Noyant, Châtillon, etc...

Dimanche 1 novembre 2009


Le vénérable Thich Trung Quan est né en 1917 (« dans une famille bonne et honnête »). Il partit à la recherche d’un maître dont il suivrait les enseignements et devint moine à l’âge de 20 ans.
En 1959, il partit diffuser son enseignement au Laos où il fonda 2 pagodes.

Il arrive en France en 1977 : il y a initié la construction de 7 pagodes dont celle de Noyant, en 1982. Il a aussi fondé une pagode à Bruxelles et une à Seattle aux Etats-Unis.
Il a sculpté de ses propres mains plusieurs statues du Bouddha. Bâtisseur, il fut aussi aussi traducteur et on lui doit 80 ouvrages traduits du chinois en vietnamien. Ascète, il entendait montrer l’exemple.


Il est mort à 86 ans le 1er avril 2003, ce qui se traduit sur sa stèle par la périphrase : « il a quitté son corps de manifestation pour rejoindre son corps de Dharma ».


Il a été incinéré et ses cendres transférées dans le stupa de l’enceinte bouddhique de Noyant, le  27 septembre de cette année, ce qui a été l'occasion d'un rassemblement important de bouddhistes du monde entier.

Voici quelques photos de la cérémonie qui m'ont été obligeamment communiquées par un jeune couple venu de Bruxelles pour participer à cette grande fête.





Par Dominique LAURENT
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Dimanche 11 octobre 2009

Jean Débordes, dans son ouvrage : L’Allier dans la guerre (1939-1945) constate les nombreuses exactions commises dans notre région par l’armée allemande à partir du 6 juin 1944 : « En quelques semaine, elle tua de sang-froid quelques cinquante quatre hommes ou femmes et brûla des dizaines de maisons ». 

A Noyant, la présence d’ukrainiens à la recherche des terroristes atteste bien que la colonne allemande qui rechercha les auteurs de l’embuscade du Rocher Noir et emmena des otages à Moulins (témoignage de Léon Dezamais) relevait des Waffen SS. Mais elle dépendait sans doute de la brigade « Jesser », connue aussi comme division,  groupe mobile Jesser, colonne Jesser, etc …. Moins connue que la division Das Reich, qui avait quant à elle sévi sur le front de l’est, la division Jesser, à l’époque des faits rapportés (été 1944 - 1ère partie ) était une création récente : c’est le 6 juin 1944, en effet que le général Kurt Von Jesser se vit confier le commandement de diverses unités, assez disparâtes, nous allons le voir, pour réprimer et anéantir les maquisards auvergnats et limousins.
En effet, depuis le printemps 1943, les maquis s’étaient multipliés dans l’Allier : J. Débordes en recense 29 (p.113 à 135)
La brigade Jesser sévit donc dans l’Auvergne et le Limousin de juin à août 1944, avant de se replier sur Autun et se battre dans la poche de Colmar en 1945. Son quartier général était situé à Ussel en Corrèze.
C’est cette colonne Jesser qui entre le 8 et le 15 juin a  «liquidé» le réduit du Mont Mouchet.
Elle rassemblait des Waffen SS, des « Légions étrangères », des Feldengendarmen (c’est à dire la police militaire)..  Les origines ethniques des hommes qui y étaient incorporés sont véritablement étonnantes. J’ai longtemps cru que les SS et leur branche militaire, les Waffen SS étaient uniquement constitués de nazis convaincus, comme ce fut effectivement le cas de la division française Charlemagne. Pour endurcir les jeunes recrues SS, racontait notre professeur d’histoire de Terminale, on leur faisait élever un chien (un berger allemand ou un dobermann, bien sûr), et on leur demandait ensuite de le tuer. Je savais aussi qu’on avait abondé leurs effectifs avec des « Volksdeutschen » (comme les alsaciens impliqués notamment à Oradour), mais j’ai découvert récemment que, nécessité faisant loi, on intégra des hommes ne pouvant pas attester de leur origine aryenne sur 4 générations : des ukrainiens, des russes, des bosniaques, des indiens d’unités de l’armée britannique, faits prisonniers. En 1944, 70 % des Waffen SS étaient des étrangers
(Cf Wikipédia : article Waffen SS).
La colonne Jesser comportait en outre deux « Ost-Legionen » ou « légions de l’est » (1). La première incluait des Tatars de la Volga (Freiwilligen Stamm Wolga Tatarische Bataillon), la seconde des Azerbaidjanais, tous turcophones. « Freiwilligen » se traduit par « volontaires », mais ces soldats des Ostlegionen étaient en réalité des ex-prisonniers de l’armée soviétique « retournés ». Dans la nuit du 29 au 30 juillet, 75  Tatars désertèrent d’ailleurs les forces allemandes pour rejoindre l’Armée Secrète.
Vers la fin du moi de juillet 1944, la colonne Jesser reçut l’ordre de se replier. La légion Tatare fut acheminée d’Ussel où elle était basée, vers Saint-Étienne où elle est arrivée le 4 août. Son itinéraire passait par Issoire et  Le Puy-en-Velay. Elle n’a donc pas transité par l’Allier. En revanche, le 1er août, la totalité des troupes de la légion Azerbaïdjanaise, les quelques éléments Tatars restant, les SS et les SIPO-SD se replièrent depuis Ussel en direction de Clermont-Ferrand où elle est signalée les 23 août et 24 août. Et le 27 août, la brigade Jesser fait retraite sur Autun, Dijon et Langres : Jean Débordes qui énumère les assassinats de civils entre juin et août 1944 démontre que la majorité d’entre eux eurent lieu le long de l’axe Clermont-Moulins-Autun
(J. Débordes, op. cité « la route sanglante », pages 244 à 247) mais les attribue au reste d’une garnison allemande de Limoges. Ces troupes allemandes refluaient en compagnie de miliciens français auxquels l’on doit un grand nombre des exactions commises dans le département.
Dans la composition de la brigade Jesser, je mentionnerai aussi des brigades d’intervention de la Feldgendarmerie dont la brigade N° 653, était cantonnée à Montluçon. Et dans leur repli sur Autun, il est tout à fait logique que les Feldengendarmen de Montluçon aient dû emprunter l’ancienne RN 145 qui passe à la Pierre Percée, d’autant que les résistance avait, le 14 juillet en faisant entrer deux trains en collision dans le tunnel de Noyant, rendu impraticable la voie ferrée Montluçon-Moulins, ce qui corroborerait la première interprétation que j’avais faite du récit de ma grand-mère. Mais l’évènement qui m’a été rapporté peut tout aussi bien avoir été la conséquence de l’embuscade au Rocher Noir le 18 juin. Car Selon J. Desbordes,
(p. 217) ils ont fouillé les corons de Noyant dans l’après-midi du 18 juin 1944 et ne repartirent que le lendemain matin. Il est tout à fait logique qu’ils aient continué leurs recherches à la nuit tombée à la Pierre Percée.

Une partie des effectifs de la brigade Jesser était sans doute stationnée à Avermes. Sa présence est en effet constatée le 8 juin 1944 à Saint-Amand-Montrond dans le Cher : « En représailles de l’attaque du siège de la Milice et de la prise de la ville de Saint Amand par les maquis FFI/FTP  une opération fut menée par des troupes allemandes venues de l’Allier. Ce bataillon du 1000ème régiment de sécurité de la Brigade Jesser, composé de parachutistes en tenue de camouflage, venait d’Avermes et ils avaient été transportés dans des camions appartenant à la ville de Moulins » (Source  AD 18 : 11 J 8 Comité Berrichon du Souvenir, état des crimes corporels des allemands : rapport sur Saint-Amand).

L’histoire de la seconde guerre mondiale, étudiée ainsi par le petit bout de la lorgnette, permet de comprendre les peurs rétrospectives ressenties par les populations civiles et aussi la réalité de ce que l’on appelle en langage militaire contemporain des « dégâts collatéraux ». Entre plusieurs histoires, je souhaite terminer par celle des époux Contoux, dont une rue d’Yzeure, longée par la voie ferrée, porte désormais le nom : ils vivaient au 14 de la rue Jenner. C’était une époque où les toilettes n’étaient pas à l’intérieur des maisons : vers 4 heures du matin, le 10 juin, M. Contoux se leva et ouvrit la porte donnant sur le jardin pour aller uriner. Six soldats allemands poussaient un chariot qu’ils avaient volé, sur la voix de chemin de fer de Moulins à Paray-le-Monial ; qui longeait la maison des époux Contoux. Ils brûlèrent des signaux et des pétards « de précaution » explosèrent. Ils se crurent attaqués par des « terroristes » et mitraillèrent M. Contoux qui descendait dans son jardin. Blessé à la jambe, il tenta de se réfugier chez lui. Les soldats allemands enfoncèrent portes et fenêtres et le tuèrent dans sa cuisine. Mme Contoux tenta d’appeler à l’aide par sa fenêtre, mais une grenade la tua (J. Débordes, op. cité, p. 249-250).  


(1) Je ne connais pas grand chose à l’histoire militaire : ces « légions étrangères » appartenaient-elles aux Waffen SS ?

 

Par Dominique LAURENT
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Mardi 22 septembre 2009

J’avais 8 ou 9 ans quand j’ai entendu parler pour la première fois du massacre des 632 habitants d’Oradour-sur-Glane présents le 10 juin dans leur village, à l’exception d’une grand-mère (en réalité, elle avait 47 ans) et d’un jeune écolier qui avaient pu échapper au massacre : la première en sautant par une fenêtre de l’église, le second en se cachant en rentrant de l’école. Ce fut ma grand-mère qui évoqua le sujet et elle connaissait tous les détails de cet évènement.
Il faut dire que le procès des soldats de la Waffen SS « das  Reich », (bataillon « der Führer »), impliqués dans le massacre d’Oradour s’était tenu à Bordeaux, en 1953, et avait eu un grand retentissement, car sur les 21 soldats traduits en justice, hommes du rang et sous-officiers, figuraient quatorze Alsaciens. Le climat du procès avait été très tendu et le débat avait divisé la France.  L’instruction avait été entamée par la cour de justice de Limoges dès 1944, et fut longue et délicate. En Alsace, on mettait en avant que nombre de jeunes gens de la province avaient été incorporés de force dans l’armée allemande : on les appellait les « Malgré nous ». Quelle responsabilité pouvait-on alors leur imputer dans les massacres ?
Ceux des accusés qui furent reconnus avoir été des « Malgré nous » écopèrent de cinq à douze ans de travaux forcés ou de cinq à huit ans de prison. Le seul alsacien engagé volontaire dans la Waffen-SS, fut condamné à mort pour trahison.

Oradour est situé dans le département de la Haute Vienne et à 20 kilomètres de Limoges.
En 1944, mes grands parents habitaient alors au 24,  à la Pierre Percée, sur Noyant. Le lieu-dit la Pierre Percée a une particularité : il est commun à la fois à Noyant et à Châtillon. Il est traversé par une route, maintenant déclassée en RD 945 mais qui fut longtemps la RN 145. Et la RN 145 joint Moulins à Limoges, en passant par Guéret.
Le village était situé en zone non occupée jusqu’en 1942. Mais entre 1942 et 1944, j’imagine que les habitants de la Pierre Percée ont dû avoir l’occasion de compter de nombreux passages de convois militaires.
Un soir de l’année 1944, une colonne de soldats allemands s’arrêta à la Pierre Percée : ma grand-mère m’avait rapporté qu’ils étaient à la recherche des jeunes gens du village. Je me souvenais d’une version dans laquelle, André Thévenin, qui avait alors 22 ou 23 ans et qui était aveugle, était allé au devant d’eux et leur avait dit : « Je suis le seul jeune du village qui reste : vous pouvez m’emmener ». Je n’avais jamais eu l’occasion d’évoquer cette histoire avec ma mère, qui elle, habitait alors Souvigny, mais qui en a entendu parler ultérieurement par ma famille paternelle. En réalité, m'a-t'elle précisé, les allemands sont arrivés à la nuit tombée, et sont entrés dans les maisons. Ils ont trouvé André Thévenin chez lui, dans le noir et lui ont demandé pourquoi il n’allumait pas la lumière : c’est là qu’il a expliqué qu’il était aveugle et a affirmé qu’il n’y avait plus de jeunes au village. Les allemands n'ont pas cherché à en savoir plus. 
Où avaient ils disparu ces jeunes ? Je n’ai jamais eu de renseignements précis là dessus : il paraîtrait que certains se cachaient dans les Côtes de Châtillon. Mon père, qui avait été lui-même dans un « chantier de jeunesse » dans le Puy-de-Dôme, jusu'au début du mois de juin 1944, m’a un jour raconté que des camarades bien informés lui avaient suggéré de s’enfuir avec eux le 5 juin, c'est-à-dire la vaille du débarquement allié. Ils risquaient en effet une incorporation dans l’armée allemande ou une déportation au service de travail obligatoire (STO).

Les témoins des faits ont, par la suite, fait de cette colonne allemande une unité de cette division das Reich, qui après de nombreuses exactions dans le midi, en remontant vers le front de Normandie avait pendu 99 habitants de Tulle aux balcons de la mairie et aux réverbères de la place, avant de raser le village d'Oradour-sur-Glane et d'assassiner tous ses habitants.

L’an dernier, à l’occasion du 1er mai, j’ai entendu un autre récit,  fait par des descendants d’habitants des Corons de Noyant, et qui implique, lui aussi, la division das Reich : Wanda Drozdz ( dans « Il était une fois Noyant d’Allier », opuscule ronéoté, édité par C. Hardouin, mai 2008) raconte : « C’était un dimanche, en juin 1944 {…} Vers 3 heures de l’après-midi, une compagnie allemande est venue sur les lieux {...} et partait vers Chaumont lorsque les allemands ont vu deux hommes courir à travers pré, à découvert, pour rejoindre Noyant. C’étaient deux jeunes gens des corons qui revenant de la pêche à Messarges étaient allés voir {le lieu où s’était produit l’embuscade}…. Suivant leur progression avec des lunettes d’approche, les allemands ont alors changé de direction et se sont lancés, selon leur expression, à la poursuite des « terroristes » car ils pensaient avoir affaire à des maquisards. C’est ainsi qu’ils sont arrivés à La Vallée, devant notre maison {… }.   La compagnie s’est alors dispersée sur La Vallée pour une fouille systématique de notre maison, de celle du métayer d’à côté, Janiszewski ainsi que de la ferme Blandin en contrebas. » Ils étaient très agressifs : l’officier à leur tête avait un revolver dans chaque main. Notre voisin Janiszewski qui parlait allemand, a voulu désamorcer la tension en expliquant qu’ils s’agissait seulement de jeunes gens des corons qui étaient  allés à la pêche et s’étaient arrêtés par simple curiosité. Il a été emmené comme interprêtre ainsi que son beau-frère Wladyslaw qui avait eu la mauvaise idée {de s’exprimer en polonais  ... } avait été compris par un soldat ukrainien de la compagnie {…} Le soldat ukrainien qui avait fait la fouille chez le voisin, manifestant ainsi sa haine des Polonais, a cherché à provoquer mon père {….}. Aux corons, les allemands ont pris des otages {qui} ont été emmenés à Moulins à la Kommandantur.
Et W. Drozdz conclut : « La compagnie qui officiait faisait partie du régiment das Reich, celui qui s’est illustré à Oradour sur Glane. Noyant aurait pu subir le même sort que ce village. Mais les allemands avaient le feu aux trousses. »   


En voulant replacer dans leur contexte ces deux récits, celui fait par ma grand-mère et celui de Wanda Drozdz, j’ai été amenée à constater qu’on ne savait pas réellement où ont divagué ces divisions ou brigades, chargées de pourchasser les « terroristes ». L’ épisode narré par ma grand-mère est-il lui aussi en relation avec  l’attentat du « Rocher Noir » mené par le maquis Danielle Casanova ? Ou l’épisode est-il plus tardif, alors que l’armée allemande était en déroute et refluait vers l’est, comme j’avais cru le comprendre ?
La division das Reich est bien repérée  entre le 8 et le 11 juin 1944. Après le débarquement des alliés en Normandie, le maréchal von Rundstedt, commandant en chef du front de l'Ouest, lui ordonna le 8 juin 1944 (elle était alors stationnée alors à Toulouse), de gagner le front. Mais l'unité devait le rejoindre en traversant l’intérieur de la France car elle avait une mission particulière ainsi que l’explicite le maréchal von Rundstedt dans son « journal de guerre » : « Le développement des bandes dans le Massif central pendant ces derniers jours exige l’emploi immédiat et impitoyable de forces plus importantes. [J'ordonne] de mener des actions de grande envergure contre les bandes dans le sud de la France avec la plus extrême vigueur et sans ménagement. Le foyer d’agitation qui persiste dans cette région doit être définitivement éteint. Le résultat de l’entreprise est de la plus haute importance pour l’évolution ultérieure de la situation à l’Ouest. Dans ce genre d’opération, un demi-succès ne sert à rien. Il faut écraser les forces de résistance au moyen d’attaques rapides et enveloppantes. Pour le rétablissement de l’ordre et de la sécurité, les mesures les plus énergiques devront être prises afin d’effrayer les habitants de cette région infestée, à qui il faudra faire passer le goût d’accueillir les groupes de résistance et de se laisser gouverner par eux. Cela servira en outre d’avertissement à toute la population ». (KTB/Ob. West, XIII-f Anl. 159 et XIV-f)
On la trouve à Limoges, puis dans la Creuse    (sources :
http://papounet-le-creusois.over-blog.com/article-21277298.html ), mais il semble bien qu’elle ait ensuite poursuivi directement sa route vers la Normandie sans divaguer dans l’Allier.
Alors quelle était cette colonne où l’on trouvait des ukrainiens ?

Par Dominique LAURENT
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Dimanche 28 juin 2009


Par Dominique LAURENT
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Samedi 11 octobre 2008

Le département de l’Allier qui a élu 4 députés de gauche dans les 4 circonscriptions qu’il compte et qui vient de se doter d’un président du conseil général communiste cultive son originalité depuis la fin du XIXe siècle. PLus fort encore, sur les deux sénateurs élus récemment, l'une est une sénatrice apparentée communiste, Mireille Shurch.
On impute généralement l’orientation récurrente à gauche, voire à l’extrême gauche, de l’Allier, au système d’exploitation des terres qui  prédominait jusque dans les années 1970 : le métayage.
L’écrivain paysan d’Ygrande, Emile Guillaumin, fondateur d’un syndicat paysan, rédacteur du  journal « le travailleur rural » et actif dans le mouvement coopérateur, fit d’un métayer, le père Tiennon, le personnage central de son roman, « la vie d’un simple » qui faillit obtenir le prix Goncourt en 1904.

Les baux à métayage, ou baux « à mi fruits » apparurent à la fin du XVe siècle. La première forme de bail à mi-fruit que l’on connaît est le bail à « croix et à cheptel »  (« croix » pour « croissance »). Un des contractants, le bailleur, est propriétaire d’un cheptel et par contrat, le confie à un éleveur appelé « preneur », charge à ce dernier de prendre soin des animaux, de veiller sur leur croissance. Les bénéfices sont partagés (voir « Coutumes du Bourbonnais ») : la rémunération s’effectue alors en nature.

C’est un contrat de droit privé qui lie un propriétaire (bailleur) à un exploitant (preneur) et toutes les variantes sont possibles.
Le propriétaire fournit le capital (au moins la terre et les bâtiments). La plupart du temps il fournit aussi le cheptel. Il peut fournir aussi une partie du matériel d’exploitation (train de culture et bœufs ou chevaux qui les tirent), voire même une partie des semences.
Le paysan ne possède souvent aucun capital. Il arrive peut aussi posséder tout ou partie du matériel, ou être associé avec le bailleur dans la propriété du train de culture, des animaux de trait, d’une partie du cheptel. Mais surtout, il est exploitant, c’est-à-dire que ce qu’il apporte, c’est sa force de travail.
Dans un contrat équilibré, le capital est rémunéré.
La force de travail de l’exploitant est aussi rémunérée.
Il y a partage des bénéfices, mais aussi partage des pertes.
La caractéristique principale du bail à mi-fruit étant le partage des « fruits », on peut concevoir des rémunérations converties en argent.

Economiquement parlant, être propriétaire de la terre et des bâtiments que l’on cultive constitue un « gel de capital », et les baux à métayage n’ont pas entravé le développement de la prospérité des gros céréaliers de la Beauce, presque tous métayers dans les années 1970. Ce qui me paraît caractéristique des baux à métayage bourbonnais, observés sur une longue période, c’est que peu à peu, ils deviennent des contrats de dupes. Et que ces contrats de dupes ne concernent pas que les baux à métayages, mais aussi les baux à fermage.


Le statut des paysans qui prédomine jusqu’au XVIe siècle est celui de propriétaires exploitants.
C’est dans le courant du XVIe siècle qu’on voit petit à petit, les paysans propriétaires aliéner leurs terres, les vendre soit à des nobles, mais plus souvent à des bourgeois des villes. A partir de l’arrivée en masse des métaux précieux exploités en Amérique, la situation économique en Europe a beaucoup évolué : l’autosubsistance et la vente des maigres surplus sont devenus des modèles économiques obsolètes  …. et de moins en moins viables.   On assiste d’abord à une concentration des terres entre les mains de quelques paysans, puis entre les mains des négociants des villes.   On voit se constituer ce que l’on appelle un « domaine », qui regroupe en un ensemble cohérent des terres autrefois morcelées entre divers terroirs, dont la dimension optimale est d’environ 40 ha. 
(lire Jacques Lelong,le bocage bourbonnais sous l'ancien régime : seigneurs, propriétaires, métayers, L'Harmattan 2005. Mes propres recherches sur un domaine à 7 km de Moulins qui se constitue depuis le XVIe s. démontre qu'il atteignait cette taille en 1782).
Les anciens propriétaires exploitants deviennent « fermiers » (ils s’acquittent d’un loyer fixe) ou « métayers » (les bénéfices ou les déficits de l’exploitation sont partagés entre le bailleur et le preneur et les risques d’exploitation partagés) sur les terres qui leur appartenaient auparavant.
Si le système de métayage a été le plus souvent adopté, on peut supposer que c’est parce que revendre les produits de l’exploitation nécessite une logistique, des réseaux, dont l’exploitant ne disposait pas et qu’il était plus facile de laisser cette charge au propriétaire, ce que laisserait supposer l’importance constatée des négociants au sein de cette caste nouvelle.
La nouvelle économie nécessite de non seulement savoir compter, mais aussi de connaître des techniques comptables, de savoir lire pour étudier des contrats de plus en plus complexes.
Le  propriétaire s’il n’était pas lui-même négociant, confiait la gestion de ses affaires à un personnage qu’on appelle un « fermier marchand » et à partir du XVIIIe s. et au XIXe s. « fermier général ».

Le système de métayage n’est pas en soi un système inique : la partage des risques n’a rien de scandaleux en lui-même. Il n’est pas illégitime de rémunérer le capital (l’Eglise, très sourcilleuse sur la rémunération de l’argent ne tolérait toutefois pas que le taux dégagé soit supérieur plus de 5 % « au sol la livre et condamnait l’ « usure », c’est-à-dire une rémunération supérieure).
Et quiconque a voulu créer une petite entreprise sait qu’il doit pouvoir disposer d’un capital : qui lui vient de sa famille, ou qu’il emprunte à une banque. Si cette entreprise a une forme coopérative, les coopérateurs apportent des parts, mais généralement sont également contraints de faire appel à capital auprès d’une banque, ou d’une C.I.G.AL.E. On sert des intérêts à une banque. L’apport des associés d’une coopérative (« parts sociales ») est également rémunéré. Sous l'ancien régime, le capital est fourni par le propriétaire.
Le travail qui participe lui aussi à la création de la richesse doit normalement être rémunéré : plusieurs hypothèses peuvent être envisagées. De nos jours, on privilégie la rémunération par une somme fixe (salariat) à laquelle vient s’ajouter, dans quelques cas, un intéressement au bénéfice que la loi prévoit depuis les années 1970.

Les contrats à métayage sont donc antérieurs de 250 ans à la Révolution française. Mais ils n’ont pas fait l’objet d’une réglementation à cette période. C'est au cours du XIXe s qu'on voit apparaître des clauses nouvelles, à connotation très féodale, ce qui est étonnant dans un état républicain : des corvées par exemple, c’est-à-dire un travail non rémunéré au bénéfice du propriétaire, qui fuit de plus en plus mal perçu. Ce qui est étonnant, c'est que ce type de dispositions se trouve aussi dans les baux à fermage, comme celui-ci.

Entre les soussignés Mademoiselle GIVAUDAN, propriétaire à CHATILLON, Allier et Monsieur et Madame LAURENT Antoine, fermier à CHATILLON, il a été convenu ce qui suit :
Mademoiselle GIVAUDAN afferme à Monsieur et Madame LAURENT Antoine pour neuf années consécutives qui commencent le onze novembre 1904 pour prendre fin le onze novembre 1913, une petite propriété située à CHATILLON, moyennant le prix annuel de cinq cents francs, payables le onze novembre de chaque année.
Les preneurs ne prendront pas de cheptel et ne seront pas tenus d’en laisser à leur sortie.  Ils ne prendront  ni trèfle ni luzerne et n’en laisseront pas. Ils emblaveront à leur entrée mais n’emblaveront pas à leur sortie. Ils devront laisser les foins engrangés à leur sortie comme  ils les ont pris. Ils devront aussi laisser deux milles de paille pesés. Les preneurs devront faire consommer les foins dans la propriété, quant à la paille, ils en disposeront comme bon leur semblera. Les preneurs n’ayant pas pris de fumier à leur entrée ne seront pas tenus d’en laisser à leur sortie. Les preneurs auront droit au puits de village pour la préparation des aliments seulement. Pour les lessives et les besoins des animaux, ils devront prendre l’eau aux fontaines.
Les preneurs seront tenus de faire annuellement six charrois pour l’usage personnel de Mademoiselle GIVAUDAN. Ils ne tiendront pas de chèvre et ne supporteront pas qu’il en soit introduite dans les biens affermés.
Mademoiselle GIVAUDAN cède aux preneurs sans garantie des contenances, les bâtiments de la Croix, avec le jardin qui en dépend, les champs de la Croix, le champ de la FONS, le champ de la PLACE, un héritage dit les COTES, deux prés désignés sous le nom de pré CLEMENT. Dans le petit pré qui avoisine la maison DUCOUT, les preneurs devront laisser la grandeur d’un tour d’échelle sans couper ni faire manger l’herbe. Les charges sont évaluées à 12 francs.

CHATILLON le 10 novembre 1904

Signé Liliane GIVAUDAN et LAURENT

Reçu onze francs cinquante centimes.

Nota : On remarque que Melle GIVAUDAN était aussi propriétaire du puits du village.
           
En outre, progressivement, les bailleurs ont transféré sur les preneurs ce que l'on appelle l'impôt "colonique" (la taxe foncière, en fait).

Par Dominique LAURENT
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Jeudi 25 septembre 2008


Un document assez rare, une carte postale du chevalement du puits de l’Epinard, est collée sur un des cahiers dont j’ai hérité de ma tante.
Rappelons que l’activité minière était intense tant à Noyant qu’à Châtillon, depuis le XVIe siècle. Les registres paroissiaux que tenaient les curés relatent divers accidents : les chutes des paroissiens dans des galeries de mines qui s’effondraient, creusant des trous dans les champs.

Cette carte illustre un poème, que « mademoiselle Camille » fit apprendre à ses élèves. 

  « le mineur »
Doux et bon soleil
Joyeux et vermeil ,
Heureux qui sur terre
Vit à ta lumière
Et, levant les yeux,
Aperçoit les cieux :
Au moins il respire
Un air libre et pur ;
Il voit, il admire
La voûte d’azur,
Les champs, les prairies
Vertes et fleuries ;
Des eaux et des bois
Il entend les voix.
Mais vivre sous terre,
Où rayonne luit,
Vivre dans la nuit,
Séjour du mystère,
Séjour de la mort
Ah ! quel triste sort !
C’est pourtant la vie
Du pauvre mineur.
Humble travailleur,
Il se sacrifie ;
Au soleil si beau,
Voyant, il renonce ;
Vivant, il s’enfonce
Dans le grand tombeau.
Dès que la lumière
Monte et nous éclaire,
Dans son puits glissant
Le mineur descend
Chercher son salaire,
Arracher du sein
De la dure terre
Sa vie te son pain.
Tout le jour il fouille
Le roc et la houille
Son pic à la main
Sous la basse mine
Courbant son échine
Tantôt sur le ventre,Tantôt sur le dos,*au fonds de son antre
Sans trêve ou repos.
C’est quand le jour tombe
Qu’il sort de sa tombe ;
Trop heureux encor
Le mineur, s’il sort !
Le grisou perfide
Le gaz homicide
Eclate, et souvent l’enterre vivant.

Quand le poêle chante
La douce chanson
Quand la grille ardente
Chauffe la maison ;
Quand le wagon roule
Sur le fer brillant ;
Quand bravant la houle,
Le bateau bruyant
Sur le flot bouillant
Emporte une foule,
Songeons au mineur ;
Car sans son labeur
Rude, opiniâtre,
Plus de feu dans l’âtre
Et plus de vapeur.
Songeons au mineur.

L’auteur me demeure inconnu. Il s'agirait d'une composition de mademoiselle Camille elle-même, ou de sa mère, que je n'en serais pas étonnée. L’œuvre n’est sans doute pas impérissable, les rimes trop riches pour être honnêtes, mais ce demeure un témoignage émouvant. 

« Mademoiselle Camille », ainsi que je l’ai toujours entendue appeler était la fille d’un couple d’instituteurs. L’école de Châtillon s’appelle « école Clotilde Dejoux » depuis le début du XXe siècle. Clotilde Dejoux et son mari étaient instituteurs dans les années 1890-1900. Leur fille, ainsi qu’un de leurs gendres leur ont succédé dans les années 1930 comptèrent parmi les premiers adeptes de la pédagogie dite « Freinet ».  

 

Par Dominique LAURENT
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Jeudi 21 août 2008

J'ai été déconnectée au beau milieu de la foire médiévale de Souvigny. La vision du Moyen Age qu'on y propose m'a inspiré quelques réflexions : mais j'en ai conclu que l'essentiel, c'était bien que les gens qui se costument pendant 10 jours soient heureux.

Il y a quelques années, j'avais participé à un des premiers repas médiévaux, organisé dans un château en Bourgogne : parce que je suis comme ça, par souci d'authenticité, j'avais commencé à coudre mon costume à la main... (Ce faisant, on comprend mieux qu'avant l'invention de la machine à coudre, les femmes n'avaient dans leur garde robe que 2 ou 3 tenues, que l'on élargissait en fonction des prises de poids et/ou des grossesses.)
Au repas, j'ai rencontré un mousquetaire : il m'avait expliqué que faute d'avoir prévu à temps la réservation de son costume, il n'avait pu se vêtir qu'ainsi !
A la fête médiévale de Souvigny, censée évoquer le XIIIe siècle, le restaurant librairie "le Point d'Orgue" proposait bien cette année un menu "Ronsard" (fort goûteux, ma foi).

Et en rangeant les photos conservées par ma tante dans la maison de Noyant, moi qui suis une puriste, j'ai pris conscience d'une autre chose.
QU'ETAIT LA REALITE MEDIEVALE AVANT L'INVENTION DE LA MAILLE JERSEY ET DU LYCRA ?

  












Le baladin aux bas qui tire-bouchonnent est mon père !















Par Dominique LAURENT
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Mercredi 16 juillet 2008

J'ai longtemps rêvé de découvrir le Vietnam : quand j'étais adolescente, c'était la guerre. Et puis le pays a été fermé aux étrangers (à l'exception des russes !) pendant 17 ans. En 1991, quelques touristes s'y sont hasardés.
Il se crée décidément des liens curieux entre les colonisés et les colonisateurs : cette jeune fille, qui vivait dans le delta du Mékong, n'avait manifestement jamais vu de français avant notre arrivée. Et pourtant, elle vendait des baguettes !
   

Autre souvenir à Dalat : on m'a entraînée dans une "boîte de nuit". Celle que nous avons trouvée était très différente certainement de ce qu'attendaient les initiateurs de notre sortie nocturne. Sur des airs des années 50, des jeunes gens et jeunes filles, dansaient valses et paso doble. On nous a trouvé une place dans une galerie, à l'étage. Et j'ai vu ce dont j'avais entendu parler, mais qui n'existait plus en France depuis belle lurette : pas question de se bousculer ou de faire le mariole devant les copains ! Comme dans les bals dont m'avait parlé ma mère, quand leurs mamans confiaient les jeunes filles à leur grand cousin ou, à défaut, les accompagnaient pour veiller à ce qu'elles se comportent correctement, les couples de jeunes vietnamiens "faisaient le cercle", sans bavure, tournant tous au même rythme ...  Dommage que je n'ai pas eu l'idée d'apporter mon appareil de photos.   
 

Par Dominique LAURENT
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Lundi 26 mai 2008

Lorsque j’étais gamine à NOYANT, il n’y avait bien sûr plus de tickets de rationnement depuis belle lurette, mais l’on n’était pas encore entré dans la société de consommation que nous connaissons.
Au bourg, il n’y avait deux boulangeries, un maréchal ferrand, deux hôtels restaurants, deux boucheries-charcuteries, un café qui a disparu, un second café, une pharmacie,  un tabac journaux et un « Casino » qui existent toujours.
Naturellement, il n’y avait pas de pâtisserie, et pour les fêtes, on faisait des gâteaux « maison ».
Pour les œufs, le beurre et le lait, pas de problème : même en cas de pénurie, mes grands-parents auraient pu en fournir !

Je suis sur le vélo de ma grand-mère. Nous passons devant la saboterie de M. DEBOST.
Dans la cour, il y avait un puits où ma mère allait puiser l'eau, car bien souvent le puits qui alimentait les logemenst de l'école était à sec.
Mes grands-parrents maternels habitaient alors au VAUX, un hameau du village de CHATILLON. Elle mettait les oeufs et les fromages qu'elle vendait au marché du mercredi matin dans un panier comme celui installé devant le guidon. A l'époque, la directive européenne HACCP n'avait même pas été imaginée... et jamais personne n'a été malade.

Je connaissais M. et Mme Casino sous ce seul nom (en réalité, ils s’appelaient M. et Mme BOULICOT) : et c’est chez eux qu’on allait s’approvisionner. Et à l’occasion de mon anniversaire, ils étaient nos pourvoyeurs (comme on dit au Québec)  en biscuits « thé BRUN » (les biscuits « à la cuiller » étant la matière d’œuvre des « charlottes »).

Quand nous avons quitté NOYANT pour SAINT-ETIENNE, avec l’augmentation du niveau de vie, nous avons découvert les pâtissiers : et mon gâteau d’anniversaire fut longtemps un délicieux gâteau appelé « Tosca » par son inventeur, à base de pâte d’amandes et de mousseline pralinée. Et puis je suis partie faire mon « tour de France » grâce au ministère de l’Education nationale. A MAMERS, je me suis gavée de Paris-Brest, de la pâtisserie MALAVIELLE (le meilleur que j'ai jamais mangé) !

Il y a quelques années, alors que j’étais de retour dans l’Allier, ma mère m’a demandé ce qui me ferait plaisir comme gâteau pour mon anniversaire. « As-tu toujours la recette du gâteau aux thés BRUN ? ».
Et depuis, c’est un rituel. Bien sûr, les thés BRUN sont devenus des thés LU et maintenant des « thés je ne sais quoi », mais il y a toujours possibilité de trouver la matière première pour faire mon gâteau. Sur les boîtes de thés BRUN, il y a eu d’autres recettes (que j’ai dans le cahier de recettes hérité de ma grand-mère, Marthe DAMORET), mais aucune n’a jamais atteint à mes yeux, la qualité de ce gâteau-ci :
 


ingrédients : 
2 carrés de chocolat noir.
120 gr de beurre frais
sucre semoule
2 œufs

Travailler ensemble les 120 gr de beurre frais, 14 cuillers à café de sucre semoule et 2 jaunes d’œufs. Bien malaxer le tout.
Battre à part les blancs d’œufs et lorsqu’ils sont montés légèrement, les mélanger à la pâte.
Faire du café fort.

Sur un morceau de papier sulfurisé, étendre une couche de biscuits « Thé BRUN », trempés quelques instants dans le café froid (6 biscuits)
Sur cette couche de biscuits, tartiner la crème au beurre et aux œufs ci-dessus.
Puis alterner une couche de biscuits trempés et une couche de crème.
Terminer par une couche de crème sur laquelle on saupoudre des copeaux du chocolat noir que l’on a râpé.

Par Dominique LAURENT
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Dimanche 25 mai 2008

Je me demandais ce qu'il y avait dans cette enveloppe couleur "bulle". Outre mes photos de classe, j'ai retrouvé cette petite photo qui fait 3 cm sur 3 cm  !!!
Elle doit dater de 1958 : elle a été prise par "Bubu", le mari de l'amie de ma mère (une photo du même format me représente avec un chaton et je me souviens bien que c'est lui qui l'avait prise). Mon père, dont je ne savais jamais s'il parlait sérieusement ou s'il plaisantait, prétendait qu'il avait acheté la télé quand il était parti à Paris, afin que nous ne nous ennuyions pas en son absence ! Or, il est parti en 1958.
Cette télé (une seule chaîne en noir et blmanc, programmes à partir de 20 heures le soir, jusqu'à 22 heures !) avait été achetée à Moulins, chez Bathelet, un ami de mon grand-père. Un autre bricoleur moderniste ! il avait eu auparavant un garage, rue Jean Jacques Rousseau. Et je crois qu'il participait à des courses automobiles !
Jusqu'alors, à Noyant, il n'y avait qu'un seul poste de télé dans le village, celui qui était dans le café "Chalmin", mis à la disposition des clients.
On notera, sur le guéridon, la lampe de poche, à portée de main au cas où l'électricité aurait sauté, sans doute ! Ou bien parce que la nuit devait approcher et que les WC étaient au fond de la cour de l'école ?

Par Dominique LAURENT
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