promenades en Bourbonnais

Mercredi 2 septembre 2009
La semaine de fête à Montepulciano a beaucoup plu aux membres du comité de jumelage.
Et l'on n'a pas manqué de la comparer à la foire médiévale de Souvigny...
J'ai entendu des jugements très injustes.
L'an dernier, j'avais fait un petit article ironique, mais plein de sympathie pour les gens qui assimilent fête historique et heroic fantasy (lien : passé recomposé) . Dans une fête, ce qui me paraît le plus important, c'est qu'on trouve du plaisir.
Ceux qui aiment celà peuvent se battre à l'épée dans les rues, sans intervention de la maréchaussée :
 

la maréchaussée qui veille !!!

Les jeux "à l'ancienne" plaisent beaucoup aux enfants.

Il y a aussi de très jolis costumes : et les troupes qui viennent en portent de très authentiques
 

Bon, ce sont des costumes de gueux ou de saltimbanques... Mais il y avait somme toute assez peu de seigneurs dans nos villes et villages !
Et, attention sympa, les bénévoles préparent la "soupe des geux .. las" qui mijote dès 5 heures de l'après midi !

Par Dominique LAURENT
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Lundi 25 mai 2009

Créationistes, s'abstenir !

Si l'on croit que l'homme a été créé "ex nihilo" par Dieu et que la femme a été créée à partir d'un des os de la cage thoracique d'Adam, inutile d'aller visiter le musée de Chatelperron.
C'est quand on construisit le chemin de fer qui devait permettre de transporter jusqu'au port de Dompierre-sur-Besbre le charbon de Bert et Montcombroux, d'où il était acheminé par péniches jusqu'à Paris, qu'a été découverte dans la "grotte aux fées" de Châtelperron un couteau en silex, dont la particularité était qu'il possédait un manche.
On sait maintenant que l'homme de Châtelperron était un homme de la civilisation de Neanderthal (un site situé entre Wuppertal, que je connais bien, et Düsseldorf), qui a cohabité plusieurs millénaires avec l'homo sapiens sapiens dont nous descendons directement. Se sont-ils rencontrés ? La densité d'occupation de la région était très faible et il est possible qu'ils n'aient jamais eu l'occasion de se rencontrer, ou très rarement. On ignore pourquoi l'homme de Neanderthal a disparu : les chercheurs contemporains excluent l'hypothèse d'une guerre entre les deux espèces.
Tout le matériel découvert, tant  au milieu du XIXe s. que dans les années 1950 par le préhistorien Henri Delporte est entreposé au musée archéologique de Saint-Germain-en-Laye. C'est donc des restitutions scénographiques qui sont présentées à Châtelperron.
Mais j'ai eu l'occasion de participer à une visite guidée extrêment intéressante : la jeune femme qui est employée par la commune est passionnée. Aussi, un conseil : constituez un groupe et réservez une visite guidée.
            musée de Châtelperron - la Gare - tél. : 04-70-34-84-51

Par Dominique LAURENT
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Mercredi 20 mai 2009

A l’heure où les aventures de Harry Potter passionnent les adolescents, où des jeux de rôle mettent en scène des Démons et des Dragons, où les scénaristes américains revisitent dans des séries comme « Charmed » de vieilles légendes celtiques ou des mythes de la tradition grecque, il est peut-être intéressant de rappeler que le pays de Charles Perrault dispose d’un  fond de légendes pour faire grandir les enfants et rappeler les  adultes à la sagesse qui est lui aussi très intéressant.

Sur YZEURE, la paroisse sur laquelle a été créée la ville franche de MOULINS au XIIIe siècle, existent deux lieux-dits intéressants : les VESVRES, et en limite de Moulins : FOULET.

LES VESVRES est une forme du mot Vaisvre, Wivre ou Vouivre. La Vouivre  est entrée dans la littérature avec le roman de Marcel Aymé paru en 1943 et inspiré d’une légende de Franche Comté. Le roman dresse une galerie de portraits dans un monde rural qui a aujourd’hui disparu : le curé sceptique, le radical croyant, le fossoyeur amoureux d'une pocharde etc… Monde qui colportait encore des traditions vieilles de plusieurs millénaires.
Mais la tradition de la Vouivre semble bien s'être retrouvée dans la plupart des régions. Elle était réputée être mi-femme mi-serpent : on la décrit portant sur le front un superbe grenat, ou un rubis, ou un diamant bleu … Car elle est une gardienne de trésors, vivant cachée dans un trou ou dans un rocher. Tantôt bienfaisante, tantôt néfaste.
En Bourbonnais le « folkloriste » Francis Pérot l’évoquait en 1908 dans son « Folklore bourbonnais ». Ce qui ne doit pas nous étonner car on la retrouve aussi sur le Mont Beuvray (ancienne Bibracte) (
  http://www.laszlya.com/dotclear2/index.php?post/2009/04/02/  )
La Vouivre ou Wivre est liée aux étangs, aux régions marécageuses… ce qui est bien encore le cas de l’étang des Vesvres, départ de circuits de promenades à pied ou en vélo…
Sur les chapiteaux des églises, on voit figurées des « sirènes » ou femmes serpents qui évoquent les vouivres : mais l’interprétation de leur symbolique fait débat, comme les sheela-na-gig dont j’ai déjà parlé à propos de l’église saint Pierre d’Yzeure (sheela-na-gig à l'entrée de Notre Dame d'Yzeure (03) ).
Une variante de la légende de la Wivre est celle de Mélusine ancêtre mythique de la famille des Lusignan…

En ce qui concerne FOULET : c’est actuellement le nom d’un pont de chemin de fer et tous les moulinois savent qu’il vaut mieux éviter d’y passer par temps d’orage en voiture, car on risque d’avoir de l’eau à hauteur de portière avant même de l’avoir vue venir. Au Moyen Age, c'était le siège d'une seigneurie : il y avait un étang de Foulet, sur le ruisseau de Grillet, qui allait se jeter dans l’Allier et il y tournait aussi un moulin. L'emplacement était donc assez marécageux.
Francis Pérot rapproche le toponyme de Foulet de « Fol » ou « Follet » c’est-à-dire le feu follet, flamme vacillante, pâle et diffuse, de couleur jaune, bleu ou rouge qui, dans les cimetières ou les marécages,  vole dans l’air à peu de distance du sol et disparaît lorsque l’on s’en approche. C’est pourquoi on le prenait pour un esprit malin.
On sait maintenant que les feux follets constituent un phénomène naturel  (on pense qu’ils résultent de la décomposition de matières organiques, produisant des gaz qui peuvent s'enflammer au contact de l'air). Dans les cimetières, c’était la décomposition des corps, enterrés peu profondément, qui pouvait donner ces fameux feux follets. Dans les marécages, ce sont les herbes qui pourrissent et se décomposent. 
Personnellement, je ne fréquente pas les cimetières la nuit !!!… et ne me suis jamais trouvée non plus, dans un marécage.
Mais dans l’Allier est étrangement liée aux feux follets ou foulets, une jolie légende que je ne connaissais pas : le foulet hantait les écuries et taquinait les cochers qui ne prenaient pas soin de leurs chevaux. Si le foulet se chargeait de les panser à leur place, l’on remarquait son passage car leurs crinières, comme leurs queues étaient nouées. Le palefrenier bienveillant était récompensé, car ses animaux étaient étrillés et leurs sabots bien reluisants et pansés pour deux jours. Le follet avait un attelage qui passait si vite au dessus des écuries qu’il ne laissait qu’une longue traînée de feu derrière lui, tout comme au dessus des étangs et des mares, ce qui le relie aux autres feux folets des légendes. Tout comme le fait que dans les cimetières, il se manifestait pour accompagner les âmes en peine qui demandaient des prières. 
A noter qu'en 1562, le seigneur du château de Foulet, qui était protestant, fut, après le siège de la ville de Moulins par les Huguenots, retrouvé mort dans son étang : il faut imaginer que cette âme en peine revenait y rôder sous forme de feu follet !!!!

Par Dominique LAURENT
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Mardi 19 mai 2009

Lorsqu'il m'est donné de faire visiter Vichy, j'aime faire découvrir les vitraux du choeur de l'église saint Louis. L'effet est garanti.
Vichy, qui n'a longtemps été qu'un gros village, doit beaucoup à Napoléon III et Eugénie de Montijo. 
Napoléon III se prénommait en réalité Charles Louis et était le fils d'Hortense de Beauharnais et de Louis Bonaparte. En 1861, il résolut de doter Vichy d'une église digne de ce nom. Elle fut inaugurée 4 ans plus tard.
Sont honorés : saint Charles et saint Louis, mais aussi sainte Hortense et sainte Eugénie !!!, ordinairement peu fréquentes dans les églises.
 


 
Très étonnante la crosse d'évêque de sainte Eugénie...
Et surtout saint Napoléon !!!!!!  qui n'a, à ma connaissance, jamais été canonisé...
  Son portrait ne vous rappelle personne ?
Création de Napoléon Bonaparte, 1er du nom, la saint Napoléon était une fête nationale sous le premier et sous le second empire, et se fêtait le 15 août, jour anniversaire de sa naissance. Sur internet, je n'ai trouvé q'un seul un autre vitrail de saint Napoléon (Le Chesnay (78))     
Il m'intéresserait de savoir si (et où) l'on peut en trouver d'autres....


Par Dominique LAURENT
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Mardi 28 avril 2009

Mieux qu'en rondins d'ailleurs, puisque les troncs d'arbres étaient équarris.
Au Moyen Age, c'est un mode de construction adopté par les habitants de la Sologne bourbonnaise.
A Thiel-sur- Acolin il en subsiste encore quelques unes. Celle-là daterait du XVe siècle. Les troncs d'arbres étaient simplement posés les uns sur les autres et les interstices étaient comblés par du torchis (ou pisé).
Ce que l'on voit sous un plastique est le four à pain.


   
Je suis admirative devant le travail d'assemblage, alors que l'on ne disposait que d'outils primitifs. 
 

Par Dominique LAURENT
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Jeudi 9 avril 2009



 

 Un remarquable exemple de  l'architecture  en briques bicolores, au tout début du XVIIe siècle, est assurément le collège des Jésuites.
Sa création fut décidée en 1604 : parmi les donateurs, Honoré d'Urfé, qui fut gouverneur de Bourbonnais, seigneur de Pouzeux, sur Yzeure et Diane de Châteaumorand, sa femme, contribuèrent pour une somme de 24 000 livres.
L'architecte retenu était un père Jésuite : Etienne Martellange. Des photos de ses ouvrages, éxécutés pour le compte de la Compagnie de Jésus, entre 1605 et 1630, sont visibles sur http://nicolai.over-blog.com/article-29317563.
Le traitement en briques noires et rouges rend l'ouvrage réalisé à Moulins très original.

Ce même article m'apprend qu'il était également peintre et qu'on lui doit un portrait de saint François de Salles, actuellement à Annecy, berceau de l'ordre des Visitandines. La cofondatrice de l'ordre, sainte Jeanne de Chantal, grand-mère de Françoise de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné, est morte à Moulins, où un important couvent de cet ordre avait été implanté.

 

 

 

Par Dominique LAURENT
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires - Recommander
Vendredi 27 mars 2009


























Aux XVIIe et XVIIIe siècle, la construction d'hôtels particuliers s'est accélérée, notamment dans tous les anciens faubourgs : rue de Paris; rue de Bourgogne...

Dans le centre, des constructions anciennes ont été remaniées : sur  le parcellaire médiéval, des façades de style classique ont mis au goût du jour des bâtiments anciens. L'arrière du bâtiment conserve toutefois son caractère médiéval.

 
C'est le cas notamment de la deuxième façade des maisons de cette place, aujourd'hui de l'Ancien Palais. Seule la façade donnant sur la place du château, face à l'ancien auditoire et l'ancienne chambre des comptes, a été rénovée : des parements en calcaire ajoutent à l'élégance de celle située à droite.


  Mais certains architectes "osent" des motifs autre que le "croisillon" avec la brique noire et la brique rouge .... à l'hôtel de Garidel ou celui de cette maison de la rue des Orfèvres






Par Dominique LAURENT
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Mercredi 18 mars 2009

Les premières constructions des maisons des villes du Bourbonnais furent effectuées avec une structure en bois. Les « terriers », sortes de registres cadastraux qui nous les décrivent, démontrent qu’au XVe siècle, et sans doute encore au XVIe s., ce type de structure était la norme pour les maisons des notables. Les registres des comptes des receveurs de Moulins, conservés depuis 1399 attestent qu’au Moyen Age (XIVe, XVe s.), le principal corps de métier du bâtiment, c’est celui des charpentiers. Le terrier de Moulins de 1460 fait état d’une place, dans un faubourg, où, par terre, étaient assemblées les structures des maisons : du préfabriqué en sorte, que l’on hissait ensuite à l’aide de poulies.
Quelques films américains où sont mis en scène des Amish permettent de comprendre la façon dont on procédait.

        
 à Montluçon
 
                                                           l'Hôtel Moret à Moulins 
Les interstices étaient emplis de pisé. Quant aux toits, ces mêmes terriers permettent de savoir qu’à la fin du XVe s., ceux en chaume étaient minoritaires : l’abondance de l’argile dans notre région était telle que les tuiles firent rapidement leur apparition pour recouvrir les toits. Les maisons étaient séparées par des « ruettes entre deux », qui servaient de coupe-feu : on peut penser que le risque d’incendies était important, mais les registres de comptes des receveurs de Moulins ne font état que de deux incendies entre 1399 et 1530.
Le pisé a pour avantage d’être léger et de ne pas peser sur la structure, c’est un excellent isolant thermique, mais il faut très régulièrement l’entretenir car il est sensible à la sécheresse, et peut-être plus encore à la pluie. Aussi, très rapidement, le remplissage des structures des maisons d’habitation fut-il effectué en briques : tel fut le cas de la « maison de la ville » pour laquelle les receveurs firent l’acquisition de briques à l’occasion d’une réfection. Ou cette maison de HERISSON... 


la maison Moussat à Hérisson
C’est sans doute à un incident de cuisson, et parce que l’on n’entendait pas gâcher, que l’on doit les décors de briques noires et rouges si typiques de notre région, au point qu’on l’appelle le croisillon bourbonnais. Etait-ce pour imiter la charpente ? c’était l’hypothèse de   François Voinchet, ancien architecte des monuments historiques.


Au XVIe siècle, les maisons à structure en bois cédèrent progressivement la place aux maisons en pierre : c’est le grès de COULANDON, riche en oxyde de fer et qui prend une couleur rose avec le temps, qui fut d’abord employé. Piliers, "harpages" des fenêtres, angles de soutènement étaient en pierre, mais la brique rouge et la brique noire étaient toujours employées pour le remplissage.     Au XVIIe s., le calcaire d’APREMONT (sur la rivière d’Allier) fit son apparition.

Par Dominique LAURENT
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Mardi 20 janvier 2009


Urçay est un village à l'ouest du département de l'Allier : il y avait autrefois un prieuré qui fut l'un des premiers, en Bourbonnais, à accorder des "franchises" (d'impôts) afin d'attirer des habitants.
Une association a ouvert un très joli petit musée consacré à la dentelle : dentelle du Puy, dentelle d'Alençon, dentelle de Calais, dentelle irlandaise etc ...
Les adhérentes y exposent aussi des vêtements (en dentelle) de leurs grand-mères.

Les bénévoles qui font visiter le lieu sont passionnées et si les visteurs sont intéressés sont prêtes à leur accorder beaucoup de temps.

Visite sur rendez-vous : tél. 04-70-06-92-69 ou 04-70-06-99-15

Par Dominique LAURENT
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Jeudi 15 janvier 2009

Lorsque je vais de MOULINS à NOYANT, très fréquemment j'observe des petits rapaces qui planent au dessus de ma voiture, ou qui perchent sur une branche d'arbre.

Je ne vois pas très bien de loin et je ne connais rien aux oiseaux : j'avais cru comprendre qu'ils s'agissait de buses.

 


J'ai aussi entendu parler de busards
 

(source : google - images).

J'apprends qu'il y a aussi des aigles : notamment un "aigle botté"

Le conseil général de l'Allier, en collaboration avec la LPO vient d'éditer des cartes : elles sont mises gratuitement à la disposition des habitants du département et j'en déposerai dans ma "chambre d'hôtes". L'argent du contribuable n'est pas mal employé.  
J'ai trouvé que c'était une bonne idée de mettre au dos une photo de l'habitat naturel des oiseaux sélectionnés :

Ainsi qu'un petit commentaire : "méconnu, ce rapace forestier  est une spécialité bourbonnaise : c'est notre département qui en accueille le plus en Auvergne. Il niche dans les futaies de chênes".
Oiseau migrateur, il revient d'Afrique début avril et y retourne en septembre. Il mène à bien une couvée de 1 ou 2 oisillons.

Ce ne sont donc pas des aigles bottés que je croise en ce moment, alors qu'il fait -12° C ou -13° C sur les hauteurs du MONTET et de TRONGET (il faisait - 1 ° dans ma salle à manger l'autre jour !). Ce qui m'étonne, c'est le grand nombre de ces oiseaux que je voie cette année.
Avec le retour des hérons sur l'étang de MESSARGES, ça me rend plutôt optimiste sur la force de la nature.

Par Dominique LAURENT
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander

Présentation

Recherche

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés