Mardi 27 mai 2008

J'ai réussi à "rendre" à mes parents, à mes grands-parents.., la majorité des douleurs qui leur appartiennent.
Il reste encore une histoire qui me fait venir les larmes aux yeux :
Quand elle était petite, ma mère n'a eu qu'un seul jouet, une poupée en chiffon que l'on voit sur cette photo et qui s'appelait "Popotte". Et elle a fini par beaucoup s'abimier et est devenue très sale. Ma grand-mère, contente de son sens de l'ordre m'avait raconté : "j'ai pris la Popotte et je l'ai mise au feu".  

par Dominique LAURENT publié dans : histoires de famille
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Mercredi 30 avril 2008
A Boucaumont (on trouve aussi orthographié Boucomont) vivaient mon arrière grand-mère, l'oncle Louis, l'oncle Cadet, sa femme et leurs enfants ainsi que mes grands-parents, qui sont à droite sur la photo.
Ma grand-mère était pupille de l'Assistance Publique de Paris, mais était toujours en relation avec sa mère et avec un oncle et une tante du côté du grand-père Lajon : l'oncle Tessier venait avec son appareil de photo et c'est grâce à lui qu'on a des témoignages sur la vie à la campagne à cette époque.
Boucaumont est à 6 km de Souvigny : mon grand-père sde rendait à l'école à pied (avec ses frères, il se rendait même à la foire aux bestiaux de Sancoins à 80 km de là, à pied). La génération suivante a eu la chance de disposer de vélos. Mon arrière grand-mère conduisait également une voiture à âne.
La famille disposait également d'une voiture plus grande que l'on attelait à un cheval. A moins que ce ne soit celle de cousins venus rendre visite  ce jour là. J'identifie ma mère dans la voiture. A côté du chien, ma cousine Madeleine, qui devait avoir une dizaine d'années. Derrière elle la tante Rose. A l'extrême gauche la tante Tessier, la femme du photographe..
par Dominique LAURENT publié dans : histoires de famille
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Mercredi 9 avril 2008

Il y a des familles dans lesquelles on parle beaucoup. D’autres dans lesquelles l’on se tait. On peut parler beaucoup sans qu’il y ait  qualité de la communication :  l’on parle pour ne rien dire vraiment.
Il y a des familles dans lesquelles on parle beaucoup de ceux qui nous ont précédés, d’autres sur lesquelles l’on a tiré un trait sur le passé.
Ces non-dits sont appelés "secrets de famille". Ils ne sont pas forcément délibérés, et ne sont pas secrets pour tout le monde. Et c'est celà qui est passionnant. Ne connaître que des bribes de vérité peut être une souffrance parce que celà ne permet pas d'expliquer le monde qui nous entoure.

Ma grand-mère maternelle (Adeline LAJON) était, comme son frère et l’une de ses sœurs, pupille de l’Assistance Publique de Paris. Ça a rempli toute sa vie. Ça a aussi rempli une bonne partie de la mienne. A MAMERS, lorsque je travaillais au secrétariat du lycée, étaient scolarisées des pupilles de  l’Assistance Publique de Paris : et je veillais sur elles (eux) avec soin. Certain(e)s traînaient des histoires atroces : je me souviens plus particulièrement de cette élève de seconde qui haïssait son père qui l’avait abandonnée dans un autobus avec son frère. Elle s’est retrouvée enceinte à 16 ans : c’était loin d’être un accident et je la revois rayonnante avec son bébé. Elle avait fondé SA famille.
Ma grand tante Louise (Louise était un pseudonyme : son vrai prénom était Adrienne) s’était pareillement mariée à 16 ans.


Tous mes grands oncles, les frères de mon grand-père maternel (Emile GUILLAUMIN) sont partis au front pendant la guerre de 1914-18 : l’oncle Cadet (le deuxième garçon de la famille), l’oncle Louis (celui qui est resté célibataire), l’oncle Martin, le parrain de ma mère.  Et surtout L’ABSENT : l’aîné des fils, l’oncle Gabriel. Porté disparu en Champagne en 1917. Celui que je connaissais par sa photo en uniforme de chasseur alpin accrochée sur le mur en face du lit de mon arrière grand-mère ! Plus tard, au décès de celle-ci (elle est morte à 100 ans), cette même photo a été imprimée sur une  plaque posée sur sa tombe. Ma mère me raconte que quand elle était enfant, elle rêvait que l’oncle Gabriel sortait de son cadre et lui parlait.


De la famille de mon père, je n’ai longtemps pas su grand-chose : mon grand-père Antonin LAURENT (le fils d’Antoine) était fils unique. J’ai appris par ma grand-mère qu’en réalité mon arrière grand-mère avait porté 9 enfants et qu’il était le seul survivant : elle disait aussi, parlant de sa belle-mère (et avec un peu d'acrimonie) "elle aimait plus les assistés qu’on lui confiait que son propre fils". Elle a tenu ces propos un jour où était venu le seul cousin j’ai jamais connu à mon grand-père : le "cousin de Saint-Menoux", un cousin germain qui aurait pu être son jumeau. Lui aussi fils unique. 

Ma grand-mère paternelle (Marthe DAMORET) a gardé toutes les cartes postales que lui envoyaient  ses frères et sœurs : elles ont échappé à un nettoyage par le vide et j’en ai hérité. Louise, sa sœur aînée était sa préférée. Quand je suis née, elle ne voyait plus ses frères : elle me parlait pourtant avec affection de Fernand, qui lui avait appris à faire du vélo et dont elle avait donné le prénom à sa fille. Ma grand-mère adorait sa propre grand-mère : Catherine SECRETAIN, inhumée à NEUVY et idôlatrait son parrain : Antoine SECRETAIN, marchand de vin à MOULINS, un grand bel homme, paraît-il, qui "à 70 ans passés, sautait encore les barrières à pieds joints" !

par Dominique LAURENT publié dans : histoires de famille
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