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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 09:10

J'ai failli écrire "un débat qui fait avancer les choses" : mais il ne faut pas exagérer quand même.

En tous cas, ça réconcilie avec les hommes politiques. Hier, j'ai zappé sur France 2 et ai vu la fin de "A vous de juger", l'émission d'Arlette CHABOT, avec Malek BOUTIH et Luc FERRY. 

Il paraît que malgré la caricature, (un court extrait où COHN-BENDIT reproche à ROYAL sa bêtise ou je ne sais trop quoi)  qu'on a retransmise sur les radios du débat, ces deux intervenants-ci s'étaient également écoutés. Et si c'était celà la vraie qualité d'Arlette CHABOT, faire venir ensemble des gens capables de s'écouter et faire avancer des idées, à défaut de faire avancer les choses ?

BOUTIH sort du discours misérabiliste et connaissant bien ses quartiers, pointe les vrais problèmes. Il n'hésite pas à avancer des propositions révolutionnaires comme reconquérir les quartiers. Mais son discours, ce n'est pas "il nous faut plus de moyens plus de postes". Son discours sur la "reconquête" sonne plus "militaire". Il invite aussi les assistantes sociales à ne pas se contenter de distribuer des chèques mais d'aller constater la réalité des besoins en visitant les familles.

Luc FERRY sait écouter son interlocuteur et bien que prof de fac, connaît bien le problème des enseignants de collège et de lycée, qu'il a pris, manifestement, le temps d'entendre (à l'évidence mieux que Ph. MERIEUX !). Et il avance des solutions pédagogiques novatrices concrètes. Qu'il a pu mettre en place quand il était ministre.

C'est ce qu'atteste par son témoignage une "proviseure" de lycée de l'académie de Versailles. Le principal d'un collège invite à travailler avec tous les partenaires : éducateurs de rues, policiers, directeurs de MJC... ce qui me rappelle de bons souvenirs.

Mais ces responsables d'établissements ne peuvent rien faire si leur hiérarchie ne les laisse pas sortir des sentiers battus (c'est le rôle du recteur, mais c'est encore mieux s'il est encouragé par son ministre de tutelle), réorganiser les programmes, utiliser leurs moyens en enseignement de façon opportune par rapport à la situation réelle du public. Et il n'y a pas besoin de moyens énormes pour ce faire : il faut simplement utiliser ceux dont on dispose, mais de façon utile (exemple de propos qui décoiffe : "il y a des classes où 35 élèves ne posent pas de problème, et d'autres où l'on ne peut pas travailler à plus de 10 !").

Dans la situation actuelle, c'est ce que dénonce la représentante du SNALC, qui a le plus fréquemment cours : les chefs d'établissements font le gros dos et tant qu'ils ne sont pas eux-même agressés, laissent les enseignants se débrouiller face à l'agressivité de leurs élèves. La responsabilité des chefs d'établissements est un sujet tabou : ils bottent généralement en touche en affirmant "M. Un tel n'a pas d'autorité", quelquefois ils ajoutent "n'a pas d'autorité naturelle". Et là, mon opinion est que c'est l'Hôpital qui se fout de la Charité.  Car, comme dans une famille, il faut une congruance dans le comportement des adultes de l'institution, sinon le message éducatif est brouillé.  C'est ce que disaient les profs d'un de mes anciens collèges : "ici, on a un confort pour travailler car quand on a un problème, on le signale. L'élève et sa famille sont convoqués (le samedi matin, car alors, on travaillait le samedi matin ! et que les parents étaient disponibles ce jour-là) par le principal et le principal adjoint".

Il faut enseigner les "codes" de la vie en société a enchéri quelqu'un (M. BOUTIH me semble-t'il)... C'est ce que l'on appelait autrefois l'instruction "civique" et la "morale" : j'aime bien le nouveau nom qui pourraît être donné à ces deux enseignements.

Madame la Proviseur, dont j'ai oublié le patronyme, montre le "contrat de réussite" que l'on signe dans son lycée. Il faut prendre beaucoup de temps pour discuter  et expliquer. C'est son rôle et cellui de ses CPE : elle affirme avoir 85 % de réussite avec ce système. Une de mes amies, professeur dans un collège de Saône et Loire, avait eu cette idée, il y a une quinzaine d'années. Elle passait des contrats d'objetcifs avec ses  élèves les plus difficiles. Comme cette idée lui était venue à la suite d'une psychothérapie qu'elle avait faite ("la psychothérapie", disait-elle, "c'est comme l'archéologie. Il s'agit de dégager les couches les unes après les autres, pour voir ce qu'il y a en dessous".) et qu'elle ne s'en cachait pas, ses chers collègues et sa hiérarchie n'ont pas tardé à faire courir qu'elle était folle et/ou appartenait à une secte ! La dernière fois que j'ai eu des nouvelles d'elle, elle était en congé maladie à cause du "harcèlement moral" qu'elle avait dû endurer. J'espère qu'elle sait que dans un lycée de "zone sensible", un proviseur a généralisé son expérience !

Et puis un rappel : les enseignants enseignent, les parents éduquent.. Le principal du collège lance l'idée d'ouvrir des "écoles des parents".

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commentaires

J-F Laval 23/04/2010 18:54


Au ras des pâquerettes, c'était le titre d'un bulletin de liaison d'un petit courant syndical de l'Educ nat qui n' a pas dépassé le n°1.Mais le titre n'était pas le produit du hasard, n'est-il pas
?

Ce qui me gêne, comme citoyen-téléspectateur tout aussi lambda mais parisien refoulé en banlieue ayant aproché (pas de très près mais assez pour ne pas avoir besoin de longue vue ) des puissants,
c'est la connivence tout aussi artificielle parfois que le conflit. En l'occurrence, la qualité d'écoute de L.Ferry était certaine, puisqu'il a dit qq chose comme allez y je vous écoute ( pour les
solutions) à Malik Boutih, lequel a sorti un beau morceau de nov langue Solférino.J'ai les solutions mais j'attends pour les dire parce que j'ai peur que vous me les preniez.

Il est certain que la parole et l'écrit de Luc Ferry sont bienfaisants en ces temps de morosité. Mais,n'ayant pas été lycéen et ayant enseigné la philo en classe terminale, et compte tenu des
belles robes de sa dame vues dans les journaux et de leur passion pour les décapotables, est il vraiment un spécialiste des largués du système scolaire. A la télévision, quand on veut creuser une
question, on fait venir une experte qui du fond de sa discipline universitaire ou intellectuelle ( ce n'est pas un pléonasme) et sur la base de ses recherches ou de son expérience professionnelle
ou artistique, nous aide à comprendre le réel et à entrepercevoir quelque solution.Du ras des pâquerettes, on peut voir aussi le ciel.

Quand on veut juste un conflit ou une connivence sur des généralités généralisantes, on fait appel à un quatuor ou un quintette de directeurs de médias et de professeurs des universités en
exercice*, bardés de diplômes et de certitudes, tous mâles installés de 45 à 55 ans, comme le fait Yves Calvi sur la 5.

Donc je recommande Taddéi sur la 3

* chez les émérites de + de 65 ans, on trouve encore de bonnes choses à entendre car ils n'ont plus rien d'autre à vendre que les découvertes de leurs doctorants.


Dominique LAURENT 24/04/2010 08:57



Présenté du point de vue de la connivence, je veux bien l'entendre. Mais nous autres, en province, ne pouvons juger que sur ce que nous voyons et entendons. Ce que j'entends de nos politiques
locaux ne me donne pas envie de voter pour eux. IL n'y a guère qu'au café philo qu eje me sens bien. Et encore : deux participants ont failli se taper dessus en septembre. Il a fallu galérer pour
mettre au point un foncitonnement pour continuer. La dernière fois, on m'a demandé de coordonner le débat.


En ce qui concerne les universitaires : ceux qui ont l'éméritat sont plus intéressants ? Ce qui fait une transition sur l'objet de mon congrès de Neuchâtel. Le sujet en était "les paysages".
Congrès de "sociétés savantes", le CTHS est en réalité entre les mains d'universitaires à la retraite : ils choisissent à partir d'un résumé les intervenants au congrès. Parmi eux, les
communiquants, peu de vrais érudits locaux, mais tout un tas de jeunes loups dits "doctorants" qui ont une attitude marrante pour moi qui ne suis pas concernée par leurs problèmes de carrière (et
très surprenants pour ma mère que j'avais amenée une fois avec moi). Ceci dit, des sujets très intéressants sont traités : notamment de la part des géographes.


 



Laval (Jean-François) 22/04/2010 15:09


Au bilan réputé positif de l'ancien dirigeant de sOS racisme et de l'ancien ministre de l'éducation nationale, j'ajouterais volontiers
celui de Cohn-Bendit '(Gabriel l'aîné ) lycée autogestionnaire de Saint Nazaire et Burkina Faso
de Ségolène R (faible ministre de l'environnement mais TB de l'enseignement scolaire, super présidente de région)
et ds quatre ans celui de P.Mérieu ( à ne pas confondre avec les Mérieux, c'est comme Chenonceau et Chenonceaux) nouveau vice-pdt à la formation du c rég Rhône Alpes


Laval (Jean-François) 22/04/2010 15:03


1)Accro aux débats télévisés, je m'étonne de la valorisation des émissions d'Arlette Chabot qui est,à mes yeux, l'incarnation professionnelle de la diffuseuse d'eau tiède et de la langue de bambou
( pour adopter une référence de ce blog). C'est une pro qui en l'occurrence recherche un clivage sur la taxe carbone entre deux politiciens professionnels ( Dany C-B et Ségolène R) qui sont
proches, pour faire spectacle,
puis une démonstration d'entente entre un socialiste qui cherche à être sarko compatible (cf épisode '(haute autorité c les discriminations) et un ancien ministre sous Chirac qui souhaite rester
l'humaniste de service de la majorité présidentielle.Là non plus,peu de différences sur le fond. Quant à la question en cause, je trouve qu'il est assez facile d'enfiler le lieu commun entre gens
de bonne compagnie sur un sujet qu'ils ne connaissent
e connaisse que par ouî dire
re (là je critique, car je croisque le scepticisme de bon aloi qui est la caractéristi
que de Dominique 03 est ici pris en défaut, alors qu'elle démontre sa connaissance concrète de la vie de établissements scolaires.
sur un thème
Quand au fo du sujet,


Dominique LAURENT 22/04/2010 16:47



Moi, j'ai bien aimé "qu'est-ce qu'une vie réussie ?" de Luc Ferry. Connaît-il le sujet "Education nationale ?". J'ai connu pas mal de chefs d'établissement qui ne le connaissaient pas. M.
Boutih doit bien connaître, pour y avoir habité, la sociologie des barres de HLM.


Par nature, j'aime bien trouver ce que les gens ont de positif à proposer. Or, dans le débat politique (ou syndical, qui en est le plus souvent un avatar), qui est le fait de
professionnels, on prend plaisir à être contre ce que propose l'adversaire (ce qui contraint quelquefois à de brutales volte faces, quand le dit adversaire change d'opinion). Faire passer l'autre
pour un imbécile est généralement l'objectif réel du débat. Mais pour moi, ce n'est pas un objectif. 


Et la citoyenne lambda que je suis, confrontée à des problèmes, aime que des gens se mettent autour de la table pour les résoudre. C'est pourquoi j'ai apprécié ce que j'ai entendu :
notamment au niveau de la qualité de l'écoute. Quand quelqu'un peut terminer une phrase et la démonstration qu'il a commencée, je trouve qu'un débat est réussi. 


Au fait, au risque d'agraver mon cas, j'aime bien aussi l'éphémère ministre de l'intégration (je crois) Azouz Begag. Je trouvais que les gens, ses collègues en premier lieu, étaient méchants avec
lui... Et j'ai toujours eu tendance à protéger ceux que persécutaient leurs petits camarades. Il est mal vu dans les milieux que je fréquente . j'appréciais qu'il tienne un discours
dynamique (au sens primitif du mot), et qu'il affirme des choses simples, au ras des pâquerettes, mais pleines de bon sens.  


 


 


 



Djemaa Pascal 17/04/2010 22:51


Merci de votre commentaire. Gabrielle Robine, toute une époque. J'ai écrit un livre sur les derniers jours de Max Linder. Un autre grand nom aujourd'hui oublié.Pascal.


kéline 17/04/2010 11:38


et qui sait ? Un débat qui va peut être aussi servir (un peu) à faire réfléchir les esprits bornés et faire (un peu) avancer les choses ?
Il est vrai que les intervenants Malek Boutih et Luc Ferry savent de quoi ils parlent et sont l'un et l'autre des hommes d'exception. Non seulement ils sont capables d'avancer des idées qui collent
à la réalité mais en plus ils peuvent discuter ensemble sans se lancer des invectives et des noms d'oiseaux. Un régal qui réconcie avec les débats télévisés.
J'en conclus donc que ceux qui s'invectivent comme on l'avait vu dans les précédents débats des dernières années ont des convictions copie-coller qu'ils ne maitrisent pas, pas plus qu'ils ne
maitrisent leur agressivité.
Ah s''"ils" étaient tous de cette trempe !


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