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3 février 2014 1 03 /02 /février /2014 13:04

nation n. f : ensemble d'êtres humains ayant le même territoire et la même culture

peuple n. m : ensemble d'êtres humains ayant le même territoire et la même culture

race n. f : (souche, famille), ensemble des membres d'une famille

souche n. f : (race), origine d'une descendance

famille n. f : race, lignée, descendance

espèce n. f : (race), ensemble des individus ayant un caractère commun

Il y a plus d’un an de cela, j’avais vu un reportage sur les expériences conduites par Najat Valaud-Belkacem dans les crèches. J’y avais vu la possibilité offerte, aux petites filles et aux petits garçons de découvrir d’autres jeux que ceux auxquels leurs familles les confinait.

Moi, à qui on avait envoyé, suite à un concours que j’avais gagné, une vingtaine de livres de la collection « Michel », dans la bibliothèque verte, par erreur parce que je me prénomme Dominique, et qui avait adoré ces bouquins, j’ai trouvé très pertinente l’initiative de la ministre. Il faut dire qu’entre temps, j’avais aussi lu Du côté des petites filles d’Elena Gianni Belotti. Cet essai sociologique, paru à Milan, date de 1973 : cette pédagogue mettait en évidence, après une enquête auprès des familles, dans les crèches et dans les écoles des qualités différentes attribuées aux filles et aux garçons, dès avant leur naissance, puis renforcée tout au long de la prime éducation et concluait à une représentation du sexe féminin comme étant inférieur.

Un de mes premiers souvenirs, à mon arrivée à Saint Etienne, c’est celui de ce « jeu » qui s’appelait : « aller embêter les filles à la sortie de l’école », et qui était pratiqué par les garçons. A l’époque il existait d’un côté des écoles de filles, de l’autre côté des écoles de garçons. Mes copines étaient terrorisées à l’idée de ce qui les attendait : se faire tirer les cheveux et soulever sa jupe. Mon père avait souvenir que de son temps cela se pratiquait déjà. Moi, j’arrivais avec l’habitude de ce que j’avais connu à Noyant : personne ne se serait avisé de venir m’ennuyer. Aussi quand j’ai été agressée, je me suis défendue et me suis assuré une popularité auprès des filles de ma classe qui se regroupaient autour de moi à la sortie de l’école.

Ce qui m’étonne maintenant, c’est qu’aucun instituteur, aucune institutrice, aucun parent n’ait protesté contre cet état de fait : les filles, c’était un gibier. Un quart de siècle plus tard, j’ai découvert que ma petite cousine, qui était en 6e ne voulait plus aller au collège autrement qu’habillée en pantalon : et elle n’allait pas au collège dans un de ces quartiers où des intégristes barbus imposent leur loi.

On me dit : c’est normal à 6 ou 7 ans que les garçons se comportent comme cela : ils sont curieux. Moi, à 6 ou 7 ans, alors que j’étais largement aussi costaude que mes congénères masculins, même si j’étais moi aussi curieuse, je savais qu’il n’était pas correct de vouloir abaisser le pantalon d’un de mes petits camarades !

J’entends les parents dire : « l’éducation, c’est à nous de la dispenser, ce n’est pas à l’école. Nous avons nos traditions et notre culture ».

L’école, c’est quand même un peu fait pour enseigner des choses qui ne le sont pas dans la famille. Un exemple, qui je pense ne prêtera pas à contestation. Lorsque je travaillais au collège du Chambon-Feugerolles, le conseiller d’éducation a remarqué qu’une élève de 6e avait un coquart sur l’œil. Il a voulu savoir d’où cela provenait : c’était son petit frère qui l’avait battue. Les parents ont donc été convoqués par le principal, assisté de sa principale adjointe et du C.E. Tancés, et appuyés par le grand-père et la grand-mère, ils ont argumenté que c’était normal que le petit frère batte sa soeur, « parce que lui est un garçon et qu’elle c’est une fille ». L'équipe éducative a joué son rôle et n'a ps usurpé un compétence parentale.

Elena Gianni Belotti constatait en 1973 l’infériorité attribuée aux femmes : l’Université a beaucoup contribué à cette « construction sociale », sur des bases « scientifiques » et depuis fort longtemps. Il serait temps qu'elle se rachète.

En 1585 paraissait à Paris chez Jacques du Puys, imprimeur un Thrésor des remèdes secrets pour les maladies de femmes rédigé par Jean Liébault, gradué de l’université de médecine de Paris. Dont voici deux extraits choisis :

« Les filles s’évanouissent facilement, tant pour l’imbecillité de l’orifice supérieur de l’estomach qu’elles ont débilité, à l’usage fréquent des fruitages, laictages et bruvage d’eau ».

Elles souffrent de plus de maladies que les hommes (« encores en y a il une infinité d’autres ») qui de surcroît luy apportent tant de fatigue que pour le bonheur de la femme seroit de souhaitter ne point naistre, ou soudain après sa naissance, mourir. Ainsi certainement la vie de la femme ne serait pas une vie mais plutost une langueur misérable en la vie, si n’estoit sa foecundité qui la fait vivre tant de corps que d’esprit dans sa postérité ».

Les femmes souffrent de plus de maladies que les hommes à cause de leur corps qui est mol, lasche et de rare texture, outre les superfluitez et excrémens dont elles sont pleines ».

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Dominique LAURENT
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