Comme en France nous ne connaissons de l'Inde que le Kama Sutra, sans trop savoir d'ailleurs quelle est sa réelle signification, et de son histoire que la
figure emblématique du Mahatma Gandhi, nous avons tendance à croire que les Indiens sont des gens à la fois très libres d'esprit et non violents.
Le film Slumdog Millionaire présente une autre image : celle d'une société sous l'emprise de la violence et où le mot anglais le plus populaire est "business". D'ailleurs, peu
d'indiens parlent l'anglais et quand il le font, c'est avec un accent tel qu'on finit par avoir des doutes sur sa propre connaissance de cette langue.
Il reste que l'Inde et sa culture sont réellement fascinants.
Udaïpur est une ville de l'état du Rajasthan : son nom signifie la "Cité de l'aurore".
Le lac Pichola, le long duquel s'étendent des "ghats" est surplombé par le palais du maharajah. Il y a aussi un temple dédié à Vishnu ("Shiva la guerre et Vichnou la paix", pour reprendre
une phrase culte de Pierre Dac). J'avais repéré que la lumière sur les ghats devait être particulièrement belle le matin. Comme nous avions déniché un charmant hôtel (pour pouvoir y aller,
il nous avait fallu durement négocier avec nos deux guides indiens qui entendaient nous loger dans un hôtel plus moderne... et vraisemblablement tenu par un de leurs associés !) à deux pas du
lac, un matin, je me suis levée tôt et suis partie explorer les lieux et prendre des photos.



J'avais négligé de lire préalablement les renseignements complémentaires fournis par le Lonely Planet, le guide, à mon sens, le plus adapté à la découverte de l'Inde. Je me suis donc
retrouvée entourée de vachettes et de brahmanes (la caste supérieure dans laquelle sont recrutés les prêtres). Ces derniers m'ont entraînée par le bras au bord du lac, aspergée avec de
l'eau de rose (une fabrication locale), saupoudrée d'épices et prononcé des incantations dans une langue qui m'était inconnue.
Je suis bien élevée et quand je me trouve dans une église, assister à une messe, si les participants veulent de serrer la main, je me laisse faire et s'ils veulent m'embrasser, je me laisse
enlacer en prenant garde de pas manifester trop de réticence. J'ai donc procédé pareil avec les prêtres brahmanes. Quand ils ont eu fini, j'ai joint les mains, dit "namasté" avec le
sourire et me suis éloignée...
J'ai aussitôt été rattrapée et deux brahmanes m'ont expliqué qu'ils attendaient des "dollars" car "ils avaient des frais". "Vous comprenez, l'eau de rose ça coûte cher et les épices
aussi". Mon boulot ayant longtemps consisté à éconduire poliment les représentants de commerce qui avaient réussi à attendrir mes chefs d'établissement et s'incruster dans leur
bureau pour leur faire renouveler leur parc de photocopieuses, j'ai tranquillement expliqué à ces saints hommes qu'il aurait fallu qu'ils y pensent plus tôt. Moi, je ne leur avais rien demandé,
c'étaient eux qui m'avaient abordée et je n'avais pas voulu les heurter dans leurs croyances. J'ai bien voulu toutefois leur acheter de l'eau de rose.
J'ai continué mon chemin.
Un peu plus loin, un passant indien m'a helée en anglais : "votre ami a des ennuis". Je me suis retournée, croyant qu'il s'agissait d'un autre français. Et quelle n'a pas été ma surprise de voir
un de nos deux accompagnateurs indiens, qu'on appelait Tcham, soulevé de terre par des brahmanes. Ses pieds ne touchaient plus terre, car il n'était pas très grand.
Pour son malheur, il était aussi, à l'évidence, issu d'une caste inférieure, car nous avions eu des difficultés à le faire accueillir avec nous à la table d'une "guest house" chez
un ancien militaire (de la caste où l'on recrute les guerriers et des rajahs) et il était associé dans son agence de voyage avec un sikh ! C'est sur lui qu'ils avaient manifestement fait porter
la responsabilité de leur manque à gagner.
J'ai fait demi tour, et sasn réfléchir, ai arraché mon Tcham aux brahmanes interloqués en affirmant avec autorité : "he's my friend". Nous nous sommes éloignés rapidement : je crois que j'ai
bénéficié un bel effet de surprise ! Je me suis fait ce jour-là un ami pour la vie.
L'Inde est encorsetée dans un système de hiérarchie des castes. Quant à la non-violence supposée de la religion indienne, elle est dementie par les affrontements entre Indhous et
Bouddhistes au Sri Lanka. Ce n'est pas parce que l'on est brahmane et que l'on est né dans une cate supérieure que l'on est quelqu'un de bien. En ce qui concerne les brahmanes qui
n'hésitent pas à faire le coup de poing contre des plus petits qu'eux, j'espère que le sens de la justice de Vishnu est la même que la mienne, et qu'ils ils vont être réincarnés dans une
caste inférieure. Voire même en chien ou en chat !
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Marianske Lazne
Ce pavillon abrite quelques unes des 82 stèles (sur les 117 qui devraint
normalement s'y trouver): chacune d'elles est portée par une tortue en pierrre, symbole à la fois de longévité et de sagesse. Y sont gravés les noms de tous les lauréats du concours de
doctorat de 1498 à 1787 : les plus anciennes sont rédigées en caractères chinois, puis, au XVIIe siècle, l'alphabet romain fut adopté.
Ce jeune diplômé était fier de se faire photographier avec son diplôme.