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21 septembre 2008 7 21 /09 /septembre /2008 11:02


Voilà qui synthésise bien mon sentiment sur l"affaire de la "prime de transport". Quand Laurence Pariseau s'indigne du fait  que cette prime de transport est une charge qui va venir entraver l'activité des PME créatrices des richesses de la France, elle devrait admettre que l'augmentation du prix de l'essence constitue aussi une augmentation de charges des ouvriers ou employés, et que ceux-ci, aussi, créent des richesses.

Certes, sans entreprises,  pas de richesses, mais sans employés, pas d'entreprise à une époque, et dans une civilisation, où  l'esclavage, les corvées ou le travail forcé, ne sont plus d'actualité.

Une profession libérale ou un artisan peut choisir de ne pas employer de personnel : mais celà signifie pour lui qu'il devra plafonner son chiffre d'affaire, et, donc, son revenu. Pour qu'un chef d'entreprise puisse accroître son revenu, il est impératif que des salariés acceptent de travailler pour lui.

La relation chef d'entreprise - salarié est contractuelle et suppose, pour bien fonctionner, qu'il y ait des possibilités de négociations... sur le partage des bénéfices (notion d'"intéressement" inscrite dans la législation à l'instigation du général de Gaulle, en 1969) ou "revenus du capital", sur le temps et les conditions de travail, sur les avantages sociaux (sécurité sociale, retraite pour les vieux travailleurs : déjà le duc de Bourbonnais avait prévu des "hôpitaux" pour accueillir ses vieux serviteurs. Et la "société des marchands fréquentant la rivière de Loire et ses affluents" consciente de ce qui était son intérêt avait mis au point un système d'assurance "incapacité de travail" au XIVe siècle).

Pour limiter la concurrence déloyale que pourrait engendrer l'esprit d'entreprise du petit peuple, on peut, par une législation adéquate, empêcher le potentiel salarié de choisir de devenir "travailleur indépendant" par la mise en place une réglementation contraignante, entravant la création de très petites entreprises.

Pour m'être intéressée de près aux charges des entreprises, je conviens tout à fait qu'elles ont atteint un plafond. La problématique sur laquelle on devrait sérieusement se pencher, c'est la rationalisation de l'utilisation des sommes récoltées (ou dépenses publiques).
Mais si, individuellement, les salariés peuvent "booster" leur pouvoir d'achat en s'affranchissant d'un certain nombre de dépenses, il demeure que le prix de l'immobilier étant ce qu'il est, les classes moyennes, et la plus forte raison les classes populaires ne peuvent plus habiter les centres villes, et que celà génère des frais de déplacement.
Où ces frais doivent-ils être imputés : dans le coût de la production (si le salarié est reconnucomme étant  producteur d'une richesse, ce serait légitime) ? Un petit rappel historique : les sociétés, qui au XIXe siècle exploitaient les mines de charbon, s'étaient décidées à construire des logements "sociaux", ce qui a créé les paysages urbains si particuliers du nord de la France et de la Lorraine. Par chez nous, aussi : c'est ainsi qu'à Noyant, en 1911, furent construits les Corons. Mais d'autres entreprises comme Michelin à Clermont-Ferrand, optèrent pour la même politique d'entreprise.
Il n'est toutefois pas certain qu'actuellement, les salariés accepteraient d'habiter sur leur lieu de travail (si l'on a "inventé" les 35 heures, c'est bien parce que cette grande dépendance vis à vis de l'employeur n'est plus supportable). Et cette aspiration doit être considérée comme légitime : la médecine du travail observe qu'un bon salarié, bien productif, est celui qui est bien dans sa peau et a une vie familiale et sociale harmonieuse. 
Plutôt que de balayer d'un revers de main la question de la "prime de transport" sans accepter de considérer que les déplacements coûtent cher aux salariés (en argent et en temps), il est peut-être temps qu'employeurs et salariés étudient des solutions. Le cadre législatif existe d'ailleurs : par le biais des PDE (plans de déplacements d'entreprise).
Là où ces PDE ont été négociés et mis en oeuvre, des dispositions surprenantes sont prises... J'essayerai d'y revenir ultérieurement. 

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commentaires

jeanine et rené 22/09/2008 07:14

bonjour Dominique...très bonne analyse !

patriarch 21/09/2008 20:43

Je vais même plus loin, en dehors des richesses produites. ce sont les compagnons qui font la renommée de la société. A chaque fois que j'ai changé de patron, j'ai emmené "mes"clients avec moi. Je n'étais pas cadre, mais juste maître- ouvrier.

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