Mardi 6 mai 2008

 

Mes chers neveux,


Notre famille est issue d’une longue lignée de prédateurs… et la chasse est notre noble tradition.

Autrefois, avant que nous n’apprivoisions les hommes, nous étions contraints de chasser pour notre nourriture. Se la faire apporter dans notre niche est un acquis social et nous ne devons en aucun cas revenir en arrière !

Réservons la chasse à des activités moins triviales : chasser le chat des voisins, par exemple. Le chat qui habite chez les humains d’à côté, même si les humains d’à côté sont sympa, est l’ennemi de meute dans tous les cas de figure, comme l’a si bien démontré Wolfi Marx (Wolfi Marx,  Chiens et chats, un antagonisme de plus de 10 000 ans, Londres, 1848) lorsqu’il habitait à Londres avec son humain qu'il appelait Karl.
  



On peut aussi chasser les oiseaux : dans le parc où j’habitais avant, il y avait des dizaines de corbeaux : mon humaine se moquait de moi : « courage, Archie ! tu vas bien finir par décoller un jour ! ». Les humains sont si ... humains.. Enfin, comme moi, soyez indulgents avec leur humanité !...

Même si ce sont nos humains qui partent à la chasse pour nous la rapporter, il vous faut savoir une chose importante en ce qui concerne la « gamelle » ! Pour ma part, je suis très bon prince, et je tolère que mon humaine reste à mes côtés pendant que je me sustente. Mais je n’admettrais pas que n’importe quel subalterne s’y aventure ! Montrez-leur les canines pour  qu’ils comprennent qu’un dominant mange tranquille !
( Moi, je n'ai pas de petits d'hommes à la niche. Mais mon copain Rex me disait l'autre jour qu'ils sont parfois très mal éduqués. Le sien vient lui piquer ses croquettes dans sa gamelle !!!)


Pour votre confort, faites-vous offrir une gamelle sur pieds (ça évite d’avoir à tendre le cou) .


A bientôt, mes chers neveux. Et faites faire quotidiennement des exercices d’obéissance à votre humain.


par Dominique LAURENT publié dans : Les conseils de l'oncle Archie.
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Dimanche 4 mai 2008

La cinquième liste :

Liste n° 5             
6 gilets de corps
6 caleçons
6 mouchoirs

a toujours déconcerté les exégètes, principalement à cause du manque total de chaussettes. (Thomas Mann lui-même, de nombreuses années plus tard, fut si préoccupé par ce problème qu'il écrivit là-dessus tout un drame, la Lingerie de Moïse, qu'il laissa accidentellement tomber dans un égout.)
Pourquoi ce géant littéraire supprima-t-il soudain les chaussettes de sa liste hebdomadaire ? Certainement pas, comme certains érudits le prétendent, par une manifestation de sa folie naissante, bien que Metterling ait à cette époque adopté certains comportements étranges. En premier lieu, il était continuellement persuadé d'être suivi ou de suivre quelqu'un, il entretint ses proches d'un complot gouvernemental ourdi pour lui voler son menton, et une fois même, lors de vacances à léna, il ne put rien prononcer d'autre que le mot « aubergine » pendant quatre jours entiers. Cependant, ces accès demeurèrent sporadi-
ques et n'ont rien à voir avec les chaussettes manquantes. Pas davantage que son émulation avec Kafka, qui, pendant une brève période de sa vie, cessa lui-même de porter des chaussettes.
Mais Eisenbud nous affirme que Metterling continua d'en porter. Il cessa simplement de les envoyer à la blanchisserie ! Et pourquoi ?
Parce qu'à cette époque il s'était procuré une nouvelle femme de ménage, Frau Milner, laquelle consentit à laver ses chaussettes à la main — geste qui émut Metterling au point qu'il légua à cette femme la totalité de sa fortune, qui consistait en un chapeau de feutre noir et un peu de tabac. Elle apparaît sous le nom d'Hilda dans son allégorie fantaisiste le Pus de la mère Brandt.
Manifestement, la personnalité de Metterling avait commencé à se détériorer dès 1894, si nous pouvons nous fier à la sixième liste :


Liste n° 6
25 mouchoirs
1 gilet de corps
5 caleçons
1 chaussette
et il n'y a rien d'étonnant à apprendre que ce fut à cette époque que commencèrent ses séances de psychanalyse avec Freud.
Il avait rencontré Freud des années auparavant à Vienne, où ils assistaient ensemble, à une représentation d'Œdipe-roi, à la fin de laquelle on avait dû emporter Freud sur un brancard, en pleine crise nerveuse.
Leurs séances furent orageuses, si nous en croyons les notes de Freud, et Metterling se montra franchement hostile. Une fois même il menaça Freud de lui amidonner la barbe, et dit souvent qu'il lui rappelait son blanchisseur...
Insensiblement, les rapports étranges entre Metterling et son père émergèrent. (Les spécialistes de Metterling sont déjà familiers avec son père, un fonctionnaire subalterne qui prenait plaisir à ridiculiser Metterling en le comparant à une saucisse.) Freud décrit un rêve significatif que Metterling lui avait relaté :
J'assiste à un dîner avec quelques amis quand soudain un homme surgit avec un bol de potage qu'il tient en laisse. Il accuse mes sous-vêtements de trahison ; une dame prend ma défense, et son cerveau tombe sur le sol. Dans son rêve, je trouve l'incident amusant et éclate de rire. Tout le monde se met et rire, à l'exception de mon blanchisseur qui demeure assis, rébarbatif et se fourre du porridge dans les oreilles. Mon père entre, ramasse le cerveau de la dame et s'enfuit avec. Il se précipite sur une place publique en hurlant : « Enfin ! Enfin ! Un cerveau pour moi seul ! Maintenant, je n'aurai plus besoin de me reposer sur mon imbécile de fils ! » Dans le rêve, ce comportement m'attriste, et je suis saisi du besoin irrésistible d'embrasser le linge du bourgmestre. (A cet endroit, le patient pleure et oublie la suite du rêve.)
Grâce aux éclaircissements apportés par ce rêve. Freud eut la possibilité de soigner Metterling, et les deux hommes devinrent amis en dehors des heures d'analyse, bien que Freud ne laissât jamais Metterling marcher derrière lui.

On annonce que dans le tome II, Eisenbud va étudier les listes 7 à 25, qui comprennent les années de « blanchisseuse privée » de Metterling, ainsi que son pathétique conflit avec le Chinois du coin.

 

par Dominique LAURENT
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Samedi 3 mai 2008

Avant l'invention des "hypermarchés", les villes étaient approvisionnées en fruits et légumes (de saison !) par des maraîchers. A Moulins, on appelait "saccarauds", les maraîchers de la rue de Decize. Leurs maisons subsistent presqu'inchangées : elles ont peu subi (pas encore !) les attaques des promoteurs immobiliers.
De la rue de Decize, on avait une vue directe sur les flèches de la cathédrale : les saccarauds transportaient leur production avec des brouettes à 3 roues. Un "primeur" du marché couvert, en a conservé une et présente des compositions florales, ou plutôt légumières !

  

 

par Dominique LAURENT
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Vendredi 2 mai 2008

A Saint Etienne, je ne manquais jamais d'aller au meeting puis à la manif du premier mai (il paraîtrait que la vente du muguet par les "jeunesses  communistes"  n'était pas ce qui finançait les dépenses du parti !). J'adorais l'atmosphère de cette foule qui communiait dans un grand mythe.
Il est vrai aussi que quand j'entre dans une église (surtout orthodoxe), j'ai une envie irrepressible de faire brûler un cierge !
Le rassemblement du 1er mai me manquait ! L'ennui c'est que ceux organisés à Moulins sont un peu tristounes.  Aussi ai-je été ravie quand, il y a trois ans, à Noyant, l'association de la mine a pris l'initiative d'honorer ses mineurs en ce jour de fête du travail. (Un ennui, l'ascension tombant cette année un 1er mai, j'ai raté la fête de la rivière, à Embraud).

Je suis arrivée sur le carreau de la mine un peu en retard. Les deux premières années, l'accent avait été mis sur les discours des politiques : je ne me suis donc pas pressée. Je me rends toujours avec beaucoup d'émotion en ce lieu : car, c'est là, qu'en 1957, avaient été implantées en urgence deux classes "enfantines" pour faire face à l'afflux d'enfants rapatriés d'Indochine. Et que j'étais dans l'une de ces classes.

            


Je suis entrée dans la chambre "chaude" (appelée aussi "salle des pendus" car c'est là que les mineurs accrochaient leurs vêtements, en hauteur), alors que la chorale de Buxières (les-Mines) un autre village minier, situé à une vingtaine de kilomètres, chantait avec brio les "Corons" de Pierre Bachelet. Très pertinent ! De plus, les ténors assuraient et réussissaient à couvrir la voix aigrelette d'une soprano titillée par une vocation de soliste. Jouer collectif n'est pas toujours facile ! A suivi "mon amant de Saint Jean" puis une chanson d'Aznavour, moins réussie.  J'ai éprouvé un sentiment étrange : je viens de comprendre pourquoi... A aucun moment n'a retenti l'Internationale. Nostalgie ! A Saint-Etienne, à la fin de la cérémonie à la Bourse du Travail, l'officiant  se levait pour l'entonner, ce qui signifait : "Ite missa est !" Et nous partions pour une manif de plusieurs kilomètres. Comme ce jour de fête des travailleurs, il n'y avait pas de transport en commun, j'ajoutais 6 km pour rentrer chez moi.

                                     

Mais une autre surprise m'attendait : une évocation de la vie aux Corons était prévue.

                                            

D'après ce que j'ai pu en saisir (car certains acteurs auraient mérité d'être sonorisés), les textes rédigés à l'occasion sont extrêmement intéressants.  
Après l'apéritif (je n'achète jamais de chips : trop tentant ! trop gras ! Et à Noyant, il y a toujours avec le blanc cassis.. au vin blanc de de Saint-Pourçain comme il se doit. Je dois me retenir pour ne pas en faire une orgie), un repas était servi à la salle des fêtes.
Les dames de l'association de la mine ou du Comité des Fêtes, je ne sais, avaient comme d'habitude posé sur les tables de très mignons petits bouquets, composés à partir de fleurs des champs ou de leur jardin. 
                        

Avant le fromage et le dessert, Jean (dont le vrai prénom est Wladislaw) Gawlas, le dernier des mineurs de Noyant, est venu lire un récit qu'il avait rédigé sous l'affectueuse pression de Madame Cécile Hardouin. 

Un nouveau témoignage à ajouter à ceux de l'an dernier, dont l'un, sur le passage de la division "das Reich" à Châtillon et à Noyant est venu corroborer ce que j'avais entendu raconter sur ces jours de juin 1944. Je reviendrai sur cet épisode.... 
 

 

 

 

par Dominique LAURENT publié dans : Noyant, Châtillon, etc...
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Jeudi 1 mai 2008

En ce jour de 1er mai, un extrait de "la croissance de la famine", publié en 1982.

"Sous prétexte de combattre l'austérité, le parti communiste français oublie systématiquement, ces temps derniers, de parler du pillage du Quart Monde. L'austérité s'impose pour le tiers le plus riche de la population française, y compris donc pour les plus hauts salaires : mais la CGT ne lutte pas assez contre une réduction de l'éventail des salaires, lutte qui devrait être menée de front avec le combat contre les profits abusifs.
Revoir notre civilisation en vue de permettre sa très longue
survie exige d'abord, dans les pays développés, une lutte pour la réduction drastique de toutes les inégalités sociales, sur le plan national comme sur le plan mondial. Il faudrait, chez nous, revoir d'abord la condition des travailleurs immigrés. Sur le plan international, aider à l'émancipation économique réelle du Quart Monde ; d'abord, en cessant son exploitation, notamment par l'organisation des marchés mondiaux de matières premières, minérales et agricoles; en commençant, nous l'avons déjà dit (p. 76), par les céréales et le pétrole. Comme Jean Daniel le faisait remarquer à Giscard, au cours d'une conférence de presse à la fin de 1974, les délégations françaises aux grandes conférences internationales (New York, Caracas, Bucarest, Rome...) ont toujours suivi leur pente naturelle, en prenant le parti des pays nantis.
Pour refaire notre civilisation, il nous faudra repartir de la base. Changer notre attitude, en gaspillant moins (viande, autos, chauffage...). Prendre part aux luttes locales, aux comités de quartier, pour défendre tout ce qui vit, et pas seulement en ville. Recycler toutes nos ordures : papiers, cartons, métaux, déchets organiques... Prendre en toute circonstance la défense des absents, les générations futures. Ces éléments de base, une fois fortifiés, pourront se fédérer et obliger nos politiques à tenir davantage compte des déshérités de notre « petite planète » d'aujourd'hui, comme des arrière-petits-enfants du monde de demain.
Jusqu'à présent, nos gouvernements ont d'abord défendu les privilèges. Quoi qu'ils en disent, ils ont comme objectif principal de se maintenir au pouvoir, quitte à faire des concessions sur certains aspects superficiels ou sur les problèmes secondaires. Ils parlent beaucoup du changement et sont certes obligés, dans la situation nouvelle, de louvoyer entre les écueils que dans toutes,les directions, ils sont obligés de repérer. II faudra les obliger à aller plus loin, à tenter la grande aventure d'un nouveau contrat social... à mesure que progressera la formation de l'homme nouveau, sans lequel l'humanité n'a plus guère de chances d'une survie vraiment prolongée.

par Dominique LAURENT publié dans : mes coups de gueule
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Mercredi 30 avril 2008
A Boucaumont (on trouve aussi orthographié Boucomont) vivaient mon arrière grand-mère, l'oncle Louis, l'oncle Cadet, sa femme et leurs enfants ainsi que mes grands-parents, qui sont à droite sur la photo.
Ma grand-mère était pupille de l'Assistance Publique de Paris, mais était toujours en relation avec sa mère et avec un oncle et une tante du côté du grand-père Lajon : l'oncle Tessier venait avec son appareil de photo et c'est grâce à lui qu'on a des témoignages sur la vie à la campagne à cette époque.
Boucaumont est à 6 km de Souvigny : mon grand-père sde rendait à l'école à pied (avec ses frères, il se rendait même à la foire aux bestiaux de Sancoins à 80 km de là, à pied). La génération suivante a eu la chance de disposer de vélos. Mon arrière grand-mère conduisait également une voiture à âne.
La famille disposait également d'une voiture plus grande que l'on attelait à un cheval. A moins que ce ne soit celle de cousins venus rendre visite  ce jour là. J'identifie ma mère dans la voiture. A côté du chien, ma cousine Madeleine, qui devait avoir une dizaine d'années. Derrière elle la tante Rose. A l'extrême gauche la tante Tessier, la femme du photographe..
par Dominique LAURENT publié dans : histoires de famille
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Mardi 29 avril 2008
Pour s'habituer à ce qui nous attend ! ...
voici la carte d'alimentation établie au nom de mon arrière-grand mère, Marie (mais son vrai prénom était Madeleine !)
 
Elle fut délivrée par la mairie de Châtillon. 
par Dominique LAURENT publié dans : Noyant, Châtillon, etc...
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Mardi 29 avril 2008

Facile et vite faite. A ne pas confondre avec le bortsch, soupe à la betterave, russe, et qui se sert chaude. 

pour 4 personnes
2 ou 3 betteraves cuites et coupées en dés de taille moyenne
1 concombre épluché et coupé en petits dés
2 œufs durs
100 gr de crème aigre
1 litre de babeurre (aussi appelé « Khéfir »  - en letton dans le texte !)
8 branches d’aneth haché finement
1 tasse d’échalottes émincées
Sel

Accompagnement :
8 pommes de terre
Beurre


Faire cuire les œufs, durs : séparer le blanc du jaune. Ecraser les jaunes d’œufs et les mélanger aux échalotes. Saler.
Ajouter le concombre, le blanc d’œuf coupé en lanières fines, les betteraves, la crème aigre, les betteraves rouges et le babeurre. Saupoudrer d’aneth.

Réserver au frais.


La soupe de betteraves a une très jolie couleur rose !
Dans un restaurant, on m’a apporté les concombres coupés en dés dans une assiette creuse ce qui évitait que la betterave les ait colorés également en rose,  servi la soupe dans un ravier en me disant de la verser dessus. Et la crème aigre dans un petit pot, à rajouter à volonté. L'ensemble étant rose, blanc et vert, on peut faire de jolies présentations !
On fait cuire les pommes de terre à l’eau (ça doit être très bon aussi cuit « en robe des champs ») et on fait fondre le beurre pour le verser dessus.


N.B. : si au lieu de mettre 2 œufs pour 4 personnes, on fait cuire 8 œufs, ça ne dénature pas la soupe, et ça fait un plat complet (2 œufs par personne = une ration de protéines, au moins 2 portions de légumes, pommes de terre, matière grasse, 1 ration de lait). Il reste à faire un petit dessert aux fruits : en Lettonie, en juin, on trouve à profusion sur les marchés : des fraises des bois, des myrtilles, des framboises.


Dimanche, je n'ai pas trouvé de khéfir, j'ai donc mélangé un yaourt avec du lait pour obtenir la bonne consistance. Mais le khéfir, c'est vraiment mieux.

 

Dans nos villes de province, il est impossible hélas !, de trouver de la crème aigre.
L'aneth est indispensable : il donne un goût inimitable.
par Dominique LAURENT publié dans : recettes pas chères
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Lundi 28 avril 2008

Mes chers neveux,
Il est important de très rapidement éduquer votre humain à la marche en laisse, sinon les promenades ne seront pas aussi agréables qu’elles pourraient l’être. J’ai eu tort de ne pas m’imposer d’emblée. Quand j’étais chiot, j’ai marché aux pieds de mon humaine pendant quelques mois. Cela a créé un malentendu : elle croit que c’est elle qui dirige la promenade.
Pour relever les messages que me laissent les amis au pied des lampadaires, sur les vitrines, sur les roues de voitures, je dois insister et m’aplatir de toutes mes forces.  Il lui est alors impossible de me faire bouger.
Elle a tendance à continuer son chemin tout droit. Quand une odeur intéressante parvient à mes narines, pour faire demi-tour, je dois la déséquilibrer pour lui faire rebrousser chemin : c’est quelquefois pénible.   
Aussi, les p’tits loups, ne commettez pas l’erreur que j’ai commise : dès votre arrivée, montrez qui est le chef de meute. Et apprenez à votre humain que votre vie sociale nécessite qu’il s’adapte à vos divagations lors des promenades. 
par Dominique LAURENT publié dans : Les conseils de l'oncle Archie.
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Dimanche 27 avril 2008

Entre deux périodes de déluge, nous avons bénéficié de deux jours de soleil ! Et de temps chaud.
Comme j'habite dans le lit secondaire de l'Allier, je vais régulièrement surveiller la hauteur des eaux : sauvée pour un temps ! le quartier des mariniers n'est pas encore Venise. Et je n'ai pas encore besoin de gonfler ma gondole ou mon "zodiaque".
Vigoureusement emmenée en laisse par Archie, je suis allée prendre des photos de l'Allier... depuis le pont Régemortes... Les eaux  bouillonnent au pied du radier.

 

 Avant qu'un deuxième pont ne barre l'horizon, j'aime aller voir la rivière. J'essaye d'éliminer de mon champ de vision les bâtiments verrues (entrepôts, supermarché... ) et laisse vagabonder mon imagination.


Regarder vers l'ouest me donne une sensation d'infini... et il se trouve que suis à l'aise avec cette sensation. Dans la préhistoire,  la rivière était un "chemin qui marche", la route des échanges et des découvertes.  En aval, au delà des aulnes et des vernes, ce devait être l'aventure sur les pirodes monoxyles poussées par le courant comme celles que l'on a retrouvées au Veurdre ou à Garnat sur Engièvre.

De l'amont la rivière charrait des silex taillés, pointes de flèches et autres outils arrachés aux sites préhisoriques si abondants dans le haut Allier (peut-être de celui du Blot, à Langeac, où j'ai fouillé il y a .... longtemps !...) et je pensé à Gaston Pic qui nous a quitté l'hiver dernier, à pas loin de 90 ans. Et qui a ramassé, sur les plages de l'Allier, des tonnes de silex que ses héritiers viennent de léguer au musée de la Sologne bourbonnaise. Gastounet, qui, bien protégé par sa casquette, passait des heures en embuscade dans les marais pour photographier des oiseaux.
D'ailleurs ce ne sont pas des sternes que j'ai vu tourner au dessus des îles ? des oiseaux migrateurs qui viennent d'Afrique de l'ouest. Le vol des oiseaux que j'ai observés me fait penser à celui des hirondelles ou des martinets : ailes longues et queue fourchue... mais des hirondelles blanches ! C'est avec Gaston que j'en ai observées pour la première fois. Ca doit être la période où elles pondent. Je serais journaliste de la Montagne, j'insérerais un article en première page du journal pour tenter de dissuader les possesseurs de quads, trials, et autres véhicules de "sport vert (sic !)" d'aller y faire tourner leurs engins car les sternes pondent leurs oeufs à même le sable. En dehors des hommes et des chiens qui errent sur la plage, ils sont aussi menacés par les crues de printemps.

 

 Une petite dernière
















Et bientôt je parlerai des projets d'achitectes pour un "deuxième pont" sur l'Allier.

 

par Dominique LAURENT
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