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27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 00:00

                                                        
Comme chant du cygne du Tribunal de Grande Instance de Moulins, je suggérerais volontiers à la municipalité de Moulins et au personnel judiciaire, d’organiser un colloque sur Michel de L’Hospital. Voilà qui aurait du panache. Et je placerais la manifestation sous la "haute présidence de Madame Alliot-Marie" comme disait l'un de mes anciens chefs d'établissement qui passait beaucoup de temps au téléphone avec le directeur de cabinet du préfet et avait développé une vraie expertise dans l'art du protocole.


L’adresse officielle de la préfecture de l’Allier est 2, rue Michel de L’Hospital, une petite rue bien modeste, tangente à ce que l’on appelle ici les « Cours ». Hommage peut-être de la République à ce juriste auquel l’on doit les grands principes du droit public contemporain.


Le nom de Michel de L’Hospital, natif de la ville d’Aigueperse, distante de Moulins d’une soixantaine de kilomètres et fief des Bourbon-Montpensier, dont le Connétable est le plus connu, fils d’un médecin au service de ce dernier, est étroitement lié à celui de MOULINS. Entre décembre  1565 et  mars  1566, à l’instigation de Catherine de Médicis, le roi Charles IX, les présidents des Parlements, et la cour séjournèrent à Moulins. Outre le monarque et la reine mère demeuraient donc à Moulins, Henri, duc d'Anjou, frère du roi et qui fut fait « duc de Moulins » à l’issue de ce séjour, Charles, cardinal de Bourbon, Louis, prince de Condé ; le duc de Montpensier, les cardinaux Charles et Louis de Lorraine, les ducs de Nemours, de Longueville et de Nevers, le connétable Anne de Montmorency, l'amiral de Coligny et ses frères, le chancelier Michel de l'Hospital, Christophe de Thou, premier président au Parlement de Paris, et les présidents des Parlements de Toulouse, d'Aix, de Dijon, de Grenoble et de Bordeaux, de nombreux évêques et maréchaux.
Cet épisode vaudrait bien la peine d’être étudié de plus près !
 
L’ancien Bourbonnais réuni au royaume après la confiscation des biens du connétable a perdu ses institutions propres. Même si son ancienne capitale a perdu sa cour, brillante, elle recevait encore souvent des visites royales : François Ier y a effectué plusieurs séjours, le roi Henri II avait choisi cette ville comme cadre du mariage de son cousin Antoine de Bourbon (-Vendôme) avec Jeanne d’Albret, en 1548 (21 octobre). Elle jouissait encore d’un lustre certain, qui faisait dire en 1566, à un témoin : « Le château est grand et magnifique, de mesme des ducs de Bourbon dont les effigies au naturel sont dans une belle gallerie ». Il avait aussi conservé une belle bibliothèque. Les Grands Jours du Parlement de Paris se tiennent à Moulins en 1535, 1540 et 1550. Antoine de Laval, grand juriste également, batailla ferme à la fin du règne d'Henri III et au début de celui d'Henri IV pour que Moulins soit siège d’un Parlement. Mais ceci est une autre histoire.


Michel de L’Hospital était devenu chancelier de France (à la fois garde des sceaux et Premier ministre) le 20 mai 1560. Il avait alors 55 ans et était proche des humanistes. Aux Etats généraux d'Orléans, il avait tenté d'apaiser les querelles :  «Ôtons ces mots diaboliques, noms de partis, factions et séditions, luthériens, huguenots, papistes, ne changeons le nom de chrétiens !» lança-t-il aux députés le 13 décembre de cette même année, dans son célèbre "Discours de tolérance".

L'ordonnance de Moulins, signées par le roi en février 1566, réformaient en profondeur l’administration et la justice de la France.
Entre autres réformes, elle enlevait aux gouverneurs des provinces la prérogative arbitraire de lever des impôts en leur propre nom. De rigoureuses conditions d'âge et de capacités était imposée aux candidats à des postes de conseillers ou de juges. Les "épices", c'est-à-dire les présents en bonnes et sonnantes espèces que les plaideurs étaient obligés d'offrir aux juges étaient supprimées.

L'édit de Moulins pris aussi en 1566 concernait le domaine royal : son inaliénation était réaffirmée.

L'ordonnance imposait l'enregistrement devant notaire

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Dominique LAURENT
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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 13:22

La boîte de Banania que j'ai héritée de mon grand-père, relativement récente, ne porte pas la mention "y'a bon !". Elle n'en est pas moins politiquement incorrecte.
En république tchèque, qui n'a pas eu d'"empire colonial" et dont l'histoire s'est construite contre les envahisseurs allemands ou contre l'empire austro-hongrois, on n'a pas ce tabou.
Voici comment on donne, dans un pays qui a découvert il y a moins de 20 ans le marketing commercial, on visualise la notion du bonheur brut de boire un thé ou un café .... en "can" !

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Dominique LAURENT
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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 12:50

Une des théories que je défends est qu'il est rassurant d'observer que malgré l'instauration d'une république "une et indivisible", le rôle de l'école qui a tenté de laminer les langues régionales, les particularismes demeurent. Le département de la Sarthe, où j'ai passé les 3 premières années de ma vie professionnelle, fut pour moi un lieu extrêmement dépaysant.
Il en est de même pour l'Europe. J'ai constaté quelques particularités en république tchèque : elles sont irritantes au début, mais pour autant, faut-il exiger des serveurs de restaurant tchèques (puisqu'il s'agit d'eux) qu'ils changent ?
Ce matin, j'ai retrouvé mes habitudes dans mon café préféré : c'est l'occasion de retrouver des gens avec lesquels l'on échange des banalités, mais aussi des informations, de commenter l'actualité... Et de lire le journal. Perosnnellement, je lis les nouvelles locales et je fais mon Sudoku quotidien. Mais quelques copains de bistrot arrivent avec un gros paquet de journaux : la Montagne, bien sûr, le Monde et le Figaro... voire même le Bourbonnais Rural. Ils occupent donc un espace, moyennant le coût d'un café, pendant 2 heures ou 2 heures et demie... Une seule contrainte : depuis que les cafés de la place d'Allier font brasserie à midi, il faut libérer la place pour installer les sets et les verres sur les tables. Certains "garçons" le font avec discrétion. D'autres vous font remarquer que votre temps est dépassé !
Aussi, on comprendra le choc culturel qui fut le mien dès mon premier jour et mon premier repas en république tchèque. A peine, passez-vous le seuil de la terrasse (ou de la porte), avant même que vous ayiez eu le temps de vous asseoir, que quelqu'un se précipite pour vous demander "ce que vous buvez". Je pense qu'ordinairement la réponse est "un verre de bière" : d'où la surprise du serveur ou de la serveuse, voire pour certaine, leur agacement, quand vous consultez la carte. Dès que vous avez fini votre  verre ou votre tasse, on vient débarasser la table et vous demander ce que vous reprendrez. La réponse doit là aussi être "un demi litre de bière". Et je suppose que tant les allemands que les anglais doivent se sentir rapidement chez eux ! Le "galopin", une bière servie dans un verre à vin, et que personnellement je commande "panaché" serait, si l'existence en était connue dans cette contrée, naturellement considéré comme une hérésie.
En ce qui concerne les repas (tous les cafés font aussi restaurant : je n'ai pas remarqué qu'il existait deux concepts différents !), ils peuvent être pris à toute heure, là où il y a beaucoup de touristes allemands et dans les villages à l'écart du flux touristique, jusqu'à 15 heures. Surprise : si les horaires sont élastiques, la contre partie est que le service peut se faire dans le désordre. Si l'on vous apporte votre glace AVANT votre soupe : c'est normal. Et si vous préférez commencer par la soupe, c'est votre choix. On mettra votre glace en attente. Moi, j'avais commandé une crèpe en dessert : elle a refroidi le temps que je mange le reste. 
Passé les premiers instants de surprise (on a un peu le sentiment de gêner !), je me suis adaptée et ai introduit du "suspens" dans mes commandes :
-"que prendrez vous ? " 
- "une soupe"
La soupe à peine finie, ou si vous traînez trop, on vient débarrasser votre table.    
Cette particularité a même été à l'origine de malentendus avec des touristes allemands, qui n'ont pourtant pas l'habitude de trop s'attarder à table, puisque c'est dans le catalogue des offres touristiques d'un voyagiste allemand qui détient un quasi monopole sur le tourisme à Marienbad, quelques conseils : déposer SUR l'assiette, à gauche la  fourchette, à droite le couteau, pour signaler qu'on n'a pas fini de manger et que si l'on fait une pause, c'est parce que l'on parle avec son compagnon ou sa compagne de table. Quand on veut que l'assiette soit enlevée : y poser  son couteau ET sa fourchette avec un angle de 120 degrés.
- " je prendrai bien autre chose". Intéressé, l'oeil du serveur ou de la serveuse s'allume.
- "un goulash".
Et c'est après qu'il ait été débarrassé que je commandais mon dessert.

Comme je suis partie sur les traces de KAFKA dans les cafés qu'il a fréquentés et que j'ai lu "histoires praguoises" de RILKE, qu'à l'évidence ils  passaient autant de temps dans les cafés de leur ville que les habitués de ceux de Moulins, celà m'a interrogé : "moeurs postcommunistes" ? (j'ai gardé un souvenir désagréable du repas que j'ai pris à Berlin, Friedrichstrasse en 1973 !!! - et ma mère a vécu les mêmes mésaventures en Pologne) ou goût pour la propreté ?



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Dominique LAURENT - dans mes voyages
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12 juin 2009 5 12 /06 /juin /2009 13:01

Salut les chiots !
Il y a longtemps que je n’étais pas venu vous parler... Je tiens une de ces formes ! J’ai en effet passé 15 jours à la campagne, en bordure de forêt avec des copains et des copines. Ouaf ! quelle patte !
Quand mon humaine est revenue me chercher, je crois qu'elle a été un peu vexée : j’étais tellement occupé à faire la cour à une chienne husky nouvellement arrivée (ah ! quels yeux !) que je n’ai pas perçu son odeur.
Je vous avais déjà dit que je l'ai éduquée à la propreté : maintenant, elle est bien dressée et ramasse mes crottes. Elle a toujours des sacs "toutounet" avec elle et elle est devenue fort habile pour se baisser (et surtout se redresser) et ne pas se salir les mains.
Je déplore que mes congénères n’aient pas aussi bien réussi avec leurs humains. Je l’ai tellement bien sensibilisée à ce problème, qu’elle fait des petits reportages sur l’Europe des « toutounettes ».
 à Florence

 à Prague...
Là, comme en Allemagne ou en Suisse, on n'utilise pas les sacs en plastique  (le paradoxe, c'est qu'une crotte est biodégradable en une journée et un sac plastique en plusieurs centaines d'années...), mais en papier recyclé. Admirez l'air heureux de mon congénère tchèque ...

Il  nous reste à traduire ce que les Tchèques ont voulu nous dire
sur cette poubelle...

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9 juin 2009 2 09 /06 /juin /2009 19:59


Dans ce très bel immeuble de la place Wenceslas....



Vers l’âge de 16 ou 17 ans, j’ai eu ma période Kafka…
J’ai ainsi lu  « le procès », dans lequel Joseph K., fonctionnaire jusqu’alors modèle, est  déclaré coupable d’un délit qu’il ignore et a été dénoncé par des témoins qu’il ne connaît pas, « la métamorphose » où le narrateur se réveille transformé en insecte et dans lequel sa famille souhaite sa mort et « le château » qui narre la quête de M. K., nouvel arpenteur, appelé par les autorités du château pour accomplir une mission qui doit lui être précisée. Son contact est un fonctionnaire haut placé du château, nommé Klamm avec lequel il tente une bonne partie du roman à entrer en contact, sans succès. Le « château », par l’intermédiaire d’un dénommé Schwarzer refuse de croire à sa mission, mais a paradoxalement mis à sa disposition du personnel pour l’exercer puisque M. K. à l’auberge du village où il a dû retourner après une tentative infructueuse pour être reçu au château, fait la connaissance de ses deux assistants, des jeunes gens impertinents.


Aussi, à Prague, je n’allais pas manquer de visiter le musée qui lui a été consacré. Et je suis allée de découverte en découverte, car en France, cet auteur demeure somme toute assez peu connu. Même si l’adjectif « kafkaïen » est entré dans notre vocabulaire au point d'être utilisé à plus ou moins bon escient. L’homme mérite d’être connu autant que l’écrivain : docteur en droit, employé efficace chez Generalli Assurances (pourquoi ai-je alors pensé à Zinédine Zidane ?), puis de la Compagnie d’assurance  contre les accidents du travail pour le royaume de Bohême, une administration où il était chargé d’élaborer des procédures pour la sécurité des employés. Il semble avoir souvent quitté son emploi en retard, pour finir un dossier.

Il a laissé un « journal » qui est un témoignage sur la vie à Prague au début du XXe siècle et des lettres : en 1915, il confie à son ami Max Brod : « dans mes quatre districts – sans parler de mes autres tâches – les gens tombent comme des ivrognes du haut des échafaudages tout droit dans les machines en bas, toutes les poutres se renversent, tous les talus se désolidarisent, toutes les échelles glissent, ce que l’on fait monter dégringole et ce que l’on fait descendre, on tombe soi-même dessus. Et l’on finit par avoir mal à la tête de voir ces jeunes filles, dans les fabriques de porcelaine, qui n’arrêtent pas de tomber dans les escaliers avec des montagnes de vaisselle ».… 
Atteint par la tuberculose, il est mort parce qu’il ne pouvait plus ni se nourrir ni s’hydrater.
Sans doute, l’appartenance de Franz Kafka à la communauté juive de Prague, dans un environnement politique tendu, exacerbé par l’antagonisme entre Tchèques et Allemands, et singulièrement entre Tchèques et juifs allemands, a-t'elle influé les thèmes qu’il a abordés. On apprend ainsi que son père, qui était mercier, a dû se défendre d’une accusation de vol et, suite à une dénonciation anonyme,  d’avoir fait courir un danger aux passants en ayant installé devant son magasin des planches dont les clous auraient pu blesser la foule. En outre, un membre de la communauté juive avait, alors que Franz Kafka était enfant, été accusé du meurtre rituel d’une jeune catholique. « Le procès » est comme une résonance de cette atmosphère délétère.

On a dit aussi que l’ouvrage était prémonitoire du nazisme et de la persécution des juifs… C’était cet aspect des choses qui m’avait le plus intéressée il y a 30 ans de cela.
Mais le mécanisme que décrit Kafka me fait aussi beaucoup penser aux procédures mises en place par l’Inquisition pour combattre toutes les formes d’hérésie (juifs, vaudois, sorcières…) que j’ai plus particulièrement étudiées ces derniers temps : les manuels dans lesquels les inquisiteurs apprenaient leur métier disent explicitement que l’accusé ne devait pas connaître le chef d’accusation, sinon il aurait pu se défendre. La procédure inquisitoriale ne prévoyait pas le ministère d’avocat pour la défense : d’ailleurs on n’instruisait qu’à charge ! Et le suspect découvrait, lors de son procès, que c’étaient les membres de sa famille ou des voisins auxquels ils ne pensaient pas jusqu’alors avoir causé du tort, qui avaient témoigné contre lui. A cet égard, on peut penser que dans la mémoire des juifs du ghetto de Prague ou d’ailleurs, la répression religieuse menée par l’église et ses institutions judiciaires a culturellement laissé des traces. 
Ce que Kafka décrit dans le « procès » me rappelle aussi beaucoup les descriptions de ce « harcèlement moral » dont le développement envenime nos environnements professionnels : si dans certains cas, on reproche à un individu une chose et son contraire, ce qui ne lui laisse aucune échappatoire, et peut conduire à la folie, on constate aussi, comme dans le cas de Joseph K., une mise à l’écart des décisions prises, de la rétention d’informations… Il est fréquent que le « harcelé » découvre que ce sont des collègues et « amis » qui ont nourri, par leurs commérages ou par simple souci de se valoriser auprès de leur hiérarchie,  les reproches qui lui sont faits. 


Comme quoi, quand il s’agit de pourrir la vie de ses voisins, les mêmes vieilles recettes semblent bien être les meilleures ! Comme le dit le proverbe : « c’est dans les vieilles gamelles qu’on fait les meilleures soupes ».

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Dominique LAURENT - dans mes voyages
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8 juin 2009 1 08 /06 /juin /2009 22:00
En France, sauf peut-être en Alsace, nous n'avons pas l'habitude (nous n'avons plus l'habitude ?) de peindre de couleurs vives les enduits des façades de nos maisons. Seules sont tolérées des déclinaisons d'ocres. Les seules touches de couleurs vives sont celles des volets ou des portes (comme le célèbre bleu de l'île de Ré). Pourtant, après avoir pendant plus d'un siècle remis à nu la pierre naturelle,  on redécouvre depuis peu qu'au Moyen Age nos églises étaient couvertes de fresques très colorées.
En république tchèque, on n'a pas de ces tabous...
 
à Cheb

à Karlovy Vary


                     dans la banlieue de Prague où j'avais loué un
                     appartement...
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Dominique LAURENT
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8 juin 2009 1 08 /06 /juin /2009 12:19

Cheb - république tchèque
N'a-t'on pas l'impression que ces lucarnes font un clin d'oeil ?
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Dominique LAURENT - dans mes voyages
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6 juin 2009 6 06 /06 /juin /2009 21:15

Entre 1967 et 1968, j'ai correspondu, en allemand, avec une tchèque qui habitait Brno. Elle m'a un jour envoyé des cartes postales en noir et blanc de Karlovy Vary. C'est ainsi que j'ai découvert l'existence de cette ville d'eau. Et aussi qu'elle était voisine de Marienbad : qui pour moi évoquait un film que je n'ai jamais vu, mais que me ventait ma cousine Martine et un jeu qu'elle auquel elle avait entrepris de me faire jouer et auquel je n'ai jamais rien compris : mais je crois qu'alors elle ne tenait pas à ce que la gamine de 12 ans comprenne !!!
Je n'ai plus jamais eu de nouvelles de ma correspondante après que les chars soviétiques sont entrés dans Prague.

Dès mon arrivée en république tchèque, j'ai donc pris le chemin des villes thermales... A 120 km d'une autre ville superbe, Dresde, au milieu d'un paysage très "vosgien", j'ai  découvert Karlovy Vary (anciennement Carlsbad) et Marianské Lazné (anciennement Marienbad).
Et je ne m'étonne pas que Chopin, Goethe, S. Zweig, et tant d'autres, dont Karl Marx en 1884, se soient complus à y effectuer de nombreux séjours.
 
              
   Karlovy Vary
 
  Marianske Lazne

 La restauration du plafond date de 1987 et ce n'est pas ce qui est le plus réussi...

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Dominique LAURENT - dans mes voyages
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25 mai 2009 1 25 /05 /mai /2009 09:07

Créationistes, s'abstenir !

Si l'on croit que l'homme a été créé "ex nihilo" par Dieu et que la femme a été créée à partir d'un des os de la cage thoracique d'Adam, inutile d'aller visiter le musée de Chatelperron.
C'est quand on construisit le chemin de fer qui devait permettre de transporter jusqu'au port de Dompierre-sur-Besbre le charbon de Bert et Montcombroux, d'où il était acheminé par péniches jusqu'à Paris, qu'a été découverte dans la "grotte aux fées" de Châtelperron un couteau en silex, dont la particularité était qu'il possédait un manche.
On sait maintenant que l'homme de Châtelperron était un homme de la civilisation de Neanderthal (un site situé entre Wuppertal, que je connais bien, et Düsseldorf), qui a cohabité plusieurs millénaires avec l'homo sapiens sapiens dont nous descendons directement. Se sont-ils rencontrés ? La densité d'occupation de la région était très faible et il est possible qu'ils n'aient jamais eu l'occasion de se rencontrer, ou très rarement. On ignore pourquoi l'homme de Neanderthal a disparu : les chercheurs contemporains excluent l'hypothèse d'une guerre entre les deux espèces.
Tout le matériel découvert, tant  au milieu du XIXe s. que dans les années 1950 par le préhistorien Henri Delporte est entreposé au musée archéologique de Saint-Germain-en-Laye. C'est donc des restitutions scénographiques qui sont présentées à Châtelperron.
Mais j'ai eu l'occasion de participer à une visite guidée extrêment intéressante : la jeune femme qui est employée par la commune est passionnée. Aussi, un conseil : constituez un groupe et réservez une visite guidée.
            musée de Châtelperron - la Gare - tél. : 04-70-34-84-51

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21 mai 2009 4 21 /05 /mai /2009 12:16

 

Charles Louis PHILIPPE est un écrivain, né à CERILLY (03), près de la forêt de Tronçais, comme Marcellin DESBOUTINS que j'ai évoqué précédemment. Il était fils d'un sabotier, mais  a pu poursuivre des études grâce à une bourse. Après son baccalauréat, Charles-Louis Philippe a préparé sans succès les concours d'entrée à l'École polytechnique et à l'École centrale. "Monté" à Paris, il entra dans l’administration du département de la Seine. Il mèna à Paris une vie modeste et possèdait un petit appartement de l'île Saint-Louis, à une époque où le quartier était encore populaire.

J'ai trouvé à Strasbourg, à une époque où mes revenus me permettaient encore de faire des achats d'impulsion, un exemplaire de son oeuvre majeure : Bubu de Montparnasse, en allemand et en gothique. J'ai appris l'allemand en 2e langue, et en 4e et en 3e, nous avions encore des livres où un texte sur deux était imprimé en gothique, ce qui m'a sans doute d'ailleurs beaucoup aidée pour la paléographie et la lecture des parchemins du Moyen Age. Je me suis donc lancé le défit de le lire dans cette édition : le roman ne compte d'ailleurs pas plus de 200 pages..  

Les illustrations sont de très jolis bois gravés.
Charles Louis PHILIPPE amène très régulièrement à CERILLY des universitaires, plus souvent anglais, américains ou japonais que français ! Dans son roman, iIl offre une description de ce PARIS de la Belle Epoque, aussi évoqué par CARCO et MAC ORLAN, Belle Epoque qui n'était pas belle pour tout le monde, et particulièrement pas pour les protagonistes du roman :
dont voici le résumé :
La petite Berthe est  apprentie fleuriste et se rend un bal avec ses soeurs. Elle y rencontre Maurice, ébéniste, qui se montre le plus galant des cavaliers, l'invite à boire une grenadine et, de rendez-vous en rendez-vous, devient son amant, puis son homme. Maurice, dit « Bubu de Montparnasse » va mettre sa petite femme au travail et lui fait rencontrer ses amis : Jules notamment, et la voilà devenue "fille publique".
Elle arpente boulevard Sébastopol jusqu'à 22 heures pour gagner l'argent du ménage, payer leur chambre d'hôtel, ses souliers et  les loisirs de Bubu. Comme celui-ci sait qu'il faut savoir tenir sa femme, il  l'éduque par l'autorité et la corrige "pour son bien".
Un soir, elle rencontre un nouveau client : le jeune Pierre, provincial timide, un employé qui étudie encore pour obtenir ses diplômes.

Il m'avait échappé que Mauro Bolognini en avait fait un film en 1970, avec Ottavia Piccolo dans le rôle de Berthe. Antonio Falsi est Bubu, Massimo Ranieri est Pierre et Luigi Proietti, Giulio.


Le thème de la gentille fille mise sur le trottoir par un homme dont elle est éperdument amoureuse et qui meurt sous ses coups quand elle refuse d'aller au turbin a aussi été évoqué dans une de ces "chansons réalistes" qui font mon succès dans les mariages et notamment par Aristide BRUAND dans celle-ci :

Elle avait sous sa toque de martre,
sur la butte Montmartre,
un p'tit air innocent.
On l'app’lait Rose, elle était belle,
Elle sentait bon la fleur nouvelle,
rue Saint-Vincent.


Elle avait pas connu son père,
elle avait plus d'mère,
et depuis 1900,
Elle demeurait chez sa vieille aïeule
Où qu'elle s'élevait comme ça, toute seule,
rue Saint-Vincent.


Elle travaillait déjà pour vivre
et les soirs de givre,
dans l'froid noir et glaçant,
son p'tit fichu sur les épaules,
elle rentrait par la rue des Saules,
rue Saint-Vincent.


Elle voyait dans les nuit gelées,
la nappe étoilée,
et la lune en croissant
qui brillait, blanche et fatidique
sur la p'tite croix d'la basilique,
rue Saint-Vincent.


L'été, par les chauds crépuscules,
Elle rencontra Jules,
qu'était si caressant,
qu'elle restait la soirée entière,
avec lui près du vieux cimetière,
rue Saint-Vincent.


Mais le p'tit Jules était d'la tierce
qui soutient la gerce,
aussi l'adolescent,
voyant qu'elle marchait pantre,
d'un coup d'surin lui troua l'ventre,
rue Saint-Vincent.


Quand ils l'ont couché sur la planche,
elle était toute blanche,
même qu'en l'ensev'lissant,
les croque-morts disaient qu'la pauv' gosse
était crevée l'soir de sa noce,
rue Saint-Vincent.


Elle avait une belle toque de martre,
sur la butte Montmartre,
un p'tit air innocent.
On l'appelait Rose, elle était belle,
Elle sentait bon la fleur nouvelle,
rue Saint-Vincent.


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