Samedi 26 avril 2008


Il y en a actuellement plein les fossés, le long des routes, sur les talus qui soutiennent les "trasses". Le coucou est une primevère. Pour moi indissociable d'une autre plante, la pulmonaire, car lorsque j'étais à l'école de Noyant, le printemps était le début des "classes promenades" et que le long des chemins, il y avait à profusion de ces deux plantes.
Avec le chien, nous irons vérifier que les pulmonaires (que nous appelions "fleurs de vipères") n'ont pas disparu (parce que plus sensibles aux désherbants).
Il paraît que mon arrière-grand-mère réfusait que l'on apporte des bouquets de coucous dans la maison car celà empêchait les poules de pondre !
 

par Dominique LAURENT publié dans : Noyant, Châtillon, etc...
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Samedi 26 avril 2008

Fort de 10 années d’expérience, Archambaud vous donne quelques conseils utiles pour éduquer votre humain.


Mes chers neveux,


Avec les premiers beaux jours, mon humaine va vouloir se livrer à un rituel que les anthropologues appellent « travaux de jardinage ».
Comme moi, soyez opiniâtres : il m’a fallu plusieurs années pour lui apprendre à ne pas enfouir des bulbes dans la terre où j'enterre mes os. Et à la décourager de planter sur mon territoire…
Soyez patients et nous vous énervez pas : elle prétendait m’empêcher de me coucher sur les massifs d’iris. C’est une couche tellement agréable quand ils commencent à fleurir !

J’ai passé un agréable après-midi à déterrer les os que les humains d’à côté m’ont offert l'été dernier. Après cet excellent exercice physique, je vais me relaxer …

 Eh, les p'tits loups ! je lui ai appris un tour.. Quand je me mets comme ça...

elle vient me gratter sous le ventre .....

 

par Dominique LAURENT publié dans : Les conseils de l'oncle Archie.
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Vendredi 25 avril 2008

De façon générale, je trouve qu'on bourre le crâne des gens en leur répétant que les temps sont durs, que la vie est chère etc... On répète aux jeunes qu'ils n'ont pas d'avenir : comment s'étonner qu'ils en soient persuadés
puisque ce sont les adultes, ceux qui détiennent le savoir, qui le leur disent depuis leur enfance ?
Les Haïtiens, les Malgaches.... qui consacrent 95 % de leurs revenus à acheter de la nourriture, notamment le riz ou les céréales qui constituent l'essentiel de leur alimentation ont des raisons de s'inquiéter de l'augmentation de leur prix, parce que dans les pays riches, on spécule sur le prix du blé, et que la voiture étant indispensable, si l'on manque de pétrole il faut bien transformer les céréales en "carburant vert".

Mais nous, nous avons quand même des marges de manoeuvre.

J'avais un bon de réduction de 0 € 50 dans un hyper marché, sur le rayon fruits et légumes, à condition que j'achète pour 5 € des dits produits. Etant seule, je me soucie assez peu de ces "offres" qui sont un moyen de nous faire consommer ce que nous n'aurions pas pensé à consommer. Les fameux bons de réduction imprimés que je trouve dans ma boîte aux lettres et qui permettent, paraît-il, d'acheter "malin" voudraient en réalité m'inciter à acheter des produits industriels, donc à changer mes habitudes de consommation et à m'orienter vers des aliments avec graisse et sucre ajoutés, ce dont je n'ai évidemment pas besoin. J'ai encore 12 kilos de trop.

Hier, j'avais besoin de fruits et légumes frais. J'ai commencé à acheter ce qui m'était nécessaire :
1°) des épinards frais, dont je compte faire une (ou plutôt deux) salade. Un plat unique, avec 2 oeufs cuits durs en stock dans mon frigo (0 € 40 pour 2 oeufs bio - j'ai des goûts de luxe !), dans lequel je rajoute ordinairement des agrumes.
         0 kg 256 d'épinards = 0 € 64  (32 centimes pour une bonne ration de salade).
2°) un demi pamplemousse (car on ne vendait les oranges que j'ajoute à ma salade que par sachets de 4 kg !)                        
          un pamplemousse = 0 € 85
3°) je remplacerai les oranges par une demi pomme, coupée en quartiers :
          6 pommes pour 0 € 71

Pour assaisonner ma salade d'épinards, je fais soit une sauce vinaigrette, soit une sauce au yaourt : aujourd'hui, ce sera sauce au yaourt (0 € 55 pour 4 yaourts : ma sauce me coûte environ 14 centimes), dilué avec le  jus de pamplemousse qui se sera échappé en pelant à vif les quartiers.
 
total : 1 € 35. J'étais encore loin des 5 €.

Qu'acheter comme légumes qui ne perde pas ses qualités nutritionnelles quand on les garde au frigo quelques jours ?
1°)  des betteraves cuites. Le printemps arrive : je vais refaire de la soupe froide lettonne
     3 bettraves cuites = 1 € 82
2°) des pommes de terre : la soupe lettone se mange avec des pommes de terre cuites à l'eau et un peu de crème surette.
     0 kg 500 de pommes de terre  ( 6 petites P de T) = 0 € 50

Je vais pouvoir me préparer 3 jours de soupe froide.
Mais je n'ai dépensé que 3 € 67. Reste 1 € 33 à employer : à l'époque où tout le monde perçoit la vie comme trop chère, je commence à me demander si je ne suis pas une extra terrestre.

Je retourne une troisième fois vers l'employé faire peser 3 petites bananes : "vous n'en avez que pour 42 centimes" m'annonce-t'il, hilare ! 

Vais-je pouvoir utiliser mon bon de réduction ? Heureusement, j'avise un artichaut : à 1 € 50 la pièce.

N.B. : Je mettrai en ligne la recette de la soupe lettone sous peu.


 


par Dominique LAURENT publié dans : mes coups de gueule
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Jeudi 24 avril 2008

Le dernier poilu est mort le 12 mars 2008 : il s’appelait Lazare Ponticelli

 

Tous les frères de mon grand-père paternel, né en 1903, étaient anciens combattants de cette guerre : l’oncle Gabriel a été porté disparu en Champagne, l’oncle Louis était sur le front de Crimée. Mon oncle « Cadet » (il s’appelait Gilbert) a reçu la Croix de guerre en 1964 (je m’en souviens, car il a en a parlé à la communion de mon cousin Maurice, et que Maurice a un mois de moins que moi.  Et qu’à 12 ans, nous avions trouvé qu’une médaille reconnaissant des mérites,  47 ans après les évènements c’était un peu se moquer du monde !). A ce moment, j’ai un doute : est-ce l’oncle Martin qui a été incorporé à l’âge de 17 ans ? Je ne les ai personnellement jamais entendu parler de cette « grande guerre ». Qu’en disaient-ils ? Ils l'évoquaient au cours de toutes les veillées, mais n'en disaient en réalité pas grand-chose, je crois.

Mon grand-père paternel aussi fut "Poilu". Mais je ne l'ai jamais entendu l'évoquer, à l'exception d'une fois : il m’a expliqué qu’il était mécanicien dans l’aviation et qu’il n’était monté que 2 fois dans un de ces engins, car cela lui avait donné envie de vomir ! A la mort de mes grands-parents, ma tante avait retrouvé des photos jaunies et très délavées, d'alignement d'obus et de soldats inconnus.


Ce qui m’a frappée en entendant s’exprimer les anciens Poilus survivants au cours de ces dernières années où l’on a enfin eu à cœur de recueillir leurs témoignages, c’était le grand pacifisme, l’absence d’illusions sur les motivations de la guerre. Propos qui faisaient écho à certains textes allemands que j’avais traduits lorsque j’apprenais cette langue : notamment ceux de de Kurt Tucholsky. On y parlait de scènes de fraternisation entre les soldats des deux nations. Et puis l'on retournait se battre ! Ces propos détonnaient avec ceux tenus sur les "Boches" quand on parlait de la seconde guerre mondiale.
Il a fallu attendre les années 2000 pour que le tabou sur les fraternisations soit levé et qu’un cinéaste réalise un film sur ce sujet : « Joyeux Noël ».


Dans le département de l’Allier, et dans la Loire voisine, on trouve un certain nombre de monuments aux morts pacifistes, notamment à Saint-Martin d’Estreaux. Tous ces monuments alignent des listes impressionnantes de noms, qui attestent bien de ce que fut cette guerre, qu'on espérait être la "Der des der", la toute dernière.

J’ai longtemps habité Saint-Etienne et je me souviens d’une rue des Martyrs de Vingré. Elle devait sa notoriété à l’activité commerciale qui s’y exerçait : la prostitution. Et je ne m’y suis guère aventurée avant qu’une opération de réhabilitation urbaine remette en valeur ce quartier de la ville. Je n’ai découvert que récemment qui étaient ces « martyrs ». Quand Lionel Jospin, alors Premier Ministre, a pris la responsabilité de réhabiliter les « fusillés pour l’exemple ». Sujet tabou lui aussi, qui fut l’objet  d’un des premiers films de Stanley Kubrik : « les sentiers de la Gloire ». Réalisé en 1957, sorti en France en 1973 seulement !


La revue d’histoire locale à laquelle je collabore a publié un long et intéressant article en 1999, dans son numéro 284 : sous le titre « Les fusillés de Vingré » par André Sérézat. E


Les 6 fusillés étaient : le caporal Henry Floch, greffier de justice de paix à Bréteuil (Eure), le soldat Jean Blanchard, 35 ans, cultivateur à Ambierle (Loire), Francisque Durantet, 36 ans, aussi cultivateur à Ambierle, Pierre Gay, 30 ans, cultivateur à Tréteau (Allier), Claude Pettelet, 27 ans, cultivateur à La Guillermie (Allier), et Jean Quinaud, 28 ans, cultivateur à Huriel (Allier).

Le  Moniteur de l’Allier  du 26 octobre 1919 reproduit le récit fait par le soldat  Martinet  du  298e Régiment d’infanterie.
«Le 4 décembre 1914, la 21 ° compagnie du 298° RI dont je faisais partie, se trouvait en soutien des batteries d'artillerie placées à gauche des grottes de Confrécourt, entre le village de Faux et celui de Vingré.
A 6 h du matin, nous sommes relevés par une compagnie du 216° faisant partie comme nous de la 63° DI, et conduits en plein jour et à découvert sur Vingré, ce qui permit aux Boches de nous arroser copieusement de schrapnels.
Chemin faisant, des murmures circulaient que nous allions fusiller des camarades du 298° RI (toujours la même Division) qui, paraît-il, avaient fait abandon de leur poste devant l'ennemi.
En arrivant à Vingré, les bruits se transformèrent en réalité. On nous conduit sur un terrain situé derrière la maison brûlée (très connue des poilus) au bas du coteau à environ 600 m des lignes ennemies.
Six poteaux sont dressés. En les apercevant, un frisson passe parmi nous et l'on entend toutes sortes de murmures, même parmi les officiers subalternes qui, malgré ceci, nous engagent à respecter la discipline pour que nous n'ayons pas à en souffrir.
A 7 h, les 6 condamnés font leur apparition, encadrés d'hommes en armes. Ils sont tête nue et en bras de chemise, ils marchent crânement semblant donner un défi à leurs juges.
Arrivés sur le lieu de l'exécution, on fit présenter les armes aux 8 compagnies de piquet (un par régiment de la Division).
Après la triste cérémonie d'usage, lecture du code, etc..., les 6 hommes furent placés devant leur poteau respectif, les yeux bandés, et passés par les armes par un peloton de 72 hommes, sous les ordres d'un adjudant.
Je puis affirmer (ainsi que plusieurs camarades habitant Saint Étienne, présents comme moi à l'exécution) que ces hommes ont été braves devant la mort, aucun n'a défailli, ils ont tous attendu bravement le feu de la salve pour tomber.
J'ajouterai aussi que le sous-officier commandant le peloton a crié à haute voix : « Feu ! » et donné le coup de grâce avec un fusil.
Après l'exécution, nous avons défilé devant les cadavres, clairons en tête.
L’émotion fut forte parmi nous, chacun ressentit un découragement assez fort et les rapports de cuisine roulèrent leur train. Il serait trop long à vous les énoncer, car nous autres poilus reprenions les premières lignes le soir même, dans l’eau et la boue jusqu’aux genoux » .


La guerre avait été déclarée depuis 4 mois seulement.


Dernière lettre du caporal Floch :
« Le 27 novembre 1914 : Ma chère Lucie. Quand cette lettre te parviendra, je serai mort fusillé. {…}.
Le 27 novembre vers 5 heures du soir, après un violent bombardement de deux heures, dans une tranchée de première ligne, et alors que nous finissions la soupe, des Allemands se sont amenés par la tranchée, m’ont fait prisonnier avec deux autres camarades. J’ai profité d’un moment de bousculade pour m’échapper des mains des Allemands. J’ai rejoint mes camarades, et ensuite, j’ai été accusé d’abandon de poste en face de l’ennemi ».


Dernière lettre du soldat Jean Quinaud :
« Ma chère femme,
Je t’écris mes dernières nouvelles. C’est  fini pour moi. C’est bien triste. J’ai pas le courage. {…}
Il nous est arrivé une histoire dans la compagnie. Nous sommes passés 24 au Conseil de guerre. Nous sommes six condamnés à mort. ».


Dernière du soldat Pierre Gay :
Le 27 novembre à 3 heures du soir, l’artillerie allemande s’est mise à bombarder les tranchées pendant deux heures. La première section qui était à notre droite a évacué sa tranchée sans qu’on le sache. Vers 5 h. du soir, nous mangions la soupe ne veillant devant nos créneaux, quand, tout à coup , les Allemands viennent par la tranchée de la première section, on nous croise la baïonnette sur la poitrine en disant : « Rendez-vous, haut les mains, on vous fusille ». Je me suis vu prisonnier avec un autre de mon escouade. Je saisis un moment d’inattention pour m’échapper. {…} Comme je n’ai plus vu les camarades, je suis descendu par la tranchée pour rejoindre ma section et nous sommes remontés pour réoccuper la tranchée. »
Le lendemain, tous les officiers et chefs de section étaient bien à leurs postes, et nous, pour ne pas être restés prisonniers des allemands, nous avons passé en Conseil de guerre. »


Dernière lettre du soldat Claude Pettelet
Je vous écrit cette lettre pour vous annoncer une bien mauvaise nouvelle au sujet de sprisonniers qu’ils nous ont fait. Nous on s’est sauvé et on croyait sauver sa vie, mais pas du tout. Je suis été appelé devant le Conseil de guerre avec toute la demi-section dont je faisais partie. On est 6 qui sont condamnés à mort. {…} Mon motif qu’ils m’ont porté est « abandon de poste en présence de l’ennemi ». Je n’ai toujours pas tué ni volé, et celui qui nous a condamné, j’espère de le voir un jour devant Dieu ».

Le député Berthon, dans la discussion du budget de la guerre, en date du 25 février 1921 intervient auprès du ministre : il indique que si la Cour de cassation a réhabilité les fusillés de Vingré, il n’agit pas du seul cas de justice expéditive : « il y en a une série. J’ai tout un dossier sur des faits analogues ». 
 
Les condamnations à mort des Cours martiales s’étaient en effet poursuivies tout au long de la guerre de 14-18 avec une pointe en 1917. Les mutineries au sein de l'armée françaises sont contestées, mais ont été bien réelles dans l'armée autrichienne et dans l'armée russe. Et attestées au sein de la flotte française dans la Mer Noire.
 

 

par Dominique LAURENT
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Mercredi 16 avril 2008
par Dominique LAURENT
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Mardi 15 avril 2008


Les "émeutes de la faim", en Afrique, en Afrique du nord, à Haïti, mais aussi en Roumanie... m'ont fait rechercher des ouvrages qui ont longtemps été mes livres de chevet. Et dont j'avais préféré oublier la teneur.

J'ai d'abord relu René DUMONT. En 1969, il publait : "l'Afrique noire est mal partie". Neuf ans après l'indépendance, il dressait un constat peu optimiste. 
En 1972, il étudiait plus précisément les paysanneries de du Sri Lanka (Ceylan), de Tunisie et du Sénégal, dont j'intègre quelques extraits.

A part une indulgence pour Cuba (mais sa deuxième visite dans ce pays lui permettait de nuancer sa première impression), la plupart de ses remarques sont encore pertinentes. 
A la relecture, je m'aperçois en outre que beaucoup de ses analyses peuvent s'appliquer au devenir de notre société française (en 1972, on était dans les "Trente Glorieuses te personne n'imaginait que la sidérurgie serait un jour un secteur sinistré). 
On pourra être surpris qu'il place le Québec sur le même plan que les pays "sous développés" : je rappelerais que c'est dans les années 1970 que les inpendantistes, pris par un vent de folie, enlevèrent un ministre et l'étranglèrent.  Actuellement, beaucoup de Français partent au Québec pour chercher un emploi dans un pays en pleine prospérité : il y a sans doute lieu d'étudier de plus près ce qui s'y est passé entre 1970 et 2000.
En 1973, le Chili tombait entre les mains d'une dictature militaire, largement téléguidée par les intérêts économiques de grands groupes capitalistes.
On ne  parle pas de Monsento. ! Et pourtant ...
En 1971, la population agricole en France représentait encore près de 30 % de la population active : moins de 5%, maintenant, comme au Québec (les objectifs des plans Mansholt et Vedel ont ainsi atteints). Et le taux de chômage est plus important que celui du Québec à la même époque. L'aide sociale permet aux chômeurs habitant la périphérie de nos villes (les "quartiers") de survivre.
Le colonel Bokassa ne s'était pas encore fait couronner empereur : à Bangui Tutsi et Hutus cohabitaient encore.

Quand un groupe international propose à ses salariés de les réemployer dans ses usines du Brésil ou de Turquie,  n'est-on pas retombé dans une nouvelle phase de "formation massive d'un prolétariat misérable, disponible pour une nouvelle Révolution industrielle" ? 


Comme nous avons essayé de montrer dans ces trois exemples, par les voies jusqu'ici explorées, dans un cadre capitaliste ou pseudo-socialiste, la plupart des pays attardés, ceux du « capitalisme périphérique », ne sont pas en voie de développement; leurs paysanneries, pauvres ou appauvries, n'espèrent plus guère s'en sortir. Les jeunes Cinghalais tentent une révolte quasi suicidaire; les fellahs Tunisiens sont de plus eu plus dépossédés de leurs terres et de leur travail; ils ne peuvent encore se défendre contre plus puissants qu'eux ; les paysans Sénégalais sont acculés à rejeter un « progrès », un système de modernisation, qui augmentait leur dépendance et abaissait leur niveau de vie, compromettait jusqu'à leur dignité; les voici qui se retournent vers une économie plus orientée vers la subsistance.  ...
Des minorités privilégiées urbaines de couleur ont pris une partie de la place des colonisateurs blancs ; leurs prélèvements abusifs, leur peu de souci de l'intérêt général, leur alliance enfin avec le néocolonialisme en fait, dans leur majorité, une classe parasitaire, qui méritera donc de sauter. Je l'avais déjà expliqué à David Dacko à Bangui, en juillet 1965. S'il a bien perdu le pouvoir, son successeur le « colonel » Bokassa, ne fait pas mieux que lui. Certes l'impérialisme et le néocolonialisme jouent un rôle dominant; mais le
s difficultés internes ne doivent pas être sous-estimées. Chili et Pérou, Tanzanie et Zambie, parmi d'autres, nous montrent qu'il subsiste une marge de manœuvre pour ceux qui veulent affermir leur indépendance; aussi grâce au « camp socialiste ».
En Trinidad et Tobago, j'ai trouvé un chômage effroyable, dont j'ai même pu ressentir physiquement les conséquences, au cours d'une agression à Port of Spain. Le Québec de la fin de 1971 compte 9 % de chômeurs et 5 % d'agriculteurs : proportion qui laisse d'autant plus à réfléchir qu'une bonne partie de ces derniers vit aussi de l'assistance sociale. Certes j'ai cherché, dès 1935 et surtout après 1945, à expliquer aux agriculteurs français que la diminution de leur nombre était un corollaire impératif du développement industriel, donc du progrès économique général. Il n'en reste pas moins que cette transformation des structures agraires entraîne de dures souffrances, que l'on pourrait réduire plus largement et plus intelligemment, en refusant les réductions massives de culture prévues par les plans Mansholt et Vedel, stupides dans une Europe qui reste encore très déficitaire. C'est une totale réorientation de l'économie agraire européenne, axée sur les prairies naturelles, les fourrages, les céréales secondaires et la viande de bœuf, ainsi que sur les fruits et légumes, qui nous paraît s'imposer. Ceci permettrait de laisser la grande majorité de la production du sucre et des oléagineux aux pays tropicaux, leur ouvrant ainsi de précieux débouchés, facilitant leur plus rapide industrialisation.
Un tel programme ne paraît réalisable à bref délai que dans le cadre d'une économie intelligemment planifiée à l'échelle mondiale ; ce qui nécessite de refouler les dominations.
Cette planification, qui serait réalisée par le gouvernement mondial (qu'imposera un jour le contrôle des climats), devrait insister sur l'urgente nécessité d'épargner les ressources naturelles non renouvelables, que nous gaspillons follement, sans tenir compte des besoins des générations futures. Elle assurerait la préservation de la nature et des potentiels de production, base de survie pour demain, comme d'une vie plus équilibrée. Elle ne donnerait donc plus, comme jusqu'à présent une priorité absolue à l'accroissement de TOUTES les productions, même futiles, même nuisibles;
elle viserait d'abord la fourniture prioritaire à TOUS les habitants de la planète, dans le cadre d'un socialisme de semi-austérité, d'un minimum de vie décente : logement, loisirs et instruction permanente inclus, avec l'alimentation et la vêture; mais automobile individuelle exclue, surtout des zones densément peuplées, si l'on veut continuer à y cultiver et à y vivre. Ce qui obligera bientôt, non seulement à la réduction, mais à la suppression ultérieure du taux de croissance démographique; donc à la stabilisation de la population mondiale : premier pas vers une meilleure répartition mondiale de celle-ci, conséquence normale de l'abaissement de toutes les barrières. Le métissage généralisé qui en résulterait contribuerait à extirper racisme et chauvinisme.
Cette « utopie » nous paraît d'autant plus s'imposer que les réalistes gouvernant à ce jour nous acculent dans une série d'impasses. Les pays développés ont élaboré péniblement, tout au long des deux ou trois derniers siècles, une science médicale capable d'améliorer très progressivement les chances de survie, abaissant très lentement les taux de mortalité, permettant donc le relèvement du niveau de vie, en réduisant la natalité. Transposée brutalement en pays dominés et attardés, une fois qu'elle était pourvue de sa toute-puissance, cette science médicale y a déclenché une explosion démographique que je ne suis plus seul à trouver terrifiante. Les pays riches ont réalisé progressivement leurs révolutions agricoles, en faisant d'abord intervenir de plus en plus largement la traction animale, et en utilisant un matériel agricole lentement perfectionné; ce qui incitait à un exode rural généralement très progressif. Certes le départ fut ensuite plus brutal, comme lors des enclosures anglaises, qui
provoquèrent la formation massive d'un prolétariat misérable, disponible pour la Révolution industrielle.
A ses débuts pourtant, celle-ci employait beaucoup d'hommes; elle s'est souvent révélée capable de venir (en longue période) à bout de l'essentiel du chômage des pays développés; sauf lors des grandes crises du type 1929-1938, et en quelques pays développés et dominés, comme le Québec.m

 

 

par Dominique LAURENT publié dans : mes coups de gueule
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Dimanche 13 avril 2008
Merci de m'informer que le téléchargement de la conférence fonctionne. J'ai pour habitude d'écouter les émissions radio que j'ai ratées alors que je n'ai pas l'ADSL : il doit donc y avoir une solution technique (en 35 mn, je n'avais chargé que 18 % du fichier en mémoire tampon !!!) pour compresser (à moins qu'il ne faille décompresser).
Pour répondre à la question qui m'est posée : la caractéristique du Bourbonnais médiéval, par rapport à d'autres régions de France) me paraît résider dans l'absence de métiers organisés (ou "jurés") - ce qui m'ouvre une piste de recherches pour savoir quand ils se sont organisés (et fermés en contre partie). Et comme dans d'autres secteur (les "maisons des pauvres malades" ou Hôtels Dieu), l'irruption dans l'exercice de compétences, soit de l'Eglise soit de l'autorité seigneuriale (j'ai failli dire de l'Etat : l'habitude !) des communautés d'habitants.
par Dominique LAURENT publié dans : note d'info
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Samedi 12 avril 2008

Georges Simenon entra comme secrétaire au service du marquis de Tracy, alors qu'il avait une vingtaine d'années. Il a situé 3 de ses romans en Bourbonnais : "les inconnus dans la maison", qui se déroule à Moulins, et deux Maigret ; "l'affaire Saint Fiacre", dans lequel Maigret revient au château dont son père fut le régisseur et "Maigret à Vichy". Je proposerai prochainement une visite de Vichy sur les pas de Maigret.
Si l'on en juge par le portrait qu'il dresse des protagonistes des "Inconnus dans la maisons", Simenon a peu apprécié les milieux de grosse bourgeoisie de province et d'aristocrates ruraux qu'il a cotoyés pendant son séjour dans notre région. Mais ils lui ont permis d'engranger matière à romans.  
Le château de Paray-le-Frésil sert de cadre à "l'affaire Saint Fiacre".

C'était la demeure du marquis de Tracy. La famille de Tracy compte un philosophe (Destutt de Tracy, député de  Moulins pour la Noblesse avant de se rallier au Tiers Etat) mais surtout, plusieurs de ses membres ont contribué à l'amélioration des techniques agricoles et à l'amendement de la Sologne bourbonnaise.


La sologne bourbonnaise est un pays d'étangs et de bois.


On a compris que l'argile y était abondante. C'est pourquoi les constructions en briques rouges et noires sont caractéristiques de la Sologne bourbonniase comme elles le sont de l'autre Sologne.

 

Les plus beaux bâtiments étant  bien sûr ceux qui allient structure en bois et brique.

par Dominique LAURENT publié dans : la culture en province
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Mercredi 9 avril 2008

Il y a des familles dans lesquelles on parle beaucoup. D’autres dans lesquelles l’on se tait. On peut parler beaucoup sans qu’il y ait  qualité de la communication :  l’on parle pour ne rien dire vraiment.
Il y a des familles dans lesquelles on parle beaucoup de ceux qui nous ont précédés, d’autres sur lesquelles l’on a tiré un trait sur le passé.
Ces non-dits sont appelés "secrets de famille". Ils ne sont pas forcément délibérés, et ne sont pas secrets pour tout le monde. Et c'est celà qui est passionnant. Ne connaître que des bribes de vérité peut être une souffrance parce que celà ne permet pas d'expliquer le monde qui nous entoure.

Ma grand-mère maternelle (Adeline LAJON) était, comme son frère et l’une de ses sœurs, pupille de l’Assistance Publique de Paris. Ça a rempli toute sa vie. Ça a aussi rempli une bonne partie de la mienne. A MAMERS, lorsque je travaillais au secrétariat du lycée, étaient scolarisées des pupilles de  l’Assistance Publique de Paris : et je veillais sur elles (eux) avec soin. Certain(e)s traînaient des histoires atroces : je me souviens plus particulièrement de cette élève de seconde qui haïssait son père qui l’avait abandonnée dans un autobus avec son frère. Elle s’est retrouvée enceinte à 16 ans : c’était loin d’être un accident et je la revois rayonnante avec son bébé. Elle avait fondé SA famille.
Ma grand tante Louise (Louise était un pseudonyme : son vrai prénom était Adrienne) s’était pareillement mariée à 16 ans.


Tous mes grands oncles, les frères de mon grand-père maternel (Emile GUILLAUMIN) sont partis au front pendant la guerre de 1914-18 : l’oncle Cadet (le deuxième garçon de la famille), l’oncle Louis (celui qui est resté célibataire), l’oncle Martin, le parrain de ma mère.  Et surtout L’ABSENT : l’aîné des fils, l’oncle Gabriel. Porté disparu en Champagne en 1917. Celui que je connaissais par sa photo en uniforme de chasseur alpin accrochée sur le mur en face du lit de mon arrière grand-mère ! Plus tard, au décès de celle-ci (elle est morte à 100 ans), cette même photo a été imprimée sur une  plaque posée sur sa tombe. Ma mère me raconte que quand elle était enfant, elle rêvait que l’oncle Gabriel sortait de son cadre et lui parlait.


De la famille de mon père, je n’ai longtemps pas su grand-chose : mon grand-père Antonin LAURENT (le fils d’Antoine) était fils unique. J’ai appris par ma grand-mère qu’en réalité mon arrière grand-mère avait porté 9 enfants et qu’il était le seul survivant : elle disait aussi, parlant de sa belle-mère (et avec un peu d'acrimonie) "elle aimait plus les assistés qu’on lui confiait que son propre fils". Elle a tenu ces propos un jour où était venu le seul cousin j’ai jamais connu à mon grand-père : le "cousin de Saint-Menoux", un cousin germain qui aurait pu être son jumeau. Lui aussi fils unique. 

Ma grand-mère paternelle (Marthe DAMORET) a gardé toutes les cartes postales que lui envoyaient  ses frères et sœurs : elles ont échappé à un nettoyage par le vide et j’en ai hérité. Louise, sa sœur aînée était sa préférée. Quand je suis née, elle ne voyait plus ses frères : elle me parlait pourtant avec affection de Fernand, qui lui avait appris à faire du vélo et dont elle avait donné le prénom à sa fille. Ma grand-mère adorait sa propre grand-mère : Catherine SECRETAIN, inhumée à NEUVY et idôlatrait son parrain : Antoine SECRETAIN, marchand de vin à MOULINS, un grand bel homme, paraît-il, qui "à 70 ans passés, sautait encore les barrières à pieds joints" !

par Dominique LAURENT publié dans : histoires de famille
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Mercredi 9 avril 2008

Je n'arrive pas pour ma part à l'écouter (je n'ai pas le haut débit), mais elle se trouve sur http://sbel03.planet-allier.com.

par Dominique LAURENT publié dans : note d'info
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