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20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 11:30

On justifie le déménagement vers des cieux plus cléments fiscalement, de gens qui ont réussi à accumuler un gros capital, en arguant qu'il ne faut pas décourager ces talents, qui ont l'esprit d'entreprise, ces imaginatifs, condition de leur enrichissement. Et des avocats fiscalistes (dont les revenus dépendent des astuces qu'ils trouvent pour faire échapper leurs clients à l'impôt) se déclarent tristes pour la France de voir partir vers l'étranger ces forces vives, ces créateurs d'emploi. Notre pays ne peut, dans ces conditions, que s'appauvrir.

Certes !

Mais il faut dire que quand on ne dispose pas d'une famille qui "a de quoi" comme l'on dit : de l'argent,mais aussi des relations, il est difficile d'entreprendre. Je connais plein de gens que j'ai tenté d'aider, qui avaient des idées, du courage et ne renâclaient pas au travail, qui ont dû abandonner leur projet pour chercher un emploi salarié... ou pire : de fonctionnaire (l'abomination de la désolation).

Je déplore que l'actuel gouvernement veuille revenir sur le statut d'auto entrepreneur : car quand il faut, avant d'avoir pu engranger le premier millier d'euros (qui ne permet pas, convenons-en, de vivre une année entière), verser des cotisations ouvrières et patronales (puisque quand on est à son compte, on a les deux statuts) à l'URSSAF sur la base de 2 mois de SMIC et s'acquitter d'une taxe qui ne s'appelle plus professionnelle, il faut avoir, soit un conjoint qui gagne bien sa vie, soit des parents qui épaulent.

Mais tous ces "décideurs" qui se réjouissent de la création d'entreprises dns leur département, sans prendre en compte celles qui doivent cesser leur activité dans l'année qui suit, alimentent le nombre des ayants droits au RSA. Car le talent, l'imagination et le goût d'entreprendre ne sont pas systématiquement payés de retour par l'enrichissement.

 

Qu'il y ait beaucoup de super riches dans un pays ne fait pas de ce pays un pays prospère : je me réjouis que l'Inde soit un pays émergent. Mais depuis des siècles, ses rajahs qui crevaient sur leurs stockss de pierres précieuses se sont bien accommodé de voir des pauvres vivoter sur leurs tas d'ordures, et n'ont en rien favorisé le décolage économique. 

 

Il y a des riches qui sont des accapareurs et des riches qui partagent et savent que leur aisance leur est procurée grâce au travail de leurs collaborateurs.

Incidemment, tous ces hommes (rares sont les femmes, pourquoi ?) que l'on qualifie de  "patrons" et qui ont vu s'accroître leur salaire de 25 % pendant que le boîte augmentait son déficit, ne sont pas des entrepreneurs, ne sont pas des chefs d'entreprise qui risquent leurs biens. Ce sont  de simples salariés : un peu plus diplômés que la moyenne et aussi un peu plus manipulateurs. Car ils se comportent souvent comme des prédateurs qui disposent d'un réseau de relations qui les protège de leur irresponsabilité.

 

Il faut peut-être être triste de voir des riches quitter la France pour l'Irlande, la Suisse ou la Belgique. Celà nous appauvrit peut-être, mais songe-t'on qu' il va falloir sous peu que les suisses ou les belges quittent  leur pays, comme les gens modestes ont dû fuir l'île de Ré : cet exil va accroître la spéculation foncière. Quel suisse peut encore habiter dans le centre de Genève ?

 

On a aussi connu un pays qui a vu fuir ses pauvres : l'Irlande, à la suite de la Grande Famine. Ces pauvres-là ont fait la fortune de l'Amérique. Les riches qui sont restés ont continué à bien vivre car ils avaient investi dans les compagnies "des Indes" qui vivaient du système colonial; et du malheur de la classe ouvrirèe anglaise qu'a si bien décrit Dickens.  Quand à l'Irlande, elle ne s'est jamais remise de la fuite de ses pauvres (8 millions d'habitants vers 1840 s., un peu plus de 4 millions maintenant), en dépit de quelques années d'euphorie au début du XXIe siècle.    

 

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commentaires

nguyen 13/02/2013 20:35

Bonsoir
Je cherchais un rapport de la CRC sur Noyant d'Allier, mais on dirait que les magistrats ne savent pas où c'est, à la place je suis tombé sur votre blog. Il y a plein d'anecdotes croustillantes,
d'autres intéressantes et toutes remplies d'émotions. Cet été, à Noyant, il y a eu des cérémonies mémorielles à la mine, et chacun y est allé de sa petite larme sur Noyant "Terre d'accueil", un
recueil en a été rédigé, je ne crois pas avoir lu votre témoignage qui serait peut-être sorti du convenu et du politiquement correct. On ne sait plus quoi inventer pour faire revivre une mine qui
n'a pratiquement jamais fonctionné et lorsque ça fonctionnait, on ne sait pas quelle était la vie de ces mineurs, souvent prélevés en Pologne, un pays dépecé et rapiécé depuis des siècles par tous
ses charmants voisins de l'UE et surtout par le très charmant Staline, le petit père des peuples. En tous cas, votre blog est très bien, ça nous change des pleureurs de la mine.
leon nguyen

kéline 02/01/2013 07:25

Bonne année Dominique. Pour 2013; je te souhaite beaucoup de rencontres heureuses et de nouvelles découvertes enrichissantes.
Amitiés

patriarch 21/12/2012 10:42

Tout comme les basques et les italiens celle de l'argentine.

J'ai toujours était ouvrier, même si j'étais maître ouvrier. Et crois moi, ce sont les compagnons qui font le renom d'une société et pas le nom au fronton de l'entreprise.J'ai travaillé ,un peu
plus de 4 ans dans une entreprise, reprise par le fils. En 3 ans, tous les bons compagnons sont partis (comme moi), la boite n'existe plus aujourd'hui. Lorsque j'ai changé de boite, j'ai emmené en
même temps, pas mal de sociétés....Une société souvent, demande le même compagnon ou la même équipe. Tout simplement parce qu'il connait son travail, l'usine et que les cadres n'ont pas besoin
d'être derrière lui. Lorsqu'il a besoin d'un outillage, de matériaux, ou même d'une aide, il sait où s'adresser. Je suis même retourné 2 fois, (alors que j'étais en retraite),dans une usine, pour
refaire un four en carbone et en même temps former un jeune compagnon de mon ex boite, à la démolition et au remontage de ces fours. Si le four en toile de carbone se monte assez facilement, les
résistances en carbone, qu'il faut assemblé soi-même est un travail minutieux et précis... le carbone est un matériau très fragile. Petite perceuse et un outillage très léger.

Bonne journée. Amicalement

kéline 20/12/2012 13:23

Une vision à long terme très pertinente

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