Vendredi 2 mai 2008

A Saint Etienne, je ne manquais jamais d'aller au meeting puis à la manif du premier mai (il paraîtrait que la vente du muguet par les "jeunesses  communistes"  n'était pas ce qui finançait les dépenses du parti !). J'adorais l'atmosphère de cette foule qui communiait dans un grand mythe.
Il est vrai aussi que quand j'entre dans une église (surtout orthodoxe), j'ai une envie irrepressible de faire brûler un cierge !
Le rassemblement du 1er mai me manquait ! L'ennui c'est que ceux organisés à Moulins sont un peu tristounes.  Aussi ai-je été ravie quand, il y a trois ans, à Noyant, l'association de la mine a pris l'initiative d'honorer ses mineurs en ce jour de fête du travail. (Un ennui, l'ascension tombant cette année un 1er mai, j'ai raté la fête de la rivière, à Embraud).

Je suis arrivée sur le carreau de la mine un peu en retard. Les deux premières années, l'accent avait été mis sur les discours des politiques : je ne me suis donc pas pressée. Je me rends toujours avec beaucoup d'émotion en ce lieu : car, c'est là, qu'en 1957, avaient été implantées en urgence deux classes "enfantines" pour faire face à l'afflux d'enfants rapatriés d'Indochine. Et que j'étais dans l'une de ces classes.

            


Je suis entrée dans la chambre "chaude" (appelée aussi "salle des pendus" car c'est là que les mineurs accrochaient leurs vêtements, en hauteur), alors que la chorale de Buxières (les-Mines) un autre village minier, situé à une vingtaine de kilomètres, chantait avec brio les "Corons" de Pierre Bachelet. Très pertinent ! De plus, les ténors assuraient et réussissaient à couvrir la voix aigrelette d'une soprano titillée par une vocation de soliste. Jouer collectif n'est pas toujours facile ! A suivi "mon amant de Saint Jean" puis une chanson d'Aznavour, moins réussie.  J'ai éprouvé un sentiment étrange : je viens de comprendre pourquoi... A aucun moment n'a retenti l'Internationale. Nostalgie ! A Saint-Etienne, à la fin de la cérémonie à la Bourse du Travail, l'officiant  se levait pour l'entonner, ce qui signifait : "Ite missa est !" Et nous partions pour une manif de plusieurs kilomètres. Comme ce jour de fête des travailleurs, il n'y avait pas de transport en commun, j'ajoutais 6 km pour rentrer chez moi.

                                     

Mais une autre surprise m'attendait : une évocation de la vie aux Corons était prévue.

                                            

D'après ce que j'ai pu en saisir (car certains acteurs auraient mérité d'être sonorisés), les textes rédigés à l'occasion sont extrêmement intéressants.  
Après l'apéritif (je n'achète jamais de chips : trop tentant ! trop gras ! Et à Noyant, il y a toujours avec le blanc cassis.. au vin blanc de de Saint-Pourçain comme il se doit. Je dois me retenir pour ne pas en faire une orgie), un repas était servi à la salle des fêtes.
Les dames de l'association de la mine ou du Comité des Fêtes, je ne sais, avaient comme d'habitude posé sur les tables de très mignons petits bouquets, composés à partir de fleurs des champs ou de leur jardin. 
                        

Avant le fromage et le dessert, Jean (dont le vrai prénom est Wladislaw) Gawlas, le dernier des mineurs de Noyant, est venu lire un récit qu'il avait rédigé sous l'affectueuse pression de Madame Cécile Hardouin. 

Un nouveau témoignage à ajouter à ceux de l'an dernier, dont l'un, sur le passage de la division "das Reich" à Châtillon et à Noyant est venu corroborer ce que j'avais entendu raconter sur ces jours de juin 1944. Je reviendrai sur cet épisode.... 
 

 

 

 

par Dominique LAURENT publié dans : Noyant, Châtillon, etc...
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