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4 septembre 2013 3 04 /09 /septembre /2013 15:00

Mais de quelle mémoire ?

On reparle d'Oradour-sur-Glane à l'occasion de la venue en France du président de la république fédérale d'Allemagne, Joachim Gauck, un pasteur protestant, très engagé depuis longtemps dans la démarche de réconciliation d'après ce qu'en dit Daniel Cohn Bendit.

Les blessures ne sont sont pas toujours bien refermées. Je décèle quelquefois, ça et là, la persistance d'un "anti bochisme" primaire : Emmanuel Todd, né pourtant après la guerre, a, il y a peu, fait, chez Frédéric Taddéi, une étonnante sortie sur le déterminisme qu'il y a chez les allemands à vouloir asservir l'Europe, qu'il affirme bien reconnaître dans l'attitude actuelle de leurs industriels.

Quelquefois, je me laisse moi même aller à dire, avec satisfaction, après un bon repas "encore un que les fridolins n'auront pas !". C'est, en réalité, un hommage à mon grand-père, qui a passé 5 ans dans un stalag. Pourtant, je n'ai pas souvenir de l'avoir entendu, lui-même, le dire, D'où me vient donc ce refrain ?

A propos de l'émotion manifestée par Joachim Glauck, il convient quand même de rappeler que les protestants ont figuré parmi les premières opposants au régime nazi. Et ont été, avec les communistes, les premiers "hôtes" des camps de concentration. Demandez donc à ma copine Ilona, dont le père, prisonnier français, a connu la mère dans ces conditions. Et qui, d'ailleurs, quand elle était gamine, dans le Gard, s'est souvent entendue traiter de "salle boche".

Le massacre d'Oradour, les pendus de Tulle, doivent être rappelés aux jeunes générations. Mais j'aime peu de ce terme de "devoir de mémoire", qui ne veut rien dire et est bien souvent à sens unique. Si "devoir de mémoire" il y a, il y a aussi le devoir de se souvenir des souffrances des habitants des pays d'Europe centrale. Je savais, par mon prof d'histoire de Terminale, que la république tchèque et la Slovaquie avaient aussi connu de telles exactions : J'apprends aujourd'hui que la division das Reich dans sa lutte contre les partisans d'Ukraine et de Biélorussie a, en 4 années, commis l'équivalent de 683 Oradour. Soit, un tous les 2 jours fait remarquer l'historien Christian Ingrao. Il ne mentionne pas l'ancienne Tchécoslovaquie, pas plus que les autres régiments : il faut donc envisager que ce chiffre doit être revu à la hausse.

Le devoir de mémoire, c'est aussi garder présent à l'esprit que les habitants de ces villages n'avaient pas toujours été, par le passé, très accueillants (c'est un euphémisme) avec leurs communautés juives. Garder aussi la mémoire de ces opposants allemands qui ont payé leur tribu à la lutte contre le nazisme, comme les étudiants de la "Rose blanche".

Devoir de mémoire, certes. Mais de quelle mémoire ? Et quelles leçons en tirer ?

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Dominique LAURENT
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