mes voyages

Lundi 28 décembre 2009 1 28 /12 /2009 13:29

Comme en France nous ne connaissons de l'Inde que le Kama Sutra, sans trop savoir d'ailleurs quelle est sa réelle signification, et de son histoire que la figure emblématique du Mahatma Gandhi, nous avons tendance à croire que les Indiens sont des gens à la fois très libres d'esprit et non violents.
Le film Slumdog Millionaire présente une autre image : celle d'une société sous l'emprise de la violence et où le mot anglais le plus populaire est "business". D'ailleurs, peu d'indiens parlent l'anglais et quand il le font, c'est avec un accent tel qu'on finit par avoir des doutes sur sa propre connaissance de cette langue.
Il reste que l'Inde et sa culture sont réellement fascinants.
Udaïpur est une ville de l'état du Rajasthan : son nom signifie la "Cité de l'aurore".
Le lac Pichola, le long duquel s'étendent des "ghats" est surplombé par le palais du maharajah. Il y a aussi un temple dédié à Vishnu ("Shiva la guerre et Vichnou la paix", pour reprendre une phrase culte de Pierre Dac). J'avais repéré que la lumière sur les ghats devait être particulièrement belle le matin. Comme nous avions déniché un charmant hôtel (pour pouvoir y aller,  il nous avait fallu durement négocier avec nos deux guides indiens qui entendaient nous loger dans un hôtel plus moderne... et vraisemblablement tenu par un de leurs associés !) à deux pas du lac, un matin, je me suis levée tôt et suis partie explorer les lieux et prendre des photos.
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J'avais négligé de lire préalablement les renseignements complémentaires fournis par le Lonely Planet, le guide, à mon sens, le plus adapté à la découverte de l'Inde. Je me suis donc retrouvée entourée de vachettes et de brahmanes (la caste supérieure dans laquelle sont recrutés les prêtres). Ces derniers m'ont entraînée par le bras au bord du lac, aspergée avec de l'eau de rose (une fabrication locale), saupoudrée d'épices et prononcé des incantations dans une langue qui m'était inconnue.
Je suis bien élevée et quand je me trouve dans une église, assister à une messe, si les participants veulent de serrer la main, je me laisse faire et s'ils veulent m'embrasser, je me laisse enlacer en prenant garde de pas manifester trop de réticence. J'ai donc procédé pareil avec les prêtres brahmanes. Quand ils ont eu fini, j'ai joint les mains, dit "namasté" avec le sourire et me suis éloignée...
J'ai aussitôt été rattrapée et deux brahmanes m'ont expliqué qu'ils attendaient des "dollars" car "ils avaient des frais". "Vous comprenez, l'eau de rose ça coûte cher et les épices aussi". Mon boulot ayant longtemps consisté à éconduire poliment les représentants de commerce  qui avaient réussi à attendrir mes chefs d'établissement et s'incruster dans leur bureau pour leur faire renouveler leur parc de photocopieuses, j'ai tranquillement expliqué à ces saints hommes qu'il aurait fallu qu'ils y pensent plus tôt. Moi, je ne leur avais rien demandé, c'étaient eux qui m'avaient abordée et je n'avais pas voulu les heurter dans leurs croyances. J'ai bien voulu toutefois leur acheter de l'eau de rose.
J'ai continué mon chemin.
Un peu plus loin, un passant indien m'a helée en anglais : "votre ami a des ennuis". Je me suis retournée, croyant qu'il s'agissait d'un autre français. Et quelle n'a pas été ma surprise de voir un de nos deux accompagnateurs indiens, qu'on appelait Tcham, soulevé de terre par des brahmanes. Ses pieds ne touchaient plus terre, car il n'était pas très grand.
Pour son malheur, il était aussi, à l'évidence, issu d'une caste inférieure, car nous avions eu des difficultés à le faire accueillir avec nous à la table d'une "guest house" chez un ancien militaire (de la caste où l'on recrute les guerriers et des rajahs) et il était associé dans son agence de voyage avec un sikh ! C'est sur lui qu'ils avaient manifestement fait porter la responsabilité de leur manque à gagner. 
J'ai fait demi tour, et sasn réfléchir, ai arraché mon Tcham aux brahmanes interloqués en affirmant avec autorité : "he's my friend". Nous nous sommes éloignés rapidement : je crois que j'ai bénéficié un bel effet de surprise ! Je me suis fait ce jour-là un ami pour la vie.

L'Inde est encorsetée dans un système de hiérarchie des castes. Quant à la non-violence supposée de la religion indienne, elle est dementie par les affrontements entre Indhous et Bouddhistes au Sri Lanka. Ce n'est pas parce que l'on est brahmane et que l'on est né dans une cate supérieure que l'on est quelqu'un de bien. En ce qui concerne les brahmanes qui n'hésitent pas à faire le coup de poing contre des plus petits qu'eux, j'espère que le sens de la justice de Vishnu est la même que la mienne, et qu'ils ils vont être réincarnés dans une caste inférieure.  
Voire même en chien ou en chat !

Par Dominique LAURENT - Publié dans : mes voyages
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Mercredi 23 décembre 2009 3 23 /12 /2009 09:27

château
Au pied du château de Prague, s'étend la Vlatva (Moldau en allemand : titre donné à une oeuvre du compositeur Smetana) qui supporta longtemps un trafic de bateaux important, car la capitale de la Bohême fut un grand port fluvial.
L'ancien ghetto juif longeait la rive droite : il a connu la pelle des démolisseurs au début du XXe siècle et la "rue de Paris" (parizska trida), bordée de tilleuls, permet désormais au centre ville d'être rattaché directement à la rivière. De beaux immeubles "art nouveau" furent édifiés.

Pour restituer  l'atmosphère disparue du ghetto, quelques photos :
Hötel de ville ghetto juif 
Ceci est l'ancien "hôtel de ville" (doit-on plutôt dire "maison communautaire" ?) du ghetto, avec ses deux horloges, dont l'une a des aiguilles qui tournent à l'inverse des "aiguilles d'une montre" et où les heures sont indiquées en caractères hébreux. Devant, l'immeuble à pignon est la synagogue "vieille nouvelle".

Au café restaurant "Kafka", j'ai mangé un camembert pané accompagné d'une bière !
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Quand la foule des touristes l'a abandonné, le cimetière juif dégage une atmosphère particulière :
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Et l'on peut s'arrêter devant la tombe du rabbi Loew (de son nom complet Loew ben Bezazel).
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A l'époque des "étoiles et des mandragores" selon une expression que je ne connaissais pas et qui paraît être dûe aux historiens tchèques, quand chez nous les partisans du catholicisme et ceux de la religion réformée mettaient nos villes à feu et à sang, quand dans le reste de l'Europe, la faction qui détenait le pouvoir ("cujus regio, ejus religio") érigeait des bûchers pour  brûler les "sorcières", le rabbin Loew fut appelé à la cour de Prague, où la science et l'art cohabitaient avec l'alchimie,  l'astrologie et la magie, par le roi Rodolphe II (1552 -1612).
Mais vers 1580, des soupçons de meurtres rituels pesèrent sur la communauté juive. Le rabbin Loew, qui était un sage, voulut protéger ses coreligionnaires.
Il était un cabbaliste réputé. Ce que je sais de la cabale, c'est que c'est un moyen d'expliquer l'inexplicable : on cherche des concordances pour faire des prphéties, et la numérologie y tient une part importante.
Le rabbin adressa une prière à l'"inommable" (que les chrétiens appellent "Dieu"), qui lui envoya un rêve. Un ange prononça des mots classés dans l'ordre de l'alphabet hébreu que le sage cabaliste traduisit par : "Tu fais un golem avec de l'argile et tu détruis les méchants qui dévorent Israël". Le rabbin Loew interpréta ainsi ce rêve : le "golem" était une créature d'argile, haute de 3 aunes, qu'il devait façonner et auquel il pourrait insuffler la vie pour défendre la communauté juive des agressions et des intrusions mal intentionnées dans le ghetto.  
Le golem était muet car seul Dieu peut donner la parole. Le vendredi, le rabbin lui établissait son planning pour le lendemain, jour de sabbat. Il advint qu'occupé par ses études et ses prières, il laissa le golem sans directives et que ce dernier se mit à faire des bêtises. De plus, pour être bien éxécuté, on sait qu'un travail doit être bien commandé : un jour, la servante du rabbin demanda au golem de rapporter de l'eau. Il prit sur son épaule toute la fontaine et la place fut inondée. Un autre jour, alors qu'il lui avait été demandé de rapporter du bois d'allumage, il arracha ceux des jardins du roi...
Et quand un général espagnol voulut donner sa fortune au rabbin pour qu'il lui cède le golem, Jehuda Loew décida de détruire la créature en inversant les formules secrètes qui lui avaient permis de l'animer.  

Par Dominique LAURENT - Publié dans : mes voyages
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Lundi 13 juillet 2009 1 13 /07 /2009 13:10

Ma mère s'est fait voler sa carte de crédit à Prague...
C'est une ville touristique, c'est un risque que l'on sait pouvoir encourir. On se méfie aussi des bousculades dans le métro. Mais elle se l'est fait voler dans la boutique du musée Mucha : il y avait 5 clients et 3 employés... J'ai pensé qu'il serait utile d'aller faire une déclaration de vol dans un poste de police. Dans la journée qui a suivi, je n'en ai pas repéré un seul.
L'ambassade de France, à laquelle j'ai téléphoné, le soir, m'a donné l'adresse de celui qui est au centre ville : mais si j'avais bien retenu le nom de la place (Jungmannova Nemesti) et négligé de prendre le numéro. 

En France, pas besoin de numéro : la vue du planton qui garde l'entrée suffit. En Angleterre, on repère le "bobbies" à mille lieues, en Italie, les carabiniers n'hésitent pas à sortir dans la rue pour exhiber leurs uniformes bien coupés (et tout amateur de romans policiers sait qu'à Florence, leur poste se trouve dans le palais Pitti !).... Mais à vrai dire, je n'ai jamais eu affaire à la police.

Dès potron minet (j'adore cette expression), nous voilà place Jungmannova. J'avise un bâtiment qui héberge une administration quelconque, et demande, à un guichet, si quelqu'un parle l'anglais ou l'allemand. Et après une réponse favorable ("ein bischen deutsch), où se trouve le poste de police. "Police ? non, nous ne voyons pas".

Puis, la banque voisine : normalement, s'il est un établissement qui doit savoir où est implanté le poste de police, en cas de besoin, c'est bien une banque. Conciliabule entre les employés : "non, il n'y a pas de poste de police sur la place".

Un magasin de chaussures, peut-être ? Même ignorance. Nous essayons une impasse, voisine d'une église : on arrive sur un jardin public et des employés d'une cantine font une pause, mais de police, point ! 

Ma mère, à 80 ans, commençait à trouver lassant de tourner autour de la place Jungmannova  : nous avons avisé un café et fait une halte agréable. La serveuse était charmante, et avait envie de parler anglais. Nous lui expliquons l'histoire de la carte de crédit volée : elle est vraiment désolée de l'insécurité qui se développe à Prague.  " Savez-vous où nous pourrions trouver un commissariat de police pour faire une déclaration de vol ? On nous a dit qu'il s'en trouvait un sur cette place". "No ?" - "Yes !" Elle m'apprend qu'elle ne travaille pas depuis longtemps dans la capitale et va s'informer auprès de son patron. "Allez voir sur la droite". 

Je vais voir à droite sur la place : et prends une photo. Il y a une très jolie porte "art nouveau" : l'immeuble est délabré, mais n'héberge manifestement pas de poste de police.

En prolongeant encore un peu plus à droite, j'arrive à un kiosque d'information touristique : "oui, il y a bien un poste de police, mais sur la gauche" et elle m'indique le café dont je venais de sortir.

Cette situation a toutefois pour moi un air de "déjà vu" ou plutôt "déjà lu". Et je me promets de relire Le procès et le Château, qui figurent dans ma bibiothèque, à la lettre "K" (comme Kafka), section "littérature étrangère", mais dont je ne garde que de vagues souvenirs.





Pourquoi, à deux doigts d'abandonner, suis-je entrée dans un bureau de change ? Les deux jeunes gens qui étaient là ont fait une plaisanterie que je n'ai pas comprise à propos de "police secrète" et l'un d'eux m'a accompagnée au pied de l'immeuble, où, au 2e étage, dans un appartement repeint de frais, des policiers parlant l'anglais avec un fort accent slave et deux jeunes femmes interprètes, prètent une oreille attentive aux touristes qui ont réussi à les dénicher.

 

Par Dominique LAURENT - Publié dans : mes voyages
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Lundi 15 juin 2009 1 15 /06 /2009 12:50

Une des théories que je défends est qu'il est rassurant d'observer que malgré l'instauration d'une république "une et indivisible", le rôle de l'école qui a tenté de laminer les langues régionales, les particularismes demeurent. Le département de la Sarthe, où j'ai passé les 3 premières années de ma vie professionnelle, fut pour moi un lieu extrêmement dépaysant.
Il en est de même pour l'Europe. J'ai constaté quelques particularités en république tchèque : elles sont irritantes au début, mais pour autant, faut-il exiger des serveurs de restaurant tchèques (puisqu'il s'agit d'eux) qu'ils changent ?
Ce matin, j'ai retrouvé mes habitudes dans mon café préféré : c'est l'occasion de retrouver des gens avec lesquels l'on échange des banalités, mais aussi des informations, de commenter l'actualité... Et de lire le journal. Perosnnellement, je lis les nouvelles locales et je fais mon Sudoku quotidien. Mais quelques copains de bistrot arrivent avec un gros paquet de journaux : la Montagne, bien sûr, le Monde et le Figaro... voire même le Bourbonnais Rural. Ils occupent donc un espace, moyennant le coût d'un café, pendant 2 heures ou 2 heures et demie... Une seule contrainte : depuis que les cafés de la place d'Allier font brasserie à midi, il faut libérer la place pour installer les sets et les verres sur les tables. Certains "garçons" le font avec discrétion. D'autres vous font remarquer que votre temps est dépassé !
Aussi, on comprendra le choc culturel qui fut le mien dès mon premier jour et mon premier repas en république tchèque. A peine, passez-vous le seuil de la terrasse (ou de la porte), avant même que vous ayiez eu le temps de vous asseoir, que quelqu'un se précipite pour vous demander "ce que vous buvez". Je pense qu'ordinairement la réponse est "un verre de bière" : d'où la surprise du serveur ou de la serveuse, voire pour certaine, leur agacement, quand vous consultez la carte. Dès que vous avez fini votre  verre ou votre tasse, on vient débarasser la table et vous demander ce que vous reprendrez. La réponse doit là aussi être "un demi litre de bière". Et je suppose que tant les allemands que les anglais doivent se sentir rapidement chez eux ! Le "galopin", une bière servie dans un verre à vin, et que personnellement je commande "panaché" serait, si l'existence en était connue dans cette contrée, naturellement considéré comme une hérésie.
En ce qui concerne les repas (tous les cafés font aussi restaurant : je n'ai pas remarqué qu'il existait deux concepts différents !), ils peuvent être pris à toute heure, là où il y a beaucoup de touristes allemands et dans les villages à l'écart du flux touristique, jusqu'à 15 heures. Surprise : si les horaires sont élastiques, la contre partie est que le service peut se faire dans le désordre. Si l'on vous apporte votre glace AVANT votre soupe : c'est normal. Et si vous préférez commencer par la soupe, c'est votre choix. On mettra votre glace en attente. Moi, j'avais commandé une crèpe en dessert : elle a refroidi le temps que je mange le reste. 
Passé les premiers instants de surprise (on a un peu le sentiment de gêner !), je me suis adaptée et ai introduit du "suspens" dans mes commandes :
-"que prendrez vous ? " 
- "une soupe"
La soupe à peine finie, ou si vous traînez trop, on vient débarrasser votre table.    
Cette particularité a même été à l'origine de malentendus avec des touristes allemands, qui n'ont pourtant pas l'habitude de trop s'attarder à table, puisque c'est dans le catalogue des offres touristiques d'un voyagiste allemand qui détient un quasi monopole sur le tourisme à Marienbad, quelques conseils : déposer SUR l'assiette, à gauche la  fourchette, à droite le couteau, pour signaler qu'on n'a pas fini de manger et que si l'on fait une pause, c'est parce que l'on parle avec son compagnon ou sa compagne de table. Quand on veut que l'assiette soit enlevée : y poser  son couteau ET sa fourchette avec un angle de 120 degrés.
- " je prendrai bien autre chose". Intéressé, l'oeil du serveur ou de la serveuse s'allume.
- "un goulash".
Et c'est après qu'il ait été débarrassé que je commandais mon dessert.

Comme je suis partie sur les traces de KAFKA dans les cafés qu'il a fréquentés et que j'ai lu "histoires praguoises" de RILKE, qu'à l'évidence ils  passaient autant de temps dans les cafés de leur ville que les habitués de ceux de Moulins, celà m'a interrogé : "moeurs postcommunistes" ? (j'ai gardé un souvenir désagréable du repas que j'ai pris à Berlin, Friedrichstrasse en 1973 !!! - et ma mère a vécu les mêmes mésaventures en Pologne) ou goût pour la propreté ?



Par Dominique LAURENT - Publié dans : mes voyages
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Mardi 9 juin 2009 2 09 /06 /2009 19:59


Dans ce très bel immeuble de la place Wenceslas....



Vers l’âge de 16 ou 17 ans, j’ai eu ma période Kafka…
J’ai ainsi lu  « le procès », dans lequel Joseph K., fonctionnaire jusqu’alors modèle, est  déclaré coupable d’un délit qu’il ignore et a été dénoncé par des témoins qu’il ne connaît pas, « la métamorphose » où le narrateur se réveille transformé en insecte et dans lequel sa famille souhaite sa mort et « le château » qui narre la quête de M. K., nouvel arpenteur, appelé par les autorités du château pour accomplir une mission qui doit lui être précisée. Son contact est un fonctionnaire haut placé du château, nommé Klamm avec lequel il tente une bonne partie du roman à entrer en contact, sans succès. Le « château », par l’intermédiaire d’un dénommé Schwarzer refuse de croire à sa mission, mais a paradoxalement mis à sa disposition du personnel pour l’exercer puisque M. K. à l’auberge du village où il a dû retourner après une tentative infructueuse pour être reçu au château, fait la connaissance de ses deux assistants, des jeunes gens impertinents.


Aussi, à Prague, je n’allais pas manquer de visiter le musée qui lui a été consacré. Et je suis allée de découverte en découverte, car en France, cet auteur demeure somme toute assez peu connu. Même si l’adjectif « kafkaïen » est entré dans notre vocabulaire au point d'être utilisé à plus ou moins bon escient. L’homme mérite d’être connu autant que l’écrivain : docteur en droit, employé efficace chez Generalli Assurances (pourquoi ai-je alors pensé à Zinédine Zidane ?), puis de la Compagnie d’assurance  contre les accidents du travail pour le royaume de Bohême, une administration où il était chargé d’élaborer des procédures pour la sécurité des employés. Il semble avoir souvent quitté son emploi en retard, pour finir un dossier.

Il a laissé un « journal » qui est un témoignage sur la vie à Prague au début du XXe siècle et des lettres : en 1915, il confie à son ami Max Brod : « dans mes quatre districts – sans parler de mes autres tâches – les gens tombent comme des ivrognes du haut des échafaudages tout droit dans les machines en bas, toutes les poutres se renversent, tous les talus se désolidarisent, toutes les échelles glissent, ce que l’on fait monter dégringole et ce que l’on fait descendre, on tombe soi-même dessus. Et l’on finit par avoir mal à la tête de voir ces jeunes filles, dans les fabriques de porcelaine, qui n’arrêtent pas de tomber dans les escaliers avec des montagnes de vaisselle ».… 
Atteint par la tuberculose, il est mort parce qu’il ne pouvait plus ni se nourrir ni s’hydrater.
Sans doute, l’appartenance de Franz Kafka à la communauté juive de Prague, dans un environnement politique tendu, exacerbé par l’antagonisme entre Tchèques et Allemands, et singulièrement entre Tchèques et juifs allemands, a-t'elle influé les thèmes qu’il a abordés. On apprend ainsi que son père, qui était mercier, a dû se défendre d’une accusation de vol et, suite à une dénonciation anonyme,  d’avoir fait courir un danger aux passants en ayant installé devant son magasin des planches dont les clous auraient pu blesser la foule. En outre, un membre de la communauté juive avait, alors que Franz Kafka était enfant, été accusé du meurtre rituel d’une jeune catholique. « Le procès » est comme une résonance de cette atmosphère délétère.

On a dit aussi que l’ouvrage était prémonitoire du nazisme et de la persécution des juifs… C’était cet aspect des choses qui m’avait le plus intéressée il y a 30 ans de cela.
Mais le mécanisme que décrit Kafka me fait aussi beaucoup penser aux procédures mises en place par l’Inquisition pour combattre toutes les formes d’hérésie (juifs, vaudois, sorcières…) que j’ai plus particulièrement étudiées ces derniers temps : les manuels dans lesquels les inquisiteurs apprenaient leur métier disent explicitement que l’accusé ne devait pas connaître le chef d’accusation, sinon il aurait pu se défendre. La procédure inquisitoriale ne prévoyait pas le ministère d’avocat pour la défense : d’ailleurs on n’instruisait qu’à charge ! Et le suspect découvrait, lors de son procès, que c’étaient les membres de sa famille ou des voisins auxquels ils ne pensaient pas jusqu’alors avoir causé du tort, qui avaient témoigné contre lui. A cet égard, on peut penser que dans la mémoire des juifs du ghetto de Prague ou d’ailleurs, la répression religieuse menée par l’église et ses institutions judiciaires a culturellement laissé des traces. 
Ce que Kafka décrit dans le « procès » me rappelle aussi beaucoup les descriptions de ce « harcèlement moral » dont le développement envenime nos environnements professionnels : si dans certains cas, on reproche à un individu une chose et son contraire, ce qui ne lui laisse aucune échappatoire, et peut conduire à la folie, on constate aussi, comme dans le cas de Joseph K., une mise à l’écart des décisions prises, de la rétention d’informations… Il est fréquent que le « harcelé » découvre que ce sont des collègues et « amis » qui ont nourri, par leurs commérages ou par simple souci de se valoriser auprès de leur hiérarchie,  les reproches qui lui sont faits. 


Comme quoi, quand il s’agit de pourrir la vie de ses voisins, les mêmes vieilles recettes semblent bien être les meilleures ! Comme le dit le proverbe : « c’est dans les vieilles gamelles qu’on fait les meilleures soupes ».

Par Dominique LAURENT - Publié dans : mes voyages
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Lundi 8 juin 2009 1 08 /06 /2009 12:19

Cheb - république tchèque
N'a-t'on pas l'impression que ces lucarnes font un clin d'oeil ?
Par Dominique LAURENT - Publié dans : mes voyages
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Samedi 6 juin 2009 6 06 /06 /2009 21:15

Entre 1967 et 1968, j'ai correspondu, en allemand, avec une tchèque qui habitait Brno. Elle m'a un jour envoyé des cartes postales en noir et blanc de Karlovy Vary. C'est ainsi que j'ai découvert l'existence de cette ville d'eau. Et aussi qu'elle était voisine de Marienbad : qui pour moi évoquait un film que je n'ai jamais vu, mais que me ventait ma cousine Martine et un jeu qu'elle auquel elle avait entrepris de me faire jouer et auquel je n'ai jamais rien compris : mais je crois qu'alors elle ne tenait pas à ce que la gamine de 12 ans comprenne !!!
Je n'ai plus jamais eu de nouvelles de ma correspondante après que les chars soviétiques sont entrés dans Prague.

Dès mon arrivée en république tchèque, j'ai donc pris le chemin des villes thermales... A 120 km d'une autre ville superbe, Dresde, au milieu d'un paysage très "vosgien", j'ai  découvert Karlovy Vary (anciennement Carlsbad) et Marianské Lazné (anciennement Marienbad).
Et je ne m'étonne pas que Chopin, Goethe, S. Zweig, et tant d'autres, dont Karl Marx en 1884, se soient complus à y effectuer de nombreux séjours.
 
              
   Karlovy Vary
 
  Marianske Lazne

 La restauration du plafond date de 1987 et ce n'est pas ce qui est le plus réussi...

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Samedi 9 mai 2009 6 09 /05 /2009 20:43
Ce qui m'a le plus frappée à Angkhor, c'est la place tenue par l'eau.
Il n'y a pas un seul site d'Angkhor, mais plusieurs : chaque roi, qui se prenait pour un dieu, se faisait ériger un sanctuaire : il cohabitait avec des mebres de sa famille, pareillement honorés comme des divinités. Et avec des dieux du panthéon indien. A sa mort, son successeur choisissait un autre emplacement et faisait construire son propre sanctuaire dédié à sa gloire.
Le sanctuaire était censé symbolisé l'univers : autour du monde connu, s'étendait la mer. On a donc creusé des fossés.  Et dans ce pays à la végétation tropicale luxuriante, c'est assez prenant. Pas étonnant qu'André Malraux ait été fasciné... au point de voler des vestiges.





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Samedi 25 avril 2009 6 25 /04 /2009 19:47

Tous ceux, qui comme moi, vivent entourés de beaux culards charolais, qui broutent à longueur de journée une belle herbe grasse, à l'abri de chênes ou de noyers centenaires, comprendront le choc que j'ai ressenti en Inde !
 

Je ne sais pas si dans les voyages organisés par des agences, on mange de la viande aux repas, mais moi, j'ai suivi un régime végétarien pendant 3 semaines. Sauf une fois : nous avons trouvé un restaurant "tandori" où était servi du poulet. Sur le menu n'étaient proposées que deux formules : poulet entier ou demi poulet. Un demi poulet pour deux, c'est bien suffisant, avons nous pensé !!! Et bien, non ! un demi poulet, c'est la ration pour un occidental normal. Le poulet indien est à peine plus grand qu'une caille ! Je ne pense d'ailleurs pas que c'est parce qu'ils sont mal nourris : mais simplement, que c'est l'espèce qui est ainsi.

A propose de taille : l'autre jour, des "gariguettes" étaient vendues ur le marché de Moulins. Françaises, nous garantissait-on : chacune mesurait au moins 3 ou 4 cm. J'ai boycotté, décrétant qu'elles étaient sûrement irradiées.....

Par Dominique LAURENT - Publié dans : mes voyages
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Dimanche 22 février 2009 7 22 /02 /2009 09:47
En 1992, j'avais été fascinée, à HANOI, par le temple de la littérature qui était peu fréquenté alors par les touristes : on pouvait donc bien s'imprégner de l'athmosphère.
Edifié en l'honneur de CONFUCIUS, à la fin du XIe siècle, ce temple était aussi un lieu d'études. Il fut aussi la première "université" du VIETNAM.
Il fallait descendre de cheval pour passer l'entrée principale.



 
Du haut de ce pavillon, les lettrés déclamaient leurs poêmes. Comme au sein de l'université européenne, où, au Moyen Age, on pratiquait la "disputatio", et où, de nos jours encore, on "soutient" une thèse, c'était la qualité de l'expression orale qui faisait le bon étudiant.


En ce mois de novembre 2008, des groupes d'étudiants s'y faisaient photographier.




Les mandarins étaient des "fonctionnaires", militaires ou civils, recrutés par concours. Ces derniers étaient organisés tous les trois ans. Créé au VIIe siècle en Chine, le système de recrutement par concours visait à contrebalancer l'influence de la noblesse (de fâcheuse mémoire après la période des "seigneurs de la guerre") et à éviter qu'elle ne s'empare des rênes du pouvoir : les rois du Vietnam, qui fut longtemps sous influence chinoise, adoptèrent cette institution. Elle favorisait une société ouverte et dynamique : à partir du XVe siècle, acceptait les meilleurs élèves de chaque province, qui y avaient déjà réussi les 4 concours. La plupart était d’origine populaire.
Mais, au XIXe s. et au début du XXe s., le système mandarinal avait fini par se scléroser.

Ce pavillon abrite quelques unes des 82 stèles (sur les 117 qui devraint normalement s'y trouver): chacune d'elles est portée par une tortue en pierrre, symbole à la fois de longévité et de sagesse. Y sont gravés les noms  de tous les lauréats du concours de doctorat  de 1498 à 1787  : les plus anciennes sont rédigées en caractères chinois, puis, au XVIIe siècle, l'alphabet romain fut adopté.  
 Ce jeune diplômé était fier de se faire photographier avec son diplôme.




Les mandarins accédaient à une forme de divinité :









L'actuelle bibliothèque nationale est implantée à l'emplacement du camp où autrefois, les lettrés de province, venus passer le concours à HANOI, étaient rassemblés.

Par Dominique LAURENT - Publié dans : mes voyages
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