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28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 20:02


La façade en faïences jaunes de cette boutique d'encadrement peut paraître un peu incongrue.
C'est ce qu'il reste d'une institution moulinoise : la charcuterie ROUX. On y confectionnait la meilleure pompe au grattons de toute la région.
Au fond du magasin, une porte battante permettait d'accéder à une petiite salle, meublée de deux tables en bois. Elle était bondée les vendredis (jour du marché). J'ai eu l'occasion d'y pénétrer une fois, alors que j'avais 15 ou 15 ans, je ne sais plus à quelle occasion,... Ma présence était elle aussi incongrue : car c'était le domaine réservé des "hoummes"... Et plus exactement des "bouhoummes".
Je ne doute pas que René FALLET ait été un habitué du lieu, car il en restitue fort bien l'ambiance dans un épisode d'"Un idiot à Paris".

Chez Roux, charcutier, l'apparence voulait que la charcuterie ne fût qu'une charcuterie comme cent mille charcuteries. Mais, après la charcuterie proprement dite s'ouvrait une arrière-boutique qui tenait de la buvette de campagne et du bouchon parisien des années 1900. On y buvait des chopines sur des tables qui n'avaient rien de la matière plastique, on y mangeait la pompe aux grattons, l'andouillette, les tripes et le boudin. Les trois Jalignois entrèrent dans ce haut lieu de la gastronomie moulinoise.
- Salut, Boubou, salut Nonoche, cria Grafouillère a deux consommateurs de sa connaissance.
- Ah! jubila le nommé Nonoche en gobant des rondelles de saucisson à une allure de distributeur autornatique, vous nous avez amené monsieur Goubi !
L'innocent ne soupçonnait pas l'étendue de sa renommée. Quand Boubou, après avoir essuyé ses doigts couverts de sauce dans sa chevelure opulente, l'eut à son tour accueilli par un déférent : « Bonjour, monsieur Goubi ! », Goubi se rengorgea et murmura pour ses compagnons :

-Y a pas, y sont drôlement corrects et d'aplomb en ville. C'est pas chez nous qu'on m'appellerait monsieur. Même pas les ch'tits gars. ça leur écorcherait pourtant point la gueule d'être uun peu polis.

Sans qu'on ait consulté les arrivants, trois culs de chopine vinrent claquer sur leur table.

- Andouillette, fit, laconique, Grafouillère.

Goubi se justifiait aux yeux des citadins, ses voisins :

- Faut pas croire que j'ai pas d'habits et de chaussures, à l'ordinaire. Si je suis comme ça, c'est que mes amis m'ont pris comme j'étais, que je bêchais le jardin. On devait boire un canon à Chapeau, mais ces deux apôtres m'ont amené jusqu'à Moulins.

- Vous êtes tout excusé, Monsieur Goubi, dit le courtois Nonoche.

- Vous êtes ici chez vous, monsieur Goubi, ajouta l'affable Boubou.

Goubi n'osait plus attaquer l'andouillette à la pointe de son couteau. Il eut même l'insolite envie d'aller se laver les mains.

- Je vas me laver les mains, déclara-t'il avec courage.

- C'est dans la cour à droite, monsieur Goubi, le renseigna Nonoche.

-Faites attention, monsieur Goubi, il y a une marche.

 

Profitant de son absence, Grafouillère et son acolyte mettent des somnifères dans le "canon" de Goubi, et le conduisent à Paris...

Un film, avec Jean Lefèvre dans le rôle de Goubi et l'inénarrable Bernard Blier  dans le rôle e M. Dessertine, le gros mandataire des halles, qui, lui aussi, était de l'"Assistance" raconte la suite des aventures du bredin à Paris.

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commentaires

kéline 05/02/2009 11:56

c est vrai que ces faïences rappellent souvent les boucheries-charcuteries mais bah on est dans le mélange des genres
quel talent René Fallet ! lors de ton passage dans le saint des saints, y as tu rencontré le Goubi ? :))

patriarch 29/01/2009 10:15

En tout cas, le propriétaire actuel des lieux a eu raison de garder.....l'encadrement de la façade !!!

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