Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
17 octobre 2008 5 17 /10 /octobre /2008 10:00

Ce sujet ayant été donné à l’épreuve de philosophie de baccalauréat 2008, je suis allée voir sur un moteur de recherche ce que cela a inspiré aux lycéens.
Comme beaucoup de sujets de philosophie scolaires il suggère, dans son énoncé, la réponse à la question, puisqu’il suppose que le désir génèrerait la souffrance.
J’ai repéré d'abord des catalogues de citations
                  et aussi un modèle de plan  que j'ai trouvé très original : 
1°) on ne peut pas désirer sans souffrir
2°) on peut désirer sans souffrir
3°) pour désirer sans souffrir, il faut que certaines conditions soient remplies.


Le sujet a été soumis à la sagacité des participants au café philo le 25 septembre 2008.


Les gens cultivés du groupe ont tout d'abord rappelé que les philosophes ont donné des définitions du désir : "une force qui emmène vers quelque chose".
Pour SPINOZA « c’est une tendance qui est consciente d’elle-même ».
Le désir serait donc une force qui nous meuvrait, une forme de dynamisme personnel.
Le désir nous maintient dans un état de non passivité : sans le désir, nous ne serions rien.

Ma culture philosophique est nulle, mais mon expérience me fait acquiesser par devers moi : je vois bien, en effet, le désir comme un moteur.  

J’apprends que pour les philosophes, la passion est l’envers du désir : ce n’est que la forme émotionnelle du désir. Le passionné manifeste une « tendance », au sens où l’entend Spinoza, rétrécie sur une passion. Et les passionnés souffrent de leurs passions.
Aristote  pensait que le théâtre ou la tragédie  servent à purger les passions : c’est la « catharsis ».

Passion et désir seraient ainsi liés.


La volonté peut contenir le désir :  « on ne peut vouloir sans raison » et pour DESCARTES, « il vaut mieux changer mes désirs que l’ordre du monde ».

L’envie est une forme de désir.


Il y a des degrés dans le désir et l
es sages de l’Antiquité recommandaient de « lisser » les désirs : pour acquérir la sérénité, il faut aplanir les désirs.
Plus récemment, la psychanalyse  a recommandé de ne pas refouler le désir : FREUD utilise le mot  "das Trieb", pour traduire « désir », or Trieb signifie aussi « instinct ».
EPICURE a constaté que les désirs pouvaient faire souffrir : il distingue
1°) les désirs naturels nécessaires
2°) les désirs naturels non nécessaires
3°) les plaisirs ni naturels ni nécessaires (comme par exemple se faire édifier une statue ! – note D.L. : c’est une allégorie du pouvoir ?)
Pour les Epicuriens, il faut donc se contenter de ce dont on a besoin.
Je me rappèle à ce moment la pyramide de MASLOW et me promets de la commenter à l'éclairage des théories d'EPICURE.
 
 

Les philosophes de l’antiquité et ceux de l’Europe chrétienne n’avaient jamais entendu parler du BOUDDHISME. Mais nos contemporains, si. Ei dans le groupe, on ne manque dons pas d'évoquer le bouddhisme : il est avancé que pour les bouddhistes, l’objectif est de ne pas avoir de désirs.
Je pense par devers moi : et les problèmes de traduction du sanskrit au français ?   
Les désirs impliquent des dérives : pour les « sages » (sadhu) de l’Inde ou les « bouddha »  qui ont accédé à l’Eveil, c’est donc une forme d’ascétisme qui est prôné.
J’aime bien les paradoxes : je signale que les sages de l’Inde ou du bouddhisme sont en réalité mus par un désir, celui d'échapper au cycle des morts et renaissances, ce que l'on traduit en français par "réincarnation". Mais si j'espérais troubler l'auditoire, ma boutade tombe à plat car PLATON y a manifestement pensé avant moi ! Et dans le Banquet il affirme que le désir doit nous élever vers la sagesse. Il s’agit d’un désir spirituel de la vérité.  SPINOZA partage aussi cet avis : il appelle cela le « conatus » (« en latin = se forcer).
Et j’apprends avec délectation le terme de « taraxie » qui désigne le non-désir en me promettant de le replacer prochainement dans une conversation.
 

Il y a-t’il antagonisme entre l’approche philosophique et l’approche psychanalytique ? Si je me souviens avoir entendu Françoise Giroud dire qu’il fut son psychanalyste, j’ignore tout de Jacques LACAN. J’apprends que pour lui, le désir était l’ »autre ». « Que le désir est de l’ordre de l’hallucinatoire, car il ne sera jamais assouvi ». Autre citation de Lacan :  « il n’y a pas d’autre bien que celui qui existe pour payer le désir »…
J’imagine l’ampleur du désir qu’on a assouvir les financiers et les « traders » qui font la une des journaux depuis quelques temps.
LACAN toujours : « On souffre dans le manque et l’on ne se satisfait pas de la réussite ».
Je vais les plaindre les accapareurs !!!
 Note pour moi-même : avant d’aller voir un psychanalyste, je vérifierai qu’il n’est pas lacanien.                 

Un des participants fait remarquer qu’on peut désirer et être serein vis-à-vis de son désir (à la relecture de mes notes, ça ressemble bien à mon style : ça ne serait pas moi par hasard, l'auteur de cette  belle phrase ?).

Bernard TRAPPES conclut  le débat : « en fonction de sa propre expérience et de sa démarche philosophique, de sa réflexion sur ce que doit être sa vie, on considère qu’on peut ou non désirer sans souffrir ». « On peut désirer sans souffrir à condition que la volonté ou l’éducation de son désir mette des limites ». Et surtout : « le désir ne réclame pas forcément son assouvissement ».


Prochain thème de réflexion, le jeudi 30 octobre à 18 heures :

LES EVENEMENTS QUI SURVIENNENT SONT-ILS L’EFFET DE NOTRE VOLONTE, DU HASARD OU DES LOIS (quelqu'un suggère du hasard ou de la nécessité. On décide donc d'accepter les lois dans le sens d'une forme de nécessité).

Partager cet article

Repost 0

commentaires

kéline 17/10/2008 12:21

outre l ntérêt du sujet, j aime bien tes commentaires sur les financiers ;))).
Au sujet de Lacan, j ai fait une analyse et me suis appliquée à fuir les lacaniens. J'ai buté sur "comprendre Lacan " et son hermétisme partant de l'idée que 'tout ce qui se conçoit bien s'exprime clairement " même ou surtout quand on est psychanalyste.
Françoise Dolto avait fait une analyse lacanienne,elle adhérait à l'école freudienne de paris mais avait pris des distances par rapport au "maître" pour créer son propre discours

Présentation

  • : Le blog de Dominique LAURENT
  • Le blog de Dominique LAURENT
  • : faire connaître ma région, parler des problèmes qui me préoccupent, exposer mes coups de coeur
  • Contact

Recherche

Liens