Quand on se rend de Moulins au Montet, par la route départementale créée par Napoléon III, à 7 km environ de Moulins, sur une colline, on voit
une église romane. C’est l’église de Coulandon. Elle date du XIIIe s..

A la fin du XVIIe siècle ou au tout début du XVIIIe s., on l’a dotée d’un « caquetoir » pour abriter les paroissiens des intempéries, à la sortie de la messe dominicale.

Je suppose qu'alors, un défenseur du patrimoine roman l'aurait trouvé très disgracieux !
Longtemps, au bourg, il n’y eut que l’église, la cure, l’école primaire, un croix et pas plus de 3 maisons. J’ai connu une boulangerie sur la place : la maison qui l’abritait,
presque tombée en ruines, a été transformée en 3 petits logements. Et sa voisine, en un gîte rural.
La cure est devenue un restaurant.
A la fin du XIXe et au début du XXe siècle, on trouvait plusieurs cafés restaurants en contrebas, le long de la route qui était alors nationale. Les dimanches, on y dansait : car un café
restaurant ne se concevait pas alors sans une salle de bal.
Pour ma thèse, suivant en cela le conseil de mon directeur de recherches, j’ai, au lieu de prendre des notes sur ce qui intéressait mon seul
sujet, transcrit tous les actes qui me sont passés entre les mains. Avec cette méthode, inévitablement, on se trouve à la tête d’anecdotes inexploitables. Et pourtant, mises bout à bout, elles
donnent de la couleur à cette société médiévale !...
Est-ce dans un estaminet sur la route, ou sur la place de COULANDON, qu’arriva l’incident suivant ?
Voici le résumé d’une lettre de rémission (A.N. P 1376/2 c. 2745), c’est-à-dire d’une grâce, accordée, à la requête de sa femme et ses « amis charnels » à un nommé Pierre RUYIN, le 3 mars 1383, par le duc de Bourbonnais.
Le mercredi après la chandeleur « dernièrement passée », Pierre RUYIN avait quitté sa maison (son « hostel ») à MEILLERS pour se
rendre à MOULINS. Il fit halte dans une taverne de COULANDON. La table et la compagnie étaient sans doute bonnes, car il y resta jusqu’au vendredi suivant ! Jusqu’à midi, est-il précisé dans
l'acte. Et manifestement sans plus un denier en poche. Alors, « tout yvre, il se party de la dicte taverne, et se mist au chemin de retourner à son hostel (= chez lui, à
MEILLERS) ». Arrivé au lieu-dit les « BROCES », à COULANDON, il croisa un troupeau de bovins, propriété d’un paroissien de NEUVY : Jean GUIOT. Il vola deux bêtes, et de retour
chez lui à MEILLERS, il prétendit qu’il les avait achetées à MOULINS.
La scène avait eu des témoins, car il faut bien s’imaginer qu’alors, dans les campagnes, régnait une intense activité (les miniatures illustrant les "heures du duc de Berry" en donnent une bonne
idée). Son délit fut puni. Il fut « mis en nos prisons à BOURBON (l’ARCHAMBAUD) où il a demouré jusques à présent, et encore y est à grant pouvreté et mésaise de sa
personne ».
Sa famille plaida qu’il était ivre, et que, à cause de son « yvreté, n’avoit cognoissance ».
L’ivresse constituait alors souvent une circonstance atténuante devant les tribunaux. Le duc donna satisfaction à sa famille car il avait toujours joui jusqu’alors d’une bonne
réputation.
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