contribuable modeste ait une réelle efficacité. 

Pour réformer, il faut poser les problèmes, les vrais problèmes, sur la table, ceux qui concernent le plus grand monde. Il faut aussi trouver les bons interlocuteurs (je suggérerais d'écouter ce qu'ont à dire les anciens étudiants sur voie de garage : ceux qui, bardés de bagages, ne trouvent à les poser que dans un secrétariat, une caisse ou un rayon de grande surface : cf le blog "caissieres no future)), et surtout éviter cette gestion des problèmes par l'ironie. Peut-être qu'au sein d'un parti politique, par essence nid de "tueurs", pour arriver au sommet, cette méthode qui vise à déconsidérer l'adversaire, est consubstancielle. Mais gouverner, c'est gérer : et le but n'est pas d'éliminer les administrés. La gestion "Père Ubu" ("le peuple n'est pas d'accord ? Supprimez le peuple !") des problèmes ne peut que déboucher sur la violence.

Et il faut garder conscient à l'esprit que résoudre des problèmes, élaborer des réformes, c'est une cause commune, un "bien public".

Je propose donc à tous ces gens de plancher sur un sujet : le service public de l'Université.  J'attends leurs copies avec impatience.


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14 février 2009 6 14 /02 /février /2009 14:37
On me l'a toujours dit : pour "avoir du vocabulaire", il faut beaucoup lire. Dans le cas de ce nouveau métier, le dictionnaire Larousse qui m'avait été offert par Madame DEBOST, la directrice de mon ancienne école, en 1965, ne m'est d'aucune utilité. Pas plus que celui qu'avait eu mon grand-père pour son certificat d'études, en 1900.
Je n'aime pas mettre tous mes oeufs dans le même panier et il y a longtemps que je souhaite avoir un chauffage "alternatif". Je tiens cette "peur de manquer" de ma grand-mère qui entreposait dans son buffet un stock de 12 kilos de sucre, parce que, me disait-elle, "à la prochaine guerre, nous autres, les vieux, on sera content d'avoir du sucre". 
Je me suis donc documentée sur la "géothermie" et sur le chauffage au bois. On se chauffe au bois depuis toujours : on ne trouvait autrefois de "cheminées" que dans les maisons des paysans aisés. Sa construction me paraissait relever d'un maçon.
A moins que je n'opte pour la yourte mongole, très tendance en ce moment (un simple trou dans la toile, au dessus du poêle suffit), il me faudra faire appel à un maçon. Je pensais, pour mon poêle, faire appel à un "marchand de poêle". Mais, la vente étant désormais très segmentée, sauf à encourir le risque de me faire refiler du matériel asiatique et allergène, il faudra que je sollicite ce spécialiste qu'est l' "âtrier". Plusieurs exposent en ce moment à la foire et c'est par le journal que j'ai découvert ce nouveau (?) métier.
Je poursuis mes recherches pour découvrir si un diplôme d'"âtrier" est nécessaire pour s'installer et s'il existe un baccalauréat professionnel dans cette spécialité.

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2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 12:12

Je me souviens d'une affaire : celle de BRUAY-EN-ARTOIS. Dans le contexte d'alors, le notaire ne pouvait qu'être  coupable du meurtre - "coupable, forcément coupable !" - non à cause de preuves matérielles, mais puisqu'il était un notable (et  sa "bonne amie" pharmacienne). Parmi les médias, aucune voix raisonnable n'a pu (voulu ?) se faire entendre. Et d'ailleurs, un philosophe de renom s'étant prononcé en faveur de sa culpabilité, quel poids aurait pu avoir l'individu allant à l'encontre des idées reçues ? Encouragé par la foule,  l'intelligentsia et des comités "Vérité et justice" animés par les maoïstes de la gauche prolétarienne, un juge d'instruction s'est acharné... 
La curée passée, la folie constatée, la honte a été telle que le village a voulu changer de nom !!!! Depuis 1987, on ne trouve plus sur les cartes que BRUAY-LA-BUISSIERES.

Patrice BURGAUD, encore juge de son état  (car à l'évidence, dès la tenue de la commission d'enquête parlementaire,  son destin était scellé : il fallait qu'il cherche à se reconvertir) va être "jugé" par sa hiérarchie : madame la Garde des Sceaux ayant fait passer une note pour rappeler au Conseil Supérieur de la Magistrature que cette institution n'avait commis aucune faute et que seul le juge BURGAUD s'est trompé dans son interprétation de l'affaire d'OUTREAU, les collègues magistrats ne se sentent plus concernés.
Or je garde un souvenir précis de cette affaire. En plus, les faits peuvent être facilement vérifiés par la lecture des journaux de l'époque.
Mon souvenir est celui d'un consensus et d'un enthousiame à dénoncer l'horreur d'un complot pédophile mettant en cause des notables (notamment un huissier de justice qui, dans le cadre de ses fonctions, ne s'était sans doute pas fait que des amis, ... un prêtre ouvrier ... je m'étonne qu'on n'y trouve pas d'instituteur... mais il y a une infirmière scolaire). Personne n'a émis le début d'un étonnement devant un telle quantité (hypothèse qu'on ne pouvait toutefois pas exclure) de pédophiles dans ce quartier. Et le mécanisme de la "chasse aux sorcières" s'est enclanché selon une logique qui est toujours la même. Là, pas de "comités vérité et justice", mais des "experts", psychologues et psychiatres, qui ont validé la crédibilité de la parole des enfants qui avaient dénoncé.  
Contrairement à Madame la ministre, je pense que, si le juge BURGAUD s'est indubitablement laissé emballer quand il a constaté l'ampleur de l'affaire sur laquelle il avait à enquêter et s'est imagniné en chevalier blanc, le procureur (plus habile à se défendre devant la commission parlementaire, plus expérimenté, jouissant sans doute d'un meilleur réseau relationnel, plus puissant) aurait dû, justement à cause de son expérience, faire preuve d'un peu d'esprit critique et alerter son enquêteur. Intervenir devant la presse aussi pour faire un petit rappel au réglement sur le secret de l'instruction. Rappeler aux journalistes qu'ils ne détenaient pas tous les éléments de celle-ci pour informer valablement, les rappeler peut-être aussi à leur devoir moral, celui de ne pas salir la réputation de gens qui n'ont pas été condamnés par la justice.

Patience : un (ou des) historien, se penchera sur ces affaires judiciaires, comme quatre siècles plus tard, ils se penchent sur l'affaire du curé Urbain GRANDIER et des Ursulines de LOUDUN qui l'accusaient de les avoir ensorcellées. En attendant le travail des historiens, il fut brûlé vif, sur l'ordre de RICHELIEU car son affaire portait atteinte à l'ordre public. L'existence de Patrice BURGAUD trouble l'ordre de la magistrature.   

N.B. : La Fontaine se trompait sur la signification du "haro" : en réalité, dans la coutume normande, une demande formulée par la foule, par un cri ("haro !") afin de libérer un condamné par la justice ducale (une sorte de droit de grâce), et non un appel au meurtre. Les "animaux malades de la peste" sont une excellente allégorie de la chasse aux sorcières.


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30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 17:25
Les musées de province regorgent de peintures d'artistes oubliés, mais qui, en leur temps furent très cotés. 
Les sujets qu'ils traitent prêtent à sourire : sujets historiques mettant en scène des gaulois, des reines ou des rois mérovingiens, des chevaliers et leurs dames... Ils parlent en réalité de la Troisième République et de ses valeurs. Pendant iconographique de MICHELET ou de MALLET et ISAAC.
Evariste (Vital) LUMINAIS est l'un d'eux. Sa ville de NANTES, a donné son nom à son école de dessin.
Cette oeuvre appelée "les pirates normands" a été acquise par l'ancienne conservatrice du musée de MOULINS, en 1982. Quand je l'ai découverte, elle était suspendue en haut de l'escalier qui permet l'accès au premier étage, ce qui rendait la scène particulièrement spectaculaire.

Ces tableaux sont la plupart du temps mal mis en valeur : la grande idée qui a présidé à l'organisation du musée d'ORSAY, qui a ouvert en 1987, a été de les sortir de l'oubli en les exposant en parallèle des impressionnistes. "Pirates normands" est depuis lors, souvent prêté pour des expositions.

CAVANNA l'a employé pour illustrer son "Nos ancêtres les Gaulois" et la couverture de son roman : le "Dieu de Clotilde".
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28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 20:02


La façade en faïences jaunes de cette boutique d'encadrement peut paraître un peu incongrue.
C'est ce qu'il reste d'une institution moulinoise : la charcuterie ROUX. On y confectionnait la meilleure pompe au grattons de toute la région.
Au fond du magasin, une porte battante permettait d'accéder à une petiite salle, meublée de deux tables en bois. Elle était bondée les vendredis (jour du marché). J'ai eu l'occasion d'y pénétrer une fois, alors que j'avais 15 ou 15 ans, je ne sais plus à quelle occasion,... Ma présence était elle aussi incongrue : car c'était le domaine réservé des "hoummes"... Et plus exactement des "bouhoummes".
Je ne doute pas que René FALLET ait été un habitué du lieu, car il en restitue fort bien l'ambiance dans un épisode d'"Un idiot à Paris".

Chez Roux, charcutier, l'apparence voulait que la charcuterie ne fût qu'une charcuterie comme cent mille charcuteries. Mais, après la charcuterie proprement dite s'ouvrait une arrière-boutique qui tenait de la buvette de campagne et du bouchon parisien des années 1900. On y buvait des chopines sur des tables qui n'avaient rien de la matière plastique, on y mangeait la pompe aux grattons, l'andouillette, les tripes et le boudin. Les trois Jalignois entrèrent dans ce haut lieu de la gastronomie moulinoise.
- Salut, Boubou, salut Nonoche, cria Grafouillère a deux consommateurs de sa connaissance.
- Ah! jubila le nommé Nonoche en gobant des rondelles de saucisson à une allure de distributeur autornatique, vous nous avez amené monsieur Goubi !
L'innocent ne soupçonnait pas l'étendue de sa renommée. Quand Boubou, après avoir essuyé ses doigts couverts de sauce dans sa chevelure opulente, l'eut à son tour accueilli par un déférent : « Bonjour, monsieur Goubi ! », Goubi se rengorgea et murmura pour ses compagnons :

-Y a pas, y sont drôlement corrects et d'aplomb en ville. C'est pas chez nous qu'on m'appellerait monsieur. Même pas les ch'tits gars. ça leur écorcherait pourtant point la gueule d'être uun peu polis.

Sans qu'on ait consulté les arrivants, trois culs de chopine vinrent claquer sur leur table.

- Andouillette, fit, laconique, Grafouillère.

Goubi se justifiait aux yeux des citadins, ses voisins :

- Faut pas croire que j'ai pas d'habits et de chaussures, à l'ordinaire. Si je suis comme ça, c'est que mes amis m'ont pris comme j'étais, que je bêchais le jardin. On devait boire un canon à Chapeau, mais ces deux apôtres m'ont amené jusqu'à Moulins.

- Vous êtes tout excusé, Monsieur Goubi, dit le courtois Nonoche.

- Vous êtes ici chez vous, monsieur Goubi, ajouta l'affable Boubou.

Goubi n'osait plus attaquer l'andouillette à la pointe de son couteau. Il eut même l'insolite envie d'aller se laver les mains.

- Je vas me laver les mains, déclara-t'il avec courage.

- C'est dans la cour à droite, monsieur Goubi, le renseigna Nonoche.

-Faites attention, monsieur Goubi, il y a une marche.

 

Profitant de son absence, Grafouillère et son acolyte mettent des somnifères dans le "canon" de Goubi, et le conduisent à Paris...

Un film, avec Jean Lefèvre dans le rôle de Goubi et l'inénarrable Bernard Blier  dans le rôle e M. Dessertine, le gros mandataire des halles, qui, lui aussi, était de l'"Assistance" raconte la suite des aventures du bredin à Paris.

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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 12:40

Au cours des 10 dernières années, de nouveaux mots sont apparus..;
quand ils sont anglais, qu'on n'y comprenne goutte n'a rien d'étonnant : vous savez, vous, ce que signifie le titre de cette série américaine intitulée "the closer" ? Et ce film intitulé "Twilight" ?

Des mots français sont aussi détournés de leur sens : tels ces journalistes qui emploient à tout bout de champ l'expression "sur zone"  (bientôt, ils répondront "affirmatif" ou "négatif"), ou parlent d'un individu dont le "pronostic vital est engagé".

Dans le monde politique, certains mots sont à la mode : les "territoires" (de quoi parle-t'on exactement ? Implicitement, nos "décideurs" qui font signer des pétitions pour le maintien des départements ou des communes dont ils sont les élus !, les ont-ils pas déjà enterrés en mettant en avant les "territoires" à tout bout de champ ?). Et il faut faire  venir des "porteurs de projets" sur ces territoires. Tels Sisyphe, beaucoup de "porteurs de projet" les portent des années durant. Mais "il faut bien imaginer Sisyphe heureux "!!!.

Ce porteur de projet-ci est "positionné" sur un "créneau" "porteur", celui des "services à la personne", propre à dynamiser le "territoire", ce qui justifiait bien une demi page d'info :



L'article nous apprend que ce nouveau service est implanté sur "une plateforme logistique" qui est la marbrerie familiale. Et si je peux me permettre de décerner un "satisfecit", je me réjouis que pour une bonne "traçabilité", des règles très strictes encadrent les opérations de "thanatopraxie".

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25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 09:19

Ce matin, j'ai entendu s'exprimer un autre type d'experts : les lycéens.
Quel âge avais-je quand j'ai passé le bac ? je suis née en mai, j'ai passé le bac en juin : je venais donc d'avoir 18 ans !
Mon père, épuisé de ne jamais pouvoir me clouer le bec avec un argument d'autorité, me disait : " toi, de toutes façons, tu es une raisonneuse ".
Je crois que je m'intéressais peu alors à une réforme du système éducatif.
"Changer la vie", ça portait sur un autre plan. Qui était d'ailleurs le ministre ? Je ne m'en souviens plus : un slogan me revient : "nous viendrons à bout d'Haby" (il me fait encore crouler de rire : surtout depuis que je sais placer cet émirat sur la carte), mais était-ce à cette époque ou un peu après ?
Raisonneuse j'étais, raisonneuse, je reste : d'autant qu'en veillissant, j'ai engrangé un certain nombre de connaissances et d'expériences. Quand on m'affirme quelque chose, je cherche toujours la faille du raisonnement "cogito, ergo sum".
ça agaçait mon père. Ca a agacé au moins un de mes chefs d'établissement. Au cours de mes années de travail en lycée, j'ai mis K.O. grâce à ce trait de caractère plus d'un lycéen venu me dire que "la bouffe à la cantoche est dégueulasse".
Longtemps j'ai cru que ma faculté à raisonner était une aide pour mes chefs d'établissement ...
J'ai de l'affection pour ces lycéens qui donnent des leçons d'organisation et de management à leur ministre. Mais je les trouve aussi un peu ridicules. Et j'aimerais bien leur poser quelques questions qui les déstabilisent dans leurs certitudes. Je ne les trouve pas suffisamment raisonneurs ...
Le ministre "est un con" qui connaît mal ses dossiers puisqu'il prétend qu'il y a 1 prof pour 14 élèves. "Mais nous, l'on voit bien qu'on est 35 par classe et que l'on ne peut pas apprendre". Mis à part que pour apprendre, la condition sine qua non, c'est de le vouloir ..., effectivement, si l'on fait le rapport profs (de toutes les spécialités) - élèves, il y a 1 prof pour 14 élèves. Mon expérience du système éducatif me fait dire que si l'on augmentait le recrutement des enseignants de façon à obtenir un ratio de 1 prof pour 1 élève, voire même, pourquoi pas : 2 profs pour un élève, il y aurait encore au moins 34 élèves par classe !
2 éléments d'explication : il y a peut-être trop de spécialités. Tout doit-il être appris à l'école ou au lycée ? Ou bien d'autres adultes que les enseignants n'auraient-ils pas naturellement vocation eux aussi à éduquer et retransmettre certains savoirs ? Pourquoi, par exemple, les chefs d'entreprise mettent-ils à la retraite anticipée leurs "vieux travailleurs" et exigent-ils d'avoir de jeunes employés directement prêts à l'emploi (y compris dans le système d'apprentissage ? Un apprenti doit être rentable immédiatement

                                           peut-être qu'au niveau de l'organisation, dans les établissements eux-même, les moyens ne sont pas utilisés et organisés avec toute la compétence qu'il faudrait.

Et un conseil à M. DARCOS : si au lieu d'annoncer que vous supprimez des postes d'enseignants (pour faire plaisir à votre président, parce qu'il aime les effets d'annonce ?), vous vous étiez tu ? Tout simplement... Et aviez géré votre nombre d'enseignants dans la discrétion ?
Car enfin, la Cour des Comptes, depuis des années, rapporte que l'Etat est incapable de dire quel nombre de postes il gère. Ne parlons pas des collectivités territoriales. 
Lu dans La Montagne : l'hôpital Gabriel Montpied de Clermont-Ferrand avait inscrit à son budget 2008 la création de 60 postes (de mémoire) et en a créé, de fait 355 (il n'est pas précisé s'il s'agit d'"équivalent temps plein").
Moi qui ai eu à payer les emplois dans un organisme de formation continue, je ne pouvais que constater qu'entre les prévisions et la réalisation, de nombreux intermédiaires mettaient leur grain de sel, justifiant d'urgences. Le budget prévisionnel n'était jamais "sincère" comme le veut la loi, et le respect les procédures de recrutement (réunion d'une commission de recrutement, garantissant la publicité et donc l'égalité de tous devant l'emploi) rarement respecté malgré les rappels à l'ordre du conseiller du recteur en F.C. Quant à moi, en exigeant d'avoir des contrats "exécutoires", c'est-à-dire régulièrement établis, votés, et envoyés pour info aux diverses autorités que prévoit la loi, j'étais considérée comme une empêcheuse de tourner en rond.  

Peut-être l'hôpital avait-il besoin de recruter 289 postes de plus que prévu. Mais peut-être aussi qu'on aurait pu s'organiser autrement sans dommage pour les malades.  
 

 

   

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24 janvier 2009 6 24 /01 /janvier /2009 12:41

Il y avait longtemps que je n'avais plus de nouvelles de M. Jean Marie MESSIER (surnommé Jean Marie 6 M comme Jean "Marie Messier Moi Même Maître du Monde"), ex PDG de Vivendi.
J'avais lu quelque part qu'il avait créé une boîte de "consultant" à Paris... qui avait des clients prestigieux !
Réjouissons-nous; il vient de sortir un ouvrage intitulé "Le jour où le ciel nous est tombé sur la tête", dans lequel il porte un regard expert sur les difficultés des Etats Unis, et plus généralement sur la crise du système économique qui ébranle la planète et laisse exangues les plus humbles d'entre nous : ceux qui n'avaient pas grand chose, ont cru avoir une maison, et maintenant ont des dettes à rembourser aux banques, dettes dont hériteront leurs enfants.
J.M. M. diagnostique : "Pour regagner la confiance, il faudra changer les règles du capitalisme".
Réintégrer quelques éléments d'honnêteté et de morale ? Présenter des comptes "sincères" par exemple ? 
 

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