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25 septembre 2008 4 25 /09 /septembre /2008 16:40


Un document assez rare, une carte postale du chevalement du puits de l’Epinard, est collée sur un des cahiers dont j’ai hérité de ma tante.
Rappelons que l’activité minière était intense tant à Noyant qu’à Châtillon, depuis le XVIe siècle. Les registres paroissiaux que tenaient les curés relatent divers accidents : les chutes des paroissiens dans des galeries de mines qui s’effondraient, creusant des trous dans les champs.

Cette carte illustre un poème, que « mademoiselle Camille » fit apprendre à ses élèves. 

  « le mineur »
Doux et bon soleil
Joyeux et vermeil ,
Heureux qui sur terre
Vit à ta lumière
Et, levant les yeux,
Aperçoit les cieux :
Au moins il respire
Un air libre et pur ;
Il voit, il admire
La voûte d’azur,
Les champs, les prairies
Vertes et fleuries ;
Des eaux et des bois
Il entend les voix.
Mais vivre sous terre,
Où rayonne luit,
Vivre dans la nuit,
Séjour du mystère,
Séjour de la mort
Ah ! quel triste sort !
C’est pourtant la vie
Du pauvre mineur.
Humble travailleur,
Il se sacrifie ;
Au soleil si beau,
Voyant, il renonce ;
Vivant, il s’enfonce
Dans le grand tombeau.
Dès que la lumière
Monte et nous éclaire,
Dans son puits glissant
Le mineur descend
Chercher son salaire,
Arracher du sein
De la dure terre
Sa vie te son pain.
Tout le jour il fouille
Le roc et la houille
Son pic à la main
Sous la basse mine
Courbant son échine
Tantôt sur le ventre,Tantôt sur le dos,*au fonds de son antre
Sans trêve ou repos.
C’est quand le jour tombe
Qu’il sort de sa tombe ;
Trop heureux encor
Le mineur, s’il sort !
Le grisou perfide
Le gaz homicide
Eclate, et souvent l’enterre vivant.

Quand le poêle chante
La douce chanson
Quand la grille ardente
Chauffe la maison ;
Quand le wagon roule
Sur le fer brillant ;
Quand bravant la houle,
Le bateau bruyant
Sur le flot bouillant
Emporte une foule,
Songeons au mineur ;
Car sans son labeur
Rude, opiniâtre,
Plus de feu dans l’âtre
Et plus de vapeur.
Songeons au mineur.

L’auteur me demeure inconnu. Il s'agirait d'une composition de mademoiselle Camille elle-même, ou de sa mère, que je n'en serais pas étonnée. L’œuvre n’est sans doute pas impérissable, les rimes trop riches pour être honnêtes, mais ce demeure un témoignage émouvant. 

« Mademoiselle Camille », ainsi que je l’ai toujours entendue appeler était la fille d’un couple d’instituteurs. L’école de Châtillon s’appelle « école Clotilde Dejoux » depuis le début du XXe siècle. Clotilde Dejoux et son mari étaient instituteurs dans les années 1890-1900. Leur fille, ainsi qu’un de leurs gendres leur ont succédé dans les années 1930 comptèrent parmi les premiers adeptes de la pédagogie dite « Freinet ».  

 

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commentaires

kéline 27/09/2008 10:54

mademoiselle Camille était à la fois institutrice, prof de sociologie, de morale, de poésie ( si ce poème est d'elle, avait - elle appris les rimes en s'inspirant des sanglots longs des violons de l'automne...)
bon week end Dominique

patriarch 25/09/2008 20:59

Emouvant ce poème et bien réel pour l'époque. Un brin de mémoire qui nous reste !!

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