Lundi 13 juillet 2009

c'est une nouvelle race de fainéants. Tu leur donnes le Sahara et dans 5 ans, il faut leur donner de l'argent pour racheter du sable".
C'est ce à quoi m'a fait penser le projet d'implanter 90 000 km2 en capteurs solaires pour alimenter le monde en électricité.
N'a-t'on pas tiré les leçons des expériences mégalomanes ?
- l'expérience de transformer le désert du Fergana en premier producteur du monde de coton, qui a fait diminuer la mer d'Aral de 80 % de sa surface et voué à la misère les populations riveraines qui vivaient de la pêche... sans compter que l'eau potable doit maintenant être importée...
- l'assèchement du Jourdain parce que l'état d'Israël a transformé le désert en vergers... Dont on commence à parler, mais qui a longtemps été un sujet tabou. "Ils sont formidables ces israéliens, et travailleurs !"
- La déforestation de l'Amazonie pour produire du biocarburant... qui voue à la disparition les populations indiennes; ou pis peut-être les oblige à migrer à la périphérie des villes, à s'entasser dans des bidonvilles... et à attendre l'aumône d'un hypothétique travail.

Et ce dont on ne parle pas : les barrages construits par les Chinois sur le Mékong et qui risquent de priver d'eau le Cambodge, le Laos, le Vietnam... et leurs rizières.
Le barrage d'Assouan qui a supprimé l'alluvionnement naturel effectué depuis l'antiquité par le Nil... De quoi vivent les paysans chassés de leurs terres ? Et qui sont venus s'agglomérer à la périphérie des grandes villes du pays ? Du tri de ordures ? 

L'électricité solaire : oui. L'énergie éolienne : oui. Mais pourquoi implanter des grands champs d'éoliennes ou de capteurs solaires, alors qu'on pourrait produire soi-même son électricité sur son toit et au fond de son jardin et coupler avec une réduction de sa consommation ? 

Par Dominique LAURENT - Publié dans : au café du commerce
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Lundi 13 juillet 2009

Ma mère s'est fait voler sa carte de crédit à Prague...
C'est une ville touristique, c'est un risque que l'on sait pouvoir encourir. On se méfie aussi des bousculades dans le métro. Mais elle se l'est fait voler dans la boutique du musée Mucha : il y avait 5 clients et 3 employés... J'ai pensé qu'il serait utile d'aller faire une déclaration de vol dans un poste de police. Dans la journée qui a suivi, je n'en ai pas repéré un seul.
L'ambassade de France, à laquelle j'ai téléphoné, le soir, m'a donné l'adresse de celui qui est au centre ville : mais si j'avais bien retenu le nom de la place (Jungmannova Nemesti) et négligé de prendre le numéro. 

En France, pas besoin de numéro : la vue du planton qui garde l'entrée suffit. En Angleterre, on repère le "bobbies" à mille lieues, en Italie, les carabiniers n'hésitent pas à sortir dans la rue pour exhiber leurs uniformes bien coupés (et tout amateur de romans policiers sait qu'à Florence, leur poste se trouve dans le palais Pitti !).... Mais à vrai dire, je n'ai jamais eu affaire à la police.

Dès potron minet (j'adore cette expression), nous voilà place Jungmannova. J'avise un bâtiment qui héberge une administration quelconque, et demande, à un guichet, si quelqu'un parle l'anglais ou l'allemand. Et après une réponse favorable ("ein bischen deutsch), où se trouve le poste de police. "Police ? non, nous ne voyons pas".

Puis, la banque voisine : normalement, s'il est un établissement qui doit savoir où est implanté le poste de police, en cas de besoin, c'est bien une banque. Conciliabule entre les employés : "non, il n'y a pas de poste de police sur la place".

Un magasin de chaussures, peut-être ? Même ignorance. Nous essayons une impasse, voisine d'une église : on arrive sur un jardin public et des employés d'une cantine font une pause, mais de police, point ! 

Ma mère, à 80 ans, commençait à trouver lassant de tourner autour de la place Jungmannova  : nous avons avisé un café et fait une halte agréable. La serveuse était charmante, et avait envie de parler anglais. Nous lui expliquons l'histoire de la carte de crédit volée : elle est vraiment désolée de l'insécurité qui se développe à Prague.  " Savez-vous où nous pourrions trouver un commissariat de police pour faire une déclaration de vol ? On nous a dit qu'il s'en trouvait un sur cette place". "No ?" - "Yes !" Elle m'apprend qu'elle ne travaille pas depuis longtemps dans la capitale et va s'informer auprès de son patron. "Allez voir sur la droite". 

Je vais voir à droite sur la place : et prends une photo. Il y a une très jolie porte "art nouveau" : l'immeuble est délabré, mais n'héberge manifestement pas de poste de police.

En prolongeant encore un peu plus à droite, j'arrive à un kiosque d'information touristique : "oui, il y a bien un poste de police, mais sur la gauche" et elle m'indique le café dont je venais de sortir.

Cette situation a toutefois pour moi un air de "déjà vu" ou plutôt "déjà lu". Et je me promets de relire Le procès et le Château, qui figurent dans ma bibiothèque, à la lettre "K" (comme Kafka), section "littérature étrangère", mais dont je ne garde que de vagues souvenirs.





Pourquoi, à deux doigts d'abandonner, suis-je entrée dans un bureau de change ? Les deux jeunes gens qui étaient là ont fait une plaisanterie que je n'ai pas comprise à propos de "police secrète" et l'un d'eux m'a accompagnée au pied de l'immeuble, où, au 2e étage, dans un appartement repeint de frais, des policiers parlant l'anglais avec un fort accent slave et deux jeunes femmes interprètes, prètent une oreille attentive aux touristes qui ont réussi à les dénicher.

 

Par Dominique LAURENT - Publié dans : mes voyages
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Dimanche 12 juillet 2009

Mohamed Benmounia est mort, pendu aux barreaux de la cellule où il était placé en garde à vue pour 24 heures.
Il était suspecté d'extorsion de fonds. Sa famille affirme que s'il avait eu des ennuis avec la police par le passé, il était retourné dans le droit chemin. 
J'ai entendu sa grand-mère dire en pleurant que son petit-fils n'était pas suicidaire.

Le maire de Firminy a déploré que le commissariat de police du Chambon n'ait pas eu un budget de maintenance suffisant pour avoir du matériel en bon état, que ce qui n'a pas permis de surveiller le jeune homme (les images de la caméra étaient floues). 
Je suis assez encline à le croire : j'ai un souvenir du commissariat de police du Chambon, où j'étais allée déposer plainte suite à une agression. Et, au souvenri que je garde des lieux, je me demande où ils ont bien pu installer une cellule, tellement les locaux étaient étriqués.
Il a aussi regretté le manque d'effectifs.
J'ajouterais également que le "malaise de la police" vient aussi un peu des habitudes stupides de certains jeunes, qui ne prennent pas au sérieux ce qui devrait l'être, et croient malin de jouer au gendarme et au voleur : devant être entendus pour un vol d'ordinateur, deux élèves de collège avaient volé la calculette du commissaire (pardon, mauvaise rédaction ! Il y avait présomption d'innocence ! je dois donc écrire : "le commissaire avait découvert après que deux élèves de collège interrogés comme témoins dans un vol d'ordinateur aient été relâchés que sa calculette avait disparu !" Mais n'est pas Louis Mandrin qui veut.
 Et les jeunes délinquants contemporains redistribuent assez peu le produit de leurs larcins.

Le maire prétend aussi que ce sont des jeunes extérieurs à sa ville qui ont mis le feu à la cité.

 

Mohammed Benmounia avait été arrêté pour une histoire d'extorsion de fonds : ça ne mérite pas la peine de mort.
Qui étaient les victimes de cette extorsion de fonds ? Les habitants de Firminy, La Ricamarie ou Le Chambon Feugerolles sont des gens modestes, très modestes même. Il était légitime d'enquêter sur une affaire dont des personnes âgées, la plupart retraités de la mine ou employés, ont été victimes.
 Un Mandrin leur serait venu en aide.

 

Peut-on affirmer avec certitude que quelqu'un n'est "pas suicidaire" ? Je lis dans mon journal de ce matin qu'un homme de 67 ans qui devait être entendu par la police (dans une affaire dont on ne précise pas la nature) voyant arriver sur le parking de la supérette de Bourbon-Lancy où il prenait de l'essence la fourgonnette des gendarmes, est rentré dans sa voiture, a pris l'arme qui y était déposée et s'est suicidé.

L'affirmation du maire, qui voit une longue politique de prévention mise à mal (mis à part un intermède de 6 ans, les maires de Firminy sont tous communistes depuis Claudius Petit), selon laquelle ce serait des jeunes extérieurs à la cité qui auraient été à l'origine des émeutes, met en évidence des rivalités entre bandes rivales (notamment celle de La Romière, quartier de la ville voisine du Chambon-Feugerolles. Dont la municipalité est UMP !). Il y aurait aussi une tradition de mobilité (que je n'ai jamais eu l'occasion de vérifier) de jeunes venant de Lyon ou de Marseille autrefois "pour faire le tram"  (en clair : "piquer le l'argent liquide dans les sacs à mains !") et maintenant pour "mettre le feu" ("aujourd'hui, je vous met le feu", a chanté Johnny Halliday, qui y voit un aspect festif).
Louis Pergaud a narré dans La Guerre des boutons des phénomènes de rivalité de bandes de jeunes : mais sont-elles toujours de même nature ?

And the last, but non the least : Que vient faire la religion dans cette affaire ? puisque l'on a entendu dans les rues de Firminy des jeunes crier en pointant le doigt vers le ciel "Allah est grand et Mohamed est son prophète".  

Par Dominique LAURENT - Publié dans : au café du commerce
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Samedi 4 juillet 2009

J'hésite un peu à ajouter à la liste Bertrand Cantat, qui au moment des faits qui lui ont été reprochés semble avoir été dans un "état de conscience modifié", comme on dit des chamanes.

Depuis deux mois, au "café philo", s'invite aux discussions d'un groupe d'habitués qui commençaient peut-être à trop ronronner et à trop respecter les opinions des uns et des autres, un monsieur, portant beau, très sûr de lui et qui a des avis sur tout.
Il nous a révélé qu'il était un fidèle auditeur de France culture : "on a démontré avec la psychanlayse (qui est une science, assure-t'il) que la notion de bien n'existe pas. D'ailleurs, a-t'il apporté comme argument, on ne fait plus une seule émission à France culture à ce sujet". J'ai cru qu'il plaisantait.
C'est aussi un converti à la psychanalyse, un sectateur même, qui introduit dans tout débat quel qu'il soit, la notion de sur-moi. Notion qui lui permet de justifier toutes ses démonstrations. Moi, je serais bien incapable de définir le sur-moi. Si j'étais un tant soit peu conscience de mon inculture, je me tairais et ne ramènerais pas ma fraise dans la discussion, laissant celà aux "milieux autorisés", comme disait Coluche.
Mais non ! le débat sur l'"art" fut, pour moi, particulièrement hilarant : il nous a expliqué très sérieusement que les mères étaient responsables de l'éducation de leurs fils. J'étais assez d'accord. Que cette éducation les rendait intolérants à la frustration. Je ne suis pas contre. Que les artistes étaient intolérants à la frustration et que ça les rend fous : or une grande oeuvre ne peut naître que de la folie !
Et l'ultime banderille : il assène devant les dames de Moulins Accueil qui étouffent d'indignation. "Voilà pourquoi on ne trouve que des hommes parmi les grands artistes".

"Et voilà pourquoi votre fille est muette" !!! Le rapport avec le titre de cet article ? C'est que je suis donc désormais en mesure d'affirmer que les individus dont les noms figurent plus haut sont des artistes absolus, puisque les tribunaux ont témoigné de leur totale intolérance à la frustration.

Par Dominique LAURENT - Publié dans : au café du commerce
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Jeudi 2 juillet 2009

Pas plus tard que ce matin, au café où j'aime glôser sur des sujets aussi nombreux que variés, était évoqué le problème des relations entre les producteurs agricoles et la grande distribution. On s'est donc penché sur le problème des marges, brutes et autres.

J'ai essayé de faire entendre ma différence en affirmant que les agriculteurs avaient sans doute du souci à se faire pour l'avenir : mais face à 2 représentants de commerce et à un artisan plombier, ma parole de fonctionnaire a peiné à se frayer un chemin.
On m'a fait remarquer que quand des producteurs se groupaient et vendaient directement, ils le faisaient pour aussi cher que les grandes surfaces... ce n'est pas faux.

Comme il est vrai que la TVA est passée de 19,6 % à 5,5 % pour les cafetiers et les restaurateurs.. et qu'ils affirment ne pas être en mesure de diminuer leurs prix.

Le sujet d'actualité qui a suivi portait sur les soldes ! Un des représentants multi-cartes a rappelé qu'en France, la loi interdit de vendre à perte. Or l'on constate que des rabais de 60 % sont consentis.
J'en ai profité pour attirer l'attention sur les conditions de vie des petits chinois, qui à l'autre bout du monde travaillent 14 heures par jour ("c'est normal. S'ils veulent gagner plus, il faut bien qu'ils travaillent plus", m'objecteront certains), vivent dans des dortoirs qui sont la propriété de leur patron et pour lesquels ils s'acquittent de loyers exorbitants.

L'avenir pour les salariés (et gros grapilleurs de marges) qui perdent leur emploi en France, c'est, ont proposé récemment certaines firmes multinationales, d'aller occuper un emploi en Inde, au salaire mensuel local (ou plutôt au salaire
horaire ! - drôle d'idée des syndicats français, tout de même, que cette mensualisation. Une nouvelle réforme à entreprendre pour nos politiques ??).

Nous entrons dans un monde sans éthique, qui aurait paru absurde il y a encore 50 ans, en Europe, mais qui ne l'est pas partout sur la planète (sinon, on se préocuperait plus du sort des petits chinois qui fabriquent des baskets ou des petits équatoriens qui extraient du minerai à 4000 m d'altitude). Faut-il alors s'étonner que quelques petits malins, quelque part au bout d'une connexion internet, ont mis au point une arnaque à laquelel j'ai été confrontée : aurait-elle été rédigée en français, je pense que je l'aurais vu venir plus tôt. Mais elle m'a permis de réviser mon anglais et est très marrante. Elle illustre à sa façon ce problème de coût et de marge, et la façon dont nous sommes déconnectés peu à peu de la réalité économique telle que l'on me l'enseignait à l'école primaire : PV = PR + Bénéfice (Prix de vente = prix de revient + bénéfice) étant entendu à l'époque que ce dernier devait rester raisonnable.
Je m'explique : j'ai aménagé une chambre d'hôtes dans la maison que ma laissée ma tante, dans mon village natal. Et j'ai ouvert un blog sur internet. Après que j'ai constaté la visite de ce blog par des adresses IP localisées en Côte d'Ivoire, j'ai été contactée par quelques "docteurs africains" pour des séjours de 2 à 3 mois. A priori, je ne vois pas pourquoi je ne recevrais pas d'Africains désirant visiter la France : mais je n'ai pas capacité à héberger les 6 à 8 personnes que l'on m'annonçait. J'ai donc répondu et conseillé de contacter "Gîte de France" et de chercher plutôt un "gîte" et non une "chambre d'hôtes".
Et puis il y a 15 jours, j'ai reçu un message d'un "docteur" écossais. Il disait travailler pour une agence de voyages "chrétienne", qui existe effectivement : j'ai vérifié. Il avait pour mission de trouver un hébergement à deux couples qui souhaitaient fêter leurs 10 ans de mariage en France : en même temps que moi, ils contactaient aussi des chambres d'hôtes dans le sud de la France et dans la vallée du Rhône. J'ai répondu que mes capacités d'accueil étaient limitées et l'ai orienté sur http//:www.noyantdallier.com où il trouverait d'autres hébergements comptant 2 ou  3 chambres.
Je connais mal les moeurs des chrétiens, notamment dans leur version "presbytérienne" comme les Ecossais, et ai bien trouvé un peu curieux que ces clients cherchent aussi bien 2 chambres avec un lit double que 4 chambres "single". Mais après tout !!! J'ai été à deux doigts de leur conseiller aussi de contacter l'évêché. Certains couvents, ou les frères de la confrérie saint Jean de Souvigny, par exemple, offrent des hébergements très simples, mais qui sont sans doute plus propices à une élévation spirituelle que ma maison. Même si j'ai conservé, au dessus de son lit, le crucifix de ma tante...
J'ai à nouveau été contactée à propos de mes tarifs. J'ai satisfait à la demande et ai reçu un nouveau message me demandant quelle somme je voulais qu'on me verse pour 20 nuitées : j'aime bien mon département et essaye de le promouvoir, mais un voyage de noces anniversaire de 20 jours au coeur du bocage !!! Et puis mon correspondant semblait avoir des difficultés avec les multiplications, puisqu'il était obligé de me demander combien faisaient 50 euros x 20.
Curieuse de voir où il voulait en venir, je lui ai obligemment communiqué les résultats de l'opération : il se trouve que je possède bien la table de 2 et celle de 5.
Je lui avais dit précédemment que je n'était pas équipée pour un paiement par carte bancaire :  il s'est donc proposé de m'envoyer un chèque de 10 000 euros, sur lequel je pourrais prélever les 1 000 euros qui me revenaient, plus un bonus pour couvrir mes diverses charges. Voilà qui est "gallant" comme l'on dit en anglais ! On me contacterait ultérieurement pour savoir à qui verser le surplus.
Enfin, il concluait en espérant que ma maison était confortable pour le bien être de ses clients ! Curieuse démarche commerciale, qui fait intervenir en fin de négociation cet aspect du problème, qui pourrait pourtant paraître fondamental.
J'ai donc répondu qu'une provision de 500 euros et une confirmation d'inscription me suffisaient.
Une demi heure plus tard, je recevais un autre e-mail où l'on m'expliquait que les "clients" avaient d'ores et déjà signé pour leur voyage de noces de 3 semaines une chèque de 10 000 euros et que c'était à moi qu'incombait la charge de l'encaisser.
En dehors du fait que cette arnaque ressemble beaucoup à celle qui a court pour l'achat de voitures d'occcasion, j'imagine l'apprenti escroc, derrière son écran (en Afrique ou ailleurs : car l'adresse dont émanait le message avait une extension *.co qui identifie normalement la Colombie), qui trouve normal qu'on fasse payer 10 000 euros à un couple pour 3 semaines de séjour, dont l'essentiel du coût (l'hébergement) s'élève à 1 000 euros. Même s'il compte les envoyer manger midi et soir dans le restaurant le plus cher de la ville (120 euros par jour, soient 2 400 euros de repas) et qu'il leur paye le déplacement en taxi de Moulins à Noyant, le "produit" dégage une bonne marge. De quoi recruter du personnel !!! Et  il espérait que je ne m'étonne pas qu'en possession de 2 chèques de  ce montant (puisqu'à l'origine on me proposait d'héberger deux couples), il n'ait pas encore le début du commencement de l'idée de l'endroit où il allait les envoyer (mieux que dans l'émission "rendez-vous en terre inconnue" !), puisque son "mail" circulaire était envoyé à des adresses qui recouvraient toute la France !
J'aime bien donner des conseils en matière de gestion, mais je n'ai pas cru  bon de l'encourager sa petite entreprise et me suis bien gardée de lui donner des conseils pour rendre plus crédible son arnaque. Aussi, l'ancien comptable public que je suis, a terminé la transaction en affirmant au docteur écossais que ses clients seraient les bienvenus, mais que je ne pouvais en aucun cas devenir le "cashier" de son agence de voyage. L'accueil de touristes est une chose : le maniement d'argent est un autre métier. Tout au moins en France, et pour longtemps encore, je l'espère.

Par Dominique LAURENT - Publié dans : au café du commerce
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Lundi 29 juin 2009

J'ai jusqu'à présent parlé des gens bizarres que j'ai croisés : c'est plus drôle à raconter.
Hier était le jour du grand retour de Julien Dray qui expliquait que l'argent qui avait été versé sur son compte par ses collaborateurs étaient des prêts effectués par des amis.
Lorsque j'ai pris mon premier poste d'Attaché, le ministère a traîné 3 mois avant de prendre un arrêté de nomination. Or la réglementation de la comptabilité publique veut que sans arrêté, pas de mise en paiement. Pas d'"avance" non plus.
Dans mon ancien poste, on avait arrêté mon traitement. Mais ce dernier n'était pas suffisamment élevé pour que j'ai économisé suffisamment pour vivre  mois. Heureusement, le poste m'offrait un logement de fonction.
Mais au bout de 3 mois, ça commençait à tirer un peu : et l'une de mes secrétaires, qui gagnait à peine plus que le SMIC (commis d'administration, ce n'est pas le pactole), voyant que je faisais des économies de bouts de chandelle, que je n'avais plus les moyens de mettre de l'essence dans ma voiture, que je me privais du petit café du matin, m'a offert, comme les collaborateurs de J. D, de me prêter de l'argent : 3 000 francs !
Mais à la différence de Julien Dray, je n'ai pas jugé décent d'accepter : à l'époque, celà représentait pour moi un mois de salaire, mais pour elle une année d'économies.
Estelle Guichardan aurait 86 ou 87 ans maintenant : nous avons longtemps correspondu, et un jour, je n'ai plus eu de nouvelles. Mais je pense encore très souvent à elle. D'autant qu'elle a tenu la comptabilité toute seule pendant 6 mois (moi je n'arrivais pas à comprendre alors pourquoi on débitait le compte de trésorerie quand on encaissait de l'argent !), en me disant : "le compte financier, c'est en février : moi, je ne sais pas passer les écritures de fin d'année. Vous avez 6 mois pour apprendre".  

Par Dominique LAURENT - Publié dans : ces gens étranges que j'ai rencontrés
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Dimanche 28 juin 2009


Par Dominique LAURENT - Publié dans : Noyant, Châtillon, etc...
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Samedi 27 juin 2009

                                                        
Comme chant du cygne du Tribunal de Grande Instance de Moulins, je suggérerais volontiers à la municipalité de Moulins et au personnel judiciaire, d’organiser un colloque sur Michel de L’HospitalVoilà qui aurait du panache. Et je placerait la manifestation sous la "haute présidence de Madame Alliot-Marie" comme disait l'un de mes anciens chefs d'établissement qui passait beaucoup de temps au téléphone avec le directeur de cabinet du préfet et avait développé une vraie expértise dans l'art du protocole.


L’adresse officielle de la préfecture de l’Allier est 2, rue Michel de L’Hospital, petite rue bien modeste, tangente à ce que l’on appelle ici les « Cours ». Hommage peut-être de la République à ce juriste auquel l’on doit  les grands principes du droit public contemporain.


Le nom de Michel de L’Hospital, natif de la ville d’Aigueperse, distante de Moulins d’une soixantaine de kilomètres et fief des Bourbon-Montpensier, dont le Connétable est le plus connu, fils d’un médecin au service de ce dernier, est étroitement lié à celui de MOULINS. Entre décembre  1565 et  mars  1566, à l’instigation de Catherine de Médicis, le roi Charles IX, les présidents des Parlements, et la cour séjournèrent à Moulins. Outre le monarque et la reine mère demeuraient donc à Moulins, Henri, duc d'Anjou, frère du roi et qui fut fait « duc de Moulins » à l’issue de ce séjour, Charles, cardinal de Bourbon, Louis, prince de Condé ; le duc de Montpensier, les cardinaux Charles et Louis de Lorraine, les ducs de Nemours, de Longueville et de Nevers, le connétable Anne de Montmorency, l'amiral de Coligny et ses frères, le chancelier Michel de l'Hospital, Christophe de Thou, premier président au Parlement de Paris, et les présidents des Parlements de Toulouse, d'Aix, de Dijon, de Grenoble et de Bordeaux, de nombreux évêques et maréchaux.
Cet épisode vaudrait bien la peine d’être étudié de plus près !
 
L’ancien Bourbonnais réuni au royaume après la confiscation des biens du connétable a perdu ses institutions propres. Même si son ancienne capitale a perdu sa cour, brillante, elle recevait encore souvent des visites royales : François Ier y a effectué plusieurs séjours, le roi Henri II avait choisi cette ville comme cadre du mariage de son cousin Antoine de Bourbon (-Vendôme) avec Jeanne d’Albret, en 1548 (21 octobre). Elle jouissait encore d’un lustre certain, qui faisait dire en 1566, à un témoin : « Le château est grand et magnifique, de mesme des ducs de Bourbon dont les effigies au naturel sont dans une belle gallerie ». Il avait aussi conservé une belle bibliothèque. Les Grands Jours du Parlement de Paris se tiennent à Moulins en 1535, 1540 et 1550. Antoine de Laval, grand juriste également, batailla ferme à la fin du règne d'Henri III et au début de celui d'Henri IV pour que Moulins soit siège d’un Parlement. Mais ceci est une autre histoire.


Michel de L’Hospital était devenu chancelier de France (à la fois garde des sceaux et Premier ministre) le 20 mai 1560. Il avait alors 55 ans et, était proche des humanistes. Aux Etats généraux d'Orléans, il avait tenté d'apaiser les querelles :  «Ôtons ces mots diaboliques, noms de partis, factions et séditions, luthériens, huguenots, papistes, ne changeons le nom de chrétiens !» lança-t-il aux députés le 13 décembre de cette même année, dans son célèbre "Discours de tolérance".

La fameuse « Ordonnance de Moulins » publiée en février 1566 comprend quatre-vingt-dix articles, et réformait en profondeur l’administration de la France. Elle contribuait également au renforcement de l’absolutisme royal.
Entre autres réformes, était enlevée aux gouverneurs des provinces la prérogative arbitraire de lever des impôts en leur propre nom. De rigoureuses conditions d'âge et de capacités était imposée aux candidats à des postes de conseillers ou de juges. Les "épices", c'est-à-dire les présents en bonnes et sonnantes espèces que les plaideurs étaient obligés d'offrir aux juges étaient supprimées. L'inaliénation du domaine royal était réaffirmée....



Par Dominique LAURENT
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Vendredi 26 juin 2009

La boîte de Banania que j'ai héritée de mon grand-père, relativement récente, ne porte pas la mention "y'a bon !". Elle n'en est pas moins politiquement incorrecte.
En république tchèque, qui n'a pas eu d'"empire colonial" et dont l'histoire s'est construite contre les envahisseurs allemands ou contre l'empire austro-hongrois, on n'a pas ce tabou.
Voici comment on donne, dans un pays qui a découvert il y a moins de 20 ans le marketing commercial, on visualise la notion du bonheur brut de boire un thé ou un café .... en "can" !

Par Dominique LAURENT
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Lundi 15 juin 2009

Une des théories que je défends est qu'il est rassurant d'observer que malgré l'instauration d'une république "une et indivisible", le rôle de l'école qui a tenté de laminer les langues régionales, les particularismes demeurent. Le département de la Sarthe, où j'ai passé les 3 premières années de ma vie professionnelle, fut pour moi un lieu extrêmement dépaysant.
Il en est de même pour l'Europe. J'ai constaté quelques particularités en république tchèque : elles sont irritantes au début, mais pour autant, faut-il exiger des serveurs de restaurant tchèques (puisqu'il s'agit d'eux) qu'ils changent ?
Ce matin, j'ai retrouvé mes habitudes dans mon café préféré : c'est l'occasion de retrouver des gens avec lesquels l'on échange des banalités, mais aussi des informations, de commenter l'actualité... Et de lire le journal. Perosnnellement, je lis les nouvelles locales et je fais mon Sudoku quotidien. Mais quelques copains de bistrot arrivent avec un gros paquet de journaux : la Montagne, bien sûr, le Monde et le Figaro... voire même le Bourbonnais Rural. Ils occupent donc un espace, moyennant le coût d'un café, pendant 2 heures ou 2 heures et demie... Une seule contrainte : depuis que les cafés de la place d'Allier font brasserie à midi, il faut libérer la place pour installer les sets et les verres sur les tables. Certains "garçons" le font avec discrétion. D'autres vous font remarquer que votre temps est dépassé !
Aussi, on comprendra le choc culturel qui fut le mien dès mon premier jour et mon premier repas en république tchèque. A peine, passez-vous le seuil de la terrasse (ou de la porte), avant même que vous ayiez eu le temps de vous asseoir, que quelqu'un se précipite pour vous demander "ce que vous buvez". Je pense qu'ordinairement la réponse est "un verre de bière" : d'où la surprise du serveur ou de la serveuse, voire pour certaine, leur agacement, quand vous consultez la carte. Dès que vous avez fini votre  verre ou votre tasse, on vient débarasser la table et vous demander ce que vous reprendrez. La réponse doit là aussi être "un demi litre de bière". Et je suppose que tant les allemands que les anglais doivent se sentir rapidement chez eux ! Le "galopin", une bière servie dans un verre à vin, et que personnellement je commande "panaché" serait, si l'existence en était connue dans cette contrée, naturellement considéré comme une hérésie.
En ce qui concerne les repas (tous les cafés font aussi restaurant : je n'ai pas remarqué qu'il existait deux concepts différents !), ils peuvent être pris à toute heure, là où il y a beaucoup de touristes allemands et dans les villages à l'écart du flux touristique, jusqu'à 15 heures. Surprise : si les horaires sont élastiques, la contre partie est que le service peut se faire dans le désordre. Si l'on vous apporte votre glace AVANT votre soupe : c'est normal. Et si vous préférez commencer par la soupe, c'est votre choix. On mettra votre glace en attente. Moi, j'avais commandé une crèpe en dessert : elle a refroidi le temps que je mange le reste. 
Passé les premiers instants de surprise (on a un peu le sentiment de gêner !), je me suis adaptée et ai introduit du "suspens" dans mes commandes :
-"que prendrez vous ? " 
- "une soupe"
La soupe à peine finie, ou si vous traînez trop, on vient débarrasser votre table.    
Cette particularité a même été à l'origine de malentendus avec des touristes allemands, qui n'ont pourtant pas l'habitude de trop s'attarder à table, puisque c'est dans le catalogue des offres touristiques d'un voyagiste allemand qui détient un quasi monopole sur le tourisme à Marienbad, quelques conseils : déposer SUR l'assiette, à gauche la  fourchette, à droite le couteau, pour signaler qu'on n'a pas fini de manger et que si l'on fait une pause, c'est parce que l'on parle avec son compagnon ou sa compagne de table. Quand on veut que l'assiette soit enlevée : y poser  son couteau ET sa fourchette avec un angle de 120 degrés.
- " je prendrai bien autre chose". Intéressé, l'oeil du serveur ou de la serveuse s'allume.
- "un goulash".
Et c'est après qu'il ait été débarrassé que je commandais mon dessert.

Comme je suis partie sur les traces de KAFKA dans les cafés qu'il a fréquentés et que j'ai lu "histoires praguoises" de RILKE, qu'à l'évidence ils  passaient autant de temps dans les cafés de leur ville que les habitués de ceux de Moulins, celà m'a interrogé : "moeurs postcommunistes" ? (j'ai gardé un souvenir désagréable du repas que j'ai pris à Berlin, Friedrichstrasse en 1973 !!! - et ma mère a vécu les mêmes mésaventures en Pologne) ou goût pour la propreté ?



Par Dominique LAURENT - Publié dans : mes voyages
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