Lundi 26 mai 2008

En 2000, je suis allée suivre des cours d'italien à Florence : je n'étais plus retournée en Italie depuis 1976.
Je pars ce soir pour Florence : j'emmène ma mère qui ne connaît pas la Toscane et qui avait envie d'y aller. Mais au sein du groupe des retraités de la MGEN, on vote pour savoir quelle destination sera retenue pour les voyages. Et la Toscane n'est pas envisagée !!!
Voici un souvenir de Sienne : sur la photo, mon futur directeur de thèse. Il avait alors 62 ans. C'était un temps où les profs titulaires de chaire n'avaient pas de date limite d'âge pour partir en retraite. 10 ans après, il exerçait toujours ! Quand on fait un métier qui vous plaît !!! La réforme des retraites en 1984 (abaissement à 60 ans au lieu de 65 ans) a touché aussi les profs de fac : il lui a fallu partir, contraint et forcé. Mais en 1989, il faisait encore des recherches sur Tristan Duché, député de la Loire en 1852, et proscrit. Et entendait bien mener à terme une histoire du Forez !
A l'âge de 80 ans (ou peut-être un peu plus), il a été fait chevalier dans l'ordre de la légion d'honneur. Quand il me l'a appris, je lui ai dit pour le taquiner, car j'avais toujours pensé qu'il était indifférent à ce genre de reconnaissance : "vous souvenez-vous ce qu'a dit Napoléon Bonaparte quand il a fondé la Légion d'honneur ? : c'est avec des hochets qu'on gouverne les hommes".
"Oh ! mon petit, m'avait-il répondu : à mon âge, maintenant, c'est le genre de choses qui me fait plaisir ".
J'ai gardé ça dans un coin de ma mémoire et ai appris à accepter simplement les signes de reconnaissance positifs.
L'imagine-t'on, aua vu de cette photo, le jour de la remise de sa décoration, revêtu des toutes ses décorations, et notamment de son collier de commandeur des Palmes académiques, d'autant plus spectaculaire sur lui qu'il devait mesurer 1 m 60 ! 
 
Il m'a laissé choisir les sujets de maîtrise et de doctorat qui m'ont plu. Je n'avais aucune notion de "gestion de carrière" à l'époque : aussi, si je continue à faire de l'histoire, c'est à l'extérieur du système. Mais, comme E. Fournial, je ne vois pas pourquoi je m'arrêterais avant l'âge de 90 ans ! Il me faut simplement trouver un autre moyen de payer les charges courantes !
 

par Dominique LAURENT
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Lundi 26 mai 2008

Lorsque j’étais gamine à NOYANT, il n’y avait bien sûr plus de tickets de rationnement depuis belle lurette, mais l’on n’était pas encore entré dans la société de consommation que nous connaissons.
Au bourg, il n’y avait deux boulangeries, un maréchal ferrand, deux hôtels restaurants, deux boucheries-charcuteries, un café qui a disparu, un second café, une pharmacie,  un tabac journaux et un « Casino » qui existent toujours.
Naturellement, il n’y avait pas de pâtisserie, et pour les fêtes, on faisait des gâteaux « maison ».
Pour les œufs, le beurre et le lait, pas de problème : même en cas de pénurie, mes grands-parents auraient pu en fournir !

Je suis sur le vélo de ma grand-mère. Nous passons devant la saboterie de M. DEBOST.
Dans la cour, il y avait un puits où ma mère allait puiser l'eau, car bien souvent le puits qui alimentait les logemenst de l'école était à sec.
Mes grands-parrents maternels habitaient alors au VAUX, un hameau du village de CHATILLON. Elle mettait les oeufs et les fromages qu'elle vendait au marché du mercredi matin dans un panier comme celui installé devant le guidon. A l'époque, la directive européenne HACCP n'avait même pas été imaginée... et jamais personne n'a été malade.

Je connaissais M. et Mme Casino sous ce seul nom (en réalité, ils s’appelaient M. et Mme BOULICOT) : et c’est chez eux qu’on allait s’approvisionner. Et à l’occasion de mon anniversaire, ils étaient nos pourvoyeurs (comme on dit au Québec)  en biscuits « thé BRUN » (les biscuits « à la cuiller » étant la matière d’œuvre des « charlottes »).

Quand nous avons quitté NOYANT pour SAINT-ETIENNE, avec l’augmentation du niveau de vie, nous avons découvert les pâtissiers : et mon gâteau d’anniversaire fut longtemps un délicieux gâteau appelé « Tosca » par son inventeur, à base de pâte d’amandes et de mousseline pralinée. Et puis je suis partie faire mon « tour de France » grâce au ministère de l’Education nationale. A MAMERS, je me suis gavée de Paris-Brest, de la pâtisserie MALAVIELLE (le meilleur que j'ai jamais mangé) !

Il y a quelques années, alors que j’étais de retour dans l’Allier, ma mère m’a demandé ce qui me ferait plaisir comme gâteau pour mon anniversaire. « As-tu toujours la recette du gâteau aux thés BRUN ? ».
Et depuis, c’est un rituel. Bien sûr, les thés BRUN sont devenus des thés LU et maintenant des « thés je ne sais quoi », mais il y a toujours possibilité de trouver la matière première pour faire mon gâteau. Sur les boîtes de thés BRUN, il y a eu d’autres recettes (que j’ai dans le cahier de recettes hérité de ma grand-mère, Marthe DAMORET), mais aucune n’a jamais atteint à mes yeux, la qualité de ce gâteau-ci :
 


ingrédients : 
2 carrés de chocolat noir.
120 gr de beurre frais
sucre semoule
2 œufs

Travailler ensemble les 120 gr de beurre frais, 14 cuillers à café de sucre semoule et 2 jaunes d’œufs. Bien malaxer le tout.
Battre à part les blancs d’œufs et lorsqu’ils sont montés légèrement, les mélanger à la pâte.
Faire du café fort.

Sur un morceau de papier sulfurisé, étendre une couche de biscuits « Thé BRUN », trempés quelques instants dans le café froid (6 biscuits)
Sur cette couche de biscuits, tartiner la crème au beurre et aux œufs ci-dessus.
Puis alterner une couche de biscuits trempés et une couche de crème.
Terminer par une couche de crème sur laquelle on saupoudre des copeaux du chocolat noir que l’on a râpé.

par Dominique LAURENT publié dans : Noyant, Châtillon, etc...
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