Lundi 26 mai 2008

Lorsque j’étais gamine à NOYANT, il n’y avait bien sûr plus de tickets de rationnement depuis belle lurette, mais l’on n’était pas encore entré dans la société de consommation que nous connaissons.
Au bourg, il n’y avait deux boulangeries, un maréchal ferrand, deux hôtels restaurants, deux boucheries-charcuteries, un café qui a disparu, un second café, une pharmacie,  un tabac journaux et un « Casino » qui existent toujours.
Naturellement, il n’y avait pas de pâtisserie, et pour les fêtes, on faisait des gâteaux « maison ».
Pour les œufs, le beurre et le lait, pas de problème : même en cas de pénurie, mes grands-parents auraient pu en fournir !

Je suis sur le vélo de ma grand-mère. Nous passons devant la saboterie de M. DEBOST.
Dans la cour, il y avait un puits où ma mère allait puiser l'eau, car bien souvent le puits qui alimentait les logemenst de l'école était à sec.
Mes grands-parrents maternels habitaient alors au VAUX, un hameau du village de CHATILLON. Elle mettait les oeufs et les fromages qu'elle vendait au marché du mercredi matin dans un panier comme celui installé devant le guidon. A l'époque, la directive européenne HACCP n'avait même pas été imaginée... et jamais personne n'a été malade.

Je connaissais M. et Mme Casino sous ce seul nom (en réalité, ils s’appelaient M. et Mme BOULICOT) : et c’est chez eux qu’on allait s’approvisionner. Et à l’occasion de mon anniversaire, ils étaient nos pourvoyeurs (comme on dit au Québec)  en biscuits « thé BRUN » (les biscuits « à la cuiller » étant la matière d’œuvre des « charlottes »).

Quand nous avons quitté NOYANT pour SAINT-ETIENNE, avec l’augmentation du niveau de vie, nous avons découvert les pâtissiers : et mon gâteau d’anniversaire fut longtemps un délicieux gâteau appelé « Tosca » par son inventeur, à base de pâte d’amandes et de mousseline pralinée. Et puis je suis partie faire mon « tour de France » grâce au ministère de l’Education nationale. A MAMERS, je me suis gavée de Paris-Brest, de la pâtisserie MALAVIELLE (le meilleur que j'ai jamais mangé) !

Il y a quelques années, alors que j’étais de retour dans l’Allier, ma mère m’a demandé ce qui me ferait plaisir comme gâteau pour mon anniversaire. « As-tu toujours la recette du gâteau aux thés BRUN ? ».
Et depuis, c’est un rituel. Bien sûr, les thés BRUN sont devenus des thés LU et maintenant des « thés je ne sais quoi », mais il y a toujours possibilité de trouver la matière première pour faire mon gâteau. Sur les boîtes de thés BRUN, il y a eu d’autres recettes (que j’ai dans le cahier de recettes hérité de ma grand-mère, Marthe DAMORET), mais aucune n’a jamais atteint à mes yeux, la qualité de ce gâteau-ci :
 


ingrédients : 
2 carrés de chocolat noir.
120 gr de beurre frais
sucre semoule
2 œufs

Travailler ensemble les 120 gr de beurre frais, 14 cuillers à café de sucre semoule et 2 jaunes d’œufs. Bien malaxer le tout.
Battre à part les blancs d’œufs et lorsqu’ils sont montés légèrement, les mélanger à la pâte.
Faire du café fort.

Sur un morceau de papier sulfurisé, étendre une couche de biscuits « Thé BRUN », trempés quelques instants dans le café froid (6 biscuits)
Sur cette couche de biscuits, tartiner la crème au beurre et aux œufs ci-dessus.
Puis alterner une couche de biscuits trempés et une couche de crème.
Terminer par une couche de crème sur laquelle on saupoudre des copeaux du chocolat noir que l’on a râpé.

par Dominique LAURENT publié dans : Noyant, Châtillon, etc...
ajouter un commentaire commentaires (4)    recommander
Dimanche 25 mai 2008

Je me demandais ce qu'il y avait dans cette enveloppe couleur "bulle". Outre mes photos de classe, j'ai retrouvé cette petite photo qui fait 3 cm sur 3 cm  !!!
Elle doit dater de 1958 : elle a été prise par "Bubu", le mari de l'amie de ma mère (une photo du même format me représente avec un chaton et je me souviens bien que c'est lui qui l'avait prise). Mon père, dont je ne savais jamais s'il parlait sérieusement ou s'il plaisantait, prétendait qu'il avait acheté la télé quand il était parti à Paris, afin que nous ne nous ennuyions pas en son absence ! Or, il est parti en 1958.
Cette télé (une seule chaîne en noir et blmanc, programmes à partir de 20 heures le soir, jusqu'à 22 heures !) avait été achetée à Moulins, chez Bathelet, un ami de mon grand-père. Un autre bricoleur moderniste ! il avait eu auparavant un garage, rue Jean Jacques Rousseau. Et je crois qu'il participait à des courses automobiles !
Jusqu'alors, à Noyant, il n'y avait qu'un seul poste de télé dans le village, celui qui était dans le café "Chalmin", mis à la disposition des clients.
On notera, sur le guéridon, la lampe de poche, à portée de main au cas où l'électricité aurait sauté, sans doute ! Ou bien parce que la nuit devait approcher et que les WC étaient au fond de la cour de l'école ?

par Dominique LAURENT publié dans : Noyant, Châtillon, etc...
ajouter un commentaire commentaires (4)    recommander
Mercredi 21 mai 2008

Quand on se rend de Moulins au Montet, par la route départementale créée par Napoléon III, à 7  km environ de Moulins, sur une colline, on voit une église romane. C’est l’église de Coulandon. Elle date du XIIIe s..

A la fin du XVIIe siècle ou au tout début du XVIIIe s., on l’a dotée d’un « caquetoir » pour abriter les paroissiens des intempéries, à la sortie de la messe dominicale.
                
Je suppose qu'alors, un défenseur du patrimoine roman l'aurait trouvé très disgracieux !
Longtemps, au bourg, il n’y eut que l’église,  la cure, l’école primaire, un croix et  pas plus de 3 maisons. J’ai connu une boulangerie sur la place : la maison qui l’abritait, presque tombée en ruines, a été transformée en 3 petits logements. Et sa voisine, en un gîte rural.
La cure est devenue un restaurant.
 
A la fin du XIXe et au début du XXe siècle, on trouvait plusieurs cafés restaurants en contrebas, le long de la route qui était alors nationale. Les dimanches, on y dansait : car un café restaurant ne se concevait pas alors sans une salle de bal.

Pour ma thèse, suivant en cela le conseil  de mon directeur de recherches, j’ai, au lieu de prendre des notes sur ce qui intéressait mon seul sujet, transcrit tous les actes qui me sont passés entre les mains. Avec cette méthode, inévitablement, on se trouve à la tête d’anecdotes inexploitables. Et pourtant, mises bout à bout, elles donnent de la couleur à cette société médiévale !...
Est-ce dans un estaminet sur la route, ou sur la place de COULANDON, qu’arriva l’incident suivant ?

Voici le résumé d’une lettre de rémission (A.N. P 1376/2 c. 2745), c’est-à-dire d’une grâce, accordée, à la requête de sa femme et ses « amis charnels » à un nommé Pierre RUYIN, le 3 mars 1383, par le duc de Bourbonnais.

Le mercredi après la chandeleur « dernièrement passée », Pierre RUYIN avait quitté sa maison (son « hostel ») à MEILLERS pour se rendre à MOULINS. Il fit halte dans une taverne de COULANDON. La table et la compagnie étaient sans doute bonnes, car il y resta jusqu’au vendredi suivant ! Jusqu’à midi, est-il précisé dans l'acte. Et manifestement sans plus un denier en poche. Alors, « tout yvre,  il se party de la dicte taverne, et se mist au chemin de retourner à son hostel (= chez lui, à MEILLERS) ». Arrivé au lieu-dit les « BROCES », à COULANDON, il croisa un troupeau de bovins, propriété d’un paroissien de NEUVY : Jean GUIOT. Il vola deux bêtes, et de retour chez lui à MEILLERS, il prétendit qu’il les avait achetées à MOULINS.
La scène avait eu des témoins, car il faut bien s’imaginer qu’alors, dans les campagnes, régnait une intense activité (les miniatures illustrant les "heures du duc de Berry" en donnent une bonne idée). Son délit fut puni. Il fut « mis en nos prisons à BOURBON (l’ARCHAMBAUD) où il a demouré jusques à présent, et encore y est à grant pouvreté et mésaise de sa personne ». 
Sa famille plaida qu’il était ivre, et que, à cause de son « yvreté, n’avoit cognoissance ».
L’ivresse constituait alors souvent une circonstance atténuante devant les tribunaux. Le duc donna satisfaction à sa famille car il avait toujours joui jusqu’alors d’une bonne réputation.

par Dominique LAURENT publié dans : Noyant, Châtillon, etc...
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Dimanche 18 mai 2008

Le folkloriste Francis Pérot avait, en 1908, collecté des traditions curieuses. Il a publié la copie d'un poème récupéré auprès d'un certain M. Reynaud, ancien député :

" Pour ne point enfeindre les lois
de vostre seigneur des Noix
vous irez dans le cimetière
le dernier mardi de ce mois {mars}
vous aultres, vilains de Cressanges.
Et là, les deux genoux en terre,
au milieu des quatorze croix
farez d'abord une prière
et puis pourrez aller, venir,
vous proumener, mais non sortir
hors de la demeure dernière
où dormirez à l'advenir,
jusqu'à la diurne lumière
que le matin fera surgir.
Entre vous ne devez mot dire
A moins que par un cas fort pressant.
Mais ne jamais chanter ni rire.
Et si par hasard un passant
ignorant le vouloir du Sire
venoit un bâton à la main
pour vous demander son chemin,
vous lui farez la moue, afin
que ce voyant, il se retire.
Pour ne point vos voix déconfire;
et direz à tous, "mars est mars,
à Cressanges sont les Musards".
Si défaillez à l'ordonnance,
vous donnerez sol, sept fois,
Et six deniers de redevance
à vostre bon seigneur des Noix.
 
On notera donc quelques variantes par rapport à la tradition rapportée par N. de Nicolay.
par Dominique LAURENT publié dans : Noyant, Châtillon, etc...
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Vendredi 16 mai 2008

Cressanges est un charmant village qui appartient à la communauté de communes du bocage sud, dans le département de l'Allier. J’ai eu cette semaine l’occasion d’aller y marcher : on peut encore y effectuer un circuit d’une dizaine de kilomètres sur des chemins non goudronnés, et j'ai repéré une très belle portion de chemin creux.
En 1560, Nicolas de Nicolay signale dans sa « générale description du Bourbonnais » un droit que détient un petit notable local « le sieur des Noix », sur la plupart des paroissiens de Cressanges : 
       « Le mardi de chacun mois de mars, ils sont tenus se venir présenter, (au lever du soleil), dans le cimetière de la dite paroisse, et là demeurer et se promener sans sortir dehors, sinon en cas de grande nécessité, jusques au soleil couché, se faisant apporter leur boire et leur manger, sans oser parler les uns avec les autres ; et si, par inadvertance quelqu’un leur demandoit le chemin ou autre chose, ne leur doivent respondre autre chose, fors {sauf}, leur faisant la moue, leur dire : Mars, mars est mars ; à Cressanges sont les musars; a quoi défaillant {traduction : « s’ils faillissent à cette obligation »}, ils sont tenus à payer audit sieur des Noix sept sols six deniers de défaut {d’amende}."
Ce « devoir », qui induit le paiement d’une amende au sieur des Noix, s'il n'est pas respecté, n’est pourtant pas un droit féodal classique (qui consiste ordinairement en un transfert des compétences « régaliennes » : prélèvement d’un impôt foncier, taxes diverses sur les activités économiques, droits de justice … à un particulier (seigneur)), mais fait plutôt penser à la survivance d’un ancien rituel religieux. Encore vivace à la fin du XVIe siècle, je ne sais pas combien de temps il a perduré.
Cressanges relevait administrativement, à cette époque, de la châtellenie ducale de Verneuil. Or je note que Nicolay ne recense pas le "sieur des Noix" parmi les vassaux du duc en cette châtellenie, ce qui est là aussi, curieux.
Il m’intéresserait de savoir si des traditions du même type ont été repérées ailleurs en France. Et  si des hypothèses quant à leur signification ont été émises.

par Dominique LAURENT publié dans : Noyant, Châtillon, etc...
ajouter un commentaire commentaires (4)    recommander
Vendredi 2 mai 2008

A Saint Etienne, je ne manquais jamais d'aller au meeting puis à la manif du premier mai (il paraîtrait que la vente du muguet par les "jeunesses  communistes"  n'était pas ce qui finançait les dépenses du parti !). J'adorais l'atmosphère de cette foule qui communiait dans un grand mythe.
Il est vrai aussi que quand j'entre dans une église (surtout orthodoxe), j'ai une envie irrepressible de faire brûler un cierge !
Le rassemblement du 1er mai me manquait ! L'ennui c'est que ceux organisés à Moulins sont un peu tristounes.  Aussi ai-je été ravie quand, il y a trois ans, à Noyant, l'association de la mine a pris l'initiative d'honorer ses mineurs en ce jour de fête du travail. (Un ennui, l'ascension tombant cette année un 1er mai, j'ai raté la fête de la rivière, à Embraud).

Je suis arrivée sur le carreau de la mine un peu en retard. Les deux premières années, l'accent avait été mis sur les discours des politiques : je ne me suis donc pas pressée. Je me rends toujours avec beaucoup d'émotion en ce lieu : car, c'est là, qu'en 1957, avaient été implantées en urgence deux classes "enfantines" pour faire face à l'afflux d'enfants rapatriés d'Indochine. Et que j'étais dans l'une de ces classes.

            


Je suis entrée dans la chambre "chaude" (appelée aussi "salle des pendus" car c'est là que les mineurs accrochaient leurs vêtements, en hauteur), alors que la chorale de Buxières (les-Mines) un autre village minier, situé à une vingtaine de kilomètres, chantait avec brio les "Corons" de Pierre Bachelet. Très pertinent ! De plus, les ténors assuraient et réussissaient à couvrir la voix aigrelette d'une soprano titillée par une vocation de soliste. Jouer collectif n'est pas toujours facile ! A suivi "mon amant de Saint Jean" puis une chanson d'Aznavour, moins réussie.  J'ai éprouvé un sentiment étrange : je viens de comprendre pourquoi... A aucun moment n'a retenti l'Internationale. Nostalgie ! A Saint-Etienne, à la fin de la cérémonie à la Bourse du Travail, l'officiant  se levait pour l'entonner, ce qui signifait : "Ite missa est !" Et nous partions pour une manif de plusieurs kilomètres. Comme ce jour de fête des travailleurs, il n'y avait pas de transport en commun, j'ajoutais 6 km pour rentrer chez moi.

                                     

Mais une autre surprise m'attendait : une évocation de la vie aux Corons était prévue.

                                            

D'après ce que j'ai pu en saisir (car certains acteurs auraient mérité d'être sonorisés), les textes rédigés à l'occasion sont extrêmement intéressants.  
Après l'apéritif (je n'achète jamais de chips : trop tentant ! trop gras ! Et à Noyant, il y a toujours avec le blanc cassis.. au vin blanc de de Saint-Pourçain comme il se doit. Je dois me retenir pour ne pas en faire une orgie), un repas était servi à la salle des fêtes.
Les dames de l'association de la mine ou du Comité des Fêtes, je ne sais, avaient comme d'habitude posé sur les tables de très mignons petits bouquets, composés à partir de fleurs des champs ou de leur jardin. 
                        

Avant le fromage et le dessert, Jean (dont le vrai prénom est Wladislaw) Gawlas, le dernier des mineurs de Noyant, est venu lire un récit qu'il avait rédigé sous l'affectueuse pression de Madame Cécile Hardouin. 

Un nouveau témoignage à ajouter à ceux de l'an dernier, dont l'un, sur le passage de la division "das Reich" à Châtillon et à Noyant est venu corroborer ce que j'avais entendu raconter sur ces jours de juin 1944. Je reviendrai sur cet épisode.... 
 

 

 

 

par Dominique LAURENT publié dans : Noyant, Châtillon, etc...
ajouter un commentaire commentaires (3)    recommander
Mardi 29 avril 2008
Pour s'habituer à ce qui nous attend ! ...
voici la carte d'alimentation établie au nom de mon arrière-grand mère, Marie (mais son vrai prénom était Madeleine !)
 
Elle fut délivrée par la mairie de Châtillon. 
par Dominique LAURENT publié dans : Noyant, Châtillon, etc...
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Samedi 26 avril 2008


Il y en a actuellement plein les fossés, le long des routes, sur les talus qui soutiennent les "trasses". Le coucou est une primevère. Pour moi indissociable d'une autre plante, la pulmonaire, car lorsque j'étais à l'école de Noyant, le printemps était le début des "classes promenades" et que le long des chemins, il y avait à profusion de ces deux plantes.
Avec le chien, nous irons vérifier que les pulmonaires (que nous appelions "fleurs de vipères") n'ont pas disparu (parce que plus sensibles aux désherbants).
Il paraît que mon arrière-grand-mère réfusait que l'on apporte des bouquets de coucous dans la maison car celà empêchait les poules de pondre !
 

par Dominique LAURENT publié dans : Noyant, Châtillon, etc...
ajouter un commentaire commentaires (4)    recommander
Lundi 31 mars 2008

   Dans la communauté de communes du bocage sud, deux communes portent un nom qui renvoie étymologiquement à un ancien site fortifié : Châtel de Neuvre et Châtillon
   Les lieux nommés Châtillon tirent généralement leur origine d’une fortification de l’époque romaine ou de celle du Moyen Âge (castellum) 
   
   Châtel - de - Neuvre a été relativement bien étudiée : les premiers seigneurs de Bourbon ayant été viguiers de Deneuvre. Son église est, avec celle de Montcombroux, une des plus anciennes du département, et les quelques découvertes archéologiques fortuites ont été recensées. Il ne pèse aucun doute sur l’ancienneté du site.
   Châtillon pour sa part est totalement ignorée : le recensement effectué par J. Corrocher, M. Piboule et M. Hilaire, à l’occasion de l’élaboration de la Carte archéologique de la Gaule, sous la direction de Michel Provost, ne la cite même pas. On sait qu'au bourg et à la Pierre (sic), ainsi que sur 3 autres sites, des « tegulae » (c'est-à-dire des tuiles) ont été découvertes à Noyant. A Tronget, plusieurs sites à tegulae, une villa près de la ferme des Bérauds, (le « château » des Bérauds selon Marguerite Delaruelle est attesté vers l'an 1000) et  un habitat avec des thermes vers le centre médical ont été retrouvés. Sur la commune de Cressanges, outre la trouvaille de tegulae, de poterie, d'une vénus en terre blanche, des traces d’habitats ruraux du IInd siècle, il y a une légende de "cimetière gaulois".   Mais sur Châtillon, rien.
  Pourtant M. Bernardon, qui était propriétaire de l'ancienne cure, aurait retrouvé des vestiges "romains" dans les années 1940-1950, qui n’ont fait l’objet d’aucune publication. 
   
  Le village de Châtillon est actuellement un village sans église : il en existait une autrefois, sous le vocable de saint Basle, qui  a été détruite à la Révolution. En créant les communes, la Révolution les a fait succéder aux paroisses : quelques modifications de limites ont parfois été effectuées. Entre le bourg de Châtillon et celui de Noyant, s’étend sur les deux communes un lieu-dit la Pierre Percée, ce qui est étrange, (comme le Péchin qui s’étend sur les deux communes de Souvigny et de Noyant), et atteste d’une antériorité du site à la création des communes. Son nom est dû à une pierre « percée », depuis lors transférée au lieu-dit la Croix Maria, et qui sert de support à une croix (croix de mission ? ou des rogations ?). Le nom du lieu-dit « Notre Dame de Châtillon » est une création du XXIe siècle !.
   
 Le centre ancien était donc situé sur un promontoire assez spectaculaire, surplombant la Queune qui prend sa source au domaine des Archimbaud à Tronget, et son affluent que dans ma famille on appelait le Queunillon : on y trouvait au moins l'église, la cure et un cimetière. N. de Nicolay dans sa Générale description du Bourbonnais, datée de 1560,  décrivait ainsi Châtillon : Chastillon est paroisse située sur un monticule, entre montagnes et vallées, sur le fleuve ou rivière de Queusne. En icelle a plusieurs mines de charbon de pierre duquel les habitans tirent grand profit.
   La disparition de l’église, en les rendant inutiles, a complètement bouleversé le réseau des chemins. Bouleversement accentué, au siècle suivant, par la construction de la route impériale 145 (actuelle RD  945). 
    Comment accédait-on au vieux Châtillon avant la Révolution ? Une observation du paysage, et notamment des chemins creux, qui sont par définition artificiels et élaborés par la main de l'homme indique que vraisemblablement
       - depuis Tronget, en passant par  les Arclans et le château du Bouis, on arrivait à l'ancien bourg de Châtillon par un chemin qui actuellement n’est pas goudronné sur une bonne partie de sa longueur .
       - depuis Cressanges, en passant par ce même château du Bouis
       - depuis Noyant, par un chemin qui actuellement, se perd dans les champs, au Monsot puis rejoint la route descendant du bourg de Noyant (par un chemin creux situé à droite de la cure) à la Croix Louis.   Au lieu-dit « La Roche », une bifurcation permettait La Chaize et le village de Fins. M. Delaruelle (histoire des communes de l'Allier) rapporte que Fins était séparaît le territoire de la tribu des Arvernes de celui des Bituriges.
       - depuis Souvigny : par un chemin qui suivait une ligne de crête, et passe par un hameau autrefois important, le  « village » des Vaux.  
             
     Mes grands parents habitant à la Pierre Percée, j’ai toujours accédé au « vieux bourg » en grimpant par l’éperon rocheux, auquel on accède actuellement, depuis le pont Boursault, vers le lavoir. Le chemin est entretenu par l’association les « chemins d’Issards ».




Sur la droite, on voit, en contre bas la « prise d’eau » (un barrage sur la Queune, construit par la société des Mines de la Queune).

La prise d'eau était un des sujets de peinture préférés de ma tante (et ça tombe bien, car du chemin, il est difficile d'avoir une bonne photo)
.

















Sur la gauche, le promontoire présente un aspect très particulier, qui m’interpelle depuis que j’ai prospecté des sites gaulois dans le Forez et Jarez voisins. J’en viens même à me demander si ce n’est pas parce que mes pas m’ont souvent conduite au « vieux bourg » de Châtillon que je me suis intéressée à l’archéologie : on observe deux terrasses soutenues par des murets en pierre.



Au sommet de l’éperon, un champ triangulaire s’étend sur un « replat ».

Ce champ est voisin de l’ancienne cure, devant laquelle une croix subsiste, accolée à un mur. Derrière le mur, s’étend un jardin ou un parc, qui est peut-être l’ancien cimetière, mais qui présente une particularité : à son extrémité sud, il est barré par un talus assez haut (2 mètres ?), ce qui est peu habituel pour une clôture de cimetière, mais est moins étonnant si l’on est en présence d’un éperon barré d’origine celtique.
   
                    

par Dominique LAURENT publié dans : Noyant, Châtillon, etc...
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Vendredi 28 mars 2008

Le « circuit des lavoirs », qui je propose permet de découvrir  des éléments de « petit patrimoine » à l’occasion d’une balade familiale en vélo aux premiers beaux jours.
Ce qui est recherché, ce n’est pas l’exploit sportif : les routes doivent être tranquilles, afin qu’en cas de difficulté (une  pente un peu trop raide), on ait un replat permettant de se reposer après un effort, voire même de descendre de vélo en toute sécurité.
Au départ de Souvigny, on prend la D 233. En traversant la Queune , on aperçoit sur la droite le lavoir municipal : une structure importante, qui nous parle de la vie sociale au tournant entre le XIX et le XXe siècle.


Cette route permet de gagner un plateau entre la Queune et le Ris Malnoce (une légende rapporte qu’une noce entière s’y est noyée) : on circule sur 8 km dans un agréable paysage de bocage jusqu’à Cressanges. Autrefois bourg actif, le village a gardé son « plan de foire » et les bornes en fonte auxquelles les bestiaux étaient attachés, ainsi que la balance qui servait à les peser. La municipalité y a installé des bancs, sous les marronniers.

 


On prend ensuite la direction de l’église et l’on quitte le bourg par la D 18 en direction de Châtillon. Sur la gauche, subsiste un lavoir, érigé en 1900 (la date figure sur le mur ouest).


Passés les premiers raidillons, la route descend pendant 6 km. A Châtillon, un  troisième lavoir, joliment fleuri l’été, est installé sur la Queune.



Si vous avez un peu de temps, laissez les vélos et dirigez-vous à pied en direction du déversoir de la « prise d’eau » (barrage édifié par la compagnie minière qui exploitait les mines de la Queune) : vous y découvrirez un étonnant paysage. La  Queune, qui vient de Tronget, y prend des allures de torrent alpin.
Reprendre les vélos pour regagner Souvigny, par la D 945 : à gauche, sur l’étang de Messarges, vous aurez peut-être la chance d’apercevoir un héron. Et dans les arbres, des buses, très reconnaissables à leur vol.
Le circuit fait une boucle d’un vingtaine de kilomètres : pour vous détendre, allez boire un thé accompagnés de délicieux biscuits à la terrasse du café librairie de Madame TERRET, lieu idéal pour contempler l’église prieurale.

Il existe un deuxième lavoir à Souvigny :

par Dominique LAURENT publié dans : Noyant, Châtillon, etc...
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Blog : Humour sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus