Mercredi 21 mai 2008

Quand on se rend de Moulins au Montet, par la route départementale créée par Napoléon III, à 7  km environ de Moulins, sur une colline, on voit une église romane. C’est l’église de Coulandon. Elle date du XIIIe s..

A la fin du XVIIe siècle ou au tout début du XVIIIe s., on l’a dotée d’un « caquetoir » pour abriter les paroissiens des intempéries, à la sortie de la messe dominicale.
                
Je suppose qu'alors, un défenseur du patrimoine roman l'aurait trouvé très disgracieux !
Longtemps, au bourg, il n’y eut que l’église,  la cure, l’école primaire, un croix et  pas plus de 3 maisons. J’ai connu une boulangerie sur la place : la maison qui l’abritait, presque tombée en ruines, a été transformée en 3 petits logements. Et sa voisine, en un gîte rural.
La cure est devenue un restaurant.
 
A la fin du XIXe et au début du XXe siècle, on trouvait plusieurs cafés restaurants en contrebas, le long de la route qui était alors nationale. Les dimanches, on y dansait : car un café restaurant ne se concevait pas alors sans une salle de bal.

Pour ma thèse, suivant en cela le conseil  de mon directeur de recherches, j’ai, au lieu de prendre des notes sur ce qui intéressait mon seul sujet, transcrit tous les actes qui me sont passés entre les mains. Avec cette méthode, inévitablement, on se trouve à la tête d’anecdotes inexploitables. Et pourtant, mises bout à bout, elles donnent de la couleur à cette société médiévale !...
Est-ce dans un estaminet sur la route, ou sur la place de COULANDON, qu’arriva l’incident suivant ?

Voici le résumé d’une lettre de rémission (A.N. P 1376/2 c. 2745), c’est-à-dire d’une grâce, accordée, à la requête de sa femme et ses « amis charnels » à un nommé Pierre RUYIN, le 3 mars 1383, par le duc de Bourbonnais.

Le mercredi après la chandeleur « dernièrement passée », Pierre RUYIN avait quitté sa maison (son « hostel ») à MEILLERS pour se rendre à MOULINS. Il fit halte dans une taverne de COULANDON. La table et la compagnie étaient sans doute bonnes, car il y resta jusqu’au vendredi suivant ! Jusqu’à midi, est-il précisé dans l'acte. Et manifestement sans plus un denier en poche. Alors, « tout yvre,  il se party de la dicte taverne, et se mist au chemin de retourner à son hostel (= chez lui, à MEILLERS) ». Arrivé au lieu-dit les « BROCES », à COULANDON, il croisa un troupeau de bovins, propriété d’un paroissien de NEUVY : Jean GUIOT. Il vola deux bêtes, et de retour chez lui à MEILLERS, il prétendit qu’il les avait achetées à MOULINS.
La scène avait eu des témoins, car il faut bien s’imaginer qu’alors, dans les campagnes, régnait une intense activité (les miniatures illustrant les "heures du duc de Berry" en donnent une bonne idée). Son délit fut puni. Il fut « mis en nos prisons à BOURBON (l’ARCHAMBAUD) où il a demouré jusques à présent, et encore y est à grant pouvreté et mésaise de sa personne ». 
Sa famille plaida qu’il était ivre, et que, à cause de son « yvreté, n’avoit cognoissance ».
L’ivresse constituait alors souvent une circonstance atténuante devant les tribunaux. Le duc donna satisfaction à sa famille car il avait toujours joui jusqu’alors d’une bonne réputation.

par Dominique LAURENT publié dans : Noyant, Châtillon, etc...
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Lundi 19 mai 2008

Madame de Menton (je crois), qui a une voix désagréable, intervenait l'autre jour sur Europe 1, à propos de la grève des enseignants.
Disons-le nettement : nommée gestionnaire comptable d'établissement en septembre 1980, depuis 1984, je suis persuadée que l'Education Nationale dispose de suffisamment de moyens et de suffisamment de postes. Mais que ces moyens et ces postes ne sont pas employés de façon efficiente. Si l'on arrivait à avoir un ratio de 1 prof pour 1 élève, je reste persuadée qu'il y aurait encore des classes surchargées à 40 !
Mon diagnostic est sans nuance : incompétence ! La solution préconisée par Mme de Menton : laisser les chefs d'établissements recruter leurs professeurs  améliorerait-elle la situation ? Ou basculerait-on dans le systèmer qui fait florès au sein de l'assemblée nationale pour le recrutement des "assistants parlementaires", rémunérés par le contribuable, mais où le nombre de femmes et d'enfants d'élus laisse supposer une absence d'équité, qui relèverait tout à fait de la HALDE (haute autorité contre la discrimination à l'embauche).
Je me trouvais jeudi au Tribunal administratif de Clermont-Ferrand : avant que mon affaire ne soit exposée, en était présentée une autre. Le recours avait été déposé, contre toute habitude (car seules sont normalement recevables les recours formulés par un individu "y ayant intérêt"), par la section CFDT de la mairie de CLERMONT. Les débats sont publics, les jugements sont également publics. Si je révèle le nom de cette commune, je ne diffame nullement.
La procédure devant le juge administratif est normalement une procédure écrite : par politesse, on vous demande si vous avez quelque chose à rajouter oralement. Le "chef" de la CFDT est intervenu et a rappelé au magistrat que depuis quelques années, la CFDT avait déposé 15 recours en annulation devant cette cour, pour des motifs analogues : "affectation de personnes sur des postes qui n'ont pas été publiés et qui devraient faire en outre l'objet d'établissement d'une "liste d'aptitude".
"Listes d'aptitude" ou "commissions de recrutement", à défaut de concours (seul mode de recrutement des fonctionnaires) permettent un recrutement "ouvert".
Madame le commissaire du gouvernement a conclu que l'acte de l'administration (un arrêté de nomination) devait être annulé.
Je me demande si un créneau ne s'offrira pas à moi, de faire du contentieux pour le compte des profs laissés sur le carreau, quand cette évolution du recrutement, réclamée depuis 20 ans au moins par les chefs d'établissements, sera effective.
Déjà, au sein des conseils généraux, on voit surgir des postes dont l'utilité peut échapper ! Et je ne parle pas des hôpitaux qui occupent déjà tant la Cour des Comptes et les CRC. (N.B. : on a trouvé une solution : réduire le nombre de CRC... et des magistrats qui y oeuvrent sous la houlette de Philippe SEGUIN !)

par Dominique LAURENT publié dans : mes coups de gueule
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Lundi 19 mai 2008

Télévision, journaux, radios, nous rebattent les oreilles de « mai 68 ».  Pourquoi ne parlerais-je pas de la façon dont je l’ai vécu ?

En mai 1968, j’avais 15 ans (16 en réalité à la fin du mois) : j’habitais alors Saint-Etienne et étais élève du lycée Honoré d’Urfé (l’inoubliable auteur de l’indigeste « Astrée »), un « lycée de  jeunes filles ». Il y avait 2 lycées de jeunes filles (le second était le lycée Simone Weil, qui y fut prof de philo, en centre ville) et deux lycées de garçons (le lycée du centre était le lycée Claude Fauriel, doté de classes préparatoires aux grandes écoles) et le Portail Rouge, à la périphérie de la ville, dans un quartier alors entièrement neuf.
Saint-Etienne n’était pas alors une véritable ville universitaire bien que deux centres universitaires (un centre universitaire en droit et un centre universitaire en lettres), dépendant de Lyon, y aient été implantés dans des locaux récupérés auprès de l’école des Mines, et dans une ancienne laiterie .
Par contre, c’était alors une vraie ville ouvrière : les usines Peugeot étaient en plein centre ville. Des puits de mine étaient encore en activité sur la Ricamarie et le Chambon-Feugerolles. La centrale (thermique) du Bec crachait ses fumées noires : les habitants de la Ric avaient envoyé à un ministre un sac plein de poussière de charbon. Et les bonnes ménagères stéphanoises, chambonnaires ou appelouses (habitants de Firminy) nettoyaient tout à l’alcali, seul capable de décrasser cette poussière grasse.
Et, Saint-Etienne était la seule ville de France où subsistait encore un tramway.

J’avais redoublé ma seconde car l’année précédente j’avais passé la plupart de mon temps à la clinique orthopédique où l’on m’avait posé un plâtre pour cause de grave scoliose : en l’espace d’une heure ma taille était passée de 1 m 58 à 1 m 62. On m’avait allongée dans un portique métallique, mis une mentonnière à laquelle  avaient été accrochés 30 kg pour tirer la tête. De l’autre côté, j’avais des bracelets aux pieds auxquels étaient suspendus aussi des poids de 30 kg. J’ai été enveloppée de bandelettes plâtrées. A peine sortie de la clinique, allant acheter un journal de télévision en face de chez moi, j’ai butté sur la terre d’un trottoir qui était en réfection. Mal encore habituée au corset qui me déséquilibrait, je suis tombée, ai eu une plaie au genou et une entorse avec épanchement de synovie. Ce qui m’a valu d’avoir la jambe gauche plâtrée de la cheville au haut de la cuisse ! (il faut absolument que j’écrive le « roman de la momie » !).
En juillet 1967, ce plâtre avait été remplacé par un corset en fer et plexiglass qui m’avaient assuré une plus grande autonomie. Mai 68 a peut-être été symbole de libération pour des femmes qui brûlaient leurs soutiens gorge, mais pas pour moi !

C’est pourtant un printemps dont je garde un bon souvenir :
Le lycée Honoré d’Urfé était construit dans un très beau parc. A un moment donné, on a vu de moins en moins de profs… Les cours étaient suspendus, et on nous envoyait en étude dans les locaux de l’internat, au milieu des rhododendrons ! Les surveillantes (dans un lycée de jeunes filles, la directrice était une demoiselle (« Guiguitte »), elle était assistée de madame le censeur, mesdames les surveillantes générales et de  mesdemoiselles les surveillantes), souvent étudiantes à Lyon ont également disparu les unes après les autres : le lycée nous appartenait. J’aurais pu faire sauter les cours comme les autres externes, mais il se trouvait que mes deux meilleures copines étaient internes et bloquées là.
En étude, nous avions rapatrié un électrophone (mono, bien sûr !) et nous passions des disques de Barbara, Georges Moustaki (« avec sa gueule de métèque ») et Serge Reggiani (« votre fille a 20 ans, que le temps passe vite … »). Il faisait  beau : nous avons rapidement repéré que l’on pouvait, littéralement « faire mur ». Et que personne ne viendrait contrôler si nous étions là ou non. L’idée a surgi dans la tête de ma copine Claire, la plus délurée de nous trois : nous devions aller à Firminy, parce que, je cite, « les garçons y étaient particulièrement sympa » ! Une fois le mur escaladé (après un an de corset, j’étais devenue habile. Et les copines qui tenaient à m’emmener avec elles m’avaient bien aidée), direction la place Bellevue. Les syndicats ouvriers (la CGT, à Saint-Etienne) n’avaient pas encore appelé à la grève. On trouvait encore de l’essence, mais Claire avait décidé : « On va faire du stop » ! On a fait du stop : mais nous avons fait arrêter la voiture un peu avant Firminy car l’automobiliste était fort entreprenant, et que la copine qui était assise sur le siège à côté de lui ne souhaitait pas prolonger l’épreuve. Il nous a copieusement injuriées. Nous avons musardé place du Breuil : les copines ont trouvé que les garçons (ceux qui n’avaient pas encore leur permis de conduire tout au moins) étaient décidément très sympa à Firminy !
Nous sommes sagement rentrées par les transports en commun (un vieux trolley à perche).

Peu de temps après, les profs ont installé des piquets de grève : je revoie Huguette Bouchardeau, au loin, refouler des élèves. Une demi-pensionnaire comme moi ne pouvait plus aller faire valoir ses droits à la cantine ! Les copines internes ont été renvoyées chez elles. L’essence a commencé à manquer, l’électricité à être coupée (à la maison, nous avions heureusement, toujours un stock de bougies).

.. J'ai alors trouvé une nouvelle occupation...

par Dominique LAURENT
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Dimanche 18 mai 2008

Le folkloriste Francis Pérot avait, en 1908, collecté des traditions curieuses. Il a publié la copie d'un poème récupéré auprès d'un certain M. Reynaud, ancien député :

" Pour ne point enfeindre les lois
de vostre seigneur des Noix
vous irez dans le cimetière
le dernier mardi de ce mois {mars}
vous aultres, vilains de Cressanges.
Et là, les deux genoux en terre,
au milieu des quatorze croix
farez d'abord une prière
et puis pourrez aller, venir,
vous proumener, mais non sortir
hors de la demeure dernière
où dormirez à l'advenir,
jusqu'à la diurne lumière
que le matin fera surgir.
Entre vous ne devez mot dire
A moins que par un cas fort pressant.
Mais ne jamais chanter ni rire.
Et si par hasard un passant
ignorant le vouloir du Sire
venoit un bâton à la main
pour vous demander son chemin,
vous lui farez la moue, afin
que ce voyant, il se retire.
Pour ne point vos voix déconfire;
et direz à tous, "mars est mars,
à Cressanges sont les Musards".
Si défaillez à l'ordonnance,
vous donnerez sol, sept fois,
Et six deniers de redevance
à vostre bon seigneur des Noix.
 
On notera donc quelques variantes par rapport à la tradition rapportée par N. de Nicolay.
par Dominique LAURENT publié dans : Noyant, Châtillon, etc...
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Dimanche 18 mai 2008


La nouvelle exposition a été inaugurée vendredi soir : je n'avais pas d'invitation, et même si j'en avais reçu une, je n'y serais pas allée. Certes, le buffet est bien, mais l'on se marche dessus. Il y avait toutefois un spectacle qui, je l'espère, sera donné à nouveau. 
J'ai profité du passage à Moulins d'une cousine, ce dimanche, pour l'accompagner.
Première impression : esthétiquement, le thème des Mille et une nuits est beau. Le sol a été jonché de tapis d'orient. Il n'y avait pas préméditation de ma part, mais il se trouve que j'avais aux pieds des babouches, rapportées de Tunisie cet automne. J'ai pu les tester discrètement : pure laine !
Mais pour apprécier pleinement l'exposition, je sais que je dois y retourner à l'occasion  d'une visite guidée (les samedis et dimanches à 14 h 30 et à 16 h).
Dans l'auditorium plusieurs films sur la danse et le thème de l'orient sont projetés. L'un a pour titre "mevleli", c'est-à-dire les derviches tourneurs. Comme je suis en ce moment préoccupée par les "musards de Cressanges", le cérémonial de la danse des soufi ("sema", un voyage mystique à la recherche de la  perfection) a bien trouvé écho chez moi.

par Dominique LAURENT publié dans : la culture en province
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Vendredi 16 mai 2008

Cressanges est un charmant village qui appartient à la communauté de communes du bocage sud, dans le département de l'Allier. J’ai eu cette semaine l’occasion d’aller y marcher : on peut encore y effectuer un circuit d’une dizaine de kilomètres sur des chemins non goudronnés, et j'ai repéré une très belle portion de chemin creux.
En 1560, Nicolas de Nicolay signale dans sa « générale description du Bourbonnais » un droit que détient un petit notable local « le sieur des Noix », sur la plupart des paroissiens de Cressanges : 
       « Le mardi de chacun mois de mars, ils sont tenus se venir présenter, (au lever du soleil), dans le cimetière de la dite paroisse, et là demeurer et se promener sans sortir dehors, sinon en cas de grande nécessité, jusques au soleil couché, se faisant apporter leur boire et leur manger, sans oser parler les uns avec les autres ; et si, par inadvertance quelqu’un leur demandoit le chemin ou autre chose, ne leur doivent respondre autre chose, fors {sauf}, leur faisant la moue, leur dire : Mars, mars est mars ; à Cressanges sont les musars; a quoi défaillant {traduction : « s’ils faillissent à cette obligation »}, ils sont tenus à payer audit sieur des Noix sept sols six deniers de défaut {d’amende}."
Ce « devoir », qui induit le paiement d’une amende au sieur des Noix, s'il n'est pas respecté, n’est pourtant pas un droit féodal classique (qui consiste ordinairement en un transfert des compétences « régaliennes » : prélèvement d’un impôt foncier, taxes diverses sur les activités économiques, droits de justice … à un particulier (seigneur)), mais fait plutôt penser à la survivance d’un ancien rituel religieux. Encore vivace à la fin du XVIe siècle, je ne sais pas combien de temps il a perduré.
Cressanges relevait administrativement, à cette époque, de la châtellenie ducale de Verneuil. Or je note que Nicolay ne recense pas le "sieur des Noix" parmi les vassaux du duc en cette châtellenie, ce qui est là aussi, curieux.
Il m’intéresserait de savoir si des traditions du même type ont été repérées ailleurs en France. Et  si des hypothèses quant à leur signification ont été émises.

par Dominique LAURENT publié dans : Noyant, Châtillon, etc...
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Mardi 13 mai 2008

L'état sanitaire de la population française s'est beaucoup amélioré entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle. Et, en conséquence, l'accroissement de l'espérance de vie. La différence entre l'espérance de vie des hommes et celle des femmes tenait sans doute à l'alcoolisme, bien plus important chez les hommes.
J'ai toujours pensé que l'enseignement obligatoire, et la diffusion auprès de l'ensemble de la population de mesures simples d'hygiène et de principes d'alimentation était pour beaucoup dans cette amélioration de l'état de santé des français.

On s'inquiète actuellement de l'obésité croissante. Et je viens d'entendre un nutritionniste, le Dr Cohen, s'exprimer à ce sujet.

Son diagnostic : confier à la grande distribution et au "hard-discount" l'amélioration de notre pouvoir d'achat ne peut conduire qu'à une dégradation de l'état sanitaire. Car pour obtenir des produits peu chers, dans un plat cuisiné au poisson, il faut diminuer la quantité de poisson et augmenter la panure ou la matière grasse.
Le Dr Cohen pense que pour les adultes, il n'y a plus rien à faire, car ils sont trop ouverts, trop perméables, culturellement, à la publicité. Mais qu'il faut intervenir dans les écoles : il faudra 15 ans pour changer la tendance, constate-t'il.

Voici l'exercice de composition française donnée par l'institutrice de Marthe Damoret, à faire le 1er mai 1909 !
 





L'autre jour, j'ai regardé la fin de l'émission de Michel Drucker consacrée à Olivier Besancenot (On avait annoncé Jean Ferrat !). J.-P. Coffe a essayé de tenir le même discours au héros du jour, en plaidant pour éviter le gaspillage (il a présenté des joues de saumon, que les poissonniers jettent quotidiennement alors qu'on pourrait les cuisiner). et l'utilisation des "bas morceaux".
Ce discours est généralement considéré comme réactionnaire car il remet les femmes aux fourneaux. Et les empêche de s'intégrer au monde du travail.
O. Besancenot n'a pas manqué de répondre qu'il fallait redistribuer autrement les richesses créées en France.

1e remarque : pour l'avenir de notre planète, il faut arrêter de gaspiller les ressources. Et réapprendre à employer les bas morceaux et à recycler les restes.
2e remarque : si l'on veut contrôler ce que l'on met dans son alimentation, il vaut mieux la fabriquer soi-même que d'en confier le soins à des industriels. Mais celà ne veut pas dire qu'on a besoin d'y passer beaucoup de temps. On ne nous apprend pas à cuisiner rapidement.
3e remarque : il y a certainement à revoir le partage des tâches au sein des familles !
Après 1968, dans le but louable de ne pas maintenir les filles dans un état de "bonne ménagère", on a supprimé l'enseignement ménager. Et introduit la "technologie" dans les programmes.  Je pense pour ma part qu'il aurait mieux vallu le rendre obligatoire pour les garçons !
4e remarque : et tout ceci n'est pas exclusif du fait que le partage des richesses produites collectivement peut certainement se faire plus équitablement !

 

par Dominique LAURENT publié dans : les cahiers de Marthe Damoret
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Jeudi 8 mai 2008

Il était de tradition, dans toute réunion de famille, baptêmes, mariages et aux veillées, dont la tradition a disparu bien avant que  je ne naisse, de chanter et souvent même de repousser la table pour dégager un espace au milieu de la  cuisine, qui était aussi la grande salle commune, afin de danser.
J’ai souvent entendu chanter le frère de mon grand-père, l’oncle Cadet, qui avait une voix superbe et l’a gardée jusqu’à un âge avancé. Il a retransmis son goût pour les chansons à ses enfants.
Celle qui me faisait le plus rire, par sa grandiloquence, était une chanson appelée l’ « aviateur », dont mon cousin Georges m’avait retranscrit les paroles. Elle doit  dater des années 20, car elle évoque le même thème qu’un film de George Roy HILL, sorti en 1975, avec Robert REDFORD dans le rôle titre « the great Waldo Pepper », en français, « la kermesse des aigles ».
(Synopsis : "Dans les années 20, le pilote Waldo Pepper se produit dans des cirques volants. Frustré de ne pas avoir volé avec la force aérienne américaine lors de la Première Guerre Mondiale, il s'invente un passé guerrier prestigieux. Son talent pour les acrobaties périlleuses et son ambition le mènent à Hollywood où il doit tourner un film sur cette guerre aérienne qu'il n'a pas faite. Il se retrouve alors confronté à Ernst Kessler, l'as allemand qu'il prétendait avoir combattu...")
Les aviateurs démobilisés s’engageaient donc « dans des circuits »  pour faire des concours d’acrobaties aériennes. Les reconstitutions effectuées dans son film par G.R HILL donnent une idée de ce qu’elles pouvaient avoir de spectaculaires à l’époque des bi-plans.
Voici les paroles de la chanson (hélas !,  je ne me souviens de l’air qu’à partir du 3 vers)
                 C’était un vaillant mécano
                 Vivant presque dans la misère
                 Qui voulut offrir à sa mère
                 Un peu d’aisance et de repos
                 Un jour voulant tenter sa chance
                 Sur un biplan monté par lui
                 Le cœur joyeux, plein d’espérance
                 Il s’engagea dans un circuit
                 Et joyeux, sortant du hangar                      
                 Il chantait prenant le départ.

                 C’est pour toi que j’m’envole
                 Oh ! ma chère maman
                 Pour qu’un peu d’or console
                 Un jour tes cheveux blancs
                 Du danger qui m’affole
                 Je serai le vainqueur
                 Car c’est de tout mon cœur
                 Que pour toi je m’envole."


Il triompha. Ce fut d’un coup
Pour sa mère et lui la fortune.
Mais d’une courtisane brune
Depuis ce jour il était fou.
La belle fille aux yeux de flamme
Avait dit après son exploit :
Si tu veux que je sois ta femme
Gagne encore et je suis à toi.
Et voulant battre un beau record
Il chantait prenant son essor :

« C’est pour toi que j’m’envole
Oh ! ma belle Lison
Car tes serments frivoles
Ont troublé ma raison.
Du danger qui m’affole
Je serai le vainqueur
Car c’est de tout mon cœur
Que pour toi je m’envole »


                Il s’élança . Mais brusquement
                Arrivé au premier virage
                Il aperçut Lison la volage
                Riant au bras d’un autre amant.
                Alors il devint fou de rage.
                La tête en feu, le cœur brisé,
                D’un geste, il coupa l’allumage                           
                Et vint s’écraser à ses pieds.
                Et Lison prise de remords
                Crut voir au fond des grands yeux morts.

                "C’est pour vous qu’elle s’envole
                Ma pauvre âme aux abois
                Vous étiez mes idoles
                Ma pauvre mère et toi.                     
                Si Maman devient folle,
                Pour calmer sa douleur,      
                Dis lui que vers son cœur
                Mon âme vole, vole …

 


Pauvre vaillant mécano ! Mon grand-père paternel avait vu pareillement sa vocation de mécanicien se développer après avoir été versé dans l’aviation pour réparer les bi-plans, car il connaissait la soudure, ayant fait son tour de France comme serrurier (on disait aussi chaudronnier). Mais il vécut moins dangereusement et se contenta d'acheter une moto et un side-car, avec lequel il prétendit 
conduire ma grand-mère enceinte de mon père, chez le médecin. C'est elle qui m'avait raconté l'anecdote, qui la faisait bien rire.

par Dominique LAURENT
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Jeudi 8 mai 2008
par Dominique LAURENT publié dans : Les conseils de l'oncle Archie.
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Mercredi 7 mai 2008

Anke ! ob du mich liesst, hilf mich um diese Rezepte, die eine Rezepte deiner Mutter war, zu verbessern.


La recette qui suit est pour moi liée à un été de canicule, un de ces été où personne n’a envie de passer du temps devant les fourneaux. Et un été passé en Allemagne, pays où l’on cuisine pour se sustenter et non pour le seul plaisir de cuisiner. Une autre conception des choses : on préfère passer des heures assis entre amis au jardin, ou l’hiver au salon devant une tasse de café, avec une multitude de desserts, de pains et de confitures que l’on se sert librement, que des heures à table, en attendant que les plats se succèdent.
Cet été-là à Wuppertal, j’ai découvert le « Pfannkuchen » littéralement « gâteau à la poêle ». 
Je devais avoir 16 ans et ne me préoccupais pas alors de recettes de cuisine : je me suis contentée de le trouver bon. Et j’ai à peu près saisi, en la regardant faire, la recette de la mère de mon amie Anke.
J’ai par la suite essayé d’en reconstituer la consistance. Cette recette est naturellement perfectible, non pas du point de vue du goût, mais du point de vue de la présentation.

Le Pfannkuchen dont je me souviens était aux pommes. Mais on peut aussi bien le faire aux poires, aux cerises, aux abricots, aux prunes ….


Pour une personne (et pour faire un plat complet et équilibré du point de vue nutritionnel), il faut :
               1 pomme (soit une ration de fruit)
               2 œufs (soit une ration de protéines)
              12 cl de lait (une demi ration de lait – ce qui permet de compléter avec le lait du café – ou du thé, si l’on préfère). Mais en Allemagne, Kaffetrinken, à 15 heures (très précises), c’est avec du café (comme celui que l’on fait en Allemagne, ou le café –chicorée au lait de ma grand – mère !). Et ce café là n’empêche pas de dormir.
               1 c. à soupe de maïzena
                Un peu de sucre de canne.
               1 c. à café d’huile (arachide ou colza)


Je graisse ma poêle avec l’huile, coupe les pommes en lamelles et les fait revenir dans la poêle.
Pendant ce temps, je mets de la maïzena dans un bol, que je dissouds avec le lait (évite les grumeaux). Puis je casse  les 2 œufs, et ajoute le sucre. Je bats le mélange pour qu’il soit bien homogène.
Quand les lamelles de pommes sont dorées, je verse le mélange. Quand ma galette est cuite d’un côté, je la glisse sur une assiette, puis la retourne dans la poêle pour que le second côté cuise.

Et quand j’ai de la chance, j’ai un beau « Pfannkuchen » que je roule pour le présenter sur l’assiette.
Quand je n’ai pas de chance, j’obtiens des œufs brouillés aux pommes !


Pourquoi ne pas le flamber au rhum ou mieux, au calvados ? 

par Dominique LAURENT publié dans : recettes pas chères
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