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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 14:45

Le monde entier s’est indigné en mars 2001, de la destruction par les obscurantistes Talibans des grands bouddhas de Bâmiyân dans la vallée du même nom au centre de l'Afghanistan, à 230 kilomètres au nord-ouest de Kaboul et à une altitude de 2 500 mètres.

Le site tout entier a été classé au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2003.
Le projet de sauvegarde du site a permis de découvrir, malgré la perte causée par le vandalisme des Talibans, d'importants vestiges culturels et artistiques, notamment des peintures murales.
Pour la période 2002 – 2004, le gouvernement japonais a versé une somme de 1 815 967 dollars, la Fondation allemande Messerschmitt a fourni gratuitement un échafaudage géant pour la consolidation d'urgence des parois et des niches et la société italienne RODIO a réalisé la première phase de consolidation d'urgence des deux niches des statues de Bouddha.
Les fragments qui étaient tombés des murs des grottes ont été ramassés et les fresques elles-mêmes ont été inventoriées et enregistrées. La datation au C 14 a permis de savoir qu'elles ont été réalisées entre le Ve et le IXe siècles. 
 

Le 17 octobre 2009, Libération signalait que le site de Mès Aynak, situé à une heure de route au sud-est de Kaboul et à 2 500 mètres d’altitude, découvert  par une équipe d'archéologues français (en six mois, ils avaient déjà mis au jour une centaine de statues), était menacé par l’obtention par une compagnie chinoise d’une concession d’ exploitation de cuivre auprès du gouvernement afghan pour un contrat de 5 milliards d'euros.
Ce n’est que le 2 décembre 2010 que l’information a été reprise, par le magazine Envoyé spécial diffusé ce jour-là à 20h35 sur France 2 sous le titre : Afghanistan, Bouddhas contre bulldozers.
Car à quelques centaines de mètres des bouddhas et de la ville antique, sous une vaste colline, sommeille le deuxième plus important gisement de cuivre au monde... Et à Mes Ainak, l’Afghanistan a des projets industriels grandioses. Si Khadjab Ibrahim, qui dirige le Centre pour la reconstruction de la culture afghane à Mazar-I-Sharif, déplore que les conflits qui ont accablé l’Afghanistan depuis 1978 «ont détruit 90 % de sa richesse culturelle» et que, «les guerres successives ont empêché que la culture soit transmise d’une génération à l’autre si bien que celle-ci n’a plus rien à transmettre à celle qui va suivre», il convient : « «qu’importe la culture si l’on n’a rien à manger ? ».
China Metallurgical Group s’est engagé à construire, à côté du gisement, une centrale électrique d’une capacité de 400 mégawatts - dont une partie de l’électricité produite profiterait à Kaboul -, et à trouver des réserves de charbon pour la faire fonctionner. Le groupe doit aussi construire une ville.
Ensuite, c’est tout un réseau ferroviaire se développerait à partir de Mes Ainak avec une voie de chemin de fer qui traverserait l’Afghanistan, gagnant au nord le port fluvial d’Herayton, sur l’Amou Daria, à la frontière avec l’Ouzbékistan et finissant au sud-est à Torkham, à la frontière avec le Pakistan. La ligne passerait également à Mazar-I-Sharif, la grande ville du nord de l’Afghanistan, sur les hautes terres de Bâmiyân, et, enfin, dans la ville de Djelalabad, à l’est du pays.


L'exploitation se fera à l'explosif et les Chinois, qui ont misé gros, sont impatients de commencer l’exploitation. China Metallurgical Group, une entreprise appartenant à l’Etat chinois, a déclaré vouloir investir près de 3 milliards de dollars dans le projet. Au prix actuel du cuivre, la valeur du gisement atteindrait les 30 milliards de dollars (20,3 milliards d’euros). Une fois la mine en activité, elle verserait près de 271 millions d’euros) à l’Etat afghan.
Il reste un peu de temps aux archéologues pour en savoir plus sur la civilisation de l’empire kouchane qui fut un étonnant foyer de civilisation. La mine ne devrait pas entrer en pleine activité avant que soient construits la centrale électrique et le réseau ferroviaire, soit dans au moins six ans.
 

 

Drôle de pays que l’Afghanistan : qui a connu de brillantes civilisations  et qui se débat aujourd’hui entre les guerres de clans et la corruption : avant les travaux, le site archéologique a déjà beaucoup été pillé. «Un colonel américain est même venu en hélicoptère se servir accompagné par un célèbre gouverneur afghan du nom d’Ouloumi», témoigne un archéologue.

 

Le site de Bâmiyân témoigne des développements artistiques et religieux du Ier au XIIIe siècles qui caractérisent l'ancienne Bakhtria, intégrant des influences culturelles variées. La zone contient de nombreux ensembles monastiques et des sanctuaires bouddhistes, ainsi que des édifices fortifiés de la période islamique.

Le site de Mes Ainak un site unique en son genre, qui regroupe les vestiges d'un monastère bouddhiste et d'un village du IIe siècle. La mine de cuivre, dont on distingue à l’œil nu les filons sur les éperons rocheux existait bien avant l’Afghanistan et c’est la mine antique qui avait donné naissance à une ville que les archéologues datent entre le IIIe et le Ve siècle après J.-C.. La ville au nom oublié rayonna à sous l’empire kouchane, qui est encore mal connu, l’empire kouchane et qui fut un étonnant foyer de civilisation. C’est à cette époque que triompha le bouddhisme. «L’empire kouchane a atteint la célébrité non par sa puissance temporelle mais par son action spirituelle liée à son étonnante prospérité. Quelle époque !» écrivait Jean-Paul Roux, chercheur au CNRS et spécialiste de l’Asie centrale. «L’art des Kouchanes est une synthèse des arts grec, indien et iranien, si savamment dosée que les spécialistes n’arrivent pas à se mettre d’accord sur celui qui exerça la plus forte impression. Que chez ces hommes d’origine nomade il n’y ait qu’une très faible influence de l’art des steppes est un mystère.» 
 

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commentaires

patriarch 10/01/2011 17:04


Je pense que l'industrialisation se fera et que la Chine sera la plus grande puissance financière et économique du monde. Bonne soirée.


kéline 10/01/2011 15:59


Hé oui, que c'est triste, c'est le profit qui fait preuve d'intolérance désormais. Les afghans n'ont pas les moyens de résister aux propositions des chinois même s'ils ne leur proposent qu'une
petite ristourne de l'exploitation. Six ans de gagné seulement ! J'ai fait quelques photos de l'exposition sur l'Afghanistan quand je suis allée la voir au musée Guimet. J'en ai mis une ou deux sur
mon blog, si tu veux les voir http://www.le-grain-de-sel-de-keline.com/39-categorie-10300729.html


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